|
|
|
|||
| Publié le : 26 septembre 2004
1. Les Signes en Force d’inhibition (F-)
LE TAUREAUForce d’inhibition (inhibition récupération) Entre ses compagnons saisonniers spécialistes des dépenses immodérées, le Taureau gère prudemment son capital-vie. II est par excellence le centre des réflexes de défense, la souche de toutes les formes d’inhibition. La deuxième étape de la marche solaire met en relief l’organisation de la vie contre ses propres excès ; I’autorégulation impose une discipline et le sommeil, comme le calme taurien, élève un barrage réfractaire aux stimulations extérieures. Autisme, nonchalance, prudence, tout concourt à l’économie, à l’exploitation judicieuse de la vie afin que le bien-être se prolonge et que l’usure s’éloigne dans le temps. Inhibition veut dire fermeture ; l’entourage se heurte à l’esprit oppositionnel du Taureau, à sa volonté d’entendre ce qui lui plaît. Il paraît doué pour contrecarrer les plus beaux élans et pèse de tout son réalisme de l’autre côté des enthousiasmes prompts. La moindre accélération de l’ambiance le fige, il va jusqu’à faire demi-tour lorsque tout s’entraide pour le pousser en avant, aussi sa destinée est-elle semée d’embûches et de labyrinthes. Mieux qu’un frein, il dispose d’un système compensateur qui s’applique à rectifier les écarts en deçà et en delà du juste milieu. Le scepticisme, la défiance, ne sont chez lui que des moyens pour ralentir un mouvement trop ardent car il se garde d’arrêter une lancée forte d’un juste calcul et se fait un devoir d’épauler les décisions réfléchies. S’il se pique de sagesse, il n’en est pas moins sujet à poursuivre quelque chimère inspirée par l’excitabilité de sa nature printanière. A ses yeux, une bonne connaissance de la lutte à entreprendre importe plus que la rationalité de l’entreprise ; au fond, il y a en lui une plus grande part de volonté réalisatrice que de réalisme tout court. Aussi ne cherche-t-il pas nécessairement un but proche et logique, il lui suffit d’être pénétré de sa volonté, de garder une image fidèle de son objectif. On remarque ses qualités de patience, de résistance, d’endurance, ce qui est encore en dessous de sa faculté de conserver intacts à travers les années ses mobiles, ses opinions ou ses sentiments. Le type Taureau ne croit pas aux productions spontanées, ni en la valeur précoce, ni aux miracles champignons. Ce qui n’a pas le pouvoir de retour sur soi lui est suspect. La hâte ne s’y prend pas à deux fois : pas de sécurité ni de certitude donc, deux choses inconcevables pour l’inhibition naturelle ! Pour être acceptable dans les valeurs tauriennes, il faut avoir subi les variations de fortune, surpassé les trépidations de la croissance. Ce qui est reste imperturbable malgré les bourrasques du destin a des chances d’être essentiel et à ce titre recevable. Avec de tels critères, le type Taureau est fatalement conduit à considérer la plupart de ses frères humains comme de futiles étourneaux ; quelle que soit sa sociabilité apparente, son estime est rare. Les rapports régissant chaque Signe central avec ses acolytes saisonniers sont instructifs. En contraste avec Bélier et Gémeaux, instantanément mis en éveil, vifs et fugaces dans leurs décisions, le Taurien cogite d’interminables parenthèses. II est téméraire de lui arracher de but en blanc un air d’approbation. Non point qu’il se retranche dans la neutralité ou l’immobilisme du doute ! II prend le temps de construire sa pensée en l’enrichissant des virtualités infinies du concret. L’obstruction qu’il manifeste envers le monde externe s’applique également aux messages intérieurs : discipline de l’esprit, contrôle des désirs, suspicion envers soi. Notre Taurien à besoin de gagner pour lui-même son estime réticente ; secrètement il n’a pas grande opinion de sa personne, ce n’est qu’avec le temps, lorsqu’il aura rassuré ses propres critères qu’il croira en lui, avec la même force de ses doutes passés. La mentalité dite "possessive" du type Taureau n’est qu’une forme de sa fonction protectrice ; elle sauve le Printemps de ses Signes prodigues. II est commun de tenir ce type zodiacal pour le plus intéresse. Élargissons le concept d’intérêt, nous aurons une appréciation plus exacte d’une conduite qui se défend de l’aventure et qui doit s’appuyer sur un motif solide pour être efficiente. On reconnaît sans peine derrière les attributions classiques du Taureau (incubation, assimilation, accumulation) la force de l’inhibition naturelle. La fonction Sensation atteint au deuxième stade de l’évolution saisonnière le niveau de l’adaptation pratique. Forte de son développement, elle est pour le natif un moyen d’affirmation directe. La réalité éprouvée avec l’aisance d’un connaisseur devient un théâtre d’expérimentations faciles. Les données sensibles, devenues familières, sont une source de plaisirs divers : artistiques, gastronomiques, philosophiques. En toute quiétude la conduite se fie à la sensation (positivisme, pragmatisme, hédonisme). LE CANCERForce d’inhibition (inhibition blocage on de protection) Lorsque les excitants franchissent le seuil d’intensité maximale, le système nerveux soumis à une épreuve dépassant sa capacité de réponse, entre dans un état d’inhibition protectrice (inhibition blocage). Nous connaissions au Taureau l’inhibition spécialisée dans le contrôle et la régulation ; l’inhibition blocage, propre aux Signes d’Été, concerne la limite du pouvoir. Astronomiquement, le Soleil atteint au solstice d’Été son apogée, l’Écrevisse symbolise l’arrêt de la croissance des jours et la nécessite d’une dégression. Le symbolisme attaché au Cancer (de la cuirasse à la coquille d’œuf, de la tortue à l’habitat) parle d’un monde clos, d’une énergie fortifiée contre l’extérieur. A l’âge du Printemps, époque conquérante de l’année, succède l’âge de l’exploration des acquis. Cette nouvelle politique fait du milieu un ennemi virtuel : ne menace-t-il pas de reprendre ce que l’être lui a détourné pour se constituer ? Contre les fluctuations agressives du milieu, le monde interne fortifie son autorégulation et ses mécanismes compensateurs. L’inhibition forme un seuil de protection isolant la synthèse individuelle des aléas d’une osmose trop parfaite. Le blocage marque également la prise de conscience des frontières de l’adaptation naturelle. II faut voir dans ce mécanisme à la fois l’incapacité d’une structure donnée (ses impossibilités innées) et la capacité maximale d’action protectrice (l’obstruction intervient lorsque la défense est à fond de course). Nombre problèmes du Cancer se ramènent à une question de frontières, mais en raison de la diffusion de l’inhibition (phase ultra-paradoxale), les démarcations ne sont pas aussi tranchées qu’au stade de la Vierge. Ici, un drame se joue entre le réel et l’imaginaire (le désir déborde les moyens de réalisation, le contenu voudrait faire éclater le contenant). L’imagination du Cancer est la visée vers l’impossible et sa tristesse reflète son impuissance. L’un des mérites du cancérien adapté est de renoncer à la supériorité absolue, tel Hercule renonçant à la dernière tête de I’Hydre toujours renaissante. Face au même problème les attitudes cancériennes varient. Celui-ci s’épuise à forcer les impasses et irrite son impuissance dans des limites stériles. Cet autre aveugle sa médiocrité de rêves flambants : l’homme, tel qu’il ne sera jamais, voilà son programme. Disons aussi que le cancerien ressent douloureusement sa moindre défaillance. L’attitude raisonnable du Cancerien adapté opère uniquement dans un rayon d’efficacité optimum et défend son fief avec toutes les forces de son être. L’esprit pratique du Cancer répond de sa volonté ramassée en un secteur précis : il s’agit souvent de cimenter une sécurité fondamentale ; prudence, prévoyance, vigilance s’emploieront à augmenter et entretenir le confort ambiant. Sur un autre plan, la morale dresse des barricades défensives. Enfin, intellectuellement, l’inhibition blocage suggère la mémoire comme faculté dominante du Signe (attribuée par la Tradition à l’astre Lunaire). Limité à sa capacité propre, le Cancer pose d’emblée le problème de l’entente avec soi, celui du niveau d’auto-estimation. Disons qu’il échappe difficilement au narcissisme et que cette tendance se confond à l’égocentrisme le plus naturel, le plus légitime aussi car il s’agit de trouver son centre de gravité parmi les agitations héritées du Printemps. La subjectivité comprise comme univers "pour-soi" ne conçoit d’autres valeurs possibles que celles qui tiennent à sa nature profonde. La nature Cancériennes est le lieu du plus grand contenu possible. Imaginons le travail de décantation qui doit s’opérer en cet être et l’on comprendra ses ambivalences. Vue de l’intérieur, l’inhibition blocage évoque un type d’individu à haute tension : l’homme du pouvoir maximal, celui qui donne tout ce qu’il peut donner dans le cadre de son efficacité et de sa passion. L’oblation du Bélier est spontanée, inconsidérée même, celle du Cancer est parfois sectaire, elle ne se dispense à fond que pour ceux qui ne franchissent pas la ligne de démarcation de son giron tutélaire "Hors de ma chapelle, point de salut". Dans sa sphère d’influence, le cancérien se sent appelé à jouer un rôle de premier responsable. II se veut, suivant son niveau et suivant les dimensions de son embrassement : gardien du foyer, chef de parti national, providence d’une race, sauvegarde d’une civilisation. On remarquera toujours le dévouement à la cause épousée et la fermeté défensive. Ces vertus se résument généralement par le "complexe maternel" des psychanalystes. Ouvrons une parenthèse : les mécanismes nerveux sous-tendant ou traduisant l’activité psychique, le "complexe maternel" est pour autant réalité qu’image littéraire. Dans le premier cas, il traduit l’inhibition blocage agissant retirement chez la mère ; dans le second, il signale un comportement par évocation analogique. Cette distinction a son importance, elle respecte le niveau d’évolution, la réalité et l’originalité des manifestations individuelles. Tout en restant abstrait en raison de sa situation dans les Signes ultra-paradoxaux, le cancérien fort marque le passage de la sensation au sentiment. De même que la vitesse d’excitation permettait d’augurer le développement de la sensation chez les types Printemps, la corrélation entre l’inertie d’excitation et le sentiment semble justifiée. II revient à cette fonction de conserver les valeurs dégagées d’une expérience brute et d’appréhender en deça des perceptions un univers plus synthétique, plus cristallisé que le premier. Le cancérien réaliserait l’investissement psychique des apparences. Le sentiment abstrait avec l’introversion ne peut se manifester ouvertement. Le dialogue est intériorisé : ce sont les états enthousiastes ou dépressifs à propos des institutions humaines, des ambiances, de toute cette subtilité épidermique des Gémeaux qui, prise à l’amour, devient palpitante d’émotion. Le Moi cancérien est fort des multiples attaches qui le vivifient, mais en dehors d’un cercle électif, il n’a pas d’extériorisation sentimentale bien nette. Par contre, dans une sphère donnée, il apporte ses tensions affectives, ses humeurs et ses élans contradictoires, toutes les agitations et les coutumes de son cœur. Les formes supérieures du sentiment : la Religion, le Devoir, la Morale, prennent aux dires de nombre astrologues leur élan dans ce Signe. Ces valeurs qui se cristalliseront dans les Signes suivants sont, au Cancer, idéales. LA VIERGEForce d’inhibition (inhibition blocage ou de protection) Le Signe de la Vierge accomplit un retour réactif à l’inhibition blocage. Les données du Cancer réapparaissent concentrées et, par contraste avec le Lion, type excessif du risque, tout se retourne en précautions et mesures. Le Cancerien craint le monde mais sa défense manque de mise au point ; il constate les limites de sa puissance sans se résigner tout à fait à un repliement stratégique. Le type Vierge, mieux adapté aux dimensions de l’Été, se met en dessous de ses possibilités, se réservant de donner sa réelle mesure au moment convenable. Cette action, soutirée à l’existence, mais toujours disponible, en fait un homme de bon secours. La Vierge représente socialement les réserves, les capitaux du tiroir à double-fond, les ressources ultimes de l’État : épargnants ou lessiveuses. Nous savons aussi qu’elle préside les services de sécurité, d’inspiration laïque ou paroissiale (sécurité sociale, institutions de bienfaisance, etc.). Lorsque l’activité protectrice et dispensée aux déficients du pouvoir physique ou social (à ceux qui sont loin d’être des "lions"), la marge d’action révèle la supériorité du normal sur le faible et non la limitation volontaire du fort. La réduction du désir met en cause la volonté, le pouvoir de maîtrise sous son aspect de dépouillement, de refus, d’auto-coercition. Il n’est plus question de se placer au faîte de l’orgueil, ni de faire sauter les cadres. On se veut plus petit pour s’épanouir dans la moyenne. Pareille contrainte ne surpassera pas les limites du réel, par contre, elle les possède intensément : le maître est l’occupant. Affranchi des ambitions surhumaines, celui qui vise un but inférieur à ses capacités n’a pas à douter du succès, il lui est du. Des jugements hâtifs lui refuseront le mérite d’avoir rejeté des rêves impossibles. Pourtant ses désirs étaient à l’origine ceux du Lion. Une confrontation avec la réalité a ramené le plaisir de vaincre à la nécessité de se suffire. L’aspiration aux prouesses a capitulé devant le métier de chaque jour, et n’est pas héroïque qui veut par le renoncement, car le monde soupire après les César et non après les Dupont. Aussi, le fait de se bloquer volontairement reflète l’héroïsme de l’inhibition : elle se résigne à la perte d’une grandeur improbable pour faire sans rancœur quelque chose de sûr, avec des aptitudes supérieures à la tâche. Parce qu’il ravale ses instincts de puissance, le type de la Vierge attire à lui toutes les projections de la médiocrité. Il est, dit-on, efface, inexistant, stérile, insignifiant, de courte vue... Une époque faite de bluffs ne comprendra guère la dynamique de ce Signe. Certes, lorsqu’elle cesse d’être riche, l’attitude réductive enserre l’individu dans les lieux communs, mais il ne faut pas perdre de vue l’efficience qu’un type Vierge peut obtenir en se réduisant au meilleur de lui-même, au plus simple, au plus vrai. Il est écrit dans les traites de psychologie : "rien de ce qui est extérieur n’arrive sans la complicité de l’intérieur". Formule heureuse si elle n’était réversible. Les impasses capables de créer une nature inhibée sur un terrain neutre ne manquent pas. Ce sont ces impasses réelles, objectives, indépendantes de la complicité intérieure qui sensibilisent le type Vierge (d’une façon plus concrète que le type Cancer). Il connaît les différences hostiles à la communication des êtres : frontières plus ou moins franchissables posées par la race, la famille, la tradition, la caste et le caractère. Il connaît ces frontières découpées dans le milieu social. En défendant les siennes, il lui arrive d’introduire une nuance personnelle, un effet intérieur. C’est ce qu’on appelle la bonhomie du riche, la dignité du laborieux ou la noblesse du pauvre. Pour ces raisons de statisme honorable, il arrive au type Vierge de végéter sous ses titres. Persuadé qu’on ne se refait pas, il reste attaché à ses origines, marqué par l’expérience ou l’intuition des incompatibilités. L’inhibition protectrice lui permet généralement de s’organiser pour rester entre soi. La place qu’il se fait au soleil, patiemment, méthodiquement, avec des ruses de sioux et un travail de termite est solide. Il sait pratiquer la tempérance, l’économie, la prévoyance. II se garde des infiltrations étrangères en raffinant les conditions d’accueil. La froideur, la pudeur, le préservent des intrusions et il soigne ses particularismes comme autant de récifs pour décourager l’accostage. L’Espace est son milieu de rétraction, il absorbe une certaine étendue pour mieux s’y confiner. Rien, sur son terrain d’action n’est laissé au hasard, tout est soigneusement utilisé. II se défie du large, du haut et du profond où les pouvoirs de l’homme s’effilochent. La fonction Sentiment atteint au stade de la Vierge le niveau concret, tout en restant différenciée. Constatons d’abord une matérialisation avancée des objets de l’amour : fleurs, oiseaux, miniatures, bibelots, tableaux, livres, etc. Dans le couple, l’amour subit les contrecoups d’un détail physique. En raison de ces indices, on considère parfois le type Vierge comme un type Sensation. Le Taureau, véritable sensoriel, ne sublime pas la résonance de ses expériences avec le tangible. II comble ses yeux de satisfactions lumineuses, il prend le plaisir et le déplaisir aux sources mêmes. Pour le sentiment concret, les expériences sensibles sont prétextes à des cristallisations sentimentales (conserver et défendre les sensations en affinité avec le tempérament). Seule, une certaine lumière est appréciée, louée, honorée. La où le sensoriel pur s’expose à tous les vents, le sentiment concret préfère la bise. S’il lui arrive de vouloir un orage, c’est un effet de sa mauvaise humeur ou d’une constitution romantique ; dans tous les cas, le monde est filtré et décanteé il n’est pas reçu de toutes parts comme au Printemps. SUITE Textes extraits de La Condition solaire, éd. Traditionnelles, 1964. A voir aussi : 1. Les Signes en faiblesse d’excitation
Cet
article vous a été proposé par :
Jean-Pierre Nicola
Répondre à cet article
|
|