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| Publié le : 18 octobre 2007
Michel Onfray le prêcheur athéiste, 1.
Première partie
Son Traité d’athéologie a été un énorme et inattendu best-seller en 2005 : plus de 200 000 exemplaires vendus en France et des traductions dans de multiples langues. Tout en adoptant une posture de rebelle insoumis, Michel Onfray est le philosophe français le plus médiatique… et donc évidemment l’un des plus controversés, tout comme Luc Ferry, autre Capricorne Ascendant Capricorne surfant sur la demande de sens d’une société déboussolée.
IntroductionQu’est-ce que la philosophie ? Selon la définition du Larousse, c’est le "domaine d’activité de la pensée qui s’assigne pour fin une réflexion sur les êtres, les causes et les valeurs envisagées au niveau le plus général ; ensemble des recherches et réflexions menées dans ce domaine". Les ressorts de la pensée philosophique se ramènent aux fondamentaux suivants : la question du sens, le doute, la conscience de la mort, les conséquences de la réduction de l’instinct, la volonté de savoir et l’étonnement. Là-dessus, tous les philosophes sont à peu près d’accord. Si l’on se penche sur les questions élémentaires de la philosophie, ce consensus disparaît. Impossible, dans le cadre de cette analyse de passer en revue tous les systèmes philosophiques. Je ne prendrai que deux exemples. Pour Platon, ces questions élémentaires se réduisent au Vrai, au Beau, au Bien et à leurs rapports, tandis que pour Kant elles se réduisent au Savoir (la métaphysique), à l’Espoir (la religion) et à l’Agir (la morale), les trois étant centrés sur l’Homme (l’anthropologie, qui pour lui enveloppe la métaphysique, la religion et la morale). On ne saurait concevoir deux visions du monde plus dissemblables : la première se réfère essentiellement à des principes abstraits, alors que la seconde se focalise sur l’homme concret. La division des disciplines philosophiques Il en est de même en ce qui concerne la division des disciplines philosophiques. Je prends à nouveau deux exemples. Pour Aristote, la logique est le plus haut niveau de la philosophie, qui se divise en philosophie première (métaphysique), philosophie théorique (physique, cosmologie, psychologie, zoologie) et philosophie pratique (éthique, politique, rhétorique, poïetique et poétique). Pour Jean Scot Erigène, ces divisions sont fort différentes : la limite de la connaissance rationnelle se situe à l’intérieur de la doctrine des pères de l’Eglise ; au delà de celle-ci, "en haut", se situent la Révélation divine et la Physiologie ; en deça, "en bas" de la doctrine des pères de l’Eglise se situe la philosophie qui la fonde et qui se subdivise en Science (grammaire, rhétorique, dialectique, arithmétique, géométrie, musique, astronomie) et en Sagesse. Ici encore, on ne saurait concevoir deux visions du monde plus dissemblables : la première est athée et prétend que la logique et la raison permettent de tout comprendre, la seconde est théiste et prétend que la raison s’arrête là où commence la Révélation divine. La conception contemporaine de la philosophie propose encore d’autres systèmes de divisions. En son cœur se trouve la Métaphysique, qui se divise en Cosmologie, Ontologie, Théologie philosophique et Psychologie philosophique. Savoirs limitrophes à ce noyau dur, la Philosophie de la nature se fonde sur la Cosmologie ; la Théorie de la science se fonde à la fois sur la Cosmologie et sur l’Ontologie ; les Théorie de la connaissance et du langage se fondent exclusivement sur l’Ontologie ; la Théologie se fonde à la fois sur l’Ontologie et sur la Théologie philosophique ; la Philosophie de la religion se fonde exclusivement sur la Théologie philosophique ; l’Anthropologie se fonde à la fois sur la Théologie philosophique et sur la Psychologie philosophique ; l’Ethique se fonde exclusivement sur la Psychologie philosophique, tout comme la Philosophie du droit et les Sciences juridiques. Et pour finir, on aboutit aux savoirs limitrophes de ces savoirs limitrophes : la Science de la nature se fonde à la fois sur la Philosophie de la nature et la Théorie de la science ; la Mathématique se fonde à la fois sur la Théorie de la science et sur la Théorie de la connaissance ; la Logique se fonde à la fois sur la Théorie de la connaissance et sur la Théorie du langage ; la Science du langage se fonde à la fois sur la Théorie du langage et sur la Théologie ; l’Art se fonde sur la Philosophie de la religion ; l’Esthétique à la fois sur la Philosophie de la religion et sur l’Anthropologie ; la Pédagogie et la psychologie se fondent exclusivement sur l’Anthropologie ; la Philosophie du social se fonde à la fois sur l’Anthropologie et sur l’Ethique, tandis que la Philosophie politique ne se fonde que sur l’Ethique ; la Philosophie de l’Histoire se fonde à la fois sur l’Ethique et la Philosophie du droit ; enfin, aux confins extérieurs de ce système, les Sciences économiques se fondent à la fois sur la Philosophie du droit et sur les Sciences juridiques ; la Sociologie se fonde à la fois sur la sur la Philosophie du social et sur la Philosophie politique ; et pour terminer l’Histoire se fonde à la fois sur la Philosophie politique et sur celle de l’Histoire. Ouf.
Bien entendu, l’astrologie ne figure nulle part dans ce vaste panorama officiel, à l’intérieur duquel il est par ailleurs difficile de la situer. De par ses fondements biophysiques, elle relève à la fois de l’Ontologie et de la Cosmologie ; mais du fait de sa dimension psychologique, elle relève également de la Psychologie philosophique et de l’Anthropologie, ce qui la connecte fatalement à la Théologie philosophique. On ne saurait mieux souligner la dimension transversale de l’astrologie… dans sa version conditionaliste bien entendu ! Et encore ne s’agit-il que de la version "occidentale" de la philosophie. Mais étant donné que Michel Onfray s’inscrit dans ce cadre, il est inutile d’aller plus loin. En principe, un "bon" philosophe est censé être capable de construire un système cohérent à partir de tous ces éléments. Idéalement, il ne devrait y avoir qu’une seule philosophie qui mettrait tout le monde d’accord sur le statut ultime des êtres, causes et valeurs à l’intérieur du système ci-dessus décrit. Mais en réalité, il y a presque autant de philosophies que de philosophes, ce qui amène à se poser la question suivante : La philosophie ne serait-elle qu’un savoir subjectif ? Ce n’est pas si simple. La conception générale de la philosophie contemporaine que j’ai présentée ci-dessus est une structure vide, une matrice. Avant que d’être remplie par la vision du monde de tel ou tel philosophe, elle va l’être par de grands courants idéologiques tels que le théisme ou l’athéisme, le spiritualisme ou le matérialisme, etc. L’introduction de ces contenus idéologiques à l’intérieur de cette matrice va modifier sa structure et les dosages entre les différentes divisions et subdivisions. Pour un philosophe théiste, croyant, la Théologie philosophique va fatalement occuper une place décisive à l’intérieur de la métaphysique, ce qui ne sera pas le cas pour un philosophe athée qui axera sa réflexion plutôt sur l’Ontologie s’il n’est pas matérialiste, et plutôt sur la Cosmologie s’il l’est, etc. Ces grands courants idéologiques qui apportent un contenu à la matrice philosophique abstraite ont une réalité qu’on pourrait dire "objective" ou extrapersonnelle : depuis que l’Homme s’est mis à s’interroger sur son être au monde et sur la réalité extérieure dans laquelle il est plongé, ils ont toujours existé sous des formes variées à l’exception du Scientisme, qui est apparu très récemment dans l’Histoire de l’Humanité, et qui n’est malgré tout qu’un visage moderne du matérialisme. Tout philosophe insère donc sa pensée, sa vision du monde personnelle à l’intérieur de la matrice générale de la philosophie après avoir consciemment ou inconsciemment, volontairement ou non, opté pour l’un de ces grands courants idéologiques. De ce point de vue, la démarche philosophique a bien une relative dimension impersonnelle. En fin de compte, nous en arrivons au personnage singulier qu’est le philosophe, qui ne surgit pas ex nihilo : il est le produit d’une lignée génétique, d’une famille, d’une socioculture, d’une éducation qui vont conditionner et modeler la vision du monde qu’il va élaborer en philosophant. Et parmi tous ces conditionnements, il y a bien entendu le conditionnement astrologique, dont nous savons qu’il est un très important prisme par lequel passent nos perceptions et idéations. En effet, la configuration du système solaire au moment de la naissance d’un individu l’incite à développer une "grille de lecture" sélective et spécifique du monde au sein duquel il est plongé. De ce point de vue, chaque Thème natal est virtuellement porteur d’une philosophie originale en fonction de la hiérarchisation planétaire et des dominantes zodiacales. Cette "grille de lecture", à son niveau le plus élémentaire et donc le plus commun, est celle de la pure subjectivité inconsciente d’elle-même, illustrée par l’adage "chacun voit midi à sa porte". A ce niveau, il n’est évidemment pas question d’élaborer quelque philosophie que ce soit. L’adhésion aux grands courants idéologiques se fait par croyance aveugle, généralement en résonance avec les conformismes socioculturels qui ont conditionné l’individu dès son enfance, et l’idée même de la possibilité d’une réflexion philosophique est impensée et impensable. Mais au plus haut niveau, c’est très différent : l’individu peut réaliser que la vision du monde qui est la sienne, et qui est notamment déterminée par son Thème natal, n’est qu’une vision du monde parmi d’autres, qu’elle est forcément partielle, partiale et incomplète tout en étant légitime et nécessaire. Dès lors, l’adhésion aux grands courants idéologiques peut être plus objective et réfléchie, et les conditions à l’adhésion ou à la construction d’une philosophie sont permises. Un philosophe peut éclore. Etant donné qu’une philosophie est par essence une entité impersonnelle, on ne saurait déduire du Thème natal la philosophie qu’il est susceptible d’adopter ou d’élaborer ; quels que soient les caractéristiques de son Ciel de naissance, il optera pour l’un des grands courants idéologiques qui parcourent l’univers philosophique, courants qui lui préexistaient et se perpétueront après sa mort. Mais du point de vue de la psychologie philosophique - et du point de vue astrologique donc ! - il n’en reste pas moins vrai que l’individu ne peut qu’être attiré par une problématique philosophique qui valide, conforte et prolonge la vision du monde qu’il doit à ses propres caractéristiques comportementales, à la jonction du personnel et de l’impersonnel. En résumé, si cet individu devient philosophe ou créateur de philosophie, sa philosophie sera nécessairement marquée du sceau de son empreinte personnelle, qui ne sera qu’une illustration partielle et particulière d’un courant idéologique qui le déborde de toutes parts ; mais inversement, si son apport personnel (élaboré entre autre à travers le prisme de son Thème natal) est particulièrement pénétrant et original, il est susceptible de donner à un courant idéologique impersonnel une nouvelle formulation ou même une nouvelle direction : dans ce domaine, il y a par exemple un avant-Nietzsche et un après Nietzsche… Pour terminer, je préciserai que nul n’est obligé d’adhérer à ces grands courants idéologiques qui traversent le monde philosophique, ses divisions et subdivisions. Comme le dit très justement Jean-Pierre Nicola, "Le Logoscope, du fait de sa structure, mesure ce qui est structuré dans les significations traditionnelles des planètes. Mais il peut s’appliquer à d’autres données qu’astrologiques. Comme pour l’astrologie, les systèmes politiques, religieux, économiques, fonctionnent selon un modèle de gestion d’informations (simples, duelles, complexes) que le R.E.T. met à découvert sans référence aux planètes et au ciel de naissance. Inversement, on peut inventer des religions, des philosophies, des systèmes administratifs, politiques ou économiques, par des modèles inédits de gestion des trois niveaux d’information du Logoscope”. Dans cette perspective, les grands systèmes philosophiques "classiques" apparaissent n’être que des contenus partiels et partiaux d’une structure, d’une matrice plus générale et plus universelle - le Logoscope, précisément - qui les organise, les transcende et les englobe dans une unité paradoxale. Dans l’interprétation du Thème natal de Michel Onfray qui suit, il ne sera donc pas question de déduire de celui-ci ses choix philosophiques (athéisme, hédonisme, nihilisme, matérialisme) ; par contre, l’étude de son Thème permettra de préciser comment il s’inscrit personnellement à l’intérieur de ces choix. Et puisque Michel Onfray a fondé sa réputation et son image de marque sur l’athéisme militant, il n’est pas inutile, avant d’aborder l’étude de son Thème et pour mieux comprendre son fonctionnement et sa démarche, de définir précisément ce qu’est l’athéisme. Petit précis d’athéologie L’athéisme est une doctrine qui nie explicitement l’existence de dieu(x) ou divinités. Il se fonde par conséquent sur une croyance, une certitude, un credo que l’on peut énoncer comme suit : "Dieu n’existe pas". En ce sens, l’athéisme ne saurait être confondu avec l’agnosticisme, qui considère la question de l’existence ou de l’inexistence de dieu(x) comme indécidable : l’agostique vit dans l’incertitude, et ce qui relève d’une connaissance des réalités dites métaphysiques est pour lui inconnaissable. Il existe différentes formes d’athéisme. Dans sa version la plus basique, l’athéisme se contente de nier l’existence de divinités, sans nécessairement rejeter celle de phénomènes paranormaux, irrationnels ou nons reconnus par le savoir officiel. On peut ainsi être athée et astrologue… Dans son acception la plus moderne et la plus courante, l’athéisme se confond le plus souvent avec le rationalisme et le matérialisme : c’est ce qu’on appelle l’athéisme scientifique, qu’on peut considérer comme la religion des scientistes. L’athéisme philosophique est sensiblement différent. Il se décline en athéisme humaniste, dont la formulation la plus célèbre est : "l’homme est la mesure de toutes choses" (Protagoras) et en diverses versions, selon les penseurs et les époques, qui toutes postulent qu’"il n’y a pas d’arguments valables pour soutenir la croyance en l’existence d’un dieu quelconque, qu’il soit conçu par l’homme (anthropomorphique) ou qu’il soit une abstraction métaphysique". Notons enfin qu’il existe un athéisme dit "passif" ou "faible" : il n’est pas dicté par la raison, mais par l’indifférence à l’égard de la métaphysique, et est souvent conditionné par le milieu familial ou culturel : comme on embrasse la religion de ses parents ou de sa socioculture, on peut aussi, sans réflexion personnelle, embrasser leur athéisme. Enfin, dans sa forme la plus extrême et la plus active, l’athéisme devient l’antithéisme : c’est ce qui caractérise la démarche de Michel Onfray. SUITE. Cet
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Richard Pellard
Répondre à cet article Messages de forum :
Michel Onfray le prêcheur athéiste, 1.
mardi 13 mai 2008
par christophe Ayant lu avec plaisir et intêret l’article consacré à Onfray michel ( surtout les joies de l’ultraparadoxe ). Impossible de ne pas le rapprocher de celui de marc édouard Nabe ( né le 27.12.58- 8.00h à Marseille). Tous deux frisent l’excommunication. Les dominantes sont proches, Nabe se veut un stratège de l’échec (soleil-o-saturne dominants). Un écrivain majeur ayant pondu des dizaines d’ouvrages et autant d’imposants pavés à la mode sagittaire-capricorne-cancer, qui vit déja sa mort et s’y implique au futur antérieur (soleil sextile neptune). a+ Un neptune en maison X, le voue à transcender par les tripes le lecteur, pris comme objet du sujet. A voir... cousins de ciel Répondre à ce message
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