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2. Symétries dans l’horoscope Vous êtes ici : Accueil Documents Pour connaisseurs Réflexions conditionalistes
Publié le : 4 janvier 2005
2. Symétries dans l’horoscope

Hermétisme du miroir

Revenons-en aux mains. Qu’elle soit de gauche ou de droite, une main, par elle-même, est asymétrique. Que l’on cherche un centre ou un axe, rien n’organise les éléments qui la composent. Ce n’est qu’en la présentant devant un miroir que l’on réalise qu’elle dispose, de droite ou de gauche, une contrepartie vivante, et autonome, alors que son reflet, lui, ne l’est pas. Ma main droite qui génère une main gauche obéissante dans mon miroir, est démentie dans son autorité par une main gauche réelle, indépendante hors du miroir. Il ne serait pas surprenant que les philosophes et occultistes des temps antiques se soient fortement préoccupés des questions de logique, aujourd’hui oiseuses, que posent l’image d’un miroir renvoyant une contradiction à une autre. L’énantiose au 1er degré droite/gauche du miroir renvoie à des énantioses du 2e degré : passif/actif, irréel/réel, illusion/vérité, ce dernier sous-jacent, omniscient informulé de toute énantiose. Imagination aidant, il n’est pas impossible que par adaptation à la contradiction de la contradiction, l’hémisphère droit du cerveau commande la vision gauche, l’hémisphère gauche la vision droite. C’est un rééquilibrage par énantioses en diagonales.

Un autre couple de contraires, aussi actif dans l’informulé que le vrai ou faux, est celui, très prisé des conditionalistes, du symbole et du signal. Le miroir-signal, objet concret, change la droite en son contraire, la gauche. La fonction symbolique généralise ; tous les contraires, concrets ou abstraits, sont comme la main droite et la main gauche, l’une est masculine (droite), l’autre féminine (gauche), l’une maléfique (gauche), l’autre bénéfique (droite). Après une 2e, 3e, 4e généralisation, on obtient les séries de correspondances analogiques qualifiées de "dialectiques", telles que : Gauche -> Féminin -> Passif -> Maléfique (ou diabolique) -> Collectif -> Chinois -> Matérialiste -> Lune -> Enfant -> Irresponsable -> Etc. Qui entraîne, en contre-pied "dialectique" : Droite -> Masculin -> Actif -> Bénéfique (ou divin) -> Individuel -> Aryen -> Idéaliste -> Soleil -> Adulte -> Responsable -> Etc.

La décision de rejet ou d’acceptation de ces enchaînements revient, en dernière analyse, au couple vrai ou faux. D’où son importance et sa relation avec la malédiction lorsqu’il s’applique au permis-interdit du Seigneur ou d’une quelconque autorité qui exige de gober n’importe quoi bouche coite. Aristote généralise la chiralité symbolique lorsqu’il fait figurer dans la même décade d’énantioses la droite et la gauche, le but et l’indéterminé, le mâle et la femelle. Si, face au miroir, la gauche passe à droite, le but ne devient pas indéterminé, personne ne change de sexe (sauf, peut-être, symboliquement ou dans une pratique magique réussie où le miroir est une pièce maîtresse). L’une des tâches du conditionalisme, celà a probablement été tenté depuis longtemps, est de classer correctement les couples contraires, tous ne sont pas du même type, les couples du R.E.T. le montrent.

Le vieux problème de philosophie récréative de l’œuf et de la poule se complique avec les symétries. La question : est-ce l’œuf qui, à l’origine, a fait la poule, ou la poule qui a fait l’œuf, est incomplète. Il faut se demander si la poule est de droite ou de gauche et de quel côté se place l’œuf pondu ou originel. Je m’amuse, croyez-vous ? Pas du tout. En mathématique, droite et gauche sont indiscernables, pas de raison démontrable de préférer l’une à l’autre. En biologie, il n’en est pas de même. La distinction existe, inexplicable, et nous avons vu que l’on peut mourir de l’ingestion d’un produit qui dévie la lumière à gauche (lévogyre) alors que son jumeau chimique qui la dévie à droite (dextrogyre) est inoffensif. Dans son ouvrage (cité plus haut) Hermann Wey (l) consacre plusieurs pages aux raisons biologiques des symétries bilatérales en phylogénèse (développement de l’espèce) et ontogénèse (développement de l’individu). Impossible de simplifier les réponses des chercheurs à leurs questions singulières. Par exemple, qu’est-ce qui détermine le plan (géométrique) de la première division en deux cellules d’un œuf fécondé ? Nul s’en soucie, et pourtant : "L’œuf de n’importe quel animal (au-dessus des protozoaires) possède, dès ses débuts, un axe polaire reliant la partie qui se transforme pour donner l’animal aux pôles végétatifs de la blastula. Cet axe, joint au point où le spermatozoïde fécondateur pénètre dans l’œuf détermine un plan et il serait tout à fait naturel de supposer que c’est là le plan médian de la division. En fait la preuve existe qu’il en est ainsi dans bien des cas".

Voilà, pour l’analogiste, un plan de division binaire conforme aux significations de l’axe Fond-du-Ciel (Maison IV, la Mère), Milieu-du-Ciel (le Père)... et ce, d’autant, que d’autres agents, externes ceux-là, peuvent aussi être tenus pour responsables de la position du plan médian : chez l’algue marine (le Fucus), c’est la lumière, ou des champs électriques, ou des gradients de nature chimique qui déterminent l’axe polaire et, chez quelques insectes et céphalopodes, le plan médian est fixé par des influences ovariennes antérieures à la fécondation. Un cadeau pour chacun. Pour l’analogiste, Papa est en haut (MC) Maman est en bas (FC). Pour le physicien, il y a du choix entre lumière, chimie ou champ électrique. Le karmiste reçoit son quota de satisfaction avec les influences antérieures. Et si vous croyez encore que je m’amuse, vous vous trompez encore une fois. J’ai toujours dit et écrit qu’il fallait considérer la multiplicité du réel, et se défier de l’unicité de la pensée (6) laquelle dispose d’un plus grand pouvoir de décision que de clairvoyance. Pour le parti de l’astrologie naturelle, physique et conditionnelle, les sciences "molles" de la vie, instructives sur les conditions du récepteur, sont aussi indispensables à connaître que les sciences "dures" de la non-vie, sur les conditions de l’émetteur.

Les poètes et docteurs de la philosophie occulte n’ignoraient peut-être pas le plan de réflexion avant-arrière du miroir ; leur symbolique en exprime la connaissance. De même qu’en regardant le Sud on voit le Nord, le Passé et l’Avenir se lisent dans une glace ou une bassine d’eau claire, support précurseur de la boule de cristal. On entre au royaume des morts, dans le passé, par la porte du miroir, les morts reviennent chez les vivants par la même porte. Je vous laisse méditer sur le problème du vampire qui n’ayant pas de reflet dans un miroir ne sait, des morts et des vivants, de quel côté se situer et se reposer.

Maisons et diverses énantioses

Les couples en vis-à-vis semblent mieux convenir aux significations traditionnelles des Maisons qu’aux Signes. Il y a peut-être là une différence intéressante à méditer. Les praticiens qui, pour une question posée, consultent aussi bien le secteur traditionnel concerné que celui d’en face, la II et la VIII pour l’argent par exemple, sont plus nombreux que ceux qui procèdent de même pour le Taureau et le Scorpion dans le même axe. Autre motif d’examen, les couplages se forment de préférence entre Maisons non-Angulaires : II-VIII pour l’argent ; III-IX - pour les voyages ; V-XI, les amours et les enfants ; VI-XII, les maladies et les épreuves. J’évoque le tout courant, les variantes sont nombreuses : plus facilement que pour les Signes, elles associent trois, quatre ou six Maisons. Les quartes, trigones, carrés, de regroupement des Maisons reproduisent les partitions zodiacales, de symétrie centrale, sur la base des Eléments dont j’ai déjà montré que l’ordre par quartes (Air, Feu, Terre, Eau) ne concordait pas avec celui des Signes (Feu, Terre, Air, Eau) pour des raisons d’hétérogénéité dans les références (symétries centrale pour les Eléments par quartes, axiale pour les Eléments par Signes) (7).

Si l’on y prête attention, on remarque que les organisations par symétries centrales sont généralement, voire invariablement, volontaristes : on force un peu sur les significations pour avoir une perfection aussi idéale que la sphère. Les symétries axiales, évidentes à constater, ne dévoilent pas spontanément le sens de leur opposition. Il faut le découvrir, et cela peut prendre des années à des siècles. Le zodiaque photopériodique n’est pas une invention moderne, une vue de l’esprit, selon ses adversaires. Les anciens ont classé d’eux-mêmes les Signes selon les critères des variations des durées Jour/Nuit en désignant par "obéissants" ceux, de la Balance aux Poissons, où la durée du jour est inférieure à celle de la nuit, de "commandants" ceux, du Bélier à la Vierge, en hémisphère Nord, où cette durée devient supérieure à 12 heures. La croissance-décroissance de ces durées ne leur a pas échappé davantage puisque, cette fois selon l’axe des solstices, les Signes "montants", du Capricorne au Gémeaux, se séparaient des "descendants", du Cancer au Sagittaire. Pour que ces symétries prennent sens et s’affinent avec le couplage des Signes aux formules inverses, il fallait les travaux de I.P. Pavlov sur l’activité nerveuse supérieure, reconnaître, puis restituer, la typologie zodiacale dans celle qu’il a proposée en adaptation de ses travaux. Je passe ici sur l’indifférence des astrologues à l’égard de recherches expérimentales aboutissant, à des siècles d’écart, par des voies rationnelles d’une part, "irrationnelles" de l’autre, dans des domaines sans relation entre eux, à des résultats pratiquement identiques. Il n’y a pas de preuve plus indiscutable de la réalité objective du zodiaque. Les astrologues ne mangent pas de ce pain-là.

Les divisions naturelles de la sphère locale dont les Maisons font partie mais qu’il vaut mieux mettre à part, sont axiales. La division par le plan du méridien qui comprend l’axe MC-FC, détermine l’Orient et l’Occident. On peut supposer que l’Orient a une signification "masculine-positive" parce que les astres, à partir du FC, sont dans la phase ascendante du cycle diurne, et l’Occident une signification "féminine-négative", en raison du mouvement descendant... sans rapport avec la croissance ou décroissance de la durée du jour qui implique les deux phases. La division par le plan de l’horizon qui comprend l’axe Ascendant-Descendant, détermine les demi-sphère diurne et nocturne qu’il vaudrait mieux désigner par "supérieure et inférieure" pour éviter la confusion diurne = jour. Les astres dans la partie supérieure de la sphère locale sont théoriquement visibles la nuit. Si le Soleil est également au-dessus du plan de l’horizon, ils sont présents mais d’une visibilité voilée. Pour éviter les équivoques, je remplace souvent arc diurne par arc de présence au-dessus du plan de l’horizon ; arc nocturne par arc d’absence au-dessous de ce plan, l’avantage de cette terminologie étant que la présence/absence s’applique autant aux hémisphères Nord/Sud du zodiaque universel qu’à la sphère locale des latitudes géographiques. L’attribution couramment admise pour la partie supérieure de la sphère locale est celle de "vie publique", en relation analogique avec la visibilité, et il revient la "vie privée" à la partie inférieure, d’invisibilité pour l’observateur d’un lieu donné. D’autres correspondances analogiques donnent lieu à des interprétations séduisantes, pas toujours vérifiables ou confirmées. On peut s’y intéresser, sans y adhérer aveuglement.

Des critères différents pour classer Signes, Maisons, Quadrants, aboutissent à des contradictions jusqu’ici non résolues, probablement insolubles si l’on ne modifie pas les critères. L’analogisme Signes-Maisons associe les Maisons nocturnes-orientales aux Signes Bélier, Taureau, Gémeaux, occidentaux-diurnes. Les Maisons diurnes-orientales, X, XI, XII, comprises entre le MC et l’AS, sont associées aux Signes Capricorne, Verseau, Poissons, occidentaux-nocturnes. On a les mêmes contresens avec les Maisons IV, V, VI, occidentales-nocturnes en analogie avec les orientaux-diurnes, Cancer, Lion, Vierge, et les Maisons VII, VIII, IX, occidentales-diurnes, en analogie avec Balance, Scorpion, Sagittaire, orientaux-nocturnes. Tout ceci, à condition de regarder le Nord et placer le 0° Cancer au MC.

Une solution simple serait de séparer les significations analogiques des quartes locales et les significations issues des Signes. Séparation légitime, puisque les référentiels ne sont pas comparables. Les Signes se réfèrent à une présence Nord ou Sud, les présences diurne ou nocturne se réfèrent au plan de l’horizon local, absolument indépendant du plan équatorial. Soumis à l’énantiose vrai/faux l’analogisme qui identifie les deux plans de référence est donc inadéquat, ou pour le moins à revoir, y compris mes précédentes copies sur ce thème.

Indépendamment des significations des Maisons, les états d’orientalité et de présence au-dessus de l’horizon, équivalaient à des dignités valorisantes comme le sont l’éclat (Jupiter, Vénus, Soleil, Lune) et le court terme, deux critères grand "R" de représentativité extensive dans le R.E.T. Ils remplacent, avantageusement, ceux de la qualité bénéfique dans les catégories traditionnelles. D’autres critères astrométriques de symétrie axiale (ou bilatérale) autrefois utilisés pour différencier le bénéfique du maléfique sont négligés ou ignorés des symbolistes modernes. Notamment :

- L’orientalité ou occidentalité des planètes par rapport au Soleil (la planète orientale se lève avant le Soleil, l’occidentale après lui) ou la Lune.
- L’application ou la séparation dans les aspects (en application, l’aspect exact se produit après et non avant la naissance).
- La rapidité ou la lenteur d’un astre par rapport à son mouvement moyen
- ce critère introduit l’axe périhélie-aphélie des orbites elliptiques - (Fig. 3 A).
- Le mouvement apparent : direct, stationnaire ou rétrograde.

A l’exception, sans doute provisoire, du mouvement apparent, ces critères abandonnés par les symbolistes anti-signaux, ont été remis d’actualité par la recherche conditionaliste de la meilleure hiérarchisation des puissances planétaires à la naissance. D’autres critères, toujours de symétries inverses, ont été ajoutés ou précisés : orbes large/étroit, aspects (Fig. 3 B) du demi-cycle montant de la conjonction à l’opposition, ou du demi-cycle descendant de l’opposition à la conjonction. Etant donné que tous les critères de hiérarchisation appartiennent à la même famille de symétries axiales, le résultat doit être compris, analysé sous le même angle, en miroir. La hiérarchisation des 10 planètes conduit, effectivement, à poser entre les pôles extrêmes des dominantes et non-dominantes un plan médian de sous-dominantes composé par : a) une sous-dominante en 4e position ; b) une non-dominante émergente en 6e position ; c) une planète centrale en 5e position. Celle-ci, à la charnière du classement, hérite du "Moi" à double-face des psychologues, et devient aussi importante à connaître que les planètes angulaires. Le modèle d’interprétation "Le Héros et son Ombre" est, par excellence, organisé en symétries de symétries, le Héros, anti-Ombre ayant ses forces et faiblesses dans l’Ombre comme dans ses dominantes ; l’Ombre, anti-Héros, ayant ses lumières et noirceurs dans les non-dominantes comme dans ses remontées vers le Héros.

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Cet article vous a été proposé par : Jean-Pierre Nicola



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