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1. Symétries dans l’horoscope Vous êtes ici : Accueil Documents Pour connaisseurs Réflexions conditionalistes
Publié le : 4 janvier 2005
1. Symétries dans l’horoscope

Théorisons les théories

Comme tous les couples de contraires, le couple théorie et pratique, en duo-duel (fonction marsienne) s’affronte et se complète. Et comme le jour et la nuit, la marée haute et la marée basse, les proportions de complémentarité et d’incompatibilité varient entre deux extrêmes. On peut avoir de superbes théories exemptes d’applications pratiques, c’est le cas de bien des systèmes philosophiques et des théories scientifiques spéculatives. A l’opposé, il existe de nombreuses pratiques efficaces non théorisables, c’est le cas de la vie courante.

Un classement des différentes écoles d’astrologie sous le critère du rapport théorie/pratique nous épargnerait des débats souvent inintelligibles. On sait qu’en majorité les astrologues préfèrent parler du "çà marche, mais je ne sais pas pourquoi", que d’expliquer comment "çà marche" et pourquoi. La marée basse n’élimine pas la mer, pas plus que la marée haute ne recouvre toute la terre. Il y a toujours un fond, un minima de théorie dans les pratiques les plus élémentaires. La théorie des correspondances, fille aînée de la loi d’analogie, est générale et minimale. Elle a été complétée, revue et corrigée par la théorie des planètes-langage. Variante moderne des correspondances analogiques, elle se passe d’explicatives physiques.

La relation en duo-duel de la théorie et de la pratique a pour corollaire celle du symbole et du signal, autre critère pour voir clair dans le panorama des écoles astrologiques. Les non-physiciens sont analogistes. S’ils éprouvent le besoin de théoriser ce sera plutôt avec des symboles ou sur la base du symbolisme.

Dans la ligne de la pensée de J. Kepler, avec moins de mystique, l’école conditionaliste théorise sur la base des signaux connus et sur celle des signaux à connaître par l’analyse des symboles concrets. Le R.E.T., sigle de trois niveaux de réalité (la Représentation pour les mots, l’Existence pour les faits, la Transcendance pour l’inconnu) passe pour une théorie astrologique et typologique. Ni l’une, ni l’autre. Il est le produit du Logoscope, un outil conceptuel qui permet de coder et décoder les informations (simple, duelle, multiple), d’en définir le sens et la fonction par leur organisation.

Un outil ne révèle et ne fabrique que ce qui s’accorde à sa structure. Celle-ci, quoiqu’en relation avec les capacités inventives, l’imagination, les connaissances, les moyens techniques du concepteur, peut en dépasser les intentions conscientes et, (pourquoi pas ?), inconscientes. Il y a des outils qui se sont révélés souverains dans un ou plusieurs domaines différents, sinon opposés, à celui que leurs concepteurs destinaient. Ce n’est pas le cas du fil à couper le beurre pour scier du bois. Le Logoscope, du fait de sa structure, mesure ce qui est structuré dans les significations traditionnelles des planètes. Mais il peut s’appliquer à d’autres données qu’astrologiques. Comme pour l’astrologie, les systèmes politiques, religieux, économiques, fonctionnent selon un modèle de gestion d’informations (simples, duelles, complexes) que le R.E.T. met à découvert sans référence aux planètes et au ciel de naissance. Inversement, on peut inventer des religions, des philosophies, des systèmes administratifs, politiques ou économiques, par des modèles inédits de gestion des trois niveaux d’informations du Logoscope. Il est par conséquent inutile de prendre ombrage du R.E.T., d’y voir une menace d’O.P.A. sur l’astrologie et, par mesure préventive, le réduire à une typologie. Aucune typologie ne conduit à une formule des gravités moyennes du système solaire.

Puisque le Logoscope est un outil extra-astrologique, il est normal, légal et légitime, de le considérer comme la propriété intellectuelle de son auteur. Chaque chose étant ainsi à sa place, s’il se produisait du nouveau dans les orbites planétaires, contrairement à de vaines espérances, le Logoscope resterait ce qu’il est : un outil d’analyse des interactions entre l’unique, le duel, le multiple. Il n’y a pas lieu, non plus, comme d’autres espérances y ont songé, de changer la progression géométrique 1, 2, 4 à en 1, 2, 3. Cette progression archétypique n’a pas de lien significatif avec le R.E.T. (le nombre des niveaux n’est pas limité) parce qu’elle ne traite pas des informations transformées par leur croissance ou décroissance en quantité et complexité. Dans le ternaire classique, corps, âme, esprit, parler d’une réduction du corps à l’esprit, ou d’une division de l’esprit par le corps, n’a guère de sens. Alors que dans le Logoscope, la réduction du multiple à l’unique (fonction uranienne en langage astrologique) ou la multiplication de l’unique (fonction mercurienne) ont le sens de phénomènes observables dans des référentiels différents. Là aussi, la tentative de dévaluation du R.E.T. par réduction au ternaire a échoué. Ne vaudrait-il pas mieux comprendre que combattre ? On ne perd pas plus son âme à utiliser le R.E.T. qu’à se servir d’un télescope pourvoir plus loin à ou d’un Logoscope pour interpréter un thème sous l’angle des niveaux d’information et de leurs transformations.

Entre autres produits, l’école conditionaliste a retiré de ses outils conceptuels, une [méthode de lecture et écriture des configurations natales, transits, relations planètes-signes, et finalement, un modèle d’interprétation globale tenant compte des dominantes, sous-dominantes, non-dominantes et de leurs relations. On peut le faire intuitivement, avec le Logoscope on le fait logiquement. L’intérêt de chacun est de choisir selon ses aptitudes. Celui de l’astrologie est de développer tous les possibles.

Numérique ou géométrique, le Logoscope est un outil aux parties symétriques. J’en ai déjà fait la démonstration, je la referai d’une façon plus synthétique à l’occasion d’un livre ou d’un article. Celui-ci, en remerciant Arielle Aumont (1) d’en être la cause est à lire comme une introduction difficilement accrocheuse puisqu’il s’agit de l’application d’un instrument mathématique.

Symétrie et harmonie

Selon un premier sens, écrit Hermann Weyl dans Symétrie et mathématique moderne (Champs, Flammarion), symétrique veut dire quelque chose comme bien proportionné, bien équilibré et la symétrie indique alors cette sorte d’harmonie entre les diverses parties grâce à quoi elles s’intègrent dans un tout. Disons, tout de suite, que la beauté est liée à cette symétrie-là.

Dans les Lettres et les Arts de toutes les Muses de notre culture, la Beauté classique combine des symétries qui flattent le regard éduqué à les percevoir. Les novateurs en esthétique commencent d’ailleurs par le procès de l’éducation du regard avant d’introduire leur part d’asymétrie. La répétition d’un même motif, avec des variations d’échelle, ou des associations également répétitives avec d’autres motifs, éveille, selon l’artiste ou son public, une intuition d’éternité ou un sentiment de profond ennui. Pour l’astrologue Jean Carteret, cette symétrie fixe par sa continuité dans l’espace ou le temps relève de la Transcendance dans le sens de modèles fixes, donnés a priori (archétypiques) opposés à la dynamique de l’Existence, source de changements éphémères. Jean Carteret symbolisait la Transcendance par une maison (lieu fixe) et l’Existence par une voiture (lieu mobile). En conditionalisme, la Transcendance du R.E.T., ni fixe, ni mobile, signifie pluralité et au-delà de l’expérience... car, à moins d’être très transcendante, l’expérience ne suffit pas à connaître la pluralité : elle ne la contient pas.

L’astrologie, aussi classique que la Beauté grecque, est généralement représentée et conçue par des symétries immuables. Le centre de l’horoscope, habité par le Sujet, est fixe. Suivant cette symétrie centrale, chaque degré d’un Signe sur le cercle zodiacal a, pour symétrique, le degré d’en face dans le Signe opposé. Les cuspides des Maisons de l’horoscope ont le même centre de symétrie. Le vis-à-vis leur vaut d’être, comme les Signes, des "opposés complémentaires". Certains auteurs en font des couples aux significations interchangeables. La représentation du thème par symétries centrales induit des interprétations fidèles au modèle géométrique : chaque Signe est attiré par le Signe opposé, son reflet, son inconscient selon J. Carteret, sa Maison VII, son copilote et son alter Ego. Les planètes mises en couples sur le gabarit des Signes opposés ont des rôles figés et des portraits d’une statuaire rigide malgré de louables efforts en "dialectique" pour mettre un peu de vie dans les typologies héraldiques.

Mieux que le disque centré, la sphère est la forme accomplie de la symétrie absolue. "Tout comme le cercle qu’une infinité de droites partagent en deux moitiés qui sont les images l’une de l’autre, la sphère peut être partagée par une infinité de plans qui passent par son centre et jouent le même rôle" (Martin Gardner (2)). La réalité brise cruellement la perfection de l’image : par une sorte de péché originel, les sphères tournent, et, en tournant, leur symétrie centrale devient axiale... ce qui change dieu en diable, la maison en automobile, la transcendance en existence.

La diabolisation du conditionalisme vient, pour la part inconsciente, du fait qu’il privilégie le mouvement, la dynamique, le changement : le thème n’est plus le Sujet rivé en son centre par un destin écrit à l’instant crucial de sa naissance devant l’Eternel (et l’Officier d’Etat-Civil pour les astrologues collecteurs d’heures), mais un conditionnement et des propositions d’Etre qui appellent un développement du référentiel Relation pour accéder peut-Etre à l’Intégration (beaucoup d’appelés, peu d’élus). Cette conception est tout aussi spiritualiste, sinon plus, que celle de l’astrologie du même nom. A ceci près qu’il ne s’agit pas de spiritualisme touristique.

Entre la symétrie centrale, statique, et la symétrie axiale, dynamique, l’opposition ne se réduit pas à une querelle de mots. Mais avant d’examiner, précisément, en quoi tenir le ciel comme une demeure de l’absolue plutôt qu’un véhicule du relatif, entraîne des différences d’idées, d’outils, d’applications, de destinées, revenons à quelques illustrations élémentaires de la symétrie à partir d’un axe ou d’un plan. Celles et ceux que ces questions passionnent ( ?) pourront lire Martin Gardner. Amusant et savant, d’un style littéraire autant que scientifique, il est l’auteur, anti-astrologue cela va de soi, de l’ouvrage le plus complet et le plus accessible que je connaisse sur la question.

Je ne vous résumerai pas ici, pas aujourd’hui, tout ce que M. Gardner nous apprend du miroir, plan de symétrie quotidien que la nature offre sans artifice à tous les Narcisses au bord de l’eau et aux animaux assoiffés. Il apparaît que les chimpanzés sont plus curieux que les hommes (adultes) de savoir ce qui se passe derrière un miroir : "Un chimpanzé peut jouer pendant des heures avec un miroir de poche. Il se fait des grimaces. Il s’en sert pour observer les objets qui sont derrière son dos. Il étudie l’apparence d’un objet directement observé et la compare à celle que le même objet prend dans le miroir" (M. Gardner).

Nous ne réfléchissons pas assez devant notre plan de symétrie. Nous sommes comme les chiens et les chats qui s’y regardent sans s’étonner, ni se raser. Pour celles et ceux qui l’ont remarqué, le plus évident d’un miroir est son inversion apparente de la droite et de la gauche. Placez-vous devant un miroir, levez la main droite et dites Je le jure en clignant de l’œil du même côté. Dans le miroir, votre double (si vous faites l’effort de vous mettre à sa place) cligne de l’œil et lève la main à sa gauche (qui est votre droite). Encore heureux qu’il ne parle pas... Déjà qu’il écrit à l’envers, de sa droite vers sa gauche. Mais, cette prédilection pour la gauche à droite, la droite à gauche, n’est qu’illusoire. Un examen approfondi et une simple expérience révèlent qu’en réalité, le miroir inverse l’avant et l’arrière. Démonstration : placez-vous au Sud ou devant un piquet avec une pancarte portant visiblement l’indication Sud. Dans l’alignement, plantez un autre piquet avec pancarte d’indication Nord. Placez-vous, face au Sud, entre les deux poteaux et jetez un œil sur votre miroir : vous êtes face au Sud et il vous montre le Nord, ce menteur ! Expérience décisive et enfantine (je dis enfantine, car les enfants le font) : vous marchez dans une pièce en regardant un miroir. Vous voyez, quoi ? Le plafond ! Le Haut, soumis à la parole du sage, est passé en Bas. Bilan, après un long effort de réflexion : le miroir n’inverse ni la droite, ni la gauche, ni le haut, ni le bas : seulement ce qui est devant lui. Il ne voit pas le couteau dans le dos mais ce que pourrait voir le couteau. D’où sa vocation de rétroviseur : il inverse la structure d’une figure point par point selon l’axe qui lui est perpendiculaire. Cette inversion, souligne M. Gardner, "transforme automatiquement une figure asymétrique en son énantiomorphe. Comme nous sommes nous-mêmes caractérisés par une symétrie bilatérale, nous trouvons commode de considérer cette inversion comme une inversion droite-gauche. Mais il n’y a là qu’une façon de parler, une convention d’usage des mots.

Ce texte, d’intérêt supérieur pour un chimpanzé curieux, rappelle qu’un outil, tel qu’un Sujet bilatéral, de symétrie droite-gauche, peut projeter, comme dans un miroir, sa structure dans le monde, et l’imaginer à son image sans que le monde en soit troublé. Pas plus qu’il l’est, face à l’Objet, quand une autre analyse, venue de l’esprit (lequel, difficile à voir), lui démontre d’autres lois que celles de la projection-introjection. Les lois de la réflexion des miroirs et de la psychologie humaine, ne s’excluent pas entre elles, à condition de ne pas les mettre en concurrence, mais de suivre la flèche du temps, du Sujet à l’Intégration, en taillant son chemin dans les voies du R.E.T. qui font communiquer, malgré eux, les référentiels du S.O.R.I. (Sujet-Objet-Relation-Intégration).

Symétrie inverse de sens : il y a du connu dans l’inconnu, de l’inconnu dans le connu. Si vous ne connaissez pas, ou mal, le terme d’énantiomorphe, sachez qu’il vient de la racine grecque "enantios" qui signifie contraire. Dans sa philosophie, Aristote énumère une dizaine d’énantioses ou couples de contraires : "le but et l’indéterminé ; l’impair et le pair ; l’un et le multiple ; la droite et la gauche ; le mâle et la femelle ; l’immobile et ce qui est mû ; la ligne droite et la courbe ; la lumière et les ténèbres ; le bien et le mal ; le carré et le carré long (rectangle ?)". Dix couples de duo-duels me paraît peu. Complétant Aristote, M. Gardner ajoute une énantiose à dix doigts : "Nos deux mains sont un exemple familier de couple d’énantiomorphes. Plaçons-les paume contre paume. On voit que chacune est l’image qu’un miroir donnerait de l’autre... Une paire de gants est une paire d’énantiomorphes". Nos oreilles sont énantiomorphes. Les tireurs d’oreilles font partie des énantiophobes. En médecine, "l’énantiopathie consiste à traiter les maladies par des médicaments propres à produire des symptômes opposés à ceux de ces maladies elles-mêmes. Il est opposé à allopathie et homéopathie" (Bescherelle aîné).

Patrick Le Guen et Stéphane Batsal ont créé un bulletin d’astrologie conditionaliste "quasi-périodique" au titre énantiomorphe : Le miroir de la Lune ou Enul al ed riorim el, qui rappelle l’écriture arabe sans en être. Ne pas confondre avec le verlan... lequel inverse des phonèmes syllabiques, non des images, ni avec les contrepèteries, et ce n’est pas exactement un palindrome : "groupe de mots qui peut être lu de gauche à droite ou de droite à gauche en gardant le même sens" (Larousse).

La Bible des énantioses

Plus fort qu’Aristote, Gardner et nos amis, Dieu le Père a créé le monde par énantioses en commençant, à partir du vide, à séparer la lumière de la ténèbre. Puis, du firmament, il sépara les eaux inférieures des eaux supérieures afin d’avoir l’énantiose Terres et Mers au deuxième jour. Après la couverture végétale du troisième jour, vint la dialectique des petit et grand luminaires du quatrième jour, si je ne m’abuse. Les animaux aux multiples énantioses (plume ou poil, ramper ou voler, ovipares ou vivipares) apparurent au cinquième jour. Les énantioses se sont accélérées au sixième jour, couronnées par le super couple des contraires : Adam et Eve. Au dernier jour, le Seigneur oppose la semaine au Dimanche, le sacré au profane, le repos (sacré) au travail (profane). La malédiction procède du non-respect du permis et de l’interdit. Depuis l’homme et la femme se mirent dans leurs miroirs en souvenir d’une innocence qui ne se dédouble pas et les contraires sont devenus contrariants. Le péché vient-il de l’union des contraires, ou, à cause de cette union, de la prise de conscience de leur opposition ? Le serpent qui symbolise le tentateur de la transgression est un énantiomorphe qui se mord la queue... pour symboliser le cycle et non le cercle, car le cycle introduit le temps dans la structure. Il est mobile, le cercle est fixe.

Les astrologues, aussi naïfs qu’Adam avant le péché originel, ne se sont pas rendus compte que le zodiaque-cycle (du Bélier aux Poissons) introduit un axe de symétrie (0° Bélier - 0° Balance) qui contrarie la distribution des Eléments (Air, Feu, Terre, Eau) obtenue par un zodiaque à symétrie centrale combinant les principes couplés du Chaud-Froid et Sec-Humide mis en croix. Passées les semaines édéniques, les énantioses sont devenues douloureuses, le duo-duel naissance-mort y est pour beaucoup.

En créant Adam (3) à son image, le Créateur reproduisait la Génèse et ses oppositions structurales. "Le corps humain nu", écrit M. Gardner, "présente une symétrie bilatérale (synonyme d’énantiomorphe) presque sans défaut. Une part de l’attirance esthétique qu’on éprouve envers un nu bien proportionné, qu’il soit vivant ou représenté dans une œuvre d’art, est certainement due à l’identité des deux moitiés droite et gauche du corps qui sont images l’une de l’autre dans un miroir. Chaque corps possède évidemment ses propres asymétries mineures : une épaule plus haute que l’autre, une colonne vertébrale légèrement scoliosée, une cicatrice ou une marque de naissance sur un côté du corps et ainsi de suite ; mais ces asymétries, pour la plupart, ont autant de chance de se trouver sur la partie droite que sur la partie gauche".

Marqués par le ciel

L’astrologue regimbe : selon le ciel de naissance formé d’énantioses comme Dieu le Père et ses créatures, entre la droite et la gauche les chances sont inégales. Un astrologue anglais, Gadbury, cité par Maurice Privat (La Tradition. Grasset. 1938) recommande de vérifier l’exactitude d’un thème par les envies et cicatrices. Si les marques correspondent, dit-il, à l’horoscope dressé, l’astrologue peut établir son jugement avec sécurité. Assuré de posséder la juste correspondance entre les Signes et les parties du corps humain, on vérifie si la Native ou Natif d’un Soleil, Lune, ou Ascendant Bélier, porte une cicatrice, une envie, une marque au visage. Les Taureau ont une envie au cou, les Capricorne aux genoux, les Vierge au ventre, etc. Ce qui ne pose aucun problème de vérification, hormis pour les Scorpion.

Au-delà de ces frivolités qui ont peut-être un fond de vérité, il est possible d’envisager le ciel natal comme un modèle d’organisation de couples contraires (Signes et planètes) conditionnant nos réactions d’adaptation ou inadaptation à des couples énantiotropes. Physiquement, le problème revient à savoir si, entre structures vivantes ou non-vivantes, les échanges d’informations sont favorisés ou non par les symétries, bilatérales notamment... mais quels échanges, comment, au prix de quelles pertes, sous quelles restrictions ?

La chimie moléculaire, la biochimie, répondent déjà amplement et positivement à la question : les molécules communiquent ou s’excluent selon leur chiralité (de la racine grecque kheir qui signifie main ; se prononce kirale et désigne les symétries du type des mains jointes, d’une main et son reflet). Il existe deux formes de molécules, géométriquement distinctes, symétriques l’une de l’autre par rapport à un plan, qui sont deux énantiomères.

Du même auteur, Paul Arnaud (4) : "Deux énantiomères ont des propriétés physiques (températures de fusion ou d’ébullition, densité, spectres d’absorption, etc.) identiques, à l’exception d’une seule : ils exercent une action sur la lumière polarisée plane, dont ils font tourner le plan de polarisation dans des sens opposés. On dit qu’ils sont optiquement actifs ; l’un est dextrogyre et l’autre est lévogyre. Chimiquement, ils sont totalement identiques, sauf parfois dans des réactions avec un autre composé chiral.

Dans le domaine du vivant et des réactions biochimiques la chiralité prend une très grande importance. Un énantiomère d’un composé (par exemple un médicament) peut être actif sur un organisme, et l’autre inactif. (Paul Arnaud).

J’ai souligné ce qui confirme globalement l’hypothèse de relations privilégiées entre les contraires chiraliens : énantioses en philosophie, énantiomères en chimie moléculaire. Ainsi que dans les relations duo-duels, dont j’ai démontré l’universalité à l’occasion d’un article sur le chaos et la puissance du 2 (Cahiers n° 25), une mauvaise relation d’énantiomères peut être fatale : "la constitution chimique de notre corps humain montre que nous avons "une vis" dans le corps, une vis orientée de la même façon que chacun de nous : ainsi notre corps contient la forme dextrogyre du glucose et la forme lévogyre du fructose. Une manifestation horrible d’asymétrie génotypique est ce dérèglement du métabolisme, appelé phénylkénoturie, qui conduit à la folie : l’homme en est atteint quand une petite quantité de lévo-phénylalanine est ajoutée à ses aliments ; or la dextro-phénylalanine n’a pas ces effets désastreux..." (Herman Weyl, ouvrage cité). Tandis qu’au plan mathématique, la droite et la gauche sont indiscernables (l’une vaut l’autre) biologiquement, du fait de notre constitution, nous avons des préférences vitales.

Enantioses zodiacales

Miroir en mains, l’astrologie, classique-conservatrice, traditionnelle ou conditionnelle, ne peut plus avoir de secret pour vous. La classique, sphérique, aux symétries centrales, n’a aucun défaut, à part celui qui la rend parfaite : elle n’est pas dans la vie. Ce sont des Eve éternelles, sans enfants. Des exemples ? Les astrologues ou astrologisants, tels Raymond Abellio, Jean Carteret, sont les auteurs de structures aussi parfaites qu’inappliquées et inapplicables, ce qui n’ôte rien, au contraire, à la beauté de leurs œuvres, mais les situent dans une maison, loin des voitures. L’astrologie traditionnelle usait de symétries axiales plus que les astrologues-symbolistes contemporains qui s’en réclament. Les conditionalistes sont plus proches qu’eux de la Tradition parce que les symétries créées par les cycles, donc axiales, sont inévitables en astronomie élémentaire.

Vérifions cette assertion en nous installant devant un zodiaque à deux dimensions, c’est-à-dire imprimé sans relief particulier, avec le 0° du Bélier à gauche. Perpendiculairement à l’axe 0° Bélier - 0° Balance, posons un miroir de poche. L’image place le Bélier dans le Signe des Poissons ; le Verseau devient Taureau ; le Capricorne, Gémeaux ; le Sagittaire, Cancer ; le Scorpion, Lion ; la Balance, Vierge. Les Signes ainsi couplés sont dits, de toute Tradition, en contre-antisces. Les Anciens en faisaient grand cas, tout autant que les Signes en antisces qui apparaissent en posant le miroir sur l’axe 0° Cancer - 0° Capricorne. Les Signes en antisces sont, en longitude, à égale distance des solstices ; en contre-antisces, à égale distance des équinoxes. Ces symétries qui géométrisent, par des parallèles, les phases d’un cycle, ne sont plus centrales, mais axiales. Pour le zodiaque à 12 Signes, elles engendrent 3 familles de 4 Signes connues des conditionalistes, continuateurs historiques des astrologues-astronomes, (Ptolémée, Cardan, Firmicus) attachés aux variations du jour et de la nuit autant qu’aux Eléments.

- Signes Equinoxiaux : Bélier-Vierge-Balance-Poissons. En conditionalisme : Phase égalitaire ou Sens des contraires sous quatre modes différents : exclusion-séparation (Bélier) - inclusion-choc (Vierge) - comparaison-évitement (Balance) -union-négation (Poissons).

- Signes Solsticiaux : Gémeaux-Cancer-Sagittaire-Capricorne. En conditionalisme : Phase des rapports extrêmes, ultra-paradoxale ou totalisation (généralisation), sous quatre modes différents : panorama (Gémeaux) - agrégat (Cancer) - coordination (Sagittaire) - loi (Capricorne).

- Signes Centraux : Taureau-Lion-Scorpion-Verseau. En conditionalisme Phase des rapports intermédiaires ; combinaisons, alliages, proportions (doses) des contraires, équilibrées (centrées) ou paradoxales. Les mots-clefs de chaque mode restent à préciser. Comme pour les précédents, ils doivent être en relation avec les quatre référentiels "Signaux" : Energie (1ère quarte zodiacale) ; Espace (2e quarte) ; Temps (3e quarte) ; Structure (4e quarte). L’évolution de l’Energie à la Structure est conforme à la codification des quartes de la double sinusoïde (Figure 1).

Le point commun des Signes groupés est d’avoir :

- En zodiaque selon la latitude géographique : les mêmes rapports des durées de l’énantiose présence/absence dans la sphère supérieure de la sphère locale déterminée par le plan de l’horizon. L’énantiose présence/absence devient jour/nuit uniquement pour le Soleil.

- En zodiaque universel, toutes latitudes confondues : les mêmes déclinaisons et distances aux pôles. Ces déclinaisons se différencient dans chaque groupe par leur croissance ou décroissance en Nord ou Sud.

Pour les explicatives physiques, que le signal (émetteur) soit d’ordre gravifique, magnétique, électrique ou de toute autre nature :

- la déclinaison Nord indique que la surface du capteur sphérique, récepteur terrestre Nord, est plus grande que celle du capteur Sud, réduite en proportion. Inversement :
- la déclinaison Sud indique que la surface du capteur sphérique Sud est plus grande que celle du capteur Nord, diminué en proportion.

Le cycle, donc le temps, indique le sens des variations, croissantes ou décroissantes, des grandeurs Nord/Sud, et restitue ainsi la structure générale de tous les cycles (oscillateurs harmoniques) homologues au cycle zodiacal, de période et amplitude différentes.

- Déclinaison Nord Croissante : + +
- Déclinaison Nord Décroissante : + -
- Déclinaison Sud Croissante : - +
- Déclinaison Sud Décroissante : - -

Les Signes, j’ai eu l’occasion d’insister dans la vidéoK7 conditionaliste (5) ne sont pas dans les étoiles, ni les planètes, mais dans les variations et les rapports d’ouverture des "capteurs" terrestres : hémisphères Nord et Sud. Et il est possible de concevoir des "capteurs" oscillants - créant leurs propres zodiaques - chez les organismes vivants relativement indépendants des horloges et capteurs externes.

En dehors d’une déclinaison nulle, aucun astre n’est, en même temps, Nord et Sud. On déduit, de ce qui précède, que le zodiaque défini par un rapport Nord/Sud est, sous ce critère, universel. Les adeptes des "inversions" de Signes semblent oublier que s’il est midi au méridien d’une localité Nord, il est également midi au même méridien d’une localité Sud. Quant aux étoiles : si, par hypothèse, elles ont une "influence", d’un ordre différent des planètes, leur qualité éventuelle d’émettrices les dispense de créer des zones réceptrices qui reviennent, plus naturellement, à la Terre.

Les groupements de Signes par antisces et contre-antisces facilitent l’enseignement et la compréhension des formules zodiacales. Pour les raisons exposées sur l’importance des symétries bilatérales et leur relation avec les cycles, les couples en contre-antisces, Bélier-Poissons, Taureau-Verseau, Gémeaux-Capricorne, Cancer-Sagittaire, Lion-Scorpion, Vierge-Balance, sont plus évidents que les couples de Signes opposés. On comprend mieux le contraste des formules inversées que l’opposition des complémentaires, au relief moins marqué. Dans l’interprétation, la règle des Signes en relation de chiralité : les forces de l’un sont les faiblesses de l’autre, exige de consulter deux Signes, et même quatre (les opposés) avant de se prononcer sur telle ou telle fonction de l’un des quatre Signes. Nous sommes loin des typologies figées qui rendent les types "purs" de plus en plus rares... d’où l’éternelle répétition des mêmes portraits célèbres, qui donnent à croire que les bons spécimens ne se reproduisent plus. Ils gagnent en nombre si l’on quitte les typologies pour les fonctions, zodiacales ou planétaires. On peut être un Bélier radicalement en "sens des contraires" sans manifester d’agressivité particulière, l’agressivité étant la forme affective-primaire du choix d’un parti contre un autre. Enfin, comme pour les planètes, en technique conditionaliste, et toujours au nom des symétries, le Signe "vide" d’un groupe, si les trois autres sont occupés, s’exprime par intermittence dans le registre de l’inadaptation, comme la fonction planétaire la moins valorisée d’un thème indicatrice des rejets, fascinations ou dérèglements qui font basculer les fonctions dominantes.

La Figure 2 reproduit les illustrations graphiques publiées par Astrologie Pratique (n° 28. Mars-avril 89) et termine momentanément ce secteur sur les symétries zodiacales. Alors que les astrologues raisonnent et interprètent suivant un zodiaque à symétrie centrale (A), la réalité (B, C, D) n’est que de symétries axiales. Le schéma C s’applique à tous les cycles zodiacaux : variation Jour/Nuit d’une latitude géographique Nord ou variation de présence Nord/Sud.

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Cet article vous a été proposé par : Jean-Pierre Nicola



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