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| Publié le : 19 novembre 2004
Témoignage de Richard PELLARD
L’astrologie a fait irruption dans ma vie en 1972. J’avais 20 ans, et Neptune transitait alors sur ma conjonction Soleil-Mercure natale. A l’époque, évidemment, j’ignorais totalement ce phénomène. Jamais l’astrologie ne m’avait jusqu’alors concerné. Ni pour, ni contre, je l’ignorais : je ne savais même pas quel était mon Signe solaire.
A l’ombre de Neptune Mes connaissances en psychologie étaient par ailleurs des plus rudimentaires : ma nature me portait peu à l’introspection, et de plus, après avoir fréquenté presque chaque jour pendant près d’un an un névrosé shooté à la psychanalyse freudienne et lu quelques ouvrages de tonton Sigmund, j’étais plutôt allergique à la sphère psy... Bref, je n’avais pas vraiment le profil standard d’un futur astrologien... A cette époque, mon occupation préférée était d’écrire de la poésie où il était souvent question de cosmos et d’absurde, d’être et de néant. Insensiblement, cette perception poétique de la réalité s’est transformée en quête spirituelle, en interrogation métaphysique. Je me suis intéressé aux mystiques et philosophies orientales, à l’ésotérisme. Ma quête était désordonnée, et mes recherches sauvages et fiévreuses dans ces territoires inconnus et fascinants m’amenèrent à faire de nouvelles rencontres. L’un de mes compagnons, mystique invétéré et astrologisant tendance Hadès, m’apprit que j’étais Sagittaire... Ah bon ? Le flash des éphémérides Tout a basculé lorsqu’un jour, il m’a emmené chez un ami à lui, passionné de spiritualisme, d’occultisme, d’ésotérisme et d’astrologie. Il m’a proposé de me faire mon thème. Je lui ai dit “pourquoi pas ?”. Ca ne me faisait ni chaud ni froid. Je l’ai regardé faire. J’ai été fasciné par le tas de bouquins remplis de chiffres qu’il utilisait pour mener à bien cette opération. En se basant sur le manuel d’Hadès, il a ensuite interprété mon thème. Je l’écoutais, sans être convaincu, tout ne cessant de fixer des yeux ces livres dont je ne savais pas encore que c’étaient des éphémérides et des tables des Maisons. Il s’était trompé d’une heure dans ses calculs et m’avait trouvé un ascendant Poissons. Je découvrais donc que j’étais “Sagittaire ascendant Poissons”, que j’étais donc un mystique neptunien par le Maître de l’AS et un chanceux jupitérien par le Maître du Soleil. Jupitéro-neptunien, moi ? Pourquoi pas, mais je ne me reconnaissais guère dans le portrait qu’il faisait de moi. Etant donné que je ne m’étais jamais livré de ma vie à l’introspection, et donc que je n’avais aucune idée de mon mode de fonctionnement psychologique, j’étais bien incapable de juger si cette analyse - faite dans un jargon auquel je ne comprenais à peu près rien - correspondait à mon caractère. Mais il m’avait insidieusement et involontairement collé le virus de l’astrologie, par l’étrange intermédiaire des éphémérides et tables des Maisons. A la fin de cette rencontre, je ne pouvais m’empêcher de penser que, quelle que soit la pertinence ou l’impertinence de ses propos, ils étaient quand même basés sur de longs, savants et mystérieux calculs. Et c’est (ultra)paradoxalement par sa fascination pour ces obscures listes de chiffres que le littéraire nul en maths que j’ai toujours été s’est dit que, peut-être, il y avait une réalité impersonnelle derrière le fumeux discours astrologique que je venais d’entendre. Parti sans laisser d’Hadès J’ai emprunté le manuel d’Hadès à un ami et je l’ai lu. Ca me faisait un drôle d’effet : le poète anarcho-gauchiste que j’étais à l’époque se retrouvait confronté à un monde où il n’était question que d’ordre et d’implacable destin. De plus, il m’était très vite apparu évident que l’auteur était plutôt du genre réac, voire d’extrême-droite... N’empêche, j’étais accroché. Un peu plus tard, un autre ami, ancien gauchiste tendance situationniste, qui lui aussi s’était mis à étudier l’astrologie mais avait décidé d’abandonner, m’a revendu tous ses bouquins d’Hadès, ses éphémérides, etc. Je me rappelle très bien que ce jour là il m’avait dit : “Richard, tu fais une très mauvaise affaire, je suis persuadé que tu t’intéresseras à l’astrologie encore moins longtemps que moi”. Il ne l’avait approchée que pendant moins d’un trimestre. Et moi, ça fait aujourd’hui (en 1997) 25 ans que je suis plongé dedans. J’ai appris très vite à monter des thèmes et, pendant un an environ, j’ai passé la plupart de mon temps libre à interpréter les thèmes de gens de mon entourage en appliquant systématiquement les recettes d’Hadès en astrologie psychologique et médicale. Les résultats de mes expériences et observations s’avéraient plutôt encourageants, mais j’ai fini par me lasser du simplisme, du fatalisme et de l’idéologie réactionnaire de cet auteur. Jusqu’à présent, j’avais toujours étudié l’astrologie en autodidacte, en solitaire. Je commençais à prendre conscience de mes failles, de mes carences. J’ai alors décidé de prendre des cours auprès des Rose-Croix Max-Heindel. J’ai été très déçu : au bout de quelques mois, j’ai abandonné, lassé par l’aspect moralisateur, réducteur et exagérément spiritualiste de cette approche. Retour à la solitude de l’autodidacte... Je suis alors passé à André Barbault. Pendant deux ou trois ans, j’ai appliqué sa méthode Barbault à l’analyse des thèmes. Sa théorie des dominantes planétaires me convenait nettement mieux que les recettes d’Hadès. Et c’est en lisant Barbault que j’ai appris l’existence des travaux de Michel Gauquelin, que j’ai lus avec passion et qui m’ont aidé à porter mon premier regard véritablement critique sur l’astrologie. En avant, doutes ! Au milieu des années 70, je commençais à me poser des questions au sujet des fondements physiques et naturels des influences zodiaco-planétaires et des théories astrologiques. Je devenais de plus en plus sceptique à l’égard des Maîtrises. Je suspectais les quatre Éléments de n’être qu’un paravent archaïque masquant d’autres réalités. Mon intérêt pour la vision du monde marxiste m’avait déjà fait comprendre que l’individu est dans une large mesure conditionné par ses conditions de vie socio-économiques et, de plus, sur un plan strictement astrologique je m’étais aperçu, à force d’observations, que l’astrologie ne pouvait à elle seule rendre compte de tout ce qui constitue un individu (son caractère, son destin, etc.). Enfin, j’étais de moins en moins satisfait de la corrélation entre les assertions des divers auteurs de manuels et mes expériences et observations personnelles. Bref, un lourd malaise s’installait insidieusement. Je me demandais de plus en plus souvent si je ne faisais pas fausse route, si je ne m’étais pas trompé en accordant tant de crédit à l’astrologie. Je dévorais tous les bouquins qui me tombaient sous la main et je pratiquais inlassablement. L’insatisfaction demeurait. Je me sentais terriblement tiraillé entre une sorte d’instinct, de conviction très profonde qui m’incitait à ne pas abandonner l’étude de l’astrologie, et un scepticisme de plus en plus envahissant. L’astrologie, c’est ça ! Et puis un jour, je remarque une nouvelle revue dans une librairie. Elle s’appelait Astrologique. Je l’achète. Je la feuillette. L’approche de l’astrologie qu’elle proposait me séduit immédiatement, bien que je trouve le vocabulaire et les idées de ces astrologues horriblement compliqués. Je venais de découvrir l’astrologie conditionaliste. Très vite, j’ai acheté La condition solaire de Jean-Pierre Nicola. Je me rappelle que j’avais du le commander : ce livre était introuvable en librairie. Je l’ai lu une première fois, d’une traite, presque sans rien comprendre mais en me disant : “L’astrologie, c’est ça”. Je l’ai relu et encore relu. Ça a été pour moi une véritable révolution intellectuelle. En quelques jours, j’ai décidé de laisser tomber tout ce que j’avais jusqu’à présent appris en matière d’astrologie : les quatre Éléments, les Maîtrises, les planètes mythologiques. Par l’intermédiaire d’Astrologique, je me suis procuré par souscription l’Introduction à l’astrologie conditionnelle de Max Lejbowicz, un ouvrage qui présentait les méthodes d’interprétation utilisées à l’époque par l’école conditionaliste. J’étais enchanté : enfin une approche rigoureuse, rationnelle, ordonnée de l’astrologie. J’ai essayé de l’appliquer aux centaines de thèmes que j’avais déjà construits... et je me suis rendu compte que j’étais trop conditionné par mes cinq ou six années d’astrologie traditionnelle pour mener à bien cette tâche. Il me semblait indispensable que je me désintoxique intellectuellement de tout le savoir appris. Pendant un peu moins d’un an, j’ai donc pris mes distances envers l’astrologie. Une sorte d’année sabbatique. Et à la fin de cette année, j’étais prêt à me lancer dans l’étude systématique de l’astrologie conditionaliste. C’est ce qui s’est passé, toujours en solitaire et en autodidacte. Enfin, je découvrais la véritable dimension de l’astrologie. Un peu plus tard, au début des années 80, je rencontrai Jean-Pierre Nicola. Il m’a véritablement impressionné par son intelligence, son savoir, son humour, sa lucidité et sa générosité. N’ayant jamais fréquenté ses cours et stages d’enseignement, je n’ai jamais été son élève, mais il fut et reste mon maître en la matière. Pourquoi l’astrologie ? Pourquoi me suis-je intéressé à l’astrologie ? Réponse actuelle : Je n’en sais rien. Rien de ce que je connais de mon passé et de mes conditionnements ne me semble avoir été de nature à me faire prendre ce chemin-là plutôt qu’un autre, jusqu’à faire de cette passion un métier. Un jour, l’astrologie est apparue à mon horizon intellectuel et spirituel. Elle m’a immédiatement adoptée, et pour moi, cela allait de soi. Je ne l’ai pas choisie, c’est elle qui m’a choisi, comme si c’était absolument évident que c’était ainsi que les choses devaient se passer. L’astrologie était-elle à cette époque un aliment idéal pour ma curiosité intellectuelle boulimique ? Il y a sans doute de ça, mais l’explication est un peu courte : d’autres domaines d’investigation auraient pu m’attirer. Répondait-elle à un appel du grand large cosmique ? Probablement aussi. A une quête spirituelle, une interrogation métaphysique, un questionnement philosophique ? Egalement. Il n’en reste pas moins qu’en vingt-cinq ans, si l’astrologie excite toujours autant ma curiosité intellectuelle, j’ai appris qu’elle ne pouvait nullement apporter de réponse aux problèmes existentiels ou spirituels, si ce n’est d’une manière partielle et détournée. Alors pourquoi ? Pour maîtriser un savoir et une technique psychologique me permettant de “mieux me connaître” et de “mieux connaître les autres” pour mieux les “aider” ? Ce n’est pas impossible, mais à l’époque ou j’ai rencontré l’astrologie, je ne m’intéressais pas à la psychologie. Je ne crois pas au “connais-toi toi-même”. L’être-en-soi est un profond mystère, un inconnu que l’astrologie ne saurait élucider. Je crois avoir compris que l’astrologie ne permet pas de se connaître, mais de comprendre comment on fonctionne. Enfin, jamais je n’ai pensé, lorsque j’ai débuté l’étude de l’astrologie, qu’elle pourrait “aider” qui que ce soit. Mes motivations étaient certainement plus égoïstes qu’altruistes : je voulais savoir, découvrir, enquêter, pour le pur plaisir de la recherche et de la connaissance. Ce n’est que longtemps après que j’ai découvert que l’astrologie pouvait être utile en débouchant sur ce que l’on pourrait appeler de l’astro-thérapie. Mais ce n’est pas à mes yeux l’essentiel. Astrologiquement parlant enfin, on pourrait invoquer, pour expliquer le pourquoi de ma rencontre avec l’astrologie, le transit par conjonction de Neptune, l’une des planètes les plus faibles de mon thème, sur ma conjonction Soleil-Mercure natale qui, elle, est très valorisée. Rencontre avec le mystère, lame de fond inconsciente bouleversant le champ de l’univers psychique connu, soudaine illumination ? Pourquoi pas... mais cela n’explique pas tout, loin de là. Alors pourquoi ? D’aucuns pourraient trouver des explications métaphysiques à cette rencontre : impérieuse vocation, obscure nécessité du destin, incontournable karma ou facétie de l’Intégration. Personnellement, je me garderais bien de me faire une opinion définitive à ce sujet. C’est l’inconnu, et dans mon esprit c’est très bien comme ça. SUITE Publications
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Richard Pellard
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