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| Publié le : 26 février 2008
Les significations planétaires
(Représentation-Existence-Transcendance)
Pour l’astrologie moderne, deux voies d’approche s’offrent pour étudier et comprendre les influences et significations attribuées aux Planètes : d’une part, leur situation à l’intérieur des champs du système solaire et d’autre part les durées de leurs révolutions sidérales.
Les trois champs du système solaire La figure ci-dessous représente les trois champs du système solaire. Le champ central, qui se trouve à l’intérieur de l’orbite de la Terre, comprend le Soleil, Mercure et Vénus. Le champ moyen comprend Mars, Jupiter et Saturne. Le système Terre-Lune se trouve entre le champ central et le champ moyen. Enfin, le champ lointain contient les planètes invisibles à l’œil nu : Uranus, Neptune et Pluton.
Grâce aux travaux de l’astrologue Jean-Pierre Nicola, nous savons désormais que les planètes appartenant à un même champ ont des points communs. Commençons par les planètes du champ lointain : Uranus, Neptune et Pluton, chacune à sa manière, nous sensibilisent aux réalités invisibles, subtiles, sous-jacentes : l’inconscient, le mystérieux, les structures cachées. Les planètes du champ moyen nous sensibilisent, elles, aux réalités concrètes, tangibles, matérielles : c’est le domaine des faits, de l’expérience vécue, de l’action directe. Enfin, les planètes du champ central nous sensibilisent aux réalités apparentes, aux symboles, aux images, au langage : c’est le domaine de la vie sociale, du paraître, de la diffusion des représentations.
Ce regroupement des planètes par “familles” permet de mieux comprendre le rôle et la fonction de chacune, et de simplifier l’interprétation. Lorsque le trio Soleil-Mercure-Vénus domine dans un thème, on peut en déduire qu’on a affaire à un individu spontanément sociable, soucieux des apparences et vivant dans un monde ou les images ou le langage occupent une place prépondérante. Si c’est le trio Mars-Jupiter-Saturne qui domine, on a affaire à un individu réaliste, actif, pragmatique. Enfin, si c’est le trio Uranus-Neptune-Pluton qui domine, on a affaire à un individu “branché” sur l’invisible, l’imaginaire, se déterminant en fonction de motivations subtiles et inconscientes. Les niveaux du réel Chacun des trois champs du système solaire nous sensibilise donc à un niveau de réalité. Qu’est-ce que la réalité ? Prenons l’exemple de la mer. Si nous nous contentons de la contempler, nous n’en percevons que la surface : houle, vagues, écume. Si nous nous jetons à l’eau, nous en aurons une expérience plus concrète, plus vécue, sous la forme des sensations et perceptions du nageur en eaux de profondeur moyenne. Enfin, la mer, ce sont aussi les profondeurs obscures et angoissantes peuplées de monstres réels ou imaginaires, de créatures inconnues. La réalité globale de la mer, c’est tout cela : sa surface apparente, sa réalité vécue, ses profondeurs mystérieuses qui excitent nos imaginaires. En fonction de son thème natal, chacun de nous est plus ou moins sensibilisé à tel ou tel niveau de réalité. Il y a ceux qui préfèrent regarder et parler (Soleil-Mercure-Vénus), ceux qui préfèrent agir et expérimenter (Mars-Jupiter-Saturne), ceux qui préfèrent pressentir et imaginer (Uranus-Neptune-Pluton). L’organisation du ciel au moment de notre naissance nous incite à sélectionner, à privilégier certains niveaux de réalité, c’est-à-dire certaines informations en provenance du monde extérieur : nous ne prenons pas tous nos informations à la même source. Avec une dominante Soleil-Mercure-Vénus, le niveau-source qu’on privilégie est celui du savoir déjà connu, du contact social (livres, journaux, conversations). Avec une dominante Mars-Jupiter-Saturne, le niveau-source qu’on privilégie est celui des réalités concrètes qu’on a testées et expérimentées. Avec une dominante Uranus-Neptune-Pluton enfin, le niveau-source privilégié est celui des réalités invisibles auxquelles on n’a accès que par l’intermédiaire de l’intuition ou de l’imaginaire. Le système R.E.T. "Il nous faut donc un nouvel outil. Aussi précieux que le furent le microscope et le télescope dans la connaissance scientifique, mais qui serait destiné, cette fois, à tous ceux qui tentent de comprendre et de situer leur action (...). Cet outil, je l’appelle le macroscope (macro, grand et skopein, observer). (...) servons-nous donc du macroscope pour porter un regard neuf sur la nature, la société et l’homme. Dans son champ de vision, les organisations, les événements, les évolutions s’éclairent d’une lumière toute différente" (Le Macroscope, Joël de Rosnay). Le macroscope existe, les astrologues l’ont rencontré. Ce n’est pas seulement un "instrument symbolique" : il est inscrit dans les structures mêmes du système solaire et enraciné dans les significations planétaires. Pour l’astrologie conditionaliste en effet, l’organisation du système solaire est la macro-matrice des perceptions et conceptions qu’ont les hommes des réalités visibles et invisibles, concrètes et abstraites, actuelles ou virtuelles. Chaque connaissance, scientifique ou autre, élabore sa "grille de lecture" des phénomènes. Pour le physicien, tout tend à se réduire au physique ; pour le biologiste, au biologique ; pour le psychologue, au psychologique et pour le religieux, au spirituel, etc. La multiplicité des champs de connaissance et d’investigation, leur spécialisation de plus en plus poussée rendent de plus en plus difficile une compréhension globale de l’Homme et de son environnement, cet Univers où il naît, vit et meurt. Dans cette optique, il est essentiel de développer un savoir qui "amplifie ce qui relie, fait sortir ce qui rapproche" (Joël de Rosnay). Tous ces modes de connaissance, si divers et spécialisés soient-ils, ont pourtant un point commun : ils ont été imaginés, découverts ou inventés par les habitants de la planète Terre. Et la Terre fait partie intégrante d’un système : le système solaire. Sachant que le plus grand structure le plus petit, l’astrologie postule que l’organisation du système solaire offre un modèle unitaire de décodage de l’expérience-univers. Unitaire et pas unique,car, comme le note le neurologiste Henri Laborit, "chaque niveau d’organisation a sa propre structure", irréductible aux autres. Les significations planétaires ont, au cours des siècles, été découvertes par les intuitions et observations des générations d’astrologues qui nous ont précédés. De ces intuitions et observations, nos ancêtres se sont efforcés de déduire un modèle unitaire. Il a fallu des milliers d’années avant que, de la multitude des données empiriques par eux compilées, émerge enfin ce modèle. Pour comprendre comment s’organisent les significations planétaires, l’astrologie contemporaine dispose du système R.E.T. (prononcez “èreuté”, initiales des mots Représentation, Existence, Transcendance) découvert par l’astrologue Jean-Pierre Nicola. Nous aurons plus tard l’occasion de revenir sur ces notions pour les préciser. Quittons l’astrologie, l’espace de quelques lignes, pour ensuite mieux la comprendre. Le monde qui nous entoure peut, dans une première approche, être considéré comme une pure représentation (initiale "R") : une image qui s’imprime sur nos rétines, un signe ou un texte que captent et reflètent nos yeux, une apparence plane, lisse, sans relief, comme une photographie. Et le spectacle reste spectacle tant que nous restons, immobiles, à le contempler. Mettons nous en mouvement, passons de l’ici au proche, allons à la rencontre du monde extérieur : il se transforme alors en réalité concrète et palpable, jalonnée d’objets résistants, de matériaux solides, de reliefs contrastés. Le monde n’est plus un pur spectacle, il acquiert de l’existence (initiale "E") : on peut l’expérimenter, s’y confronter, l’éprouver, le ressentir "à bout portant". La solidité matérielle du monde semble aller de soi... et pourtant, l’aspect solide de la matière est une illusion relative. La physique subatomique a démontré que cette "solidité" était en fait due, à un niveau plus subtil de la réalité, à la vertigineuse vitesse des électrons autour de leurs centres d’attraction. Qu’est-ce que le monde que nous éprouvons à travers le champ de nos perceptions, lorsque nous dépassons les limites de l’expérience sensible ? Un univers complexe et énigmatique de phénomènes corpusculaires-ondulatoires, infiniment plus proche d’immatérielles équations mathématiques que de la solidité de notre matière quotidienne. Un monde transcendant (initiale "T"), bien réel mais imperceptible, sinon pour les yeux de l’esprit. Les physiciens l’appellent le "Grand réel", les ésotéristes la "Nature cachée" et les mystiques en font le domaine des anges, des dieux et démons... Niveaux-source et niveaux-but
Selon qu’on considère leurs niveaux-sources (majuscules “R”, “E” et “T”) ou leurs niveaux-buts (minuscules “r”, “e” et “t”), chacune des fonctions planétaires appartient à deux familles. Trois planètes ayant le même niveau-source et des niveaux-buts différents forment une famille “extensive” (diffusion, déconcentration) ; trois planètes ayant le même niveau-but et des niveaux-source différents forment une famille “intensive” (polarisation, focalisation).
Le tableau ci-dessous représente les formules R.E.T. des Planètes. Les rangées horizontales désignent les trois familles extensives, et les colonnes verticales les trois familles intensives.
Le système R.E.T. peut se représenter graphiquement de différentes manières. Dans tous les cas, la symbolique de l’espace demande de situer Pluton en bas, manière de rappeler qu’au fond, à la base, ce sont le mystère, la complexité et l’inconnu, bref la Transcendance qui règnent. Pluton est à la base d’une pyramide dont le Soleil occupe le sommet : symbole d’unicité, d’élévation et de clarté, bref de Représentation. Entre ces deux extrêmes se situe le niveau Existence : notre vécu se déroule à mi-chemin entre le connu et l’inconnu, dans le domaine intermédiaire du connaissable.
Le modèle circulaire permet de visualiser aisément la dynamique de passage d’un niveau-source à un niveau but. Le modèle en losange, moins dynamique que le précédent, a l’avantage de rendre possible une visualisation immédiate de la formule de chaque fonction planétaire. Ce losange est divisé en neuf cases correspondant aux neuf Planètes. La Lune, qui comme nous l’avons vu est un cas à part en tant que satellite de la Terre, occupe une case à part, à la pointe supérieure de la case la plus haute occupée par le Soleil.
Le modèle R.E.T. est une structure vide que l’on peut appliquer à de nombreux domaines différents. Le tableau suivant vous en donne quelques illustrations.
Les trois colonnes “R”, “E” et “T” concernent indifféremment les niveaux-sources ou les niveaux buts. Prenons la première ligne, qui contient les mots “connaître”, “éprouver” et “être”. Le verbe “connaître” relève bien du niveau Représentation : connaître quelqu’un ou quelque chose, c’est être capable de se le représenter, d’en avoir une idée ou une image, c’est se trouver dans le domaine du connu. Le verbe “éprouver” relève bien du niveau Existence : éprouver quelqu’un ou quelque chose, c’est ressentir son existence palpable, concrète, c’est se trouver dans le domaine du connaissable par expérience sensible. Enfin, le verbe “être” relève bien du niveau Transcendance : le domaine de l’Etre est celui de l’invisible, de l’inconnu, du mystère. Au fond, on ne connait rien de l’Etre-en-Soi des personnes et des choses... Soleil
Vénus
Jupiter
Mercure
Uranus
Neptune
Saturne
Mars
Pluton
LuneSatellite unique de la Terre, la Lune occupe une situation à part, différente de celle du Soleil et des planètes. D’une manière imagée, on peut dire qu’elle reçoit, pendant le mois qu’il lui faut pour parcourir son orbite autour de la Terre, l’ensemble des influences planétaires qu’elle retransmet d’une façon globale, indifférenciée. Le "lunaire" ne distingue pas l’être, l’éprouvé et le connaître, mais les considère et les reçoit comme un tout compact, un bloc homogène, une masse insécable. Pour lui tout se tient. La fonction lunaire illustre bien le concept physique de “non-séparabilité” (indivisibilité et interdépendance absolue de tous les éléments du réel). La fonction lunaire occupe donc une place à part dans le système R.E.T.
Exemples concrets d’application du R.E.T.Le R.E.T. et la communication Nous sommes en représentation et en haut niveau de réactivité nerveuse lorsque nous sommes en société, lorsque nous communiquons avec notre entourage par l’intermédiaire des codes, mots, signes, images, modèles, symboles, normes et formes qui sont autant de systèmes de Représentation. Il est d’autres formes de communication : par exemple, par le biais d’échanges concrets avec notre milieu naturel et culturel : actes, expériences, sensations, confrontations directes, émotionnelles, avec les êtres, choses et situations qui nous entourent, tout ce qui relève de l’Existence, d’un moyen niveau de réactivité nerveuse et nous donne le sentiment d’exister en plus fort. Enfin, nous communiquons aussi avec notre milieu naturel par l’intermédiaire d’incessants et multiples messages chimiques et électriques dont nous n’avons pratiquement jamais conscience, mais qui nous permettent de maintenir notre unité et notre homogénéité corporelle. Nous communiquons aussi d’une manière subtile et paradoxale : par nos silences, nos non-dits volontaires ou involontaires, nos arrières-pensées... voire par nos messages télépathiques. C’est là l’univers de la Transcendance, et du plus bas niveau de réactivité nerveuse. Le R.E.T. et la rencontre Représentation : pour la première fois, je rencontre quelqu’un. Dans un premier temps, je m’en fais une image, j’écoute son langage, je suis sensible à son paraître et notre relation est structurée par les modèles sociaux en usage dans notre culture. Existence : Les (re)présentations étant faites, nous passons à un autre niveau, celui de l’Existence : nous faisons l’amour ou la guerre, nous nous éprouvons tous deux dans notre vécu et dans nos actes, dans nos sensations et expériences partagées. Transcendance : Enfin, un troisième niveau (le plus complexe et difficile) nous rend sensible à la Transcendance de l’autre, c’est-à-dire aux mystères de son âme, à ses secrets, à l’invisible cheminement de ses pensées et sentiments profonds. Le R.E.T., les pleins et les vides Représentation, Existence, Transcendance... ces trois niveaux de réalité - ou de perception-conception de la réalité, peuvent nous amener des informations contradictoires. En reprenant l’exemple précédent, je peux me laisser séduire par une apparence agréable et un discours brillant (Soleil-Mercure-Vénus, "R"), pour ensuite être déçu par l’expérience concrète que je ferai d’autrui (Mars-Jupiter-Saturne, "E"), mais par contre trouver une complicité profonde avec lui dans l’imaginaire, le non-dit, le subtil et l’invisible (Uranus-Neptune-Pluton, "T"). De même, avec quelqu’un qui ne me "dit" rien a priori (Représentation en négatif), je peux partager de fortes et agréables expériences (Existence en positif), tout en restant insensible à ses états d’âme ou profondeurs cachées (Transcendance en négatif), etc. Vous pouvez vous même imaginer et observer ce que peuvent donner les diverses combinaisons de ces trois niveaux appliqués aux relations humaines. Le R.E.T. et les Nombres Le modèle R.E.T. permet aussi de décrypter les informations en provenance du monde extérieur selon leur quantité. Si je ne reçois qu’une information (niveau "R", Soleil-Mercure-Vénus), tout est clair, net et simple : elle ne peut que s’imposer avec évidence à ma conscience. Pensez comme il est simple d’être seul avec une idée unique... Si je reçois deux informations (niveau "E", Mars-Jupiter-Saturne), cela se complique : elles peuvent se conforter mutuellement (en duo), se contredire (en duel), ou se traduire par un dosage ambigu et incertain de similitude et de contradiction (en duo-duel). Pensez à la vie en couple, qui demande de concilier deux points de vue en général et au minimum sensiblement différents ! Enfin, à partir de trois informations, la porte s’ouvre sur le multiple et la complexité (niveau "T", Uranus-Neptune-Pluton). La pluralité des informations débouche sur l’inconnu, l’indécidable, l’invérifiable : trop, c’est trop ! En s’en tenant à trois, seuil des grand nombres, pensez aux complications, incertitudes et secrets qu’introduit la présence d’un tiers (amant(e) ou enfant) dans la vie d’un couple... Le R.E.T. et l’énergie-espace-temps-structure Le tableau qui suit vous donne quelques autres exemples d’application du R.E.T. dans les référentiels naturels que sont l’énergie, l’espace, le temps et la structure. Le R.E.T. est bel et bien un macroscope dont la puissance prospective va bien au-delà de l’astropsychologie ! C’est là sans doute que réside l’ésotérisme, éternel et contemporain, de l’astrologie.
Application du S.O.R.I. au R.E.T. Le tableau suivant récapitule les applications des quatre référentiels du S.O.R.I. (Sujet, Objet, Relation, Intégration) au R.E.T.
Il ne vous reste plus maintenant qu’à lire les “profils astro-psychologiques” induits par les fonctions planétaires, en sachant que celles-ci se définissent à la fois par ce qu’elles sont (les niveaux de réalité auxquelles elles nous sensibilisent) et ce qu’elles ne sont pas (les niveaux de réalité qui ne les concernent pas). Texte extrait de Les Significations planétaires, éd. Ariana, septembre 2002. Voir aussi :
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Richard Pellard
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