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Jean-Jacques Beineix ou la caméra Balance-émotion

Jean-Jacques Beineix est cinéaste, réalisateur, dialoguiste, scénariste et producteur de cinéma. On accuse souvent le cinéaste de « Diva » ou de « La Lune dans le caniveau » de privilégier la forme, l’émotion et l’esthétique par rapport au fond. C’est injuste : Beinex est avant tout un être d’émotions intenses…



Françoise Hardy : Trois de vos Signes dominants sur quatre sont dits réfractaires, dans la mesure ou l’un, le Taureau, où vous avez l’Ascendant, porte à se méfier de toute forme d’emballement et de dispersion, l’autre, le Scorpion, où vous avez quatre planètes fortes, à se méfier de la mode et des associations trop superficielles, le troisième enfin, les Poissons, où vous avez la Lune, à être indiffèrent à ce qui n’est pas ressenti comme essentiel pour soi. Mais la Balance, votre Signe solaire, prédispose à aller dans un tout autre sens, c’est-à-dire à être sociable, influençable, sensible à l’air du temps. Comment vivez-vous cette contradiction : réfractaire d’un cote, conciliant de l’autre ?

Jean-Jacques Beineix : En tant que Balance, je dirai que je vais tantôt d’un côté, tantôt de l’autre, jusqu’au moment ou je dois équilibrer, « balancer », c’est le cas de le dire, ces attitudes effectivement contradictoires. Mais je ne prétends pas réussir à maintenir cet équilibre. Je vis ce contraste davantage sous la forme d’une suite de ruptures avec, de temps à autre, des moments d’équilibre, parfois même d’harmonie. Votre analyse me semble assez juste.

Si vous le voulez bien, j’aimerais que l’on précise les contradictions évoquées. Votre dominante martienne sur fond Scorpion-Taureau incite à aimer les rapports de force et l’affrontement direct, alors que votre composante vénusienne sur fond Balance-Poissons incite à préférer la séduction par le charme et à éviter ou fuir toute situation conflictuelle. Êtes-vous une main de fer dans un gant de velours, ou bien les épreuves de force laissent-elles toujours une part de vous meurtrie, tout au moins perturbée ?

Tout ça est juste. Il me semble que j’ai tendance à essayer de résoudre les problèmes plus par la séduction que par la violence. Mais s’il le faut, je suis capable d’utiliser la violence, tout en y répugnant. La violence a sur moi de profondes répercussions qui me troublent, me fatiguent, me perturbent. Je ne l’aime pas. Je préfère que tout se passe dans l’harmonie, mais j’ai toujours l’impression que l’harmonie, quand elle existe, est extrêmement fragile, d’où un sentiment d’insécurité.

On peut, au vu de votre ciel, aller jusqu’à dire qu’il y a en vous à la fois le besoin de plaire et celui de déplaire.

Je suis, c’est vrai, assez prisonnier de ce schéma-là.

Votre dominante Vénus-Mars devrait vous donner un besoin important d’intensité passionnelle qui ne colle pas très bien avec l’aspiration Balance-Poissons et même Taureau au calme et à l’harmonie.

Les troubles de la passion me procurent un certain plaisir et, en même temps, l’harmonie fait naître en moi une certaine crainte. Chaque situation porte en elle-même sa contradiction. Je ne peux vivre aucune situation sans en évoquer l’envers. Je fluctue toujours entre l’envers et l’endroit, sans toutefois désespérer d’arriver à trouver l’harmonie. C’est peut-être là où s’introduit un élément supplémentaire : celui de la contrainte. Je ne sais pas si je résoudrai les choses en me contraignant ou en me laissant aller. Je n’ai pas encore décidé.

Le Scorpion aime la ou les différences, notamment celles que d’autres, en particulier les Balance, préféreraient esquiver et qui risquent de ce fait de déclencher leur antipathie. Éprouvez-vous un certain plaisir à cultiver votre singularité et même à vous faire des ennemis, ou bien rêvez-vous d’être différent sans être pour autant un objet d’hostilité, tout au moins d’incompréhension ?

C’est vrai que j’aime les différences, quelles qu’elles soient. J’aime les gens qui ont une autre couleur, au sens propre comme au sens figuré, j’aime les façons d’être différentes, j’aime les ailleurs, et, en même temps, je crois que je suis terriblement conformiste, dans la mesure ou mon conformisme m’aide à garder ce que j’appelle ma « privacy ». Par exemple, si je vais dans un endroit où tout le monde est en smoking, je préfère avoir un smoking, bien que ce ne soit pas un costume que j’aime porter. Si tout le monde est en salopette, je préfère être en salopette. Pour rester tranquille.

Le Scorpion porte à l’hyper-précision : il s’agit de viser pile au bon endroit, pile au bon moment, dans un but défini. Alors que la Balance, parce qu’elle pèse trop le pour et le contre, et les Poissons, parce qu’ils ont tendance à penser que le pour et le contre se valent plus ou moins, sont, dans leurs aspects négatifs, flous et indécis.

C’est, là encore, une contradiction qui joue sur tous les plans. Sur le plan professionnel, autrement dit en ce qui concerne la mise en scène de cinéma, je suis toujours pris entre le désir d’aller jusqu’au bout de la précision, à la limite de la méticulosité, et les leçons de l’expérience qui m’ont appris à savoir faire la part des choses. Ma vie est une sorte de point de rupture continuel, qui tient dans la phrase : « jusqu’où je peux aller trop loin ». Je passe mon temps à essayer d’aller toujours plus loin, tout en m’efforçant de ne pas aller trop loin, en n’essayant pas, par exemple, de faire de chaque instant une compétition avec l’absolu, afin de sauvegarder un minimum d’harmonie.

La Balance est toute en nuances, délicatesses et demi-teintes, alors que Mars et le Taureau réunis mettent les pieds dans le plat et appellent un chat un chat. Pouvez-vous être d’autant plus subtil et raffiné, que vous êtes, par ailleurs, capable de lourdeur rabelaisienne ?

Je vais finir par croire que la science astrologique est assez fondée, parce que je me retrouve assez bien dans tout ce que vous dites-là. C’est vrai que j’aime bien les discussions à fleurets mouchetés, mais je ne suis pas contre la diplomatie de la canonnière, encore moins la truculence. Je passe donc par cet arc-en-ciel-là et il arrive que je ne me reconnaisse pas : car il peut y avoir un décalage entre ce que je dis et ce que je sens, comme si je proférais des grossièretés en costume Louis XV. Je suis sujet aux incongruités et aux anachronismes.

Saturne et Pluton, que l’on trouve dans votre Maison IV, en rapport avec les origines, sont souvent l’indice de bases plus ou moins branlantes quant à la sécurité affective ou matérielle que la famille d’origine est supposée apporter. Cela a-t-il été votre cas ?

Tout à fait. Je suis en proie à un sentiment permanent d’insécurité. Étant plus familiarisé avec l’approche freudienne qu’avec l’approche astrologique, je crois que c’est du à des conflits éloignés mal digérés. La Balance ou Saturne et Pluton y sont peut-être aussi pour quelque chose, je ne sais pas. Ce qui est sûr, c’est que je suis à la recherche d’une sécurité que je ne trouve pas. D’où une certaine tendance à me mettre en marge, afin d’éviter ce qui me parait dangereux pour ma sensibilité et mon inquiétude, par peur de souffrir, d’être trompé…

Et pourtant, il y a aussi ce besoin de vous impliquer émotionnellement ?

Oui et c’est pourquoi ma vie est discontinue : les retraites finissent par me peser et débouchent sur des remises en question qui me jettent à nouveau dans la bagarre. Je reste sur le bord de la piscine à regarder les autres et de temps en temps je plonge. Mais quand je plonge, c’est du grand plongeoir.

Bien que vous disiez être plus qualitatif que quantitatif, la dissonance de Mars et Jupiter à Saturne, qui marque votre ciel, peut s’interpréter comme un conflit à parts égales entre les besoins de rendement à court terme et les exigences du long terme, ou, si vous préférez, comme un conflit entre l’homme d’action, l’homme d’affaires, et l’homme de réflexion. Ressentez-vous ce conflit ?

Tout à fait. Mais là encore, je n’ai pas opté. Je dois faire sans cesse des compromis entre le besoin de vivre au présent sans me poser de questions, et celui de trouver un sens aux choses.

La dissonance Mars-Satume est généralement révélatrice d’un problème de réglage de la volonté. Vous avez, au début de l’entretien, évoqué un conflit entre contrainte et laisser-aller, qui, pour l’astrologue, relève de cette dissonance, dans la mesure ou Mars incite à suivre sa pente instinctuelle, à cavaler en rejetant tout ce qui ressemble de près ou de loin au contrôle et à la raison, alors que Saturne incite à tenir en bride ses pulsions, et à ralentir le rythme, pour mieux se concentrer sur quelque chose de plus essentiel que la satisfaction du désir et des appétits personnels du moment.

Je reconnais les faits, Votre Honneur. Ma volonté, comme ma vie, est discontinue. Il y à des moments ou je veux très fort les choses, et il y en à d’autres ou je les laisse aller. J’ai l’impression d’être dans un courant assez violent : parfois je le remonte comme un saumon, parfois je suis fatigué et je me laisse dériver. Ce n’est pas désagréable. Je suis un velléitaire qui agit.

Le rapport Mars-Saturne est comparable au rapport muscle-esprit et peut se manifester par une volonté de reculer les limites de la résistance physique. C’est un aspect que l’on rencontre valorisé dans beaucoup de ciels de sportifs, Bobet et Borg, pour n’en citer que deux. Vous sentez-vous concerne par les problèmes d’endurance physique ?

Tout à fait. J’ai besoin de me dépasser sur ce plan.

Pouvez-vous dans vos périodes d’activité vous montrer dur et exigeant, tant avec vous-même qu’avec les autres d’ailleurs ?

J’aurais tendance à dire que j’ai été plus souvent dur avec les autres qu’avec moi-même. Mais le vieux chrétien qui sommeille en moi me fait aspirer à être plus dur avec moi qu’avec les autres. J’essaie d’apprendre à exercer le pouvoir dans le bon sens, à gérer les forces qui m’ont été données ou prêtées, au mieux des intérêts d’une tache commune. Avec l’âge, je commence à apprendre à doser la dureté, l’effort d’une part et le plaisir, la détente d’autre part, autrement dit à ne pas aller jusqu’au masochisme.

Cette dissonance Mars-Satume qui oppose en vous le réalisme du présent, l’efficacité opportune, à des exigences plus complexes et plus hautes, pourrait vous avoir valu une destinée aux reliefs accuses par ses succès et ses revers : avez-vous établi un ou des rapports entre vos dents de scie professionnelles et vos contradictions intérieures ?

J’ai l’impression d’avoir été davantage marqué par le succès que par l’échec, mais il est un fait que j’avance en dents de scie, parce que j’ai des moments de dépression assez grande qui sont, heureusement, suivis par des moments de bonheur aussi grand. J’essaie de me dégager de ces fluctuations en recherchant la vérité du quotidien, du travail bien fait et du plaisir, au sens fort de joie de l’âme, de l’esprit ou du corps. J’essaie d’écrêter ces dents de scie. On se couche un soir avec un très beau coucher de soleil, on à l’impression qu’il fera toujours beau, et le lendemain il pleut. On est toujours étonne de ça, et, une fois dans la grisaille, on à l’impression que le soleil ne brillera plus jamais. En fait, le soleil revient toujours et la grisaille aussi. À partir du moment où on sait, où on accepte ça, on à une force supplémentaire dans l’existence. Un film est fait de milliers de petits instants reliés les uns aux autres par une volonté, qui doit essayer de s’imprimer le plus possible, sans jamais se relâcher. Mais on se relâche toujours. On croit savoir faire du cinéma, on croit que chaque plan est génial, tout au moins réussi, et ce n’est pas vrai. Il y à toujours des plans ratés. Au fond ce qui compte c’est la façon dont sont reliés les moments ou les plans. J’essaie d’apprendre la continuité. Mais bon… Patience.

Vénus qui concerne le pouvoir émotionnel des images, des formes, des couleurs et des sons, est très valorisée dans votre ciel, ce qui n’est pas étonnant vu la primauté de la qualité des images dans vos films. Mais elle est conjointe à Mars qui concerne la réalité brute. Dans l’abstrait, Vénus pourrait vous faire aspirer à esthétiser la réalité sans esthétique, et Mars à donner une réalité plus concrète à l’esthétique…

J’hésite souvent entre le fond et la forme. J’ai peut-être jusqu’ici, mais méfions-nous des apparences, privilégié la forme aux dépens du fond. En tous cas c’est ce que l’on m’a reproché, mais je crois que c’est un peu faux. Je crois que la forme implique le fond, que le beau à une valeur morale. Maintenant on peut se laisser entraîner à une certaine froideur, à une certaine construction qui va au détriment de l’humain. Mais c’est justement ce que j’essaye de faire. C’est une vraie recherche. Il est possible que je ne réussisse pas toujours à maîtriser le fond et la forme, mais ma recherche esthétique est toujours la conséquence d’une recherche morale.

La réalisation cinématographique vous suffit-elle pour exprimer l’intuition neptunienne des réalités complexes, irrationnelles, indicibles, que vous devriez avoir ?

Jusqu’à maintenant non. Mais il y a d’autres choses pour moi que le cinéma qui est tout de même et sera de plus en plus, je crois, le lieu géométrique. Je commence seulement à éprouver du plaisir à faire du cinéma, car jusqu’à maintenant j’ai plutôt éprouvé de la difficulté, de la peine, de la souffrance. J’attends avec impatience le moment où le cinéma ne sera pour moi qu’une grande partie de plaisir. Sinon j’essaie d’autres choses : je me confronte aux expériences des autres en littérature et en musique. J’ai aussi une vie d’engagement physique dans le sport : j’ai fait de la compétition automobile, de la moto, du bateau, de l’alpinisme… Sérieusement, à un bon niveau de compétition…

J’ai supprimé en route l’une de mes questions en rapport avec le fait que vos dominantes planétaires : Mars, Venus et Neptune, axent plus sur l’action concrète, physique, sur les sensations et les émotions, que sur l’intellectualité. Cela explique, pour moi, que votre cinéma soit tellement plus visuel, plus charnel même, que celui des autres cinéastes français et provoque l’émotion par l’image plus que par les mots.

Je rêve beaucoup les choses, mais je ne me contente pas de rêver : je concrétise ensuite. l’ai rêvé par exemple pendant douze ans d’avoir un bateau : j’ai un bateau aujourd’hui et j’en fais. La question que je me pose actuellement est de savoir si j’arriverai ou non un jour à vivre complètement à travers le cinéma. Ce serait formidable !

Texte paru dans Entre les lignes, entre les Signes, Éd. RMC 1986.

Cet article vous a été proposé par : Françoise Hardy


Le petit livre de la Balance

par Richard Pellard. 49 pages. Illustrations en couleurs

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Interprétation de la Balance selon la symbolique classique et selon ses réflexes dans le zodiaque naturel (force, vitesse, équilibre) ; interprétation de la Balance en fonction des planètes dominantes ; le Signe solaire & le Signe Ascendant. Vous pouvez dès maintenant le commander à la boutique.





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