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Philippe Delerm ou les phrases de la Lune

Écrivain du quotidien, du banal, de l’intime, Philippe Delerm vient coup sur coup de signer deux best-sellers au succès inattendu : Petites gorgées de bière et autres plaisirs minuscules (Gallimard 1997) et Il avait plu tout le dimanche (Mercure de France 1998). La vie pour lui n’est pas absolue, elle est « presque : à portée de main, cette fraîcheur. Une fantaisie modeste, vouée à la dégustation transposée de rites domestiques […] au moment flottant des possibles ». Les personnages de Delerm mangent, flânent, rêvassent, passagers humbles et virtuels des trains-trains quotidiens qui ne mènent nulle part ailleurs que dans un ici et maintenant teinté de nostalgie douce-amère.



Françoise Hardy. Avant d’entrer dans le vif du sujet, juste quelques mots d’astrologie prévisionnelle : vous avez « décollé » en tant qu’écrivain en 1997 sous un transit d’Uranus en aspect consonant de votre Soleil, échéance type d’émergence professionnelle, que vous aviez déjà vécue en 83…

Philippe Delerm. C’est drôle, mon premier livre a été publié cette année-là, après 10 années d’envois par la poste et de refus.

Revenons à 1997, où Pluton arrivait à la même longitude céleste que celle de votre Soleil natal, ce qui, le plus souvent, signe un climat déstabilisant, noir…

L’année 1997 aura été marquée d’une part par le bouleversement qu’apporte le succès, d’autre part par un drame familial. Il m’a été d’autant plus pénible d’entendre des congratulations du style « c’est formidable ce qui vous arrive… », que ma femme et moi n’allions pas bien du tout.

Votre thème suggère que votre personnalité tourne autour de deux pôles aux antipodes l’un de l’autre : le pôle AS Vierge/ Lune dominante en Cancer vous incite à vous protéger des intrusions du monde extérieur pour préserver le calme, la quiétude, l’intimité sécurisante dont vous devriez avoir davantage besoin que la moyenne, alors que le pôle Soleil-Mercure-Vénus en Sagittaire dénote au contraire une nature extrêmement sociable, communicative, ouverte au monde extérieur et aux rencontres multiples. Percevez-vous cela comme une contradiction ?

Cela correspond tout à fait à ma réalité : j’ai effectivement une grande soif d’intimité, de repli auprès des gens que j’aime, un grand besoin d’être sécurisé de cette façon, mais il me semble que si cela m’avait suffi, je n’aurais pas eu envie d’écrire. À partir du moment où on éprouve le besoin de communiquer autrement, c’est aussi que l’on a besoin d’autre chose. En même temps, ce que vous dites correspond pleinement à ma personnalité car, aussi loin que je remonte dans le temps, j’ai toujours aimé à la fois la solitude et les autres. Adolescent, j’aimais autant me balader tout seul à bicyclette que jouer au foot avec les copains. Puis, quand je suis devenu prof — métier très social, car on ne peut pas être plus près des autres qu’avec ce métier-là —, j’ai eu très vite envie de me ménager des plages de solitude consacrée à l’écriture, bien que je ne me sois jamais senti écrivain. Dans ma prime jeunesse, j’étais paresseux, je rêvassais beaucoup et une fois dans l’enseignement, je suis devenu très actif sur plusieurs plans : je jouais de la guitare, animais un club de guitare, faisais de l’athlétisme, etc. L’envie d’écrire qui m’est venue tout d’un coup m’a obligé à me lever très tôt le matin afin de pouvoir travailler pendant une heure et demie avant de partir au collège… Toute ma vie aura donc été l’illustration des tendances contraires que vous évoquez.

Le premier pôle incite à ne pas quitter son coin, sa région, alors que le Sagittaire porte à explorer le vaste monde : en avez-vous eu le désir et l’opportunité ?

Je suis plutôt resté dans la région où l’Éducation Nationale m’a envoyé, la Normandie, qui nous a tellement plu à ma femme et moi, que nous ne l’avons plus quittée. Curieusement, les seuls voyages que j’ai faits m’auront emmené en Scandinavie, où, justement, les gens vivent repliés sur eux-mêmes et leur famille…

Autre différence entre ces deux pôles : par le premier vous cultivez un naturel qui n’a que faire des convenances, vous vivez en fonction de vos humeurs et de celles de votre clan, par le second vous êtes bien plus « civilisé », bien plus sensibilisé aux codes sociaux… Diriez-vous que vous êtes autant un « pantouflard » qu’un homme du monde, ou l’une des attitudes prévaut-elle nettement sur l’autre ?

Homme du monde : je ne crois pas, sauf que l’écriture est un moyen important pour moi de faire des rencontres différentes de celles de la vie de tous les jours. Je me sens plutôt pantouflard… Je me suis senti agressé quand mon premier grand succès littéraire m’a obligé à quitter la vie que j’avais et que je suis content d’avoir retrouvée.

Nature ou culture, s’il fallait choisir, que choisiriez-vous ?

C’est la nature qui prévaut. On ne peut pas être artiste sans connaître ce qu’ont fait les autres, mais, en même temps, j’ai eu assez rapidement le sentiment que j’avais une manière à moi de sentir les choses et que ce qui comptait c’était d’arriver à l’exprimer : c’est par le contact avec les vraies choses, avec la vie la plus simple qui soit que j’arrive à « créer ». Avoir un univers, un regard personnels n’a rien à voir avec l’intelligence ou la culture…

Une Lune dominante en Cancer favorise le repli paisible sur les bonheurs simples dont vous parlez si bien, ainsi qu’une relative passivité, une tendance à s’abandonner aux volontés plus fortes que la sienne propre. Mais dans votre ciel, ces tendances sont associées à celles d’Uranus qui prédisposent à beaucoup d’exigence, d’ambition, de volonté…

Ça me paraît correspondre à la réalité. J’ai mis très longtemps à être publié, et si je ne l’avais pas été, j’aurais sans doute continué à écrire toute ma vie. Pouvoir envisager de construire sa vie autour de quelque chose susceptible de ne jamais être cautionné par ce qu’on appelle le succès, prouve une certaine volonté… L’ambition, je ne crois pas… la conscience d’une sorte de chance, de grâce plutôt… une façon, à la Saint François d’Assise, de savoir être heureux des choses… sans que cette forme de sagesse suffise pourtant puisque le besoin de communiquer, d’écrire, revient quand même à transformer : c’est peut-être là que se cache l’ambition…

L’uranien recherche les responsabilités alors que Cancérien lunaire ou la Vierge les fuient : exercer des responsabilités vous est-t-il pesant ou agréable ?

Je fuis un peu les responsabilités qui me paraissent trop lourdes… Sur le plan familial, par contre, bien que ma femme (Scorpion AS Balance) soit apparemment plus autoritaire que moi, elle me connaît et m’aime assez pour me donner l’impression d’être celui qui décide en premier…

Vous a-t-on déjà reproché ou vous reprochez-vous vous-même d’être parfois trop subjectif ou arbitraire ?

Subjectif oui… quand j’étais en philo, mon professeur me reprochait mon esprit « spécieux »… D’une façon générale, je ne suis pas très doué pour comprendre… Très tôt, je décrochais chaque fois que l’on voulait m’expliquer quelque chose… Si je m’assois sous les étoiles d’un ciel d’été, ça m’ennuie que quelqu’un vienne me parler de la Grande Ourse…

Les lunaires sont plus contemplatifs et instinctifs qu’intellectuels… Votre Lune en Cancer est au trigone de Jupiter, ce qui pousse à se contenter de ce qui est à sa portée, mais elle reçoit une dissonance de Saturne qui introduit le ver à l’intérieur du fruit, de l’œuf, ce qui favorise une anxiété latente à propos de tout ce qui menace la coquille personnelle. Comment vivez-vous cette anxiété de fond ?

En fait, même si c’est ce que j’ai choisi avant tout, je vis ce que vous appelez les bonheurs simples, de façon plus angoissée que paisible… C’est exactement le début de mon livre Le bonheur, tableaux et bavardages : avoir, à un moment donné, le sentiment aigu et déchirant que l’on ne pourra plus jamais être aussi heureux, craindre que ce bonheur cesse et vouloir le préserver le plus possible… Je perçois comme une contradiction profonde de pouvoir goûter les moments d’une façon quasi-contemplative, tout en sentant planer une menace perpétuelle sur eux…

Selon que l’enfance ait été épanouissante ou frustrante, la dissonance Lune-Saturne incite soit à aller vers les êtres qui sécurisent assez pour ne pas craindre d’être quitté, soit à aller vers des êtres insécurisants qui vont actualiser la peur d’être quitté liée à cette configuration. Qu’en aura-t-il été pour vous ?

Ma vie affective a toujours été liée à des personnes dont je ne pouvais imaginer qu’elles m’abandonnent volontairement mais j’ai sans cesse été angoissé à l’idée que les circonstances me séparent d’elles.

Une Lune-Cancer dominante, évoque aussi la mémoire, le souvenir, la persistance des impressions, et plus particulièrement celles de l’enfance…

Je suis complètement obsédé d’enfance, sous toutes les formes : mon enfance, bien sûr, le souvenir de toute cette intensité en partie perdue. J’ai eu un grand bonheur à la revivre en partie au travers de celle de mon fils et mes élèves de sixième, qui sont encore des enfants, sont une autre source de grand bonheur. Ma femme est auteur et illustratrice d’albums pour enfants. Tous les deux nous avons, dans le cadre du collège, créé et animé des clubs de théâtre qui permettent aux enfants de s’exprimer dans toute leur savoureuse fraîcheur… J’aurais beaucoup de mal à me passer de côtoyer l’enfance… Ce qui n’est peut-être pas la chose à dire en cette époque de pédophilie !

Mars est une de vos planètes faibles. Lorsqu’elle domine, elle fait les caractères combatifs, implacablement réalistes, n’hésitant pas à se colleter vigoureusement avec les faits et situations contraires, gouvernés par un « principe de réalité » qui les rend indifférents aux rêveries et à toute forme de quiétude. Avez-vous du mal à vous reconnaître dans un tel portrait ?

Je me reconnais totalement dans l’inverse de ce portrait, c’est sûr !

Vous fuyez les rapports de force ?

J’en ai horreur et trouve qu’ils pourrissent complètement notre société. Quel que soit le milieu social, les discussions entre adultes sont trop souvent régies de cette façon.

Les percevez-vous facilement ?

Pas forcément. Je me fais souvent abuser dans les rapports humains, par propension à sentir d’abord les climats, les atmosphères… Si rapports de force il y a, je ne m’en rends compte que dans un deuxième temps et en ressens toujours une vive déception.

Vous devriez mal vivre les manifestations d’hostilité d’une façon générale, celles à votre égard en particulier ?

Dès l’enfance, j’accordais une importance extrême au fait que les gens s’entendent bien, c’était même un sujet d’angoisse : j’ai toujours beaucoup redouté les disputes et je ressens très mal les manifestations d’hostilité personnelle. À l’époque où j’avais beaucoup de problèmes éditoriaux, mon tempérament spasmophile aidant, cela me donnait des malaises qui m’obligeaient à me réfugier dans le jardin. Mais quand je suis en forme, la joute verbale me plaît plutôt : je sais argumenter et être corrosif si nécessaire. Lors d’une émission radiophonique où une journaliste m’avait débité une sorte de prêt-à-penser « antidelermien », c’est seulement parce que d’autres ont pris ma défense, que je me suis retenu de sortir la petite phrase qui me semblait répondre à ses critiques de façon assassine, à savoir « Le désir de l’extraordinaire est le grand mal des âmes ordinaires ».

Vous sentez-vous, malgré tout, plus féminin que masculin, féminin étant pris dans le sens d’affectif, pacifiste, rond ?

La rondeur m’a toujours habité, puisque l’enfance est ronde. J’ai écrit tout un livre — Le buveur de temps — où le personnage est une sorte de bulle de Folon qui n’a ni naissance, ni mort et sent les choses comme un enfant, sans séparer le monde en catégories. J’ai l’obsession du rond, mais ne me considère pas féminin pour autant, puisque la sensibilité ou l’affectivité ne me semblent pas un territoire exclusivement féminin.

Les Signes de solstice, majoritairement occupés dans votre ciel, favorisent l’esprit de synthèse…

J’ai envie de faire des synthèses, d’établir des systèmes, mais en même temps je ne m’y tiens pas. Je change très vite d’avis sur les choses. Je peux projeter dans la matinée de passer une année à faire ceci ou cela, et avoir oublié le projet deux heures plus tard…

Astrologiquement, c’est à mettre sur le compte de votre composante mercurienne qui fait d’autant plus facilement sauter d’une idée à l’autre, que Mercure est dans le signe très mobile du Sagittaire…

… Mes fluctuations concernent surtout le domaine artistique. En même temps elles se manifestent dans un rapport de couple où la femme à mes côtés sait presque mieux que moi ce que j’ai de plus essentiel à faire et m’y ramène toujours…

Les signes de solstice prédisposent aussi à une forme ou une autre de démesure. Vous avez une apparence modérée, équilibrée, raisonnable… En quoi pouvez-vous être excessif ?

Peut-être ma confiance en mon étoile a-t-elle été excessive. Quand j’ai commencé à écrire par exemple, j’étais très surpris qu’on ne m’attende pas davantage, au point d’en éprouver beaucoup de tristesse au début, car j’étais persuadé d’être fait pour réussir, persuadé d’avoir de la chance et de pouvoir en faire bénéficier les autres. Jules Renard disait « Épargnez-moi la gloire mais donnez-moi tous les plaisirs de la vanité ». À priori, les plaisirs de la vanité, recevoir des compliments, etc., me paraissaient, à moi aussi, plus enviables que celui d’être reconnu dans l’absolu, mais, bizarrement, après avoir fini par recevoir beaucoup de témoignages flatteurs, je réalise que je n’y accorde pas tant d’importance que ça. Pour en revenir à la démesure, je ne suis pas sage du tout…

Que voulez-vous dire ?

Je n’ai pas l’équilibre apparent que l’on me prête… Le côté baba-cool, bucolique, campagnard existe, mais c’est surtout un cap qui m’a permis de faire ce que je devais faire… La littérature m’importe beaucoup plus que l’ambition sociale. Mon succès qui était resté pendant très longtemps dans une orbite strictement littéraire — ce qui me convenait très bien —, a dérivé dernièrement vers une forme de phénomène sociologique qui me plaît beaucoup moins et me gêne. Je ne sais pas vraiment si je suis ambitieux au sens social du terme car la littérature n’est pas du tout une ambition sociale pour moi : c’est une passion et c’est ma façon de me réaliser moi-même.

Article paru dans le n° 3 d’Astrologie naturelle (juillet 1998).

Cet article vous a été proposé par : Françoise Hardy


Le petit livre du Sagittaire

par Richard Pellard. 49 pages. Illustrations en couleurs

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