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Philippe Bouvard, un ourson Sagittaire dans le caviar

Le célèbre animateur des Grosses Têtes sur RTL est plus subtil et plus profond et plus complexe qu’il n’y paraît en dépit de son humour parfois lourdingue… Rencontre avec un persifleur aussi conformiste qu’anti-conformiste.

À droite : Thème d’écliptique ; à gauche : Thème de domitude.

Françoise Hardy : Lorsque l’on sait que l’automne a une fonction socialisante, associative et sélective qui consiste à voir plus vite et d’une façon plus fine que la moyenne, ce qui rapproche et ce qui différencie les êtres, les situations, les idées, l’on n’est pas étonné de le voir entièrement occupé dans votre ciel.

Philippe Bouvard : Toute ma petite carrière a effectivement consisté a transformer en qualités professionnelles des défauts caractériels graves. J’espère avoir pondéré avec ma déontologie personnelle la tendance à interférer dans les rapports entre contemporains qui peut tourner, quand elle ne se manifeste pas pour la bonne cause, à l’esprit d’intrigue ou à des formes paroxystiques d’ambition.

Avez-vous un exemple amusant, concret, de votre don automnal pour les cocktails ?

Comme je pratique l’information-divertissement, j’essaie toujours, pour obtenir quelque chose d’inattendu, de mettre un zeste de provocation dans les cocktails en question. Je me souviens avoir assis sur le canapé inconfortable d’une émission à petit budget, que je faisais tous les samedis soirs, des gens qui, sans moi, le se seraient jamais rencontrés, du moins ai-je la faiblesse de le penser. C’est un grand plaisir que de faire se serrer la main, dans un moment d’aberration collective, des gens qui ne peuvent pas se voir…

Je reconnais bien là le côté empêcheur de tourner en rond d’un Pluton puissant…

… j’avais installé Krasucki, qui, pour de toutes autres raisons, occupait la scène syndicale et politique, entre un baron de Rotschild et une femme du monde, parfaitement idiote comme toutes les femmes du monde. Ça a été très réussi.

La double fonction d’association et de sélection qui revient à l’automne permet des distinctions subtiles, mais, en raison de cette même subtilité, ne facilite guère les attitudes claires et nettes. Avez-vous du mal à formuler des jugements définitifs ?

Non hélas ! J’aurais même une tendance fâcheuse à faire le contraire. Je crois beaucoup en la morphopsychologie. C’est Cocteau qui disait qu’a partir de quarante ans, on a la tête qu’on mérite. Évidemment, ça exclut les moins de quarante ans, mais hélas je vois peu de jeunes… Ça exclut également les femmes, parce que la beauté féminine est une escroquerie permanente, dans la mesure où la vitrine fait augurer de quelque chose qu’on ne trouve presque jamais à l’intérieur… Finalement je prononce cinquante jugements définitifs par jour, avec les risques de me tromper que cette précipitation implique. Je crois pourtant que la première impression est la bonne : la seconde impression permet de revenir dessus mais la troisième la confirme. Alors je ne regrette pas tellement d’être si définitif et à l’emporte-pièces dans mes jugements, parce que, même s’il m’arrive de me tromper, je gagne beaucoup de temps.

L’un des contrastes majeurs de votre ciel est dû à la coexistence de la valorisation des signes d’automne et de la planète Jupiter, d’une part, avec, d’autre part, celle d’une opposition Saturne-Pluton. En clair, cela signifie que vous avez, d’un côté, tendance à vous adapter aux normes et aux conformismes ainsi qu’à vous en servir, et, de l’autre cote, tendance à les rejeter. Comment conciliez-vous l’être social et opportuniste avec l’être réfractaire et marginal qu’il devrait y avoir en vous ?

Vous avez mis le doigt dessus. Allez vite vous laver les mains. C’est vrai qu’il y a d’un côté un esprit individualiste forcené et de l’autre un conformisme absolu. Je vais vous dire le distinguo que je suis arrive à pratiquer, après avoir réfléchi a posteriori à ce comportement : je suis conformiste chaque fois que l’exercice de ma ou de mes professions l’exige et j’essaie d’être non-conformiste sur le plan privé. Je crois que c’est comme ça que j’ai résolu mon problème, mais il y a, c’est vrai, une contradiction énorme en moi.

Les tendances Saturne-Pluton à la fermeture et au rejet systématiques vous ont-elles, malgré l’ouverture du reste de votre ciel, pose des problèmes d’adaptation ? Dans votre enfance ou votre adolescence par exemple ?

Oui. J’étais un solitaire, un asocial, un anarchiste presque. Ça s’est arrangé à ma première voiture.

Saturne et Pluton prédisposent à ne voir dans le discours, dans le langage, que ce qu’ils ont de creux ou de réducteur. Mais Uranus et Jupiter, qui sont également importants dans votre ciel, incitent au contraire à savoir user du discours, au point d’en tirer un pouvoir. Doit-on déduire de cette sensibilisation contradictoire au pouvoir et au non-pouvoir du discours, que votre facilité à communiquer en surface se double d’une difficulté à communiquer en profondeur ?

Là encore, je ne peux pas vous donner tort. J’étais venu un peu avec l’arrière-pensée de vous contredire systématiquement C’est raté jusqu’à présent…

Je vous avoue que l’idée de vous interviewer m’a fait rêver de vous pour la première fois de ma vie. Il va de soi que c’était cauchemardesque !

… Je retiens que si vous rêvez de moi, c’est cauchemardesque… C’est vrai qu’il y a, pour moi, une espèce d’opposition entre les mots qui forment le langage et les idées qu’on essaie de faire passer à travers lui. C’est presque une dichotomie, parce que je suis extrêmement sensible au charme des mots. Je ne suis absolument pas gêné par les innombrables contemporains qui parlent pour ne rien dire, dans la mesure ou ils parlent bien, mais je sais que, souvent, le langage des idées — celui qui fait passer un message, comme on dit un peu pompeusement — n’a rien à voir avec les sortilèges de plume et les acrobaties verbales. Je suis parfaitement conscient qu’il y a, surtout dans nos milieux et dans la communication moderne, pléthorique et surinformée, deux façons de s’exprimer — si on arrive à faire la synthèse, c’est le rêve — : une façon quasi-poétique consistant à jouer avec les mots — le fait même de jouer avec les mots dispensant de jouer avec les idées — et puis quelque chose de plus dépouillé, qui est le langage des philosophes et des hommes de science, et qui consiste à vouloir pousser en avant davantage les idées que les mots… (moqueur) Je dois vous prévenir que je suis intarissable sur tous les sujets que je ne connais pas.

On peut donc poursuivre… Saturne et Pluton prédisposent à ne pas se satisfaire de la réussite sociale que font rechercher Uranus et Jupiter. Votre réussite laisse-t-elle toute une part de vous insatisfaite ?

Je suis un ambitieux et l’ambition a exactement la même définition que la ligne d’horizon : elle recule au fur et à mesure qu’on avance. Je ne suis donc pas plus satisfait aujourd’hui qu’il y a trente-deux ans, quand j’ai commencé le journalisme. En tout cas, je n’ai pas fait la carrière que je voulais faire. Je voulais être un journaliste sérieux : c’est raté, ça ne s’arrangera plus. D’un côté je ne peux pas me plaindre, de l’autre je ne suis pas réellement content non plus et je considère ce qui s’est passé comme totalement dénué d’importance. Tout est à venir.

Jean-Pierre Nicola me suggérait que vous cherchiez les sommets pour fuir ou cacher vos secrets. Plus simplement, n’avez-vous pas tout autant besoin d’une vie secrète, marginale, que d’une vie normale ? II me semble que vous me l’avez déjà dit…

D’abord je n’ai pas besoin d’une, mais de plusieurs vies. Comme ça coûte cher, j’ai toujours eu plusieurs employeurs pour les financer. Au-delà de ça, c’est vrai que je recherche, sinon les sommets… je crois peu à l’alpinisme social, les sommets ce n’est pas un auteur dramatique ou un ministre, c’est une petite sœur des pauvres ou un médecin de campagne… du moins une fuite en avant dans le travail, parce que je me suis aperçu que cela gomme l’inquiétude métaphysique, l’insomnie et toutes sortes de problèmes mineurs.

Pouvez-vous nous dire quelques mots de la réussite en tant que moyen de démystifier les rapports humains ?

II n’y a que les gens riches pour dire que l’argent n’a aucune importance. Jules Renard ajoutait : « Si l’argent ne fait pas le bonheur, eh bien rendez-le ». De la même façon, il faut réussir pour se moquer de la réussite. II faut avoir beaucoup d’honneurs pour les mépriser…

Votre propre attitude vis-à-vis de la réussite d’autrui n’est-elle pas ambivalente ? Tout en cherchant à la démystifier, n’êtes-vous pas en même temps impressionné par elle ?

Vous mettez le doigt sur un très, très mauvais côté de ma personnalité : à savoir que la réussite des autres m’a toujours beaucoup plus irrité que la mienne.

Elle vous impressionne aussi ou non ?

Oui. Bien sûr. Ça va même plus loin que m’impressionner : j’ai un culte de la réussite. J’avais d’ailleurs, il y a quelques années, lance un magazine intitulé Réussites, qui a été un grand échec. Je pense que la réussite est la sanction d’un tas de choses : la chance, le courage, l’intelligence, le crédit de bienveillance, par définition toujours limite que peuvent vous accorder vos contemporains, etc. Comme l’argent, qui est un raccourci, la réussite ne traduit qu’imparfaitement les nuances d’un caractère et d’une carrière, mais j’avoue que je suis passionné, fasciné, par la réussite, et dans tous les domaines. Le type qui grimpe le plus haut, celui qui plonge le plus profond, la dame la plus grosse, le type le plus con… Quand je propose des gens aux auditeurs, aux téléspectateurs ou aux lecteurs, et pour ma consommation personnelle, j’aime que ce soit vraiment ce que l’on fait de mieux dans la catégorie.

Votre goût des superlatifs est à mettre en rapport avec votre dominante solsticiale — les signes de solstice, tous occupés dans votre ciel, se caractérisant par les nuits ou les jours les plus longs de l’année. Vous sentez-vous concerné par la formulation suivante : besoin, par Uranus, de montrer l’arbitraire de toute légalité et besoin, par Jupiter, de légaliser l’arbitraire ?

Cela ferait un excellent sujet pour le concours général. Pas pour moi : tout ce que je ne comprends pas en moins de trois secondes ne me concerne plus.

Vous avez dit que vous êtes intarissable sur les sujets que vous ne comprenez pas…

Que je ne connais pas. Il faut que je comprenne l’exposé du sujet, ce qui n’est pas le cas.

L’importance de la maison III dans votre ciel, jointe à la faiblesse de Vénus, fait penser que vous préférez la communication de groupe au tête-à-tête.

C’est juste. Je redoute le tête-à-tête : comme on n’y peut, par définition, convaincre qu’une seule personne, on perd du temps.

En quoi multiplier les expériences relationnelles, comme vous y invite la maison III, vous parait plus intéressant ou plus agréable, qu’approfondir la relation unique ?

Dans la relation unique, vous n’avez pas le choix : ou bien vous privez les êtres très rapidement de tout leur mystère et c’est bien dommage, car il faut quand même qu’il subsiste des zones d’ombre pour donner un relief au portrait, ou bien il y a des choses que vous ne comprenez pas, parce qu’on ne veut pas vous les dire, ce qui rend le contact difficile. Je n’ai jamais eu envie de pousser, sinon très loin, du moins très longtemps, le dialogue. Je fais des portraits assez poussés dans certains magazines à grand tirage. Il me faut pour cela cinquante-neuf minutes. Pas une de plus. En cinquante-neuf minutes, j’ai l’impression, avec la superficialité de mon caractère et la place qui m’est impartie dans le journal en question, d’avoir fait le tour d’une personnalité, d’une vie professionnelle et d’une vie privée. Pourquoi voudriez-vous que je perde une heure et quart ? C’est vrai que je rencontre des gens fabuleux à la télévision, mais je ne les vois pas avant parce que j’arrive à la dernière minute, je ne les vois pas pendant parce que j’ai les projecteurs dans l’œil, je ne les vois pas après parce que j’ai autre chose à faire et eux aussi. Je suis donc condamné à des contacts souvent intenses mais succincts.

Abordons vos planètes faibles, Vénus et Neptune, qui devraient concerner ce que vous craignez, rejetez, ou ce par quoi vous êtes plus ou moins aveuglement fasciné. Vénus et Neptune ayant trait aux émotions d’ordre sentimental, le domaine des sentiments n’est-il pas la source de vos plus grandes peurs, méfiances ou désillusions ?

Quelle est la personne d’un certain âge qui n’est pas arrivée à ce genre de conclusion ? On a peur de ne pas avoir de sentiments, parce que ça traduit une sorte d’insensibilité regrettable et inquiétante, et on a peur d’en avoir parce que ça vous expose aux coups de ceux qui en ont moins que vous. Pour être plus clair, je me méfie beaucoup de mes sentiments, mais c’est le vieux combat entre la raison et le cœur.

Vous en méfiez-vous d’autant plus que vous pouvez être naïf, « piégeable » sur le plan sentimental ?

Non.

Pas actuellement, mais quand vous étiez plus jeune ?

(ironisant) : Vous m’auriez rencontré il y a une cinquantaine années, j’étais encore assez naïf. (sérieux) On ne peut pas faire 50 000 interviews, voir tout ce que j’ai vu, avoir un zeste d’humour et être naïf. Ce n’est pas possible.

On peut être moins lucide sur le plan sentimental que sur les autres plans.

Je ne suis pas naïf, je suis pur. C’est très différent.

Je vous félicite… La Balance et le Sagittaire font rejeter tout ce qui, d’une façon ou d’une autre, protège, encadre, attache, en bref : limite la liberté, rejet que la valorisation de Pluton ne peut qu’aggraver. N’avez-vous pas la nostalgie d’être sans feu ni lieu, sans foi ni loi ?

C’est vrai. C’est si vrai que j’ai fêté il y a quelques années mon cinquantième anniversaire en réunissant à l’Automobile Club une centaine d’amis qui ont réussi brillamment dans différents milieux : les arts ou les médias. Il y avait la une dizaine de ministres qui ne le sont plus, des académiciens qui le sont toujours, des prix Goncourt, des confrères de talent, etc. dans les trois jours qui avaient précédé cette réunion qui me tenait beaucoup à cœur et à laquelle — coïncidence sans doute — ne participait aucune femme, j’ai eu la tentation d’annoncer à ma centaine d’amis que j’abandonnais tout, que je pensais avoir fait le tour de la profession que j’avais choisie et que j’allais redémarrer à zéro dans un autre secteur d’activité, éventuellement changer de pays… qu’on n’avait qu’une vie, qu’il ne fallait peut-être pas ne la vivre que d’une seule façon… J’en ai parlé à ma femme et à mes enfants qui m’ont ri au nez, à mon percepteur qui ne m’a pas pris plus au sérieux, et tout a continué…

Texte paru dans Entre les lignes, entre les Signes, Éd. RMC 1986.

Le petit livre du Sagittaire

par Richard Pellard. 49 pages. Illustrations en couleurs

Ce livre présente et explique les trois zodiaques : celui du décor des constellations, celui de l’astrologie traditionnelle basé sur les Quatre Éléments symboliques (Feu, Terre, Air & Eau) et celui de l’astrologie naturelle basé sur les phénomènes astronomiques objectifs.

Interprétation du Sagittaire selon la symbolique classique et selon ses réflexes dans le zodiaque naturel (force, vitesse, équilibre) ; interprétation du Sagittaire en fonction des planètes dominantes ; le Signe solaire & le Signe Ascendant. Vous pouvez dès maintenant le commander à la boutique.

Cet article vous a été proposé par : Françoise Hardy



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