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| Publié le : 3 novembre 2004
Anar-show en hommage à Paul Feyerabend
Je ne suis pas cosmologue, mais il apparaît que l’astrologie telle que la concevait J. Kepler, conduit dans les grandes lignes, à des théorisations aussi recevables que celles des astronomes, voire en avance sur elles. Certains résultats inédits (spirale des rapports consécutifs des orbites principales, relations avec les formules de l’atome d’hydrogène, symétries des rapports L/g) dus à la pensée globalisante du conditionalisme ne seront jamais reconnus en tant que tels avant d’être "redécouverts" et récupérés sous des théories réglementaires. Il est des scientifiques qui ignorent ou ne veulent pas voir ces absorptions osmotiques du bas-marginal par le haut-magistral. Vu leur rareté présumée, d’autres philosophes des sciences les minimisent ou les mettent au compte des coïncidences, avec un raisonnement ad hoc sur les phénomènes en série. Ceux qui les reconnaissent n’en font pas un drame déontologique. Pas de vague, ni de tempête sous un crâne : il est normal que le progrès scienti-fique fasse des victimes, il est normal que la déontologie ne soit que statistique. L’invincible locomotive avance en écrasant les poseurs de rails. Comme en 14-18 : pas d’omelette sans casser d’œufs. Dans le magma de surinformations que véhicule Internet, que véhiculeront demain d’autres moyens d’informations à domicile, un surfeur du XXIeme siècle, a peu de chance de trouver dans les sites scientifiques des informations objectives sur l’astrologie, son histoire, ses chercheurs, ses écoles, ses exploiteurs, ses exploités, ses raisons et déraisons. Désormais, il les trouvera ailleurs. Non seulement chez les conditionalistes mais chez tous ceux qui auront compris l’intérêt culturel et même commercial d’une connaissance au-dessus des interdits. La surinformation met fin à la désinformation. Aussi vrai pour l’astrologie que pour d’autres disciplines et indisciplines désormais ouvertes aux esprits libres de comparer et de juger d’eux-mêmes qui ment, qui ne ment pas. Ces esprits ont toujours existé. Avec la mutation que représente la communication par l’informatique cette espèce a des chances de se développer et mettre en péril les tyrannosaures de l’écriture dominatrice, condamnée à disparaître pour leur ignorance et leurs censures sur toutes sortes de questions. La connaissance ne passera plus par la sélection artificielle qu’impose le label du “Je sais Tout de ce qu’il faut ne pas savoir” mais par les petites souris suffisamment adaptées à la jungle de la surinformation pour dénicher les informations inédites. Déjà, c’en est fini de Kepler réduit à un faiseur d’horoscopes pour nourrir sa famille, alors qu’il préférait renoncer à la richesse plutôt qu’à ses croyances, alors qu’il élevait l’astrologie au même rang que l’astronomie, en déplorant qu’elle soit dénaturée : "L’astrologie reste chez lui vivante parce qu’elle est un doublet structurel de l’astronomie, qu’elle en est en quelque sorte l’image profane ; nier d’emblée, sans examen et sans nuances, qu’elle soit plausible, ce serait nier la validité de l’astronomie elle-même : car la possibilité de comprendre le monde en l’un et en l’autre cas provient de la même source d’intelligibilité, qui est la parole de Dieu immanente au monde. Mais dans l’astrologie judiciaire cette parole est faussement entendue et résulte des illusions de l’imagination ; la langue apparemment divine est réalité humaine" (Gérard Simon).. Paul Feyerabend (1), est l’un des rares, le seul peut-être des notoriétés universitaires, à avoir eu le courage et la rigueur que devrait avoir n’importe quel scientifique, de dénoncer la bouffonnerie du manifeste contre l’astrologie signé par 186 scientifiques, dont 18 prix Nobel, publié par The Humanist en septembre 1975. Ce qu’il a écrit à ce sujet (texte ci-dessous), vous ne le trouverez pas dans le site de l’Union Rationaliste ou d’autres enragés de la pseudo-science anti-astrologique, mais sur nos propres sites et n’importe quels autres sites usant d’un exceptionnel espace d’information libérée. Voilà la nouveauté qui va contraindre les scientifiques à une mutation ou creuser davantage le fossé entre le savoir “d’en-haut” avec sa morgue et sa suffisance, et le savoir “d’en-bas” avec son empirisme, ses intuitions, ses insuffisances. Dialogues sur la connaissance Cet extrait a été publié dans les Cahiers conditionalistes n° 26 (Comac.1997). Je le reproduis dans ce nouveau contexte pour, précisément, qu’il figure sur nos sites. A propos de l’astrologie, P. Fereyabend (B) dialogue avec A, interlocuteur anonyme.
A - D’accord, d’accord, je suis désolé d’avoir lancé cette question sur le tapis. Je ne sais pratiquement rien là-dessus.
A - Je doute qu’il y ait beaucoup de scientifiques de cette sorte.
Par rapport à ce que l’on peut lire ou entendre dans une carrière d’astrologue, ce n’est qu’un aspect presque secondaire de l’ostracisme et de la nullité de l’anti-astrologisme académique. Sur l’ignorance savante, je ne partage pas entièrement l’avis de Paul Feyerabend. A l’occasion de ma thèse, constatant que les biographes de Jung “glissaient” prudemment ou ne parlaient pas de ses convictions astrologiques, j’ai réalisé qu’il manquait le Surconscient à la topique freudienne du Surmoi, Moi et Çà. Le Moi, selon Freud est pris, pour ainsi écrasé, entre les pulsions libidineuses du Çà et les vetos d’un Surmoi moralisateur. Le Surconscient vient à la rescousse du Moi pressuré : il n’y a pas de mal, ni de honte, à enfoncer l’astrologie, maudire les astrologues, signer n’importe quoi et se défiler en cas de demande d’explications. Loin d’être ignorant, un homme de science sait parfaitement à quoi il s’expose à défendre l’astrologie ne serait-ce qu’au nom du doute et de la présomption d’innocence. Il faudrait être fou pour gâcher ainsi ses chances de gloire et, tel Kepler, se condamner à faire des horoscopes pour nourrir sa famille. Même les jungiens, grâce au Surconscient qui veille sur un Surmoi porté à faire des bêtises, savent celà. Notes : 1) - “Paul Fererabend (1924-1994), essayiste et polémiste, est l’un des principaux philosophes de la science contemporaine. Ses ouvrages, Contre la méthode, Adieu la Raison, sont désormais des classiques de l’épistémologie”. Extrait de la 4eme de couverture de Dialogues sur la connaissance de P. Feyerabend. Ed. du Seuil. Paris. 1996. Voir aussi :
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Jean-Pierre Nicola
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