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Jacques Chirac, Sagittaire communiquant ultraparadoxal

Yves Michaud a publié Chirac dans le texte aux éditions Stock. Ce livre est un régal d’intelligence, de lucidité et de vacherie. L’intérêt pour l’astrologie, c’est qu’il dissèque avec une extraordinaire pertinence le fonctionnement le plus négatif d’un « grand R » en Sagittaire en dissonance avec le ‘E’ en Vierge : discours creux ultraparadoxal du « Supermenteur » en désaccord avec la réalité des faits ‘E’ et le Sens des Contraires. Une lecture recommandée !



La conjonction Soleil-Mercure dans le thème de Jacques Chirac

Depuis le 10 mai 1995, la République Française a un nouveau président : Jacques Chirac.

Devant la popularité sondagière d’Édouard Balladur, peu de politologues, et encore moins d’astrologues, avaient prévu l’élection de l’ex-maire de Paris. Quelles sont les limites de la prévision astrologique et comment peut-on expliquer, non seulement l’échec de la plupart des conjecturistes, mais aussi le succès de quelques-uns d’entre eux ? Nous essaierons de répondre à ces questions, après une brève analyse de la conjonction Soleil-Mercure en Sagittaire dans le thème et dans le vécu de Jacques Chirac.

Le ciel de naissance de Jacques Chirac se caractérise par : la culmination supérieure d’une conjonction Soleil-Mercure-Lune en Sagittaire au carré d’une conjonction Mars-Neptune-Jupiter se couchant en Vierge, Mercure étant au trigone d’Uranus en Bélier ; le lever de Saturne en Verseau opposé à Pluton en Cancer et au carré de Vénus en Scorpion opposée à Uranus et sextile à Mars.

Zoom : la fonction solaire chez Jacques Chirac

Le Ciel a fait naître Jacques Chirac sous une dominante solaire. La Terre a fait de lui un fils unique. Solaire et fils unique : ces deux facteurs, à l’intersection des influences terrestres et célestes, ne peuvent que se renforcer mutuellement.

Dans la Théorie des âges, le stade solaire s’étale en effet de 7 mois 1/2 à un an, et concerne la période au cours de laquelle l’enfant commence à réellement prendre conscience de son identité individuelle, c’est-à-dire de son unicité.

Qu’en disent les psychogénéticiens ? « A la fin de la première année », note Malrieu, « l’imitation est favorisée par le désir de l’enfant d’acquérir un personnage social, d’être félicité pour son adaptation aux rites ». Pour Gesell, « l’enfant de un an aime avoir un public. C’est une des raisons pour lesquelles il est souvent le centre même du cercle de famille. En tant que tel, il fait preuve d’une tendance histrionique à répéter les gestes qui ont fait rire. Il aime les applaudissements, ce qui doit l’aider à prendre conscience de son identité ».

Être un centre, être centré, c’est aussi vouloir être l’unique : c’est au cours du stade solaire qu’apparaît la jalousie, maladie infantile du désir d’unicité : on ne supporte pas de ne pas être le seul objet d’attention, on refuse l’autre qui fait de l’ombre… Ainsi est-il évident que le statut familial d’enfant unique et le statut astrologique solaire ont de profonds points communs.

Jacques Chirac, enfant unique, enfant solaire, était l’objet de toutes les attentions de sa mère : « Omniprésente, Marie-Louise Chirac est toujours à l’affût des désirs de son fils, voire de ses caprices. Sur la dévotion de cette mère pour son enfant, tous les témoignages concordent : elle le couve et le couvre d’attentions. Quand il rentre de l’école, il trouve toujours, sur la table de la cuisine, une sucette dont le papier a été ôté pour éviter tout geste inutile au petit Jacques (1) ».

Dans le R.E.T. et le référentiel Sujet, la fonction solaire (‘r’ de ‘R’), l’unique qui se postule de lui-même) incite à rechercher, vis-à-vis d’autrui, une reconnaissance a priori, c’est-à-dire une reconnaissance, une attention qui ne se discute pas, ne se conquiert pas, ne se négocie pas : d’emblée, on veut être reconnu, accepté, considéré comme important, digne d’intérêt ou d’estime, sans avoir à faire d’effort, comme si cette reconnaissance était un dû, comme si l’estime d’autrui devait être apportée sur un plateau d’argent. On voit que le petit Chirac a vu ce besoin solaire, fondamental chez lui, largement satisfait par sa mère. Pour le meilleur et pour le pire, il lui faut impérativement être l’objet permanent d’une admiration inconditionnelle.

Selon le R.E.T., la fonction solaire incite le Sujet à se structurer selon des modèles simples et forts. La Théorie des âges souligne l’importance souvent décisive des premiers modèles : entre 8 et 12 mois, pendant le stade solaire, il y a « progrès de l’imitation intentionnelle : la communication avec autrui devient plus consciente ; elle est contrôlée par les modèles extérieurs aux désirs et aux émotions qui la provoquent » (Malrieu).

L’imitation et l’assimilation passive des codes sociaux de son milieu familial permettent à l’enfant de cet âge de prendre l’initiative dans la communication. Les « modèles extérieurs » : voici bien l’une des problématiques essentielles de la fonction solaire. Dans l’enfance de cette fonction, on ne tient souvent son identité que de l’imitation de modèles extérieurs à soi-même, à ses besoins et désirs propres. En imitant, reproduisant et suivant ces modèles au pied de la lettre, sage comme une image (représentation de Représentation), on espère en retour être gratifié d’une reconnaissance absolue.

Bien entendu, le très solaire Jacques Chirac n’y coupera pas : depuis qu’il est né, il n’a jamais cessé de s’identifier à des mentors, des modèles, pour structurer sa personnalité et poursuivre ses buts et ambitions dans la jungle sophistiquée de la vie sociale. Les tous premiers modèles se recrutent, on le sait, à l’intérieur de la famille proche. Plus que son père, froid, sombre, distant et souvent absent, ce fut sa mère qui initialisa cette série : « Pas du genre à passer inaperçue, elle a un grand nez, des jambes très longues et un rire tonitruant… C’est une personnalité dominatrice et sans complexe (2) ». Un premier modèle extraverti et sociable qui convient tout à fait à la personnalité « R Sagittaire » du jeune Jacques, si bien qu’il le reproduira à merveille.

Deuxième modèle : c’est un officier français, le général Brosset, « quarante ans, et le torse couvert de décorations, il semble promis à la gloire et commande la 1re Division de la France Libre », qui frappe à la porte des Chirac dans la nuit du 14 au 15 août 1944. Jacques Chirac est subjugué par l’autorité et la prestance militaire de cet homme qui mourra plus tard d’un accident de la route : « Ce fut la première grande peine de ma vie. Sans doute parce que, de toutes les personnes que j’avais rencontrées jusqu’alors, c’est celle qui m’avait le plus impressionné. C’était un héros (3) ». Et c’est depuis cette période qu’il est devenu « fana-mili », comme il le dit lui-même : fanatique de la chose militaire. Officier pendant la guerre d’Algérie, il envisagera de faire une carrière dans l’armée… mais les circonstances en décideront autrement. Bien sûr, on peut également attribuer cet intérêt pour les choses de la guerre à l’angularité de Mars à sa naissance, angularité en sur-fréquence statistique chez les grands chefs militaires, et ce n’est sans doute pas faux. Mais l’armée a aussi des attraits très solaires : strictes hiérarchies, respect absolu de la consigne, clarté des normes, exclusion des doutes et questionnements, prestige de l’uniforme…

Soleil dominant au carré de Mars, premier modèle masculin militaire : il n’en a sans doute pas plus fallu pour que Chirac se forge ainsi une identité raide, intransigeante, cassante, autoritaire, caricaturée par l’image guindée du « facho-Chirac » commandant-en-chef de troupes R.P.R. disciplinées et obéissantes, peu sujet au doute et au vague-à-l’âme. Image à la fois vraie et trompeuse, nous le verrons plus loin.

Troisième modèle important : « Monsieur Delanovitch ». L’adolescent Chirac, passionné par les cultures et civilisations anciennes et curieux de tout (n’oublions pas que Mercure est conjoint au Soleil !), s’est mis dans la tête d’apprendre le sanskrit, l’antique langue de l’Inde du nord-ouest. C’est ainsi qu’il rencontre « Monsieur Delanovitch », un vieux et misérable russe blanc cultivé et polyglotte (il parle couramment une douzaine de langues). La rencontre avec ce nouveau « modèle extérieur » est essentielle. Pendant un trimestre, Jacques Chirac apprend le sanskrit avec lui, avant de jeter l’éponge : c’est trop difficile pour lui. Mais le vieux professeur lui propose de lui enseigner le russe. Cette fois, l’adolescent accroche. Les parents du jeune homme proposent à « Monsieur Delanovitch » de s’installer dans une chambre indépendante de leur vaste appartement parisien. Il passera désormais la plupart de son temps chez eux, remplissant auprès du jeune Jacques le rôle d’un précepteur et d’un père de substitution, presque d’un gourou : « Ce russe blanc a contribué, lui, à fabriquer le Chirac privé en lui inoculant la passion de la littérature russe, de la civilisation perse, de l’art chinois et bien d’autres choses encore (4) ». Soleil conjoint Mercure : cette fois, le nouveau « modèle extérieur » a éveillé sa fonction mercurienne, sa vaste curiosité sagittarienne à l’égard de l’inconnu.

Tout au long de sa carrière politique ultérieure, Chirac n’a cessé d’être cornaqué par des mentors. Ce fut tout d’abord Georges Pompidou, qui entreprit de modeler et favoriser l’ascension de ce jeune énarque, haut fonctionnaire énergique et efficace, si parfaitement dans la norme, si soucieux de bien faire pour être reconnu de ses supérieurs. L’esthète Georges Pompidou devient son nouveau modèle, et lui inculquera « le goût de la musique, de la peinture, de la poésie (5) ».

Lorsque Pompidou meurt, Chirac se retrouve tout à coup perdu, déréférencé, privé de père et de repères : « Il ne perdait pas seulement un pater familias, mais aussi un maître, un bienfaiteur, un ange gardien. Après quoi, il lui faudrait probablement faire le deuil de ses hautes ambitions6 ». Il fait alors la douloureuse et solaire expérience de sa dépendance à l’égard d’un modèle extérieur. En prend-t-il réellement conscience ? Mystère.

En tout cas, plus de trente ans après sa mort, Chirac voue encore une admiration et une dévotion inconditionnelles à son « père » en politique ; et peu après la mort de Pompidou, deux éminences grises du gaullisme le plus réactionnaire, Pierre Juillet et Marie-France Garaud, se chargent de lui et deviennent ses nouveaux mentors : décidément, il semble incapable de se passer de « modèles extérieurs » ! Le modèle politique pompidolien était celui d’un conservatisme modéré et prudemment réformiste qui, au fond, correspond bien à la nature profonde de Chirac.

Celui du tandem Juillet-Garaud est tout différent : désormais, il va se retrouver sous la coupe de deux ultra-réactionnaires, chantres de la France profonde, rurale, immuable et éternelle. À l’époque, toujours incapable de se forger une pensée et une vision du monde personnelles, Chirac va adopter sans aucun recul l’idéologie archaïque véhiculée par ses nouveaux modèles : « Quand Jacques Chirac était devant Pierre Juillet, il faisait tout pour ressembler à l’image que l’autre avait de lui (7 »).

Ainsi va se constituer le personnage de « facho-Chirac », qui est loin de correspondre à la totalité de son identité réelle… Quand on est solaire, en attente de modèles extérieurs à imiter, il vaut mieux savoir choisir ses modèles… Le duo Juillet-Garaud, en « droitisant » jusqu’à la caricature son image, ne lui aura guère rendu service, le précipitant dans des défaites électorales. Il prendra définitivement et difficilement ses distances avec ses mentors à la fin des années 70, et il lui faudra une vingtaine d’années avant de plus ou moins parvenir à être réellement lui-même.

S’est-il aujourd’hui libéré de cette recherche anxieuse et très solaire de modèles extérieurs ? Peut-être… Il affirme qu’il est enfin parvenu à être vraiment lui-même. C’est précisément le défi principal à relever lorsqu’on a comme lui un Soleil dominant dans son ciel de naissance : réussir à être son propre modèle, à se structurer et tenir debout sans l’appui de modèles extérieurs à soi-même. Alors, on ne dépend plus d’aucun être, d’aucune idée, d’aucune théorie au fond extérieurs à soi pour s’auto-définir (expression très solaire), tout en sachant que lorsqu’on s’auto-définit, il s’agit toujours d’un processus provisoire : on fait le point, mais on ne s’identifie ni ne se réduit au point qu’on fait de soi : on sait alors que même si l’image qu’elle donne d’elle-même et la personne ne font qu’un, il ne saurait être question de confondre image et personne.

C’est là une difficile opération alchimique, une radicale mutation, dont la réussite n’a rien d’évident. Tout cela ressemble bien au portrait (8) que donne J.-P. Nicola de la fonction solaire lorsqu’elle se plutonise, c’est-à-dire lorsque l’individu fortement marqué par le Soleil devient conscient de sa propre altérité, de sa propre étrangeté, de l’inconnu qu’il porte en lui-même : « L’approbation d’un consensus par la critique qu’il en fait… Il est fort et fragile, désireux de puissance pour y échapper, mal à l’aise dans ses masques… Il ne renonce pas à paraître mais veut paraître tel qu’il est. L’inconnu d’en haut a la voix assez forte pour l’empêcher de se prendre au sérieux, elle ne l’est pas assez pour le décourager à être dans les premiers. Un degré de plus et le consensus est lâché. Soleil prophétique ou simple clairvoyant… il ne fonde plus sa puissance au présent. Primitif ou déclassé d’un référentiel supérieur, il perçoit surtout en quoi et comment un consensus engendre ces déchets qui sont, à ses yeux, les véritables valeurs. Celui-là est un inadapté irrécupérable, ou un révolutionnaire, créateur de nouvelles tables ou doué pour renverser celles qui sont établies ».

Alors l’image qu’on donne de soi correspond lumineusement avec ce qu’on est profondément. C’est entre autre en insistant lourdement sur le fait — éminemment subjectif, donc objectivement discutable — qu’il s’était profondément transformé, qu’il était « enfin devenu lui-même », qu’il s’était individuellement métamorphosé, bref qu’il avait à plus de 60 ans cessé de s’identifier à des modèles extérieurs à lui-même que Chirac est parvenu à se faire élire à la Présidence de la République.

Le Chirac nouveau est arrivé ! Pendant les années de son septennat, Pluton (source d’anti-modèles) transitera sur sa conjonction Soleil-Mercure au MC natale. On aura donc l’occasion d’observer et de juger ce qu’il en est… Pour l’heure, il semblerait plutôt qu’il se soit trouvé une fois de plus un nouveau et très ultraparadoxal mentor : sa propre fille, Claude. Et si vous doutez encore un peu de la véracité des assertions astrologiques, comparez, à fonction sociale identique, le fonctionnement de l’individu solaire qu’est Jacques Chirac, à celui de son prédécesseur, le très plutonien François Mitterrand (9).

Représentation extensive en Sagittaire

En vérité, Jacques Chirac illustre à merveille toutes les possibilités, consonantes et/ou dissonantes, inhérentes à une conjonction Soleil-Mercure en Sagittaire : « Artiste en représentation, Jacques Chirac donne souvent le sentiment de ne pas oser être lui-même. Pour se faire aimer et comprendre, il change volontiers de costume ou de discours. Il est même capable de jouer plusieurs personnages en même temps. Politiquement, il est devenu le cas le plus ultime d’imprévisibilité structurelle (14) ». L’excitation associative généralisée du Sagittaire l’incite à brasser large sur le plan de la représentativité : il entend a priori être reconnu de tous, il est en attente d’une estime générale et inconditionnelle qui lui permettrait de transcender tous les clivages, toutes les frontières idéologiques et culturelles (faiblesse d’inhibition bloquante). Comme l’a montré sa dernière campagne électorale, il veut être à la fois de droite, du centre et de gauche, sans craindre apparemment de bousculer le sens des contraires : « de cet homme, on a dit à peu près tout et son contraire. Qu’il était faible et autoritaire ; populiste et technocrate ; versatile et cabochard ; socialisant et fascisant ; sentimental et calculateur (15) ».

Dans une optique « R-Sagittaire » dominante, ces contradictions flagrantes, cette perte apparemment absolue du sens des contraires propre aux Signes équinoxiaux ne pose pas réellement de problème : « Vous avez besoin d’être entouré d’un groupe de gens, même hétéroclites, qui vous admire, vous écoute et vous comprenne. Vos rapports à l’intérieur de ce groupe sont ambigus : vous êtes prêt à de nombreuses concessions et pirouettes diplomatiques pour maintenir l’harmonie, allant même jusqu’à vous identifier totalement à ses aspirations, ce qui n’exclut pas des pulsions dominatrices, un esprit d’indépendance parfois ombrageux. Le problème pour vous est de parvenir à coordonner votre désir de vous engager dans une voie unique, de vous dévouer corps et âme à une passion mobilisatrice, tout en respectant les exigences d’un esprit curieux, touche-à-tout, toujours prêt à quitter l’autoroute de la vocation pour les chemins de traverse de la fantaisie, de l’imagination ou du délire (16) ».

L’excitation associative généralisée du Sagittaire incite donc à élargir sans cesse les cadres de référence du « R extensif », à multiplier les rôles, personnages, rencontres, à essayer d’opérer des rassemblements aussi larges que possible. Bien vécue et consonante, une telle configuration zodiaco-planétaire donne un certain talent communicatif. La Vitesse d’inhibition (V−) propre aux Signes d’automne y ajoute de l’habileté tactique, l’art de l’esquive. Chirac aime à donner de lui l’image d’un bulldozer lourdaud, d’un va-t-en guerre fonceur, d’un rustique sans nuance. Une part de lui-même (la marsienne) est effectivement comme cela. Mais l’homme est également capable d’entregent, comme le souligne F.O. Giesbert. Tout en roulant des mécaniques pour la galerie, « sur le terrain, il ne pratique pas cette guerre civile froide qui, depuis plusieurs générations, divise la France. Ses ennemis, il les contourne ou les retourne V−, c’est selon. Ce n’est pas un hasard si, en Corrèze, plusieurs élus communistes sont devenus chiraquiens ».

Une telle configuration a ses revers : avec le manque d’inhibition bloquante du Sagittaire, Jacques Chirac ne sait pas se limiter, se restreindre, se contenir. Trop à l’écoute d’autrui, trop tenté par de multiples possibles, il risque la dispersion, l’incohérence : « Le premier ministre était toujours de l’avis qui avait parlé. Du coup, ses consignes changeaient tout le temps. Et il était très difficile de travailler avec lui. D’autant qu’il était impensable de lui extorquer une conversation de fond », témoigne l’un de ses ex-collaborateurs. Sous le masque du « facho-Chirac » carré Soleil-Mars se tapit un mercurien velléitaire et incertain, ayant d’énormes problèmes pour se « concentrer sur les questions de fond — ce n’est pas surprenant pour un homme qui ne croit pas à l’urgence du long terme (17) ».

L’ultraparadoxe d’un « R-Sagittaire » : à force de vouloir plaire à tout le monde, de multiplier déclarations, propositions et idées, d’être trop ouvert à tout, on risque de ne plaire à personne, d’être jugé, souvent à raison, versatile, peu fiable, accusé de tout confondre, de tout emmêler, mais aussi de se laisser envahir par les idées dominantes des autres, de l’époque : « Ils l’ont envahi ; ils l’ont investi ; ils ont fini par le posséder », note Giesbert à propos de l’influence du duo Juillet-Garaud. C’est un danger bien sagittarien et bien ‘R’ que de se laisser coloniser par un être, une œuvre, une idée, une théorie, un modèle, bref par tout un monde de représentations, que de ne pas savoir ou pas pouvoir se protéger des influences extérieures : le Sagittaire est bien l’exact inverse du Cancer sur ce point-là.

Ultime problème Soleil-Mercure/Sagittaire : comment faire un tout cohérent, une personnalité unifiée (Soleil) avec les multiples modèles et influences (Mercure) qui l’ont façonnée ? Comment rassembler et réunir (Sagittaire) le fanatique de l’armée et le fondateur de la Maison de la Poésie à Paris, l’amoureux de la littérature russe et le rustre paysan corrézien aimant flatter le cul des vaches, le radical-socialiste qu’il est au fond et la coalition d’intérêts réactionnaires R.P.R. qu’il représente, le délicat amateur d’art chinois et les jurons de corps de garde, l’autoritarisme belliqueux et la sociabilité souriante ?

Vous l’aurez compris : cet homme apparemment autoritaire et fermé est en fait on ne peut plus souple et conciliant… là n’est pas le moindre des paradoxes du personnage. Pendant le transit de Pluton sur son Soleil natal, parviendra-t-il enfin à se rassembler et à ressembler à ce qu’il est réellement ?

À propos des prévisions astrologiques et de l’élection Présidentielle 1995

Élizabeth Teissier a gagné !

À chaque élection présidentielle, le petit monde astrologique se précipite sur ses éphémérides pour tenter de prophétiser, à coups de transits, progressions, directions primaires ou secondaires, révolutions solaires, quel sera l’heureux élu du suffrage universel. L’astrologue qui aura vu juste se fera alors une réputation d’excellent prévisionniste, pour le plus grand profit de son cabinet, où afflueront des consultants inquiets pour leur avenir.

La cuvée 1995 n’était pas triste de ce point de vue. Le grand favori des sondages et des politologues était Édouard Balladur. Le mieux et le plus sûr pour un astrologue fataliste était donc de prédire l’élection de Balladur en la justifiant par tel ou tel « bon » transit. Et le meilleur transit, c’est bien entendu celui de Jupiter, le « grand bénéfique » de la tradition astrologique, dispensateur d’honneurs, de médailles et de présidences. Malheureusement, Édouard Balladur, tout à fait jupitérien au demeurant (Soleil-Jupiter au MC) et très probable vainqueur de la compétition, n’avait pas de « bon » transit de Jupiter. Pire, Jupiter ne transitait même pas un « angle » de la sphère locale balladurienne ! A l’inverse, Jacques Chirac, qui passait pour définitivement battu au début de la campagne électorale, semblait béni des dieux astrologiques : pensez-donc, Jupiter, « maître » du Sagittaire selon nos astrologues archaïco-fatalistes, transitait le Soleil sans ce Signe, et en conjonction étroite au MC s’il vous plaît !



Pour un astrologue traditionaliste, une telle configuration est redondante de bienfaits, prometteuse de gratifications sur le plan de la carrière et de la réussite professionnelle (symbolique du MC). Las, il semblait pourtant impossible de parier un kopeck sur le pauvre Chirac : trop risqué pour sortir vainqueur de la compétition prévisionniste.

Les astrologues les plus fanatiquement partisans du « tout est dans l’horoscope, je vous l’avais bien dit », les moins conditionalistes donc, se voyaient ainsi contraints de tenir un discours pseudo-conditionaliste : « Oui, c’est vrai que Chirac est le candidat qui a les meilleurs transits, mais que voulez-vous, il n’y a pas que l’astrologie dans la vie, il faut bien tenir compte du contexte extra-astrologique, ce pauvre Chirac est un loser et même avec la bénédiction de Jupiter-le-grand-bénéfique-et-maître-du-Sagittaire, il n’a aucune chance de l’emporter », tout en essayant parallèlement de trouver quelques indices prometteurs dans le ciel d’Édouard Balladur, du genre « C’est vrai que le transit de Jupiter chez Balladur n’a rien de folichon, mais Jupiter en Sagittaire est quand même au trigone de son Uranus-Bélier natal, ce qui ma foi est un excellent aspect et le désigne astrologiquement comme le futur Président de la République ». Du point de vue astro-fataliste « tout-est-dans-l’horoscope » que défendent généralement la plupart de ces chers « confrères », de tels raisonnements tiennent pourtant de l’hérésie : ils ne respectent même pas leurs propres règles du jeu, selon lesquelles c’est indubitablement Chirac le plus « chanceux » à ce moment-là ! C’est ce qui s’appelle se moquer du monde !

Peu nombreux sont ceux qui ont osé, logiques avec eux-mêmes et avec leurs folles théories astro-fatalistes, aller jusqu’au bout et courageusement pronostiquer la victoire de Chirac. Parmi eux, Élizabeth Teissier, a fait le pari qu’en dépit de tous ses handicaps extra-astrologiques, il ne pouvait que gagner parce que Jupiter, « maître » du Soleil en Sagittaire au MC, transitait le MC au moment de l’élection. Elle s’en enorgueillit aujourd’hui, sans même se rendre compte que c’est par un heureux hasard que son application stricte et obtuse des principes prévisionnels de l’astrologie fataliste lui a permis de tomber juste.

Car enfin, soyons sérieux : ce ne sont pas les transits de Jupiter, harmoniques ou non, au MC ou ailleurs dans le thème d’un individu, qui décident du vote des citoyens. Pas plus que les transits d’une autre planète d’ailleurs. Un retour sur les thèmes et les transits des participants aux précédentes élections présidentielles permet de rapidement s’en convaincre. En 1988, Mitterrand a fait campagne et a été élu alors que Jupiter transitait en orbe d’opposition à son Soleil natal, tandis que dans le ciel de son adversaire d’alors, Chirac, Jupiter transitait au trigone de la conjonction Mars-Neptune-Jupiter natale. Celui qui avait le meilleur transit jupitérien était Chirac : il aurait du être élu ! En 1981, le duel présidentiel opposait Mitterrand à Giscard d’Estaing. Les deux hommes « bénéficiaient » du transit d’une étroite conjonction Jupiter-Saturne à l’Ascendant (AS fin Vierge pour le second, début Balance pour le premier). À transits égaux, il peut être bon de considérer les positions jupitériennes natales. Dans cette optique, c’est Giscard qui aurait dû gagner : né sous une conjonction Soleil-Mercure-Vénus-Jupiter en Verseau au trigone de la Lune à l’AS, Jupiter en transit réitérait la consonance natale, alors que le Jupiter natal de Mitterrand reçoit essentiellement ce que les astro-fatalistes appellent de « mauvais aspects ». En 1974, lors du précédent duel Mitterrand-Giscard, les deux hommes étaient victimes d’un « sombre » transit de Saturne, réputé maléfique, au MC, et pourtant, Saturne n’a été « maléfique » que pour la carrière du premier, etc.

Chirac et le transit de Jupiter

Vouloir prédire grâce à l’astrologie qui sera élu ou ne le sera pas est à l’évidence absurde. Cela n’interdit pas de prendre en considération ne fait que, parmi tous les candidats ayant une chance de se retrouver au second tour de l’élection, Chirac était le seul à « bénéficier » d’un transit de Jupiter sur le Soleil au MC, ces deux planètes faisant partie de la configuration dominante à la naissance. Que pouvait-on raisonnablement pronostiquer à partir de ces éléments et en tenant compte des conditions extra-astrologiques ?

Au début de la campagne électorale, tous les spécialistes étaient convaincus que Chirac n’avait aucune chance de gagner. On le considérait déjà comme un vaincu impopulaire, un perdant en puissance. Comment réagit un battant comme lui dans ce type de circonstance, alors que Jupiter hausse son niveau d’excitabilité nerveuse et son besoin de représentativité, déjà hyper-puissant à la naissance ? En ne lâchant pas, en s’impliquant davantage (transit ‘r’ (Soleil-Jupiter) : on ressent la nécessité de se polariser sur un but, un projet, une ambition claire et mobilisante). Sous d’autres transits, il se serait peut-être laissé aller au découragement. Lisons ce qu’écrit Jean-Pierre Nicola à propos d’un transit Jupiter-Soleil consonant (18) : « Le transit est des mieux indiqués pour affirmer sa personnalité sociale, quitte à laisser de côté les nuances et les attendus. On se formule en quelques traits, aussi concis que possible, et ces dispositions sont révélatrices de l’aptitude à s’imposer par des jugements, des décisions rapides, outre la justesse du coup d’œil sur les rapports de force et les intérêts à ménager ou déranger… Si votre carrière n’est pas rendue à son sommet et laisse à désirer, profitez de ces échéances pour montrer vos mérites, vous dégager des hiérarchies étouffantes et de toute autorité contraire à l’épanouissement de vos possibilités ».

Jupiter transitant une conjonction dissonante étant impliqué dans une configuration dissonante à la naissance, on ne saurait ignorer les effets possibles d’un transit Soleil-Jupiter dissonant : « On exagère ses mérites, on plaide pour ses droits en empiétant sur ceux des autres, on se paie des discours revendicateurs sans faire la part des choses… Prenez garde, ici, aux défis et compétitions dont vous n’avez pas la pratique. Évitez les coups de bluff, les décisions, actions et engagements impulsifs. Les plus irritables compromettent leur crédit dans des opérations aventureuses en y mettant une fougue, une forme de lutte peu conforme à l’esprit des lois. Attention aux impatiences, revers ou camouflets qui suivent les ambitions rageuses et les appétits forcenés (19) ».

C’est bien ainsi que Jacques Chirac s’est comporté pendant toute sa campagne électorale, plus doué que jamais dans l’art du slogan simpliste, des affirmations démagogiques… et c’était astrologiquement prévisible. Il aurait pu perdre (l’écart entre lui et Balladur au premier tour n’était après tout que d’un peu plus d’un point). Il a gagné, entre autre parce qu’il ne s’était pas découragé et que, dynamisé par le transit de Jupiter qui mettait au top-niveau les « ambitions rageuses et les appétits forcenés » qui ont toujours été les siens, il a refusé de jeter l’éponge. En ce sens, il était à ce moment-là parmi les candidats celui qui avait les plus fortes motivations.



Lors de la campagne pour l’élection présidentielle de 1974, Jacques Chaban-Delmas, né sous une conjonction Soleil-Jupiter en Poissons angulaire au FC, était sans aucun doute le plus motivé des candidats : Jupiter transitait par conjonction Soleil-Jupiter natals. « Le » transit idéal, si on en croit les recettes de l’astrosymbolisme. En bon ‘r’, Chaban-Delmas s’est déclaré le premier, il était astrologiquement censé être le plus « chanceux »… et il a été battu à plate couture, ne pouvant même pas figurer au deuxième tour. La puissance de la motivation et sa nature, en général ou à un moment donné, sont parfaitement pronosticables grâce aux méthodes prévisionnelles astrologiques. Mais pas la transformation de la motivation (qui n’est qu’une tendance, une virtualité subjective) en victoire ou défaite (objectivation, réalisation objective de cette tendance-virtualité), pour la simple raison que dans ces circonstances, les causes et raisons profondes de la victoire ou de la défaite dépassent largement la psychologie individuelle des candidats : elles sont extra-horoscopiques et relèvent en dernière instance de l’équilibre ou du déséquilibre des rapports de force à l’intérieur d’une société à un moment donné, des courants qui la traversent et la travaillent, des aspirations collectives.

Avis aux astro-fatalistes !

Richard Pellard, 07/07/1995

Notes

- 1–2–3–4–5–6 Jacques Chirac, F.O. Giesbert, coll. Points-Seuil.
- 7 M.F. Garaud, citée dans Jacques Chirac, op. cit.
- 8 Voir p. 100 du Manuel d’Astrologie universelle, R. Pellard, Éd. Dervy.
- 9 Lire à ce sujet Sous le ciel de Jarnac, un Scorpion nommé François Mitterrand, R. Pellard, Dervy-Livres.
- 10 Citation extraite du Manuel d’Astrologie universelle, op. cit.
- 11 Article de G. Suffert dans L’Express du 11/01/1971.
- 12 Article de F. Mitterrand dans L’Unité de janvier 1976.
- 13–14–15 Jacques Chirac, op. cit.
- 16–17 L’astrologie universelle présentée par F. Hardy, Albin-Michel.
- 18–19 Le Grand livre des prévisions, J.-P. Nicola, Éd. Sand. 19 ibid.

Article paru dans le n° 4 du Fil d’ARIANA (octobre 1996).

Cet article vous a été proposé par : Richard Pellard

Voir aussi :

- Astro-portraits célèbres
- Les entretiens de Françoise Hardy


Le petit livre du Sagittaire

par Richard Pellard. 49 pages. Illustrations en couleurs

Ce livre présente et explique les trois zodiaques : celui du décor des constellations, celui de l’astrologie traditionnelle basé sur les Quatre Éléments symboliques (Feu, Terre, Air & Eau) et celui de l’astrologie naturelle basé sur les phénomènes astronomiques objectifs.

Interprétation du Sagittaire selon la symbolique classique et selon ses réflexes dans le zodiaque naturel (force, vitesse, équilibre) ; interprétation du Sagittaire en fonction des planètes dominantes ; le Signe solaire & le Signe Ascendant. Vous pouvez dès maintenant le commander à la boutique.

Élections présidentielles 2017 : des candidats et des astres

par Richard Pellard

184 pages. Nombreuses illustrations.

Ce livre passe en revue d’une manière approfondie les rapports entre astrologie et politique, propose les portraits astraux des principaux candidats, ex-candidats, futurs candidats et possibles candidats à l’élection présidentielle française de 2017 et aborde d’une manière inédite la question du mensonge en politique à travers le cas de Donald Trump, 45e président des U.S.A.

Au sommaire : la Constitution gaullo-jupitéro-uranienne de 1958. Astrologie et politique : Politikos, politeia & politikè ; le pouvoir du politique, de l’économique, du scientifique et du religieux ; le système R.E.T. & les quatre pouvoirs ; Transcendance, science & religion ; les trois finalités du politique ; l’homo politicus et le politique. L’étude des Thèmes natals des candidats : actuellement, sont, pourraient être, pourraient ne plus être ou ont été candidats, François Fillon, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Emmanuel Macron, Yannick Jadot, Manuel Valls, Arnaud Montebourg, Philippe Poutou, Nathalie Arthaud, Nicolas Dupont-Aignan, François Bayrou, Jean Lassalle, Benoît Hamon, Alain Juppé, Nicolas Sarkozy. Mensonges & prédictions : mensonge et Représentation ; mensonge et pouvoir ; Mars, Trumperies et le « mentir vrai » ; qui ferait le meilleur « Trump » en France ? À propos des prévisions astrologiques.

Disponible dans la boutique d’AstroAriana





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