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La correction de l’heure de naissance Vous êtes ici : Accueil Documents Théories générales Théorie de l’interprétation
Publié le : 2 mai 2005
La correction de l’heure de naissance
Obtenir des coordonnées natales fiables et sûres (date, lieu, heure) est un des grands problèmes que rencontrent ceux qui étudient l’astrologie : de leur précision et de leur réalité dépend en effet l’orientation du thème de naissance, et donc les hiérarchisations planétaires et zodiacales.

Les heures fantaisistes

C’est surtout l’heure de naissance qui pose problème. Si vous demandez à vos proches à quelle heure ils sont nés, il vous donnent en général une heure approximative qui correspond à un vague souvenir personnel et/ou familial, lequel n’a bien souvent qu’un lointain rapport avec la réalité. Vous ne pouvez pas vous fier à ce genre d’information. Le même problème de fiabilité se pose si vous voulez faire le thème de personnalités connues. Vous notez leur date et leur lieu de naissance au hasard d’une lecture... mais vous n’avez pas l’heure. Vous pouvez alors vous référer aux coordonnées natales de célébrités qu’on trouve dans de nombreux ouvrages d’astrologie, dans certains logiciels ou dans des banques de données. Mais ces heures ne sont très souvent pas plus fiables que celles que vous donnent spontanément vos proches.

Pour vos proches ou ceux qui viennent vous consulter, seul le manque de fiabilité de la mémoire ou l’ignorance de l’heure précise est en cause. Pour les célébrités, plusieurs raisons expliquent ce phénomène :

- le manque de rigueur de trop nombreux astrologues, qui prennent pour argent comptant des données natales qu’ils n’ont pas vérifiées... quand ils ne les ont pas tout simplement transformées ou inventées pour qu’elles correspondent mieux à leurs a priori, projections et pronostics personnels.

- les personnalités du showbiz trichent très souvent sur leurs coordonnées natales. En général, leurs imprésarios leur conseillent de se rajeunir. Certaines stars de la chanson ou du cinéma se font aussi confectionner des horoscopes “sur mesure” qui n’ont d’autre réalité que l’image que ces artistes veulent donner d’eux-mêmes. Il convient donc d’être extrêmement méfiant dans ce domaine.

- il y a aussi ce que l’on appelle les “R.P.” (Renseignements Personnels). Ces coordonnées natales sont confiées par une célébrité à un interlocuteur (biographe, journaliste ou astrologue), qui les transmet à d’autres en ne prenant que rarement la peine d’en vérifier la source et l’exactitude. On les retrouve ensuite dans les magazines d’astrologie à grand tirage, les logiciels, les banques de données sur Internet et même dans des livres sérieux, sans mention de la source.

Comment obtenir un extrait de naissance ?

Seuls les extraits de naissance délivrés par les services d’Etat-Civil de la mairie du lieu de naissance offrent une source relativement fiable. Que vous vouliez établir le thème d’un de vos proches, d’un consultant ou d’une célébrité, c’est ce que vous devez faire avant d’ouvrir vos éphémérides. L’opération est simple : il suffit de faire la demande de l’extrait de naissance, en insistant sur le fait qu’il doit stipuler l’heure de naissance exacte, laquelle ne doit pas être confondue (cela arrive) avec l’heure de déclaration qui figure aussi sur les registres. Ce renseignement, vous pouvez l’obtenir soit par courrier (accompagnez alors votre demande d’une enveloppe timbrée à votre adresse), soit par téléphone. Le courrier est plus sûr : vous disposerez ainsi d’un acte officiel. Les employés de l’Etat-Civil ne sont pas légalement tenus de vous transmettre ces renseignements par téléphone. Cela dépend de leur serviabilité. En général, ils acceptent.

Soyons très précis : le seul texte de loi actuellement en vigueur sur ce sujet est le décret n° 62-148 du 15.02.1968 (rectifiant le 62-291 du 03.08.1962). Les articles 2 et 3 interdisent d’une part la consultation des registres de moins de 100 ans, d’autre part la délivrance de copies intégrales à d’autres qu’au sujet, à ses ascendants et descendants et conjoint. L’article 5 est fort explicite pour les astrologues : “Les dépositaires des registres sont tenus de délivrer à tout requérant les extraits des actes de naissance ou de mariage. Les extraits d’acte indiqueront, sans autres renseignements, l’année, le jour, l’heure et le lieu de naissance, le sexe, les prénoms et nom de l’enfant tels qu’ils résulteront des énonciations de l’acte de naissance ou des mentions portées en marge de cet acte. En outre, ils reproduiront éventuellement les mentions de mariage, de divorce, de séparation de corps, de décès et de décisions judiciaires relatives à la capacité de l’intéressé”.

Certains officiers d’Etat-Civil (c’est ainsi qu’ils s’appellent) peuvent refuser de vous délivrer ces renseignements, en arguant par exemple du fait que vous ne faites pas partie de la famille. Ne vous laissez pas impressionner : ils sont dans leur tort, et la loi est de votre côté. En cas de refus de délivrance d’un acte ou si vous trouvez que l’on met un peu trop longtemps à vous répondre (un mois est le maximum), écrivez un deuxième courrier. Menacez de saisir le Parquet du lieu et d’écrire au Procureur de la République en invoquant les textes de loi réglementaires (tout ce qui concerne les litiges d’Etat-Civil est de nature judiciaire et non administrative). Stipulez expressément que les articles 198 à 199-1 de l’IGREC (Instruction Générale Relative à l’Etat-Civil) obligent l’Etat-Civil à faire parvenir un extrait de naissance à qui le demande. Vous n’aurez pas besoin, rassurez-vous, d’aller jusqu’à ces extrémités procédurières : après un tel courrier, vous recevrez très rapidement l’acte que vous avez demandé, et vous aurez enfin une heure de naissance “sûre”...

Des heures “sonnantes”... et trébuchantes !

“Sûre” ? Disons qu’elle vaut infiniment mieux qu’un vague souvenir, une rumeur ou un “R.P.” non vérifié. Mais elle n’est pas sûre à 100 %. Afin de le prouver objectivement, un astrologue a fait une étude statistique portant sur 1165 heures déclarées à l’EC (Etat-Civil) entre 1800 et 1970. Il en ressort que :

- de 1880 à 1910, la fréquence de sortie des “heures rondes” ou “heures sonnantes” (9h00, 12h00, 21h00) est d’environ 80 %.
- de 1910 à 1930, cette fréquence passe à environ 60 %
- de 1930 à 1960, elle passe à environ 35 %
- de 1960 à 1970, elle n’est plus que d’environ 17 %.

En presque un siècle, on est donc passé de 80 % de gens qui naissaient à des “heures rondes” à 17 %. Qu’est-il arrivé ?

On observe avec justesse qu’une précision moyenne de dix minutes avant ou après l’heure de naissance est suffisante pour l’astrologue : en 10’, le ciel ne change guère et la hiérarchisation planétaire reste identique. On peut ainsi découper une journée de 24 h en tranches de 10’. D’après ce découpage, une heure “ronde” a une probabilité de sortie de 1/6, ce qui correspond à une fréquence de 16,66 %. Quelle que soit l’année de naissance, il devrait donc y avoir en moyenne entre 16 et 17 % de gens qui naissent à des heures “sonnantes”.

Cette fréquence de sortie n’est observée que pour les heures de naissance enregistrées à partir des années soixante, qui seules peuvent dans l’ensemble être considérées comme fiables. Les fréquences horaires des années précédentes sont “anormales”. Reste à expliquer les raisons de cette anomalie. C’est assez simple.

Jusqu’à la fin de la première moitié du vingtième siècle, la population française (qui constitue cet échantillon d’analyse) était essentiellement rurale. Dans les campagnes, on naissait la plupart du temps à la ferme et l’évaluation de l’heure était le plus souvent approximative. Les paysans vivaient à l’heure du soleil qui rythme la vie agraire, pas avec un chronomètre à la main (d’ailleurs, nombreux étaient ceux qui n’avaient pour tout repère horaire que la cloche de l’église), et ils avaient d’autres soucis que de noter avec exactitude l’heure d’une naissance. Dans les villages dépourvus de mairie, les nouveaux-nés n’étaient fréquemment déclarés au chef-lieu que deux ou trois jours après leur venue au monde. On confondait alors souvent heure de naissance et heure de déclaration, parfois même jour de naissance et jour de déclaration.

Rappelons également que jusqu’en 1891, la quasi-totalité de la France vivait sous le régime du temps local (heure solaire vraie). De 1891 à 1911, l’heure de Paris s’est ensuite imposée comme heure officielle, puis celle de Greenwich. Il est très probable que les populations rurales n’ont pas adopté l’heure officielle le jour même de son institution, et que nombre de naissances survenues à la campagne entre 1891 et, mettons, la fin de la IIe Guerre Mondiale, étaient encore déclarées en heure locale. Ce n’est pas trop grave pour des naissances dans des villages se trouvant sur ou très proches du méridien de Paris de 1891 à 1911 (axe Calais-Albi) ou de Greenwich (axe Alençon-Tarbes) à partir de 1911. En revanche, si la naissance a eu lieu dans l’île d’Ouessan (Finistère), l’erreur s’élève à 20 minutes, et si elle s’est produite à Seltz (Bas-Rhin), l’erreur est de 32 minutes ! Cela suffit amplement, dans de nombreux cas, pour changer complètement la hiérarchie planétaire.

Il est frappant d’observer qu’au fur et à mesure que les populations rurales émigrent vers les villes et que progresse la médecine (intervention de plus en plus systématique des sages-femmes, naissances de plus en plus fréquentes en milieu hospitalier pourvu d’horloges très précises), la fréquence des “heures rondes” tend à se rapprocher de la moyenne théorique.

Les heures de la IIe Guerre Mondiale

Les naissances durant la IIe Guerre Mondiale posent d’autres types de problèmes (qui se cumulent avec les précédents). Au fur et à mesure de l’avance des armées allemandes en France, les localités occupées par l’envahisseur adoptaient l’heure du IIIe Reich. La date et l’heure officielles de ces changements est en général bien précisée dans les ouvrages spécialisés comme par exemple les Régimes horaires pour le monde entier d’Henri Le Corre (Editions Traditionnelles).

Mais entre l’instauration autoritaire d’une nouvelle heure officielle par une armée d’occupation et son application, et surtout son acceptation systématique par les populations occupées, il y a tout un monde. Les problèmes horaires sont particulièrement épineux pour les naissances dans les parages immédiats de la ligne de démarcation. Dans la débâcle, à quelle heure exacte les autorités allemandes ont-elle décrété la nouvelle heure officielle auprès des mairies ? Combien de temps celles-ci ont-elle mis, de plus ou moins bonne grâce, pour obéir ? Il m’est arrivé d’avoir à faire des recherches approfondies pour vérifier des heures de naissance dans ces régions. Il faut savoir que c’est la gendarmerie nationale qui conserve toutes les archives ayant trait à cette sombre période, et que ce corps relève de l’armée, donc du secret-défense. Des gendarmes ont ainsi refusé de me donner les renseignements que je demandais en invoquant le secret-défense !

Ce sont là des problèmes objectifs. Il y a aussi les problèmes subjectifs. J’ai connu le cas de parents résistants, ou à tout le moins hostiles à l’occupant, qui préféraient déclarer leurs enfants à l’heure française, en guise de résistance symbolique. Ces cas sont sans doute relativement nombreux. Lorsqu’on a un doute (surtout dans les régions de part et d’autre de la ligne de démarcation, ou bien dans celles où le nombre de résistants était particulièrement élevé, il n’est pas inutile de se poser la question, et éventuellement de mener une petite enquête. On peut aussi penser que certains maires clandestinement résistants ont pu avoir le même genre de résistance symbolique. Difficile à savoir et encore plus à prouver, plus de cinquante ans après...

La conclusion s’impose : les données d’Etat-Civil comportant des “heures rondes”, surtout celles des gens nés à la campagne ou dans les milieux urbains défavorisés, sont à prendre avec des pincettes jusqu’à la fin des années 50. Plus on remonte dans le temps, plus les heures sont arrondies, et plus on risque de monter un thème erroné si on se fie aveuglément à l’EC.

La correction de l’heure : comment faire ?

Pour parvenir à trouver l’heure approximative de la naissance, il faudra donc corriger l’heure dans de très nombreux cas. Il existe plusieurs méthodes pour mener à bien cette délicate opération :

- vous pouvez vous livrer à un bidouillage des chiffres issus des statistiques. Sachant que pendant les années 1880, 86 % des heures de naissance étaient des “heures rondes” et que la moyenne théorique est de 17 %, vous serez alors tenté de diviser, multiplier ou faire de savantes règles de trois pour déterminer avec une bonne marge de précision l’âge du capitaine. Abandonnez cette piste : elle ne mène nulle part. Il n’y a dans la très grande majorité des cas jamais les moyens de déterminer avec certitude si l’heure a été arrondie à 3/4, 1/2 ou 1/4 d’heure près. Et si le nouveau-né a été déclaré de nombreuses heures, voire de nombreux jours après sa naissance, la marge d’erreur peut être d’une heure ou plus. La statistique est superflue. Il faut travailler au cas par cas.

- l’expérience montre en revanche que les heures de naissance “rondes” sont le plus souvent arrondies à l’unité horaire supérieure (par exemple 10h00 au lieu de 9h30 ou 9h45). Lorsque vous êtes en présence d’une “heure ronde” d’avant 1960, il vaut mieux prendre pour hypothèse (surtout si la naissance a eu lieu en zone rurale) que la personne est née avant l’heure officielle. La même remarque vaut pour les heures “demi-rondes” (6h30, 15h30). Mais ce n’est pas une certitude absolue : je connais des cas où l’heure de naissance déclarée est en fait celle où a commencé le travail de l’accouchement, lequel est d’une durée très variable selon les femmes et selon les techniques obstétricales utilisées.

- On retrouve ici les “R.P.” (Renseignements personnels). Lorsqu’ils proviennent de l’intéressé lui-même, de sa famille proche ou de personnes ayant assisté à l’accouchement, certains d’entre eux permettent de rectifier de réelles erreurs de transcription dues aux services de l’Etat-Civil. Ces renseignements personnels ne sauraient donc être sous-estimés.

- Mais la meilleure méthode est encore d’établir différents thèmes pour différentes heures de naissance se situant autour de l’heure “ronde” officielle. Par exemple, pour une naissance à 10h00, faites dans un premier temps des thèmes pour 9h30, 9h45, 10h00 et 10h15. Vous obtiendrez ainsi différentes orientations de la sphère locale, et donc différentes hiérarchisations planétaires. impliquant différents fonctionnements possibles. A vous ensuite d’évaluer quel est le thème qui correspond le mieux au fonctionnement de l’individu. Cela n’a rien d’évident. Il faut pour cela beaucoup de subtilité, de prudence et d’expérience. N’oubliez pas que pendant la première moitié du XXe siècle, il y a quand même des gens qui sont réellement nés à des “heures rondes” (12h00) ou “semi-rondes” (12h30) ou dans leurs parages ! La correction de l’heure doit être circonstanciée et réfléchie, et non systématique. Des faits d’observation précis doivent justifier cette démarche. Sinon, on verse dans le domaine de l’arbitraire

- Cette méthode peut aussi être utilisée, par exemple en consultation, lorsque le thème dressé pour l’heure qui vous a été communiquée ne correspond vraisemblablement pas au fonctionnement de l’individu tel que vous observez. Au bout d’une demi-heure d’entretien, pendant laquelle je constatais que je n’avais manifestement pas “le bon thème” sous les yeux, il m’est plusieurs fois arrivé de demander à des consultants de téléphoner immédiatement à leur mairie de naissance pour confirmer l’exactitude de l’heure. Et à chaque fois, l’heure de l’EC (surtout lorsqu’elle n’était pas “ronde”) infirmait l’heure inexacte (en général “ronde”) qu’ils m’avaient donné sur la base de souvenirs personnels, et confirmait mes doutes et mes observations...

Quel thème pour quel individu ?

Prenons tout d’abord quelques exemples de célébrités.

Emile Zola

Emile Zola est né le 2/4/1840 à 23h00 (22h51 GMT) selon l’Etat-Civil. C’est une “heure ronde” du XIXe siècle. Il est donc très probable qu’elle soit arrondie. En construisant le thème pour cette heure officielle, on remarque que Jupiter, seule planète au-dessus de l’horizon, est dans la zone de son lever, mais qu’elle n’est pas angulaire, puisqu’elle se trouve sur la cuspide de la Maison XII (domification Placidus), et que Saturne en Maison I est trop éloigné de l’horizon pour être considéré comme angulaire. Les seules angularités sont celles d’Uranus-Vénus au FC. D’où la hiérarchie planétaire suivante :

Uranus-Vénus-Jupiter-Saturne-Lune-Mercure-Soleil-Mars-Neptune-Pluton

En le faisant naître une demi-heure plus tôt, à 22h30, Jupiter se trouve cette fois dans la zone d’angularité à l’AS, l’angularité d’Uranus-Vénus est plus marquée, mais Saturne est encore plus éloigné de l’AS.

D’où la nouvelle hiérarchie planétaire :

Jupiter-Uranus-Vénus-Neptune-Saturne-Lune-Mercure-Soleil-Mars-Pluton.

Cette fois, Jupiter se retrouve en tête de classement, et Saturne passe de la 4e à la 5e position, tandis que Neptune effectue une spectaculaire remontée de la 10e à la 4e position par son carré à Jupiter désormais dominant, ce qui ne peut manquer de modifier considérablement l’interprétation...

En faisant naître Zola un quart d’heure après l’heure offcielle, à 23h15, l’organisation du ciel change à nouveau très nettement. Saturne devient angulaire à l’AS, la conjonction Uranus-Vénus s’éloigne du FC tandis que l’amas en Bélier s’en rapproche : le Soleil est en angularité large au FC. Enfin, Jupiter dégringole de la première position du classement à l’avant-dernière...

D’où la hiérarchie :

Saturne-Soleil-Uranus-Vénus-Lune-Mercure-Mars-Pluton-Jupiter-Neptune.

En schématisant, le problème qui se pose est le suivant : Emile Zola est-il jupitérien ou saturnien ? A vous de vous faire votre opinion en lisant ou relisant ses livres, et en épluchant méthodiquement ses biographies...

Jean Gabin

Jean Gabin est né le 17/7/1904 à 2h00 (1h51 GMT) à Paris selon l’EC. Le thème monté pour cette heure se caractérise par l’opposition d’Uranus à Pluton-Lune-Neptune dans l’axe MC-FC. Saturne en début de Maison XII s’est levé depuis trop longtemps pour être encore considéré comme angulaire. Jupiter, bien qu’en en Maison I est trop éloigné de l’horizon pour être dominant. D’où la hiérarchie planétaire :

Uranus-Pluton-Lune-Neptune-Saturne-Jupiter-Mercure-Soleil-Mars-Vénus.

Imaginons qu’il soit né un quart d’heure avant, à 1h45.

Saturne est cette fois en zone d’angularité à l’AS et devient n° 1. Neptune qui n’est plus angulaire au FC rétrograde de la 4e à la 9 e place, tandis que l’amas en Taureau, “dopé” par les carrés à Saturne dominant, remonte dans le classement. L’opposition Uranus-Pluton-Lune reste dominante. D’où la hiérarchie planétaire suivante :

Saturne-Uranus-Pluton-Lune-Mercure-Soleil-Mars-Vénus-Neptune-Jupiter.

Gabin reste uranien, mais il “devient” beaucoup plus saturnien. Il n’est en tout cas pas jupitérien, puisque cette planète se trouve en 10e position...

Faisons-le maintenant naître une demi-heure avant, à 1 h 30. Les angularités de Saturne et de Lune-Pluton sont encore plus nettes. En revanche, Uranus s’éloigne suffisamment du MC pour n’être plus considéré comme angulaire.

D’où la hiérarchie :

Saturne-Lune-Pluton-Uranus-Mercure-Mars-Soleil-Vénus-Jupiter-Neptune.

Mais peut-être Jean Gabin est-il né un peu après 2h00 ? Essayons 2h15.

Jupiter, qui se rapproche de l’horizon, entre alors dans la zone d’angularité à l’AS : il passe de la 9e à la 1ere place (où à la seconde, si l’on considère que l’angularité exacte d’Uranus est plus valorisante que la large angularité de Jupiter). Saturne quant à lui rétrograde de de la 1ère à la 6e place. D’où les deux hiérarchies possibles :

Jupiter-Uranus-Neptune-Pluton-Lune-Saturne-Soleil-Mars-Mercure-Vénus.

ou :

Urnus-Jupiter-Neptune-Pluton-Lune-Saturne-Soleil-Mars-Mercure-Vénus.

Même question que pour Zola : Gabin était-il saturnien ou jupitérien ? Le caractère taciturne, froid, distant, introverti, le manque de jovialité du célèbre acteur plaide plutôt pour la première hypothèse, ce qui signifie qu’Alexis Moncorgé (c’est son vrai nom) est né un quart d’heure à une demi-heure avant l’heure ronde mentionnée par l’EC. A vous de réfléchir à présent pour savoir s’il est né plutôt vers 1h45 (premières dominantes : Saturne-Uranus) ou plutôt vers 1h30 (Saturne-Lune).

Pierre Perret

Pierre Perret est né le 9/7/1934 à Castelsarrasin à 18h00 (17h00 GMT) selon l’EC. Le thème construit pour cette heure nous donne la hiérarchie suivante :

Jupiter-Vénus-Lune-Mars-Mercure-Soleil-Pluton-Neptune-Saturne-Uranus.

Elle correspond a priori très bien à ce personnage extraverti et bon vivant, tendre et amateur de bonne chère, aussi affectif (niveau “e” dominant), soucieux d’harmonie (Lune) que réaliste (niveau “E” dominant). Difficile en revanche de le reconnaître dans le froid, sec et rigide duo Saturne-Uranus qui se trouve en fin de classement. En faisant naître Perret une heure avant , on obtient à la rigueur une très large angularité de Saturne au FC. avant ou après ; et pour qu’il soit uranien, il aurait fallu qu’il naisse deux heures après l’heure déclarée.

Comme vous pouvez le constater, c’est le genre de thème qui ne peut pas être radicalement bouleversé par une correction horaire raisonnable. Mais puisque l’heure déclarée est une heure “ronde”, tentons quand même l’expérience.

Pour une naissance à 17h30, Jupiter n’est plus angulaire au MC ; il rétrograde de la 1ère à la 5e position. Neptune au MC passe de la 8e à la 1ère place et Vénus reste angulaire au DS. Les 5 premières dominantes valorisent toujours les familles “e” (Neptune-Vénus) , “E” (Jupiter-Mars) et la Lune. Nous sommes toujours sur le même terrain, mais une question se pose : Perret est-il plus “jupitérien” que “neptunien”, ou est-ce l’inverse ? Sa jovialité, son bagout, son extraversion, sa bonne humeur, son sens et son amour du langage descriptif plaident plutôt pour la première hypothèse. L’heure “ronde” déclarée serait-elle la bonne ?

Refaisons un essai en le faisant naître 1/4 d’heure avant, à 17h45.

Jupiter se rapproche du MC mais l’angularité reste encore assez large. Neptune s’en éloigne tout en restant angulaire. Le trio Vénus-Lune-Mars reste angulaire au DS, ce qui nous donne la hiérarchie :

Jupiter-Neptune-Vénus-Lune-Mars-Mercure-Soleil-Pluton-Saturne-Uranus.

si l’on considère que Jupiter est angulaire, ou

Neptune-Vénus-Lune-Mars-Jupiter-Mercure-Soleil-Pluton-Saturne-Uranus.

si on considère qu’il ne l’est pas, ce qui ne change rien aux familles R.E.T. dominantes, ni aux planètes en fin de classement. Un Jupiter en première position semble toujours mieux convenir, ce qui voudrait dire, dans cette hypothèse que le créateur des Jolies colonies de vacances est peut-être né entre 17h45 et 18h00, mais plus proche de 18h00 que de 17h45. 17h55 serait parfait.

Enfin, Pierre Perret est peut-être né après 18h00.

Pour 18h15, les angularités de Jupiter, Vénus, Lune et Mars sont encore plus nettes, mais on aboutit à la même hiérarchie planétaire que pour 18h00 tapantes. Idem s’il est né 1/2 heure après l’heure déclarée. Conclusion : il est très probablement bien né aux alentours immédiats de 18h00 (entre 5 mn avant et 15 mn après), comme l’indique l’acte d’Etat-Civil. Il y a quand même, chaque jour et en moyenne, 1/6 des gens qui naissent à moins de dix minutes d’une heure ronde, et Pierre Perret en fait sans doute partie.

Vous pouvez utiliser la même méthode prudente et objective, basée sur la logique et l’observation, pour corriger si nécessaire les heures de naissance “rondes” de vos proches ou de vos consultants, en n’oubliant pas qu’à partir des années 60, la très grande majorité des “heures rondes” déclarées à l’EC correspondent probablement, à cinq minutes près, à l’heure de naissance effective. Cette démarche demande toutefois de s’interroger, d’une part sur la pertinence et les limites de ce que nous appelons les “zones de valorisation”, et d’autre part sur la légitimité des corrections entreprises sur la seule foi de l’observation psychologique ou d’éléments biographiques ou autobiographiques. Ces questions ne sauraient être éludées.

Les zones de valorisation

Les limites de ces zones ont été définies par une observation multi-millénaire. Elles sont donc plus qualitatives que quantitatives. Elles mesurent, non le degré précis et quantifié de “force” ou de “puissance” relative d’un astre au cours de son parcours quotidien dans la sphère locale, mais son évaluation expérimentale, clinique, concrète, vérifiée, contrôlée et amendée (et toujours amendable) grâce à l’étude de milliers de thèmes. Il ne faut donc pas prendre les limites de ces zones comme des certitudes absolues, mais comme des repères momentanés et relativement fiables à l’intérieur d’une recherche expérimentale et théorique qui est toujours en cours.

Ne décidez donc pas du sort d’une planète “litigieuse” (que ce soit en heure déclarée ou en heure corrigée) en fonction des strictes let formelles limites de la “grille de hiérarchisation” ci-dessus décrite. Cette dernière n’est qu’un moment de la recherche, non son aboutissement définitif. En revanche, c’est grâce aux raisonnements empiriques que vous venez de lire que l’élaboration de cette “grille” a été possible. En cela, elle n’a rien d’arbitraire ni de théorique (au sens le plus péjoratif ce de mot)... mais d’autres (très nombreuses) observations et expérimentations peuvent amener à modifier relativement (mais non fondamentalement) les limites des “zones de valorisation” actuelles, voire certains critères de hiérarchisation... en attendant qu’une théorie (au sens le plus noble de ce mot) basée sur des qualifications relativement précises et réalistes de la puissance relative des planètes au cours de leur cycle diurne-nocturne nous permette d’acquérir davantage de certitude. Pour l’instant, dans l’état actuel de nos connaissances astrologiques, nous ne pouvons que nous prévaloir que des résultats d’une pratique expérimentale aussi rigoureuse et objective que possible.

Pour être concret, si une planète se trouve à ±1° d’une de ces “zones de valorisation”, n’en concluez pas qu’elle est automatiquement inclue ou exclue, mais interrogez-vous sur la limite de ces zones en fonction de vos (nombreuses, prudentes et critiques) observations personnelles. Et si des résultats statistiquement probants vous semblent en découler, même et surtout s’ils contredisent nos propres observations, n’hésitez pas à nous les communiquer : nous sommes toujours en recherche...

La légitimité des corrections astro-psychologiques

La correction de l’heure est légitime pour plusieurs raisons. La première relève du processus même de la naissance, qui ne dure pas qu’un instant, ce dernier fût-il précisément inscrit sur un acte l’Etat-Civil. Existe-t-il un mécanisme décisif et si oui, lequel ? Le changement de milieu gravifique lors de la perte des eaux ? L’expulsion de l’enfant du ventre de sa mère ? La coupure du cordon ombilical ? La première respiration autonome ? Nos connaissances actuelles ne nous permettent pas de le savoir avec certitude. Ces processus se succèdent à l’intérieur d’une plage de temps variable pour chaque naissance. S’ils durent plus d’une vingtaine de minutes, il peut se produire, entre le début et la fin du processus, de notables changements dans l’organisation de la sphère locale, et même des modifications profondes de la hiérarchie planétaire. Il y a donc lieu de s’interroger et d’apporter le cas échéant les corrections nécessaires.

La question se pose alors de la légitimité et de la rationalité des critères de correction. L’astrologue n’aura-t-il pas tendance à choisir l’heure qui confirme le mieux ses préjugés implicites ou explicites, ce qui aboutit à une manipulation des faits ? Le risque existe effectivement. A cela on peut opposer un contre-argument de poids. A l’aide des formules du R.E.T. et du zodiaque réflexologique (F+, F-, etc.), sans connaître rien du thème d’un individu, on peut, par l’observation de ses comportements ou de ses œuvres, déduire l’organisation la plus probable de son thème avec un très bon degré de précision. Ceux qui ont bien compris et savent bien utiliser ces outils conditionalistes pratiquent ce genre de “prévisions” depuis longtemps, prévisions qui sont dans la très grande majorité des cas confirmées par l’érection du thème a posteriori. “Cette voie de reconstitution, note J.P. Nicola, au moins approchée d’un thème, est l’une des plus probantes pour démontrer la réalité et l’objectivité de l’astrologie”.

L’aptitude, prouvée et contrôlée, d’un l’astrologue à reconstituer les grandes lignes de son thème à partir de son observation du fonctionnement caractéristique d’un individu rend ainsi tout à fait légitime sa prétention à corriger l’heure de naissance. C’est une expérience scientifique, rationnelle, réversible (“Compte tenu de votre thème, je peux vous dire comment vous fonctionnez” ou “Compte tenu de votre fonctionnement, je peux vous dire quelles sont les éléments les plus importants de votre thème”). Il s’ensuit évidemment qu’un astrologue qui n’est pas capable de procéder à ce genre de reconstitutions expérimentales et objectives devrait éviter de corriger quelque heure que ce soit, à moins qu’il n’accorde une foi absolue dans la pertinence de ses intuitions.

Tableau-conclusion

Pour finir, le tableau suivant décrit les transformations des hiérarchies planétaires de 0h00 à 24h00 le 15/8/1934 pour un lieu situé à 44°24N et 8°56E. La journée a été divisée en périodes de 15 minutes. A chaque nouveau quart d’heure, j’ai relevé la hiérarchie planétaire. Les périodes en gras désignent les moments où la hiérarchie change sensiblement. Les rangées en noir indiquent ceux où elle bascule radicalement. Pour simplifier et réduire les dimensions du tableau, j’ai réuni en une seule période les successions de quarts d’heure où la hiérarchie varie très peu. C’est évidemment lorsqu’à une rangée blanche succède une rangée noire (et vice-versa) que le problème de la correction de l’heure se pose avec le plus de pertinence et le plus d’acuité.

Le ciel de ce jour-là est organisé de telle manière que Neptune est la planète la plus isolée. Elle se retrouve ainsi, étant donnés nos critères de hiérarchisation, plus souvent en bas du tableau que toutes les autres.

Le chanteur Nino Ferrer est né à l’intérieur d’une de ces 28 plages horaires. Devinez la ou lesquelles ? Si vous parvenez à la ou les identifier (bien entendu sans tricher, sans rechercher son thème dans une banque de données), vous êtes en bon chemin pour devenir un as dans la correction de l’heure.

Article paru dans le n° 8 du Fil d’ARIANA (octobre 1997).

Cet article vous a été proposé par : Richard Pellard



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Messages de forum :
Heure locale et sidérale
lundi 2 juillet 2007
par Personne

Mon nom est Personne car j’ai honte : je ne sais pas calculer l’heure locale et sidérale pour dresser une carte du ciel ! Bien sûr, je pourrai utiliser un ordinateur et un logiciel mais j’en ai pas. Et puis, maintenant que je me suis acheté des éphémérides et des tables de maison...

J’ai essayé avec le cas d’une personne née le 24 décembre 1919 à 13 heures, à Rodez (2°34’ Est de longitude ; 44°21’ Nord de latitude). Heure sidérale du 24.12.1919 à 0 heures GMT : 06h05’53s.

Quelqu’un pourrait-il me montrer les étapes pour calculer le Temps Universel ? Ainsi que le temps sidéral ? Quelle heure dois-je utiliser pour le calcul des positions planétaires ?

Enfin, est-ce que quelqu’un sait comment convertir une longitude en minutes GMT ?

MERCI D4AVANCE ET NE VOUS MOQUEZ PAS TROP DE MOI



    Heure locale et sidérale
    lundi 2 juillet 2007
    par Richard

    Salut Personne,

    Tu ne devrais pas avoir honte des difficultés que tu rencontres et avoues, bien au contraire : c’est une marque de vraie humilité et de vraie intelligence.

    Par ailleurs, s’il est vrai qu’il est beaucoup plus facile et rapide d’utiliser un outil informatique pour faire une carte du ciel, il est néanmoins indispensable de savoir le faire avec des éphémérides, des tables des Maisons et un ouvrage détaillant les régimes horaires dans les différents pays. En effet, de nombreux logiciels comportent des inexactitudes qu’on ne peut repérer que quand on sait calculer un thème selon les bonnes vieilles méthodes pré-informatiques.

    Pour faire tes calculs, il faut donc que tu te procures l’ouvrage "Régimes horaires dans le monde entier" de Henri le Corre aux Editions Traditionnelles ainsi qu’un Atlas donnant les longitudes et latitudes géographiques d’un maximum de villes.

    Ensuite, pour l’exemple que tu proposes, on procède ainsi :

    Naissance le 24/12/1919 à 13h00 HO (Heure Officielle) à Rodez (44N21, 2E34).

    1) Il faut d’abord déterminer l’heure TU (Temps Universel ou GMT) à l’aide de l’ouvrage sur les régimes horaires. C’est à partir de cette heure TU que se calculent les positions planétaires.

    2) Du 11/03/1911 à 0h01 au 16/09/1945, l’heure HO est égale à l’heure TU. Etant donné que la naissance a eu lieu en hiver, il n’y a par définition pas d’heure d’été pendant cette période.

    3) Donc HO = TU.

    4) A 0h00 le 24/12/1919, le TS (Temps Sidéral) est de 6h05’53’’ ; le lendemain, il est de 6h09’49". Il faut calculer combien de TS s’est écoulé pendant ces 24h00, d’où :

    (6h09’49" - 6h05’53’’) = (6h08’109" - 6h05’53’’) = 0h03’56".

    5) Il faut maintenant calculer combien de TS s’est écoulé en 13h00.

    6) Pour cela, il te faut d’abord savoir combien de TS s’est écoulé en 1h00. Pour simplifier, tu peux arrondir 0h03’56" à 0h04’ (l’hyper-précision des calculs est une illusion).

    7) Convertis ton heure TU en TS grâce au tableau suivant :

    - 24h00 = 0h04’00"
    - 12h00 = 0h02’00"
    - 06h00 = 0h01’00"
    - 03h00 = 0h00’30"
    - 01h00 = 0h00’10"
    - 00h30 = 0h00’05’’
    - 00h15 = 0h00’02"

    8) Ce qui te donne 0h02’00" + 0h00’10" = 0h02’10".

    9) Ajoute ce chiffre au TS à 0h00, d’où : 6h05’53’’ + 0h02’10" = 6h08’03" = TS à 13h00.

    10) Il te faut maintenant calculer l’heure locale (HL), et pour cela convertir la longitude en TS à l’aide du tableau suivant :

    - 000°01 = 00h00’04"
    - 000°15 = 00h01’00"
    - 001°00 = 00h04’00"
    - 015°00 = 01h00’00"
    - 030°00 = 02h00’00"
    - 090°00 = 06h00’00"
    - 180°00 = 12h00’00"

    11) Rodez se trouve à 2E34 = (08’ + 02’ + 00’16" = 0h10’16"). Puisque cet endroit est à l’EST de Greenwich, il faut donc AJOUTER le TS ainsi obtenu à l’heure TU, d’où :

    13h00’00’’ + 6h08’03" + 0h10’16" = 19h18’19’’

    12) 19h18’19’’ représente le TSN (Temps Sidéral de Naissance), qui sert à calculer les positions de l’AS, du MC et des Maisons), tandis que l’heure GMT sert à calculer les positions planétaires.

    A+

      Heure locale et sidérale
      lundi 2 juillet 2007
      par Personne
      Cher Richard, merci de tes explications très claires et détaillées.


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