AstroAriana Association pour la Recherche et l'Information
en Astrologie NAturelle
AstroAriana
Présentation Qui sommes nous ? Nous écrire Plan du site Annuaire de liens Astrosoft Calculez votre thème Thème du jour Boutique
Pour que ce site continue à exister sans publicité
Téléchargements de livres au format PDF Élections présidentielles 2017 : des candidats et des astres
Articles aléatoires  Le jupitérien en bande dessinée  L’Esprit Mercure de C.G. Jung : une leçon de symbolisme  Astro-psychanalyse théorique et pratique  L’horloge photopériodique du genou  Kathmandu  Les Aspects planétaires  Astrologie et médecine : corps astral et psychosomatique  Orson Welles, le Taureau qui en disait trop
Vous êtes ici : Accueil ►Astro-documentsThéories généralesThéorie de l’interprétation


Fréquences et intensités, une méthode d’interprétation

Chaque thème a son architecture secrète. Les diverses méthodes d’interprétation cherchent à approcher ce squelette. On peut certes toujours se passer de méthode… mais on tombera alors inévitablement sur de nombreux os. Pour bien comprendre ce texte, reportez-vous à l’article sur le protocole de hiérarchisation des éléments d’un Thème.

1. Fréquences

Fréquence : « caractère de ce qui se reproduit périodiquement, à intervalles rapprochés ». Procéder à la hiérarchisation des planètes consiste en fait à préciser leurs positions respectives sur une échelle de fréquences. Dire qu’une fonction planétaire est « dominante », c’est du point de vue du Temps — essentiel, on le sait, en astrologie — suggérer qu’elle est plus fréquemment utilisée, mise en œuvre, actualisée qu’une fonction « non-dominante ». On peut ainsi affecter à chaque planète une haute, moyenne ou basse fréquence selon sa position dans le classement :

- hautes fréquences (du « toujours » au « souvent ») : planètes en tête du classement, relevant des modes de fonctionnement dominants qui, par leur répétitivité, incitent à la caricature et au réductionnisme astro-psychologique.

- moyennes fréquences (du « assez souvent » au « rarement ») : planètes suivant immédiatement les premières de la hiérarchie. Modes de fonctionnement non-systématiques, en réaction, en compensation ou en appoint des « hautes fréquences », opérant éventuellement le lien entre hautes et basses fréquences.

- basses fréquences (du « exceptionnellement » au « jamais ») : planètes situées dans les dernières places du classement. Fonctions peu ou pas utilisées. La fonction dite « aveugle » relève de ce niveau de fréquence.

Ces définitions purement quantitatives, qui constituent d’ailleurs l’ossature de la plupart des tests psy ou astro-psy, éliminent a priori tout jugement de valeur qualitatif : on se contente de noter objectivement si, oui ou non, un individu lambda fonctionne souvent, parfois ou jamais de telle ou telle manière, sans préjuger de la qualité de ce fonctionnement. Elles sont indispensables aux vérifications expérimentales des hypothèses et assertions astrologiques.

Le nombre de planètes relevant de chacun de ces niveaux de fréquence est variable. Tout dépend de la configuration générale de chaque thème : nombre des angularités, nombre des planètes participant du même système d’aspects dominant ou non-dominant, etc. La pratique montre également que certains individus fonctionnent avec une régularité hypnotique et quasi-obsessionnelle avec une ou deux planètes, tandis que d’autres disposent d’une large palette de fonctionnement. Par ailleurs, les frontières entre hautes, moyennes et basses fréquences sont parfois nettes et tranchées, parfois floues et imprécises. À titre indicatif et sans aucune prétention à l’exhaustivité, je vous propose un voyage à travers cette ossature du thème. Un voyage qui paraîtra bien abstrait et bien désincarné à certains : il n’y est précisément fait mention d’aucune fonction planétaire, d’aucune famille R.E.T. Libre donc à chacun d’habiller ces squelettes du ou des thèmes qui l’intéressent : ces structures abstraites dévoileront alors toute leur chair.

Évidemment, tous les cas possibles ne sont pas traités, parce que ce serait trop long dans le cadre de cet article dont l’objectif n’est que d’explorer quelques unes des pistes qui parcourent nos méthodes d’interprétation. Le recensement exhaustif de ces « cas » n’est pourtant pas impossible à effectuer : chaque thème, en dépit de son apparente spécificité, appartient en fait à une « famille » d’organisation, quelles que soient ses hiérarchisations planétaires et zodiacales.

Exemple d’application : le Thème ci-dessus est celui de l’écrivain Michel Houellebecq. Comme tout Thème, il peut se décomposer en trois pôles caractéristiques. D’abord, la configuration dominante (forte) ; puis la configuration sous-dominante (moyenne, en rouge) ; et enfin la configuration non-dominante (faible) :

… et voici le shéma qu’on peut en tirer. Le « fort » correspond aux « hautes fréquences », le « moyen » aux « moyennes fréquences » et le « faible » aux « basses fréquences » :

A. Frontières nettes :

Cas n° 1 : le thème se subdivise en trois configurations (systèmes d’aspects « fermés » ou ensemble des angularités) sans relations mutuelles. Chaque niveau de fréquence dispose alors d’une grande autonomie par rapport aux autres. Dans ce cas et sans négliger les interactions globales affectant tous les éléments du thème, il semble difficile, pour les « moyennes fréquences » de jouer un rôle de relation directe entre hautes et basses fréquences ; par contre, un rôle actif de compensation est favorisé.

a) : les trois configurations sont consonantes : le sujet se repose sur les lauriers de « hautes fréquences » exemptes de tensions, n’hésite pas à se distraire en opérant d’agréables incursions dans le moelleux domaine des « moyennes fréquences », sans craindre l’irruption de ses manques ou faiblesses parfaitement organisées au niveau des « basses fréquences », lesquelles, lorsqu’elles se manifestent, peuvent même constituer un agréable et éventuellement efficace piment épiçant les routines de fonctionnement.

b) : hautes et moyennes fréquences consonantes, basses fréquences dissonantes : comme en a), à ceci près que le sujet peut davantage craindre les éventuelles irruptions incongrues du pôle faible : de pénibles fausses notes dans la symphonie. Mais il peut aussi se satisfaire de ces discordantes ruptures, pour peu qu’il soit assuré qu’elles ne mettent pas en danger le confortable édifice de son fonctionnement. S’il ne l’est pas, la censure, l’inhibition, le refoulement, le rejet ou l’intolérance sont absolus, immédiats, sans appel : le « héros » acoquiné à sa pénombre complaisante ne souffre aucune manifestation d’une ombre grimaçante.

c) hautes fréquences consonantes, moyennes et basses fréquences dissonantes : comme en b), à ceci près que les « hautes fréquences » peuvent se sentir obligées de verrouiller drastiquement leur domaine : l’anarchie est aux portes même si les frontières sont sûres, et la tentation est grande d’en remettre dans la stéréotypie des comportements pour éviter tout débordement. Le sujet contrôle à outrance ses zones d’aisance en fantasmant, à tort ou à raison, sur les périls qu’induirait un quelconque relâchement, une aventureuse expédition dans le domaine inconnu de ses dissonances. On sait où ça commence, pas où ça finit… Il peut aussi s’abandonner parfois, émoustillé, à un tourisme qui lui semble risqué dans ses zones d’ombre et de pénombre, et prendre un certain plaisir à résoudre ou essayer de résoudre des problèmes qui ne lui créaient pas de tourments exagérés. Dépaysement garanti avec certitude de billet de retour. Il peut arriver que le retour soit différé ou annulé. Dans ce cas, généralement après une chaude et déstabilisante période de transits, le sujet dispose en principe des moyens nécessaires pour rentrer dans le home, sweet home de ses « hautes fréquences » en jurant, mais un peu tard selon lui, qu’on ne l’y reprendrait plus. Le héros est alors vacciné, pour un temps ou pour longtemps, pour le meilleur ou pour le pire, contre toute ombre ou pénombre…

d) hautes fréquences dissonantes, moyennes et basses fréquences consonantes : si les problèmes créés par les dissonances des dominantes n’ont pas été résolus, le sujet peut être trop occupé à leur chercher de difficiles solutions pour se laisser aller à quelque diversion que ce soit. Il sent bien qu’il dispose d’aires de repos, mais ses tensions l’obsèdent trop pour qu’il puisse s’y délasser. Il peut aussi être tenté de « décompresser » en vivant davantage ses harmonieuses « moyennes fréquences », au risque cependant de fuir les dures réalités de son édification psychique : faute de résoudre le problème, on le déplace, on croit en changer les termes mais, « dominantes » obligent, il revient toujours, obsédant et récurrent. Le sujet peut encore d’autant plus souffrir de ses difficultés qu’il sent en lui des zones apaisées et harmonieuses : pour-quoi ce « héros » si écartelé a-t-il une ombre aussi tranquille ? Si les problèmes créés par les dissonances des dominantes sont en voie de résolution, le sujet ne craint pas de s’octroyer des zones de détente en laissant les fonctions planétaires en « moyenne fréquence » s’exprimer, quitte à ce qu’elles charrient en même temps ses faiblesses : c’est en quelque sorte pour lui un « repos du guerrier » en même temps qu’un « recadrage » sans risques qui lui permet d’envisager les solutions éventuelles à ses dissonances majeures dans une autre perspective, peut-être en les relativisant sereinement. Si les problèmes créés par les dissonances des « hautes fréquences » ont été résolus, le sujet ne craint pas d’aborder ses « terra incognita », fort des victoires de ses âpres luttes, sûr de ne courir aucun danger en s’abandonnant à ce qui pour lui est la facilité : au terme de ses épreuves, une vigilance sans faille demeure. Il peut aussi s’ancrer plus fortement dans un équilibre conquis de haute lutte, en méprisant tout ce qui en lui ou ailleurs s’apparenterait à quelque facilité que ce soit. Dans ce cas, il peut y avoir inhibition ou refoulement des zones d’ombres et de pénombre trop tentantes pour un « héros » qui en a trop bavé.

e) : hautes et moyennes fréquences dissonantes, basses fréquences consonantes : pareil que d), en plus dramatisé, si ce n’est dramatique. Si les problèmes créés par les « hautes fréquences » n’ont pas été résolus, le sujet n’a en principe aucune tentation d’écouter le chant des « moyennes fréquences » ; si d’ailleurs il cédait à la tentation, il tomberait de Charybde en Scylla en accumulant tensions et conflits, sans aucun bénéfice ni repos. Les « faibles fréquences » ne peuvent être d’aucune utilité et d’aucun recours : dans la cacophonie dominante, impossible d’entendre leur mélodieuse petite musique. Le sujet aux abois peut être tenté de se mettre en relation avec un être ou un objet dont les « dominantes » seraient les fonctions appartenant à ses « basses fréquences » à lui. Le résultat risque d’être décevant : il enviera alors l’éventuel équilibre de l’autre et, tout à son admirative fascination, en oubliera encore davantage de résoudre ses problèmes dominants. Ou bien la relation est (ou finira en) haine pure : pourquoi cet Autre si différent est-il aussi équilibré, alors que je ne le suis pas ? C’est injuste ! Dramaturgie des aveuglements… Si par contre le sujet est en voie de résoudre les problèmes créés par les dissonances des « hautes fréquences », il peut être tenté, enivré par ses éventuels premiers succès, d’essayer de solutionner d’autres problèmes moins saillants et moins urgents, relevant des « moyennes fréquences », au risque de tout embrouiller. Plus lucide, il hiérarchisera mieux les priorités : à chaque jour suffit sa peine. Dans les deux cas, ses relations avec les êtres ou objets dont les « dominantes » seraient ses planètes en « basses fréquences » sont susceptibles d’être plus fructueuses : il saura mieux profiter d’un « éclairage » différent, sans perdre de vue que les conseilleurs ne sont pas les payeurs. Si les problèmes créés par les dissonances des « hautes fréquences » ont été résolus, le sujet dispose de bonnes aptitudes pour résoudre ceux qui relèvent des « moyennes fréquences », à condition qu’il ne cède pas à l’euphorie : il peut être tentant d’apporter purement et simplement les mêmes réponses aux problèmes des hautes et basses fréquences, lesquels sont bien entendu totalement différents. Les solutions efficaces pour les problèmes dominants ne le sont pas pour les autres, cela d’autant plus que les réponses trouvées pour répondre aux problèmes dominants ont naturellement tendance à devenir, en homogénéité avec leur objet, systématiques, répétitives, stéréotypées. Enfin, le sujet peut très bien, en soi et/ou à travers une relation, trouver dans ses « basses fréquences » consonantes une utile diversion, voire un indispensable et reposant contrepoint à sa vision du monde forgée dans de durs conflits.

f) : hautes et basses fréquences consonantes, moyennes fréquences dissonantes : en haut et en bas, tout va bien : le calme règne dans l’univers psychique, mais le centre est plus turbulent. Solutions possibles : les « hautes fréquences » négligent les basses qui ne leur posent pas de problème. Le sujet est tenté de sous-estimer, à juste titre, des tensions qui ne sont pour lui pas essentielles et ne grèvent pas son équilibre général dominant et auto-satisfait. Il risque alors d’être infiniment surpris lorsque, au cours d’un transit ou d’une rencontre, se poseront pour lui des problèmes qui n’en paraissaient pas ou qu’il gardait négligemment sous le coude. Le sujet peut aussi se satisfaire sans s’en inquiéter (faiblesse des « basses fréquences » consonantes) de maintenir dans son rapport au monde une trouble zone de pénombre qu’il ne veut à aucun prix résoudre : après tout, pourquoi ne pas financer quelques quartiers interlopes qui distraient sans changer dangereusement la routine ? Il peut encore être attiré par des êtres, des choses ou des situations aux antipodes de son propre fonctionnement, pourvu que ces attirances restent purement extérieures et qu’elles ne le perturbent pas dans les problèmes sous-jacents qui l’habitent, qu’il ressent mais dont il ne veut pas entendre parler : il est plus facile de fréquenter de lointaines et exotiques différences que de faire face à de plus proches misères. Enfin, le sujet peut s’atteler avec d’autant plus de facilité à la résolution des problèmes posés par les « moyennes fréquences » dissonantes qu’il ne craint pas, peut-être à tort, de plonger dans les méandres d’une ombre dont les profondeurs ne lui paraissent pas assez abyssales pour l’inquiéter. Dans ce cas, au plan de la relation, il peut lui être utile d’être en contact avec des êtres ou objets dont le fonctionnement relève de ses planètes en « basse fréquence » : sous le regard croisé et critique de ses forces et de ses faiblesses, les problèmes issus des « moyennes fréquences » apparaîtront alors assez objectivement, et pourront d’autant plus facilement être traités.

g) : hautes et basses fréquences dissonantes, moyennes fréquences consonantes : variante du cas d). Comme en d), si les dissonances dominantes ne sont pas résolues, il peut y avoir la tentation — à tort ou à raison — de se « reposer » en actualisant davantage les « moyennes fréquences » consonantes. Les dissonances des basses fréquences prendront le sujet encore plus au dépourvu lorsqu’elles se manifesteront éventuellement. Ou encore, le sujet, absorbé par la résolution de ses problèmes relevant des « hautes fréquences », ne sait, ne veut ou ne peut pas s’abandonner aux facilités des « moyennes fréquences » ; autant dire que les « basses fréquences » dissonantes sont alors à des années-lumière de ses préoccupations, et d’autant plus « aveugles-aveuglantes ». S’il est en voie de résoudre les conflits inhérents à ses « dominantes », il peut comme en d) s’offrir quelques « repos du guerrier » en vivant davantage ses configurations consonantes des moyennes fréquences, mais son héroïsme pourrait lui faire faux bond aux abords des dissonances des « basses fréquences » : il croyait, au terme de ses épreuves premières, que la suite de ce voyage à l’intérieur de son fonctionnement n’était qu’une promenade de santé… et voilà que les difficultés recommencent ! De quoi tourner casaque et s’en tenir prudemment à un équilibre laborieusement conquis, et tant pis s’il n’est pas ainsi à l’abri des erreurs et errances des « basses fréquences » mal intégrées. En dépit de sa solide charpente et de son caractère trempé, il s’expose toujours à de sérieux déboires lors de ses rencontres avec les représentants et incarnations de ses planètes faibles, ce qui ne manquera pas de le surprendre, lui qui croyait, d’une façon ou d’une autre, avoir tout compris ou presque. Dans le meilleur cas, il comprendra alors mieux que d’autres qu’il existe des zones de sa psyché qui lui demeurent pour longtemps ou pour toujours rebelles et inconnues, et n’hésitera pas à bien s’entourer pour pallier à ces carences, en toute objectivité et lucidité.

h) : hautes, moyennes et basses fréquences dissonantes : comme en a), à part que c’est exactement l’inverse…

- CAS N° 2 : le thème se subdivise en deux grandes configurations ou systèmes d’aspects, ces deux pôles n’étant pas reliés par aspects. À l’extrême limite, il n’y a pas de véritables « moyennes fréquences » dans cette organisation bipolaire. Les dominantes, allergiques à tout dialogue, imposent ou essaient d’imposer leur hégémonie aux « faibles ». Forces et faiblesses sont tranchées.

B. Frontières floues

- Cas n° 1 : le thème se subdivise en trois configurations toutes reliées entre elles par aspects. Il y a alors de fortes interférences entre hautes, moyennes et basses fréquences, et les planètes en « moyenne fréquence » jouent à fond un rôle de régulation et de distribution que l’on ne saurait négliger dans l’interprétation. L’influence des planètes faibles se fait davantage sentir, sans trop de « maléfices » si les aspects inter-configurations sont consonants : on peut se demander si l’on est fondé d’évoquer une fonction « aveugle » dans ce cas.

- Cas n° 2 : les configurations en haute et moyenne fréquence sont reliées par aspects, la configuration en basse fréquence est isolée. Les planètes en moyenne fréquence jouent à fond le jeu (consonant ou dissonant) des « dominantes », marginalisant à l’extrême les « faibles ». Ces dernières peuvent peuvent éventuellement s’organiser en contre-pouvoir à l’efficacité aléatoire et problématique ou encore ne fonctionnent que rarement ou jamais, victimes de l’oligarchie des hautes et moyennes fréquences. Ici, la ou les fonctions « aveugles » peuvent s’en donner à cœur-joie.

- Cas n° 3 : la configuration en haute fréquence est isolée et les configurations en moyenne et basse fréquence sont reliées par aspects. L’efficacité du « contre-pouvoir » des non-dominantes augmente. Les faibles ont leur mot à dire et disposent pour ce faire de relais significatifs. Il peut éventuellement en résulter une dualité ou une schizophrénie des comportements, mais aussi, en cas de graves dissonances mal vécues et non résolues, de puissantes inhibitions et refoulements pouvant induire des frustrations : le pôle dominant, n’entendant pas se faire « voler la vedette » par les faibles coalisés, peut être tenté de se défendre en refoulant les tendances qu’ils véhiculent.

Cas n° 4 : le thème se subdivise en deux grandes configurations ou systèmes d’aspects, ces deux pôles étant reliés par aspects. Ces aspects, consonants ou dissonants, même isolés les uns des autres (n’appartenant pas à une configuration spécifique), relèvent des moyennes fréquences et jouent un rôle actif de liaison. D’une manière ou d’une autre, les dominantes se voient contraintes de tenir compte des non-dominantes.

Bien entendu, il existe tous les autres cas. On peut évoquer le rôle d’une planète dominante, sans aspects et/ou non-reliée à une configuration elle-même dominante, celle d’une non-valorisée, sans aspects, non reliée à une ou des configurations non-dominantes (cas typique de fonction « aveugle »), etc. L’ensemble de ces cas participe néanmoins, même au titre de cas particulier, du même spectre de fréquences.

2. Intensités

Intensité : « degré d’activité, de force ou de puissance ». Le concept de fréquence permet d’évaluer le taux de récurrence d’une ou plusieurs fonctions planétaires. Pour mieux évaluer la force relative d’une planète au niveau de fréquence qui est le sien, il semble nécessaire de qualifier également son niveau d’intensité.

La théorie des aspects nous permet de comprendre et concrétiser cette notion d’Iintensité. On sait que les aspects consonants (sextile, trigone, conjonction consonante) impliquent des relations égalitaires, détendues, harmonieuses entre les planètes qu’ils relient. À l’inverse, les aspects dissonants (carré, opposition, conjonction dissonante), facteurs de tensions, impliquent souvent la prise de pouvoir, le contrôle ou l’inhibition d’une fonction planétaire par une autre. Dans les cas extrêmes, une fonction peut en inhiber ou en refouler totalement une autre, laquelle ne se manifestera alors jamais dans le comportement du sujet… sinon par son absence.

Nombre d’astrologues en herbe peuvent être surpris de constater les non-effets d’une planète relevant des « hautes fréquences », donc théoriquement « dominante ». Par exemple, tel thème se caractérisant par l’angularité de Mercure en deuxième position hiérarchique, on est apparemment fondé de penser que le sujet devrait plus fréquemment que d’autres avoir des comportements « mercuriens ». La pratique et l’observation, pourtant, contredisent cette assertion : le sujet n’est ni joueur, ni curieux, ni communicatif, ne souffre ni d’inconstance ni de dispersion, etc. Il est par contre rigoureux, concentré, psycho-rigide. Justement, Uranus, dominant et n° 1, est au carré de Mercure, dont il bloque systématiquement le fonctionnement. Dans le spectre des hautes fréquences dont participent ces deux fonctions, on peut dire que la fonction uranienne est vécue avec plus d’intensité (degré d’activité, de force et de puissance) que la fonction mercurienne, ce qui n’empêche pas les problèmes induits par le blocage de Mercure de se poser à haute fréquence : incommunicabilité, manque de détente chroniques par exemple.

Ainsi les aspects dissonants jouent-ils un rôle efficace de sélecteur d’intensité à l’intérieur de chaque niveau de fréquence. D’autres sélecteurs intra-astrologiques (relevant du thème du sujet) existent : par exemple, lorsque trois planètes appartenant à la même famille R.E.T. sont en dissonance avec une quatrième, on peut imaginer qu’elles auront tendance à faire bloc contre l’intruse. Un niveau ‘e’ dominant au grand complet (Vénus, Mars, Neptune) opposé à Saturne (finalité ‘t’), tendra naturellement à essayer d’inhiber les signaux saturniens, à en faire baisser l’intensité. Autre sélecteur possible : la tradition astrologique comme les études statistiques ont mis en valeur les angularités, en stipulant que les planètes à l’AS et au MC étaient plus « fortes » que celles au DS ou au FC. On en déduit alors que dans le spectre des « hautes fréquences » (ici, les planètes angulaires), les fonctions planétaires à leur lever ou à leur culmination supérieure seront probablement vécues avec plus d’intensité que celles qui se couchent ou passent au méridien inférieur.

Le thème vécu propose et impose aussi ses sélecteurs d’intensité. Lors de tel transit, dissonant de préférence, en fonction de tel environnement, de telles conditions extérieures spécifiques, le sujet peut décider et/ou se voir contraint de privilégier, à l’intérieur du même spectre de fréquence, un pôle de son thème par rapport à un autre, de modifier radicalement ses habitudes de fonctionnement, donc de modifier ses échelles d’intensité. L’éducation, la socioculture, les relations avec les intimes sont aussi d’efficaces sélecteurs d’intensité. Tel sujet est né sous une dissonance Lune-Saturne. Sa mère, fortement « lunaire » mais pas du tout « saturnienne », l’aura automatiquement, volontairement ou involontairement, incité à développer sa fonction lunaire au détriment de sa fonction saturnienne. Il sera alors plus intensément « lunaire » que « saturnien », mais il peut aussi réagir en sur-développant sa fonction saturnienne. Peu importe, puisque dans les deux cas, le milieu externe aura bel et bien agi en tant que sélecteur d’intensité.

L’échelle des fréquences parait peu susceptible de modifications importantes dans le vécu et la chronologie : un Neptune en dernière position hiérarchique n’induira jamais des comportements neptuniens à haute fréquence. De ce côté là, on ne se refait pas. Par contre, l’échelle des intensités, affectée de nombreux sélecteurs internes (aspects, angularités, familles R.E.T. entre autres) et externes (hérédité, éducation, environnement naturel et socioculturel, milieu, époque), dispose d’une forte mobilité potentielle et d’une pluralité de solutions possibles. Elle peut varier brusquement dans l’instant et dans la durée, induisant ainsi de multiples fonctionnements psychologiques, parfois totalement contradictoires, à partir d’un même thème. C’est le domaine des « variations avec thème » (Kundera). Tel sujet né sous une dissonance Mars-Jupiter dominante sera intensément « marsien » en inhibant Jupiter à un moment donné, puis intensément « jupitérien » en inhibant Mars l’instant suivant. Le même scénario convient aussi aux longues durées : par exemple, à trente ans de vécu intensément « marsien-anti-jupitérien » succéderont trente ans de vécu « jupitérien-anti-marsien » avec la même intensité. Les sélecteurs d’intensité nous font « changer de personnalité » et pourtant, au fond, le « fonds de commerce » reste le même, structuré à la naissance par l’échelle des fréquences, chaque niveau de fréquence étant susceptible d’être réorganisé périodiquement par les variations éventuelles de l’échelle des intensités.

La figure ci-contre permet de visualiser schématiquement les structures et interférences des échelles de fréquences et d’intensités. Les trois rangées HF, MF et BF correspondent aux trois niveaux de fréquences haut (HF), moyen (MF) et bas (BF). La 1re colonne de gauche correspond à l’organisation des fréquences au niveau « Sujet ». Les « hautes fréquences » sont en relation avec le ‘R’ (« Représentation ») du Sujet : les planètes dominantes induisent les comportements les plus représentatifs du fonctionnement du sujet, ceux par lesquels il est le plus aisément identifiable. Aux « moyennes fréquences » est dévolu le ‘E’ (« Existence ») du Sujet : ce qu’il est sans excès. Enfin les « basses fréquences » relèvent du ‘T’ (« Transcendance ») du Sujet : ce qu’il n’est pas ou ignore être, ses zones d’ombre. L’« Objet » (dernière colonne à droite) peut aussi être analysé en termes de niveaux de fréquence « hf », ‘mf’ et « bf ».

Exemple : tel sujet est né avec Mercure, Pluton et Neptune dominants, donc un « T-non-r » en case HF du Sujet. Son milieu social et son éducation, son conjoint ou son métier (Objet) paraissent à l’analyse relever nettement d’une dominante Jupiter-Uranus, soit un niveau ‘r’ en case hf de l’Objet. Résultante au niveau « Relation » (colonne centrale) : comment le Sujet « non-r » va-t-il se structurer par rapport à l’Objet ‘r’ ? Il est indispensable de consulter à quels niveaux de fréquence appartiennent ses planètes ‘r’ pour évaluer sa relation possible ou probable avec son milieu. L’Objet peut bien entendu être un partenaire affectif ou professionnel, un lieu, un métier, une philosophie, une situation quelconque, voire même un… objet.

La colonne centrale, celle de la « Relation », est aussi celle de l’échelle des intensités. On notera que les domaines du Sujet et de l’Objet s’étendent jusqu’au milieu de cette colonne centrale, où ils se rencontrent. Concrètement, cela signifie que l’échelle des intensités a ses sélecteurs internes, propres au Sujet et à son thème, et ses sélecteurs externes propres à l’Objet. Dans la relation, tous les sélecteurs interagissent : c’est par excellence le domaine de la complexité. À chaque niveau de fréquence a été attribué trois niveaux d’intensité HI, MI et BI correspondant aux hautes, moyennes et basses intensités.

Au niveau HF (hautes fréquences), si les fonctions dominantes sont consonantes, on peut supputer qu’elles seront toutes vécues avec la même intensité. Les « hautes intensités » (HI) pourraient alors par exemple correspondre à ceux dont on dit qu’ils ont « du caractère », ce que l’on peut traduire par le fait qu’ils vivent de manière particulièrement intense leurs spécialisations fonctionnelles. En « moyenne intensité » (MI), on vivrait selon ses dominantes sans les afficher haut et fort ni en faire tout un plat. En « basse intensité » (BI), les dominantes seraient vécues « petitement » par un sujet insensible à la spécificité de ses charpentes ou rétif à déployer le drapeau de son individualité. Si les dominantes sont dissonantes, on peut les distribuer sur l’échelle des intensités, en tenant compte du thème en soi et du thème vécu, chaque période pouvant se caractériser par une hiérarchie originale des intensités. Prenons l’exemple d’une opposition entre un Soleil levant et un Mars couchant. En théorie, le Soleil serait plus fort que Mars. L’observation montrant en outre que c’est bien le cas, le Soleil se trouvera classé en haute ou moyenne intensité, Mars en moyenne ou basse intensité selon la puissance avec laquelle il est contrôlé, refoulé ou inhibé par le Soleil. Si le thème vécu en fonction des multiples sélecteurs d’intensité démontre le contraire, ce sera l’inverse.

La fonction « aveugle »

Penchons-nous à présent sur le niveau BF des basses fréquences. En intégrant le facteur « intensité », nous allons porter un nouveau regard sur la fonction dite « aveugle », dont la formule générique serait en principe un « BF-bi » superlatif : hyper-basse fréquence, super-basse intensité, c’est la fonction discrète par excellence, inefficace par manque d’automatismes de répétition et dangereuse à manier pour ces raisons : l’actualiser, c’est plonger dans l’inconnu et ses « maléfices » et aveuglements, c’est vivre le côté « non-intégré-désintégrateur » de cette fonction. Pourtant, rien n’interdit en théorie que cette fonction puisse être en son temps intégrée. Imaginons le cas d’une planète n° 10 bien intégrée par le sujet… Elle pourrait fonctionner en « basse fréquence, haute intensité » : dans des laps de temps circonstanciés et bien définis, le sujet actualiserait sa dernière planète de manière intense, performante et tout-à-fait adaptée, sans aucun « aveuglement ». Ainsi, avec un Mars en 10e position, pourrais-je être intensément et efficacement « marsien » dans quelques rares cas ou l’adaptation l’exige… pour revenir ensuite aux géodésiques habituelles et bien rôdées de mes fonctions dominantes. Moins bien ou pas intégrée, la n° 10 en « BF-bi » pourrait devenir le lieu idéal de tous les lapsus, ces brutales et intenses irruptions de l’inconscient dans la continuité des actes, discours et pensées dominants. Inversement, une n° 10 en « BF-bi » peut ne jamais poser de problème, pourvu qu’elle ne soit jamais « excitée » par l’Objet. Elle raserait les murs de la psyché en se faisant oublier. Par contre, si elle est « excitée » par l’Objet, elle remplira alors pleinement sa fonction « aveugle-aveuglante ». Ainsi la fonction « aveugle » n’est-elle qu’un cas particulier, une des manifestations possibles des « basses fréquences, basses intensités ».

Article paru dans le n° 18 des Cahiers conditionalistes (2e semestre 1991).

Cet article vous a été proposé par : Richard Pellard

Voir aussi :

- Protocole de hiérarchisation
- Historique de l’évaluation des puissances planétaires
- Astrologie, adaptation & inadaptation
- La fonction aveugle et le S.O.R.I.
- Le Héros et son ombre
- Thème de domitude et hiérarchisation planétaire
- Interpréter globalement


Les Significations planétaires

par Richard Pellard. 620 pages. Format PDF. Illustrations en couleur.

La décision de ne traiter dans ce livre que des significations planétaires ne repose pas sur une sous-estimation du rôle des Signes du zodiaque et des Maisons. Le traditionnel trio Planètes-Zodiaque-Maisons est en effet l’expression d’une structure qui classe ces trois plans selon leur ordre de préséance et dans ce triptyque hiérarchisé, les Planètes occupent le premier rang. La première partie de ce livre rassemble donc, sous une forme abondamment illustrée de schémas pédagogiques et tableaux explicatifs, une édition originale revue, augmentée et actualisée des textes consacrés aux significations planétaires telles qu’elles ont été définies par l’astrologie conditionaliste et une présentation détaillée des méthodes de hiérarchisation planétaire et d’interprétation accompagnées de nombreux exemples concrets illustrés par des Thèmes de célébrités. La deuxième partie est consacrée, d’une part à une présentation critique des fondements traditionnels des significations planétaires, d’autre part à une présentation des rapports entre signaux et symboles, astrologie et psychologie. Enfin, la troisième partie présente brièvement les racines astrométriques des significations planétaires… et propose une voie de sortie de l’astrologie pour accéder à une plus vaste dimension noologique et spirituelle qui la prolonge et la contient. Vous pouvez dès maintenant le commander à la boutique.

L’astrologie, la nanification de Pluton & les astres transplutoniens

par Richard Pellard. 117 pages. Format PDF. Illustrations en couleur.

Pluton ne fait plus partie des planètes majeures de notre système solaire : telle est la décision prise par une infime minorité d’astronomes lors de l’Assemblée Générale de l’Union Astronomique Internationale qui s’est tenue à Prague en août 2006. Elle est reléguée au rang de « planète naine », au même titre que les nombreux astres découverts au-delà de son orbite. Ce livre récapitule et analyse en détail le pourquoi et le comment de cette incroyable et irrationnelle décision contestée par de très nombreux astronomes de premier plan. Quelles sont les effets de cette « nanification » de Pluton sur son statut astrologique ? Faut-il remettre en question son influence et ses significations astro-psychologiques qui semblaient avérées depuis sa découverte en 1930 ? Les « plutoniens » ont-ils cessé d’exister depuis cette décision charlatanesque ? Ce livre pose également le problème des astres transplutoniens nouvellement découverts. Quel statut astrologique et quelles influences et significations précises leur accorder ? Enfin, cet ouvrage propose une vision unitaire du système solaire qui démontre, chiffes et arguments rationnels à l’appui, que Pluton en est toujours un élément essentiel, ce qui est loin d’être le cas pour les autres astres au-delà de son orbite. Après avoir lu ce livre, vous saurez quoi répondre à ceux qui pensent avoir trouvé, avec l’exclusion de Pluton du cortège planétaire traditionnel, un nouvel argument contre l’astrologie ! Vous pouvez dès maintenant le commander à la boutique.





Pour que ce site continue à exister sans publicité :


Tous droits réservés. © 2003-2017 Richard Pellard reproduction interdite.
Webmestre : Julien Rouger
Site réalisé avec SPIP | Espace privé