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Fondements et méthodologie de l’interprétation de Mars en conditionalisme

Est-ce reproche, critique, ou éloge ? En majorité, les conditionalistes sont qualifiés de théoriciens… ce qui paraît les disqualifier en tant que praticiens ou statisticiens… : parce que le milieu astrologique n’est pas spécialement tourné vers les théories, mais plutôt vers l’analogisme, les statistiques (sur lesquelles je reviendrai), et l’empirisme… qui n’est qu’une théorie de la non-théorie. Bref, moins on fait de théorie mieux on se porte.

Qu’est-ce qu’une théorie ?

Mais on confond souvent, et quelque part cela arrange, théorie et spéculation. Une spéculation n’appelle pas d’expériences, de compréhension nouvelle des phénomènes observés. Tandis qu’une théorie se construit à partir des faits observés et en prédit de nouveaux si elle est bonne. Si les prédictions se révèlent fausses ou imparfaites, la théorie évolue, ou bien, on l’abandonne. Une théorie qui ne prédit pas, n’évolue pas (en intégrant de nouveaux faits par de nouveaux concepts ou l’extension des concepts initiaux), est une mauvaise théorie. Il faut donc en juger par ses résultats pratiques.

La doctrine des quatre Éléments a-t-elle évolué depuis Ptolémée et intègre-t-elle le savoir moderne ? Existe-t-il une théorie générale de l’astrologie en dehors de l’affirmation du « Tout se tient », y compris « par la barbichette » ? Quelles théories tentent d’expliquer les faits d’observation sur Mars ?… des faits très variés, dont pas mal de contradictoires ? Pour ma part, en matière de théorie explicative, je connais surtout les références à la mythologie, au fait que la planète Mars, a une couleur rougeâtre ou rouge-astre, et aussi, référence à l’idéogramme de la planète : un rond avec une flèche qui symbolisera l’érection, le guerrier et… par association d’idées : le courage ou l’agressivité, la lutte, etc.

À propos de l’érection, et en ouvrant une parenthèse sur les défaillances de l’analogisme, on sait grâce à Marcel Jouvet et son livre « Le Sommeil et le rêve » (Éd. Odile Jacob, 1992) que les rêves, érotiques ou pas, s’accompagnent d’érection… ce qui est paradoxal et lourd de conséquences, car nous ne pourrons plus dire, vous êtes sexuellement agressif… mais : vous êtes un grand rêveur. La symbolique classique s’y retrouve-t-elle ? Les conditionalistes, eux, retrouvent en partie, le trio Neptune, Mars, Vénus qui compose la famille « existence intensive » en réunissant leurs significations.

En dehors des références analogistes évoquées ci-dessus, je ne crois pas que les significations de Mars figurent dans une grande théorie de l’homme, du ciel, de leurs relations, et ces significations ne me semblent pas, non plus, avoir tellement évolué — ne serait-ce qu’en compréhension.

Le conditionalisme est une théorie et non pas une spéculation parce que ce terme a été adopté pour désigner des faits. Ils disent que deux Martiens, si Martiens soient-ils, et plus rouges que verts, ne se ressemblent pas… à cause du contexte de leur horoscope… à cause, aussi, d’un pays, d’une époque, d’un milieu différents… de tout ce que nous appelons le « bagage terrestre » qui offre un terrain de résonance plus ou moins favorable à l’horoscope représentatif du bagage céleste.

Le terme de « conditionalisme » veut donc dire qu’il n’y a pas de déterminisme absolu mais un face à face : homme-ciel… Outre le bagage terrestre, en raison même du principe spirituel qui l’habite, chacun habite son ciel différemment… le ciel est sa condition, sa matière, comme son corps physique peut l’être. Et tout comme ce corps peut être ni léger, ni facile à porter, un ciel peut être aliénant. On parle alors de destinée, de volonté imposée par les dieux. Dans tous les cas, conditionnement au sens de conditionnel ou au sens de fatalité, il y a différence entre le Ciel et l’Homme, il faut alors trouver la clef de leurs relations variables en qualité et intensité dans un éventail qui va de la libération à l’aliénation.

Et les statistiques, alors ?

Oui, mais… me direz-vous, il n’y a pas que la diversité, il y a des dominantes, des constantes que la statistique mesure. Notre époque, en effet, se pare de méthodes statistiques pointues et pointilleuses. Beaucoup d’astrologues suivent cette mode, souvent avec moins d’ornements mathématiques… presque tous s’y montrent sensibles et n’ont, semble-t-il, aucune autre méthode à proposer.

Pour remettre les choses à leur place sans nier celle qui revient à la statistique, je rappelle que Démocrite a conçu l’atomisme sans statistiques, ni observations. L’atomisme moderne n’a plus rien à voir avec celui de Démocrite… mais c’est quand même en ouvrant un tiroir qu’Henri Becquerel à découvert les rayons gamma (ce n’est qu’une image, en fait, il s’agissait d’une plaque photographique irradiée). Copernic n’a pas fait de statistiques pour « découvrir » l’héliocentrisme. La loi sur la chute des corps de Galilée ne demande pas de statistiques, quelques expériences bien faites suffisent (on n’est pas sûr que Galilée les aie faites avec la rigueur que souhaiteraient les expérimentateurs de notre temps). Newton n’a pas fait de statistiques sur la chute des pommes pour penser à une loi universelle en rapprochant (selon la légende ou la réalité) la chute d’une d’elle à la Lune décrivant son orbite en tombant comme une pomme vers la Terre seconde après seconde. Kepler n’a étudié qu’une seule orbite — celle de Mars — pour découvrir ses lois. On soupçonne Einstein de ne pas avoir attendu les résultats de l’expérience de Michelson sur la vitesse de la lumière pour en prédire la limite et concevoir la relativité.

Note de Richard Pellard : les deux figures ci-dessus représentent les présences de Mars en Maisons chez les champions sportifs au « moral d’acier » et au « moral fragile ». Celle de gauche est le résultat des études statistiques menées par Gauquelin et ne concerne que les champions nés avant 1960, à une époque où les heures de naissance officielles étaient encore relativement imprécises et souvent arrondies à l’unité horaire supérieure. Celle de droite est une simulation de ce que donnerait la même étude avec des champions sportifs nés après 1960, en se basant sur les résultats obtenus en comparant le décalage des angularités planétaires générales chez les parents (nés avant 1960) et les enfants (nés après 1960). Chez les parents, les heures imprécises tendent à repousser les zones d’angularités vers les Maisons XII-IX-VI-III ; chez les enfants, les heures précises montrent que les zones d’angularité recouvrent les quatre « Angles » de la sphère locale : l’écart entre les zones d’angularités « traditionnelles » et statistiques s’amenuise à mesure que la précision horaire augmente… Ce qui signifie que si on refaisait toutes les études de Gauquelin en se basant sur des populations nées en France à partir de 1960, le modèle statistique serait beaucoup plus proche du modèle « traditionnel » que Gauquelin ne le croyait !

Examinons rapidement ce que nous apporte l’engouement des statistiques en astrologie. Avec plus de 40 000 données de naissance, Michel Gauquelin n’a obtenu de résultats significatifs que pour cinq planètes. Aucun pour les Signes, Maisons, transits, aspects. Ses résultats ont mis en valeur des maxima de fréquences « anormales » vers les cuspides des Maisons XII et IX… et, de son vivant, Michel Gauquelin, insistait beaucoup sur ces zones de valorisation sans rapport avec les Maisons et les valorisations par les Angles (Ascendant et Milieu-du-Ciel) à quelques degrés près. Dans son dernier livre, « Astrologie : la preuve par deux » (Éd. Laffont), Mme Suzel Fuzeau-Bræsch, avec moins de 500 cas, fournit la preuve, contraire à celle de Gauquelin, d’une différenciation des caractères des jumeaux par les planètes les plus proches des Angles (AS, MC, DS) et non pas par les zones XII et IX qui reposent (en paix) sur 1000 fois plus de cas !

En 1972, avec moins d’une demi-douzaine de cas publiés dans la revue « Horoscope » (voir Cahiers Conditionalistes n° 19) j’ai exposé les mêmes résultats favorables aux Angles traditionnels… Je n’ai pas innové, mais, comme l’attestent les persévérantes grilles de hiérarchisation conditionalistes, j’ai la certitude d’être resté le moins fasciné par l’engouement statistique, et ce, pour des raisons purement scientifiques, car les scientifiques sont, en effet, les plus conscients du caractère secondaire des statistiques par rapport à la recherche fondamentale et à de bonnes théories… Ce qui explique que la phrase de Jean Rostand : « Si les statistiques se mettent à prouver l’astrologie, il ne faut plus croire aux statistiques » n’est pas une boutade : elle situe, de façon désinvolte, certes, l’opinion commune du scientifique à l’égard de statistiques sans théorie explicative.

Dans le même esprit, j’ai toujours préconisé l’élaboration de méthodes de contrôle et d’investigation spécifiquement astrologiques et, si possible, mises au point par des astrologues respectueux de leur passé (la science qui renie ses origines, ne l’est pas).

Donc… des statistiques, oui… il en faut, mais ce n’est pas une méthode décisive, ni exclusive, ni astrologique. Pour l’être, il faudrait qu’elle procède d’une théorie astrologique non pas qu’elle plaide en présumée coupable devant des juges partisans dont, personnellement, je conteste la légitimité devant l’Histoire de l’astrologie, si ce n’est devant celle de toute notre culture. Ainsi, nous aurions beaucoup plus de résultats statistiques sur les effets de Mars si, au lieu de tester les dénouements, les solutions humaines d’un transit, on s’attacherait à tester les questions, la nature des problèmes qu’il pose et que chacun résout selon ses moyens. La consultation conditionaliste, tout comme l’interprétation des transits s’oriente vers la formulation des problèmes et non pas l’annonce des solutions. Voilà, dirons-nous à notre consultant, à quel type de problème vous serez confronté… Voilà les solutions possibles selon les moyens de votre ciel… mais quels sont vos autres moyens ?

Et parce que ces moyens sont très variables, alors que le ciel pose le même problème à des individualités différentes, les réponses peuvent être opposées. Je ne crois pas qu’il y ait besoin de beaucoup de statistiques pour faire cette observation : un même transit produit des effets opposés.

En présence de ces effets contradictoires, une démarche logique, générale et légitime, est de chercher un modèle et un langage qui les explique ou justifie. La physique et probablement toutes les sciences ont évolué sous la pression de telles contradictions.

Modèles S.O.R.I.-R.E.T.

Cette figure a déjà été publiée l’année dernière (« Vénus et la Vie Affective », 2e Journées de l’ARRC, 9–10 mars 1991). Je ne vois pas de raison d’en changer, puisqu’elle constitue un clavier d’interprétation valable pour toutes les planètes.

Le sigle S.O.R.I. se compose des majuscules des référentiels « Sujet, Objet, Relation, Intégration », astrologiquement en rapport avec le quaternaire des Maisons. Un même transit, que la Maison s’y prête ou non, peut être vécu :

- En Sujet-Energie : hausse, baisse ou maintien de vitalité, d’appétence, d’intérêt.
- En Objet-Espace : événement qui simplifie, complique ou conforte un état donné.
- En Relation-Temps : rencontre, liaison ou séparation, changement de statut social, etc.
- En Intégration-Structure : révélation, transfiguration, symbolisation, manifestations oniriques ou créatrices du transit.

Les fondamentalistes « Sujet » feront valoir qu’aucun de ces plans n’élimine leur poulain. Il leur suffit de ne pas penser aux fondamentalistes « Objet » qui peuvent en dire autant de leur favori. Ce qui fera sourire les « Relation » qui ne voient pas comment distinguer un Sujet sans Objet et réciproquement, tandis que pour les « Intégration » on ne peut traiter les parties et parti-pris que sous l’angle du Tout. Ainsi, dans un escalier, chaque marche ignorant son rang, revendique sa présence à tous les étages. Les référentiels, semblables aux hégémonies impérialistes, font le malheur des hommes, sans doute parce qu’ils procèdent de l’humain plus que du céleste.

Puisque le S.O.R.I. compartimente, il n’est pas échangiste. Il crée des catégories comme le font les Maisons et les Signes, et chaque compartiment s’estime universel parce qu’il porte le R.E.T. qui, lui, correspond à une structure d’échanges. Nous avons l’image d’un ciel de naissance avec des Signes et des Maisons qui ne communiqueraient pas entre eux si les planètes n’étaient pas là avec leurs réseaux d’aspects pour mettre en relation (positive ou négative) des significations à priori incompatibles entre elles. Les référentiels s’ignorent à priori. Les fonctions planétaires sont comparables à des neurones aux synapses variables, tant à l’intérieur d’un référentiel qu’entre référentiels.

Mars dans le R.E.T.

Je ne vous referai pas l’histoire du R.E.T. Il ne m’est pas tombé sur la tête, et aucun ange ne m’a visité. Il vient de la mise en ordre, d’une hiérarchisation des informations contenues dans les significations traditionnelles.

Comme le montre cette figure, autre constante des modèles conditionalistes, non seulement Mars et tout astre varie selon son référentiel d’action, mais la formule de sa fonction lui offre au moins deux registres : le blanc et le noir, la formule positive (formule du Héros) plutôt associée à l’aspect consonant, la formule négative (formule de l’Ombre), plus proche de la dissonance.

En positif Mars est « existence d’Existence » ou duo-duel qui résume le double rôle de la dualité. En négatif, il est « non-Représentation » et « non-Transcendance ».

Je ne sais pas encore si l’on peut combiner le positif et le négatif, mais j’ai suivi la logique des formules dans le « Livre des Prévisions » (éditions Sand 1992), soit pour poser le transit en termes de problème, soit pour expliquer les solutions le plus souvent observées. Exemple d’interprétation de transit par les formules :

Neptune-Mars

Harmonique : (conjonction soutenue par les aspects harmoniques d’autres planètes, trigone, sextile). Dans ses effets harmoniques, Neptune (‘eT’) peut corriger la carence en transcendance de la fonction marsienne ‘eE’, ce qui implique déjà des entreprises d’inspiration idéaliste, humanitaire, collectiviste. Il ne s’agit pas seulement de produire ou d’avoir le dessus de rivaux et adversaires. Les motivations extra-personnelles deviennent aussi importantes que la recherche des résultats. On se dépense, on investit ses capacités réalisatrices dans des défis qui, pour être tenus, demandent de se placer sous la bannière de certitudes morales ou idéologiques. Les moins sensibles aux croyances mobilisatrices se contenteront de leur intuition, d’un projet suffisamment excitant par son envergure pour mériter de s’y jeter à corps perdu. En fait, ce transit donne l’occasion ou le besoin de se consacrer à des activités passionnément attachantes pour ses risques et surtout pour ce qu’elles éveillent en soi, d’imagination, d’espérance, de foi. Mars et Neptune se rejoignent sur le terrain des ardeurs affectives du « petit e » (existence intensive). L’aptitude à servir une cause exigeant du dynamisme et des qualités combatives peut s’exprimer par une plus grande fougue contre tous obstacles à ses projets de cœur.

Non-harmonique : (conjonction sous les dissonances d’autres planètes, opposition, carré). Dissonant, Neptune (« non-R » en négatif) renforce le « non-R » (non-représentation) de Mars et crée du tumulte dans le « petit e » de leur famille commune. Aux effets « non-R », on attribue les révoltes, les impatiences, les entreprises mises en situation de détresse par des erreurs fondamentales en matière d’organisation ou par un attachement déraisonnable à des méthodes inadaptées. On réagit trop tard aux signes d’une tempête qui menace de secouer sérieusement navire et équipage. La période est aux bavures… dont on n’est pas forcément le premier ou le seul responsable. Sous la fourche de Neptune, il arrive souvent que l’on ait à pâtir des carences d’un groupe dont on n’a pas su ou pu se désolidariser. En dehors des récoltes mises à mal par les imprévoyances du passé, attention, dans ces années, à tout ce que l’on sème comme futures sources de déceptions dans ses finances, et ses relations de « confiance ». On risque ici de se laisser enrôler dans des affaires douteuses… très « non-R » du point de vue des autorités sociales représentatives. Les passions personnelles, pimentées de jalousies, de rivalités indésirables, prennent un tour agité. Ou bien les emballements, les ardeurs que l’on voudrait partagées, se heurtent à une froideur provocante. Toutes les provocations, celle-ci ou une autre, sont d’ailleurs dangereuses pour les impulsifs qui subissent ce climat.

Un conditionaliste qui possède bien son clavier S.O.R.I. et les formules R.E.T. peut décoder chaque phrase, situer son référentiel, son accord ou désaccord avec le négatif ou le positif de la formule planétaire. Il peut juger s’il y a trop ou pas assez de tel ou tel référentiel, tel ou tel contraste, et finalement réécrire ce texte à sa manière avec des dosages différents. Ce qui explique qu’un conditionaliste en sait toujours plus que ses collègues et que moi-même.

Dès lors qu’il ne s’agit pas de saboter la théorie et casser l’instrument mais de s’en servir au mieux, loin de m’indigner, je vois dans cette attitude une preuve de l’objectivité des formules.

Mars, centre des centres

Le modèle du R.E.T. a rendu son premier office de représentation théorique de faits connus, mais, il a également fait apparaître des représentations inconnues,les couples planétaires : Soleil-Pluton, Vénus-Neptune, Mercure-Uranus, Jupiter-Saturne… qui, en dehors de Jupiter-Saturne, ne sont ni admis, ni admissibles en astropsychologie malgré la richesse de ces duos dont chacun est d’une dialectique différente.

Enfin, inattendu de taille, Mars est au centre de tous les couples et en tant que tel, il appelle la globalité lunaire comme partenaire. Ce qui n’est pas, non plus très orthodoxe. Comme le montrent les figures ci-dessus, Mars est au centre des centres, car si le Soleil marque le cœur du système solaire, en portant sa limite jusqu’à l’orbite de Pluton, le couple Soleil-Pluton devient un centre par rapport aux étoiles lointaines, tandis que Mars demeure, entre les deux, un centre invariant.

Cette figure invite également à réfléchir au sens que peut avoir un rang, une position dans la hiérarchie des puissances planétaires à la naissance. Toujours par réflexion, on peut revenir à la Tradition et observer que dans la pensée traditionnelle, un aspect faible (mineur) n’est pas un aspect diminué, un aspect fort en décroissance… sa faiblesse lui donne son propre sens. Voilà un mode de pensée qualitative, donc ordinale. Les conditionalistes qui ont compris l’originalité de cette logique, outre tout le parti à en tirer dans l’interprétation analytique, ont entrepris la recherche d’une hiérarchisation ordinale des puissances planétaires à la naissance.

Cela veut dire encore que lorsqu’on s’intéresse à Mars, il faut s’intéresser tout autant à la planète en position n° 5 dans la hiérarchie natale. Enfin, dans les transits, les positions hiérarchiques différentes des autres planètes doivent avoir un sens, et contribuer à la variabilité des effets. La définition de Mars par le R.E.T. paraît donc bien différente du stade sado-anal, ou en psychologie courante, de l’agressivité… qui demande à être repensée. Quelqu’un de bien « centré » n’est pas forcément agressif, et peut-être peut-il se passer d’être actif au sens occidental.

Je vous renvoie aux journées « Astrologie et Spiritualité » pour l’ésotérisme du centre dans la pensée chinoise, dans les religions et la symbolique. Pour l’instant, voici selon un extrait d’ouvrage (communiqué par Xavier et Régine Ego), la philosophie et l’utilisation technique du centre de gravité identifié à la force abdominale (hara) dans les Arts Martiaux.

« Le centre de gravité :

L’équilibre du corps humain dépend de la position de son centre de gravité ou plutôt de la disposition des segments (bras, jambes) par rapport à ce centre de gravité ; il y a équilibre lorsque la verticale passant par ce point tombe à l’intérieur du polygone de sustentation, c’est-à-dire de la surface constituée par le ou les points d’appui (pieds) au sol ; il y a rupture de l’équilibre lorsque la projection verticale de ce point tombe à l’extérieur de ce polygone. Le maintien de l’équilibre est primordial…

- Aucun mouvement puissant, ni d’attaque, ni de défense, n’est possible sans équilibre…
- Aucune technique ne doit sacrifier l’équilibre car le mouvement suivant ne pourrait plus s’enchaîner directement ; il y aurait un temps mort obligatoire pour retrouver une position stable ; il faut y penser, notamment dans les attaques.
- La stabilité est essentielle pour préparer une technique correcte (vitesse d’impulsion), pour diriger le coup sur sa trajectoire et pour le contrôler à l’impact.

- L’adversaire a plus de possibilités de ripostes (notamment par balayages et projections) si une attaque se fait en déséquilibre…

Il faut pourtant constamment déplacer ce centre de gravité, c’est-à-dire varier la position du corps, pour ne pas devenir vulnérable, l’adversaire ayant tout le temps d’étudier une position trop longtemps statique et de trouver le moyen de l’attaquer ».

Ces conseils de battant lient donc la force de tous les membres (vitesse d’attaque, force d’impact) et de tout le corps à « l’équilibre dynamique du centre de gravité » situé dans le ventre (hara) et désigné par « tanden », en japonais. L’image de ce centre ventral, évoque celle de Mars dans le diagramme R.E.T. au carrefour de tous les couples planétaires.

« Le tanden : Depuis des temps très anciens on considère en Extrême-Orient que le centre de toute puissance est un point situé à environ deux centimètres sous l’ombilic, et que l’on appelle le tanden, seika-tanden, ou seika-no-itten ; les Maîtres d’Arts Martiaux y voient la source de l’énergie humaine, le centre vital de l’homme, et recommandent de concentrer l’esprit sur ce point ; d’ailleurs toute la méditation du Zen ou du Yoga est basée sur ce point. Où se situe-t-il exactement ? Il est évidemment immatériel ; il se localise à l’intersection des trois plans de base du corps : le plan sagittal médian, le plan horizontal divisant le corps en deux au niveau de l’abdomen, le plan latéro-latéral divisant le corps en moitié antérieure et en moitié postérieure. C’est la position même de ce que les Occidentaux appellent centre de gravité et les deux points peuvent être confondus. Les Orientaux insistent sur la prise de conscience de ce point qui, bien contrôlé au cours de toute action, donne à l’homme une plus grande « densité ». La encore nous touchons le domaine philosophique ; dans celui de l’action pure […] le tanden, occupant une position centrale, est le point de départ de toute impulsion, le reste du corps jouant le rôle de segments qui peuvent rapidement être mobilisés autour de lui, et ce, dans n’importe quelle direction. L’homme devient alors également rapide dans toutes les directions ; la technique n’est plus superficielle mais, comme le kensei, jaillit véritablement du fond de l’être ».

Sans connaître ce texte, dans les tests de contrôle des hiérarchisations ordinales, les conditionalistes accordent à la planète au 5e rang, celui de Mars dans le R.E.T., une valeur cruciale, plus significative des ressources virtuelles rapidement mobilisables que les premières dominantes. Cette interprétation de la planète « tanden » s’accompagne évidemment d’une… théorie !

Astrométrie

Ce centre de gravité découvert par la structure du R.E.T. et par les japonais a de moins en moins à voir avec le stade sado-anal… et les idées les plus courantes qui circulent sur Mars, la plus caricaturée des planètes astrologiques. Mais, me direz-vous, vous affirmez justement des vérités contraires aux interprétations courantes parce que vous êtes un théoricien… et vous ne fournissez aucune preuve.

Justement, pourrais-je répondre, la théorie est une bonne théorie parce qu’elle nous dégage des idées reçues dont pas mal de fantasmes, et parce qu’elle nous conduit à des faits, de nouvelles observations… y compris astrométriques. Notamment, celle de la figure ci-contre. Les calculs qui conduisent aux valeurs Y, X de cette figure sont donnés, pas à pas, dans « Éléments de cosmogonie astrologique » (Éd. Comac, 1992). Leur point de départ est le rapport L/g de chaque astre, L demi-grand axe, g (ou rayon de l’astre par sa densité moyenne) l’intensité de la gravité à la surface. Par une formule simple explicitée dans cette publication anti-académique et anti-magnétique, la figure obtenue — un segment d’arc d’hyperbole — répond positivement à l’attente du théoricien.

La théorie prévoyait une division binaire. Elle existe de part et d’autre de Mars (demi-axe de l’hyperbole en question) avec les mêmes couples (mais, ici, ils sont chiffrés, mesurables par le rapport L/g) que le modèle R.E.T. : Soleil-Pluton, Vénus-Neptune, Mercure-Uranus, Jupiter-Saturne. Outre les couples, la position centrale de Mars, la division binaire, la théorie prévoyait une division ternaire sans préjuger de sa représentation mathématique ou physique possible. Le ternaire est présent par l’étendue angulaire sensiblement égale à 40° chaque des trois régions ombrées correspondant aux trois groupes :

- R (79,8° à 40,3°) : Soleil, Vénus, Mercure,
- E (20,4° à −20,4°) : Jupiter, Mars, Saturne,
- T (−40,3° à −79,8°) : Uranus, Neptune, Pluton.

Bien entendu, il s’agit de résultats par les moyennes. Le flou des données sur ‘g’ (pris en valeur moyenne) entraîne une variation de 3 %, mais ce pourcentage est largement suffisant pour valider la cohérence du R.E.T. et témoigner des fondements naturels des significations planétaires.

En contrepartie, la théorie n’avait pas prévu les zones creuses de 20° chaque séparant le groupe ‘R’ du ‘E’, le groupe ‘E’ du ‘T’, ni que leur somme de 40° équivaudrait à l’étendue angulaire d’un groupe. Il y a, là, un invisible qui rappelle sa présence… et sur laquelle il faudra théoriser. La division interne du groupe ‘R’ par Vénus, du groupe ‘T’ par Neptune (sensiblement, tous deux à + et − 45°) appelle aussi des enrichissements et une complexification non prévue par le modèle de départ. La Lune homogène est bien en relation avec Mars (voir « Éléments de cosmogonie ») et avec l’hétérogène des astéroïdes (Cérès, Vesta) mais elle l’est autrement que par la symétrie en miroir de son angle avec Mars… Sa position (114°) est à l’opposé de celle des astéroïdes Vesta, Cérés (et, sans doute, beaucoup d’autres).

En résumé, le fragment d’hyperbole de la figure 4 est plus proche du réel, plus complexe aussi, que le schéma circulaire ou en diagramme du R.E.T. On s’en doutait un peu… Ils ne remplissent pas le même office. Et si c’était encore à prouver, leur différence prouve que le réel est une approche du complexe. Si nos représentations n’échappent pas à la complexité pour s’approcher davantage du réel, les plus simples n’en gardent pas moins leurs vertus directives irremplaçables. Ne mélangeons pas les vocations.

La dernière figure — et ce sera tout pour aujourd’hui — est une « chaînette » que les mathématiciens modernes définissent par une équation simple mais incompréhensible au profane, tandis que ceux du siècle dernier expliquaient ainsi : « Courbe qu’affecterait une chaîne pesante, à anneaux infiniment petits, ou un fil pesant, inextensible, mais parfaitement flexible, si l’un ou l’autre était suspendu à ses extrémités en deux points fixes et abandonné à l’action de la pesanteur. Cette courbe peut être assimilée à un polygone funiculaire au sommet duquel sont appliquées des forces verticales égales entre elles ». (« Dictionnaire des mathématiques appliquées », H. Sonnet, 1874).

En somme, en traitant des gravités ‘g’ de chaque planète et de leurs distances respectives au Soleil, on aboutit à une courbe homogène d’équilibre où longueurs et pesanteurs se tiennent entre les extrêmes (Soleil et Pluton) avec Mars au point le plus bas, la Lune au point le plus haut. Je ne crois pas que ceux qui cherchent une explicative de l’astrologie dans les champs magnétiques puissent obtenir des résultats aussi cohérents et parfaitement conformes à un modèle de sémantique numérique (le Logoscope) issu des significations planétaires.

Le simple fait que Vénus n’a pas de champ magnétique ne semble pas avoir donné beaucoup à réfléchir à des autorités pourtant universitaires ! Ou alors les non-universitaires n’ont pas droit à voir plus loin que d’autres ? Il peut y avoir interaction gravité-magnétisme, mais pour l’amplification des effets de gravité, plus que pour leurs causes.

Dans la chaînette ci-dessus les valeurs X de la figure 4 sont portées cette fois en Y, et les nouvelles valeurs X de la chaînette sont des logarithmes naturels, tels que si Y de Mars = 1 et X = 0, on a, pour les autres valeurs : X = Log ((Y — → (Y’’ − 1)). Si cela vous intéresse, vous apprendrez dans « Éléments de Cosmogonie » que ce sont les valeurs de X qui, en raison, de leurs relations harmoniques, justifient le chaînage des couples autour de Mars. Enfin, des angles qui délimitent les régions du R.E.T. dans la figure 4, connaissant la distance moyenne ‘L’ on déduit la valeur ‘g’ de chaque planète. Une première en astrométrie qui m’a valu d’être traité d’esprit « moyenâgeux » par un astronome prudemment anonyme. Je le comprends.

Depuis au moins 1970, j’argumente en faveur d’une collaboration cerveau-gauche et cerveau-droit qui nous délivrerait non seulement du sexisme macho ou féministe mais surtout de beaucoup d’autres dichotomies calquées sur Soleil-Père, Lune-Mère, conscient-inconscient, Objectif-Subjectif… J’ai plus particulièrement insisté sur les signaux subtils transformés en symboles en raison même de leur subtilité. De ce point de vue, la chaînette obtenue par des signaux astrométriques, me paraît aussi riche, en évocations symboliques, qu’une certaine coupe… de sportifs ou de Chevaliers.

Pour moi, comme pour tous nos amis conditionalistes, elle marque le temps d’un nouveau palier de recherche dans le référentiel Structure, celui des Nombres, de l’Harmonie et du squelette qui doit certainement plus, dans sa construction entre ciel et Terre, aux gravités planétaires qu’aux taches du Soleil et au magnétisme.

Article paru dans le n° 20 des Cahiers conditionalistes (2e semestre 1992).

Cet article vous a été proposé par : Jean-Pierre Nicola

Voir aussi :

- Profil psychologique du Marsien
- Signification de Mars dans le R.E.T.
- Stade marsien (de 1 à 2 ans) : l’âge de l’action
- Famille « P extensif » (Pouvoir extensif)
- Famille « E extensif » (Existence extensive)
- Famille « e intensif » (existence intensive)
- La sociologie découvre Mars


Les Significations planétaires

par Richard Pellard. 620 pages. Format PDF. Illustrations en couleur.

La décision de ne traiter dans ce livre que des significations planétaires ne repose pas sur une sous-estimation du rôle des Signes du zodiaque et des Maisons. Le traditionnel trio Planètes-Zodiaque-Maisons est en effet l’expression d’une structure qui classe ces trois plans selon leur ordre de préséance et dans ce triptyque hiérarchisé, les Planètes occupent le premier rang. La première partie de ce livre rassemble donc, sous une forme abondamment illustrée de schémas pédagogiques et tableaux explicatifs, une édition originale revue, augmentée et actualisée des textes consacrés aux significations planétaires telles qu’elles ont été définies par l’astrologie conditionaliste et une présentation détaillée des méthodes de hiérarchisation planétaire et d’interprétation accompagnées de nombreux exemples concrets illustrés par des Thèmes de célébrités. La deuxième partie est consacrée, d’une part à une présentation critique des fondements traditionnels des significations planétaires, d’autre part à une présentation des rapports entre signaux et symboles, astrologie et psychologie. Enfin, la troisième partie présente brièvement les racines astrométriques des significations planétaires… et propose une voie de sortie de l’astrologie pour accéder à une plus vaste dimension noologique et spirituelle qui la prolonge et la contient. Vous pouvez dès maintenant le commander à la boutique.

L’astrologie, la nanification de Pluton & les astres transplutoniens

par Richard Pellard. 117 pages. Format PDF. Illustrations en couleur.

Pluton ne fait plus partie des planètes majeures de notre système solaire : telle est la décision prise par une infime minorité d’astronomes lors de l’Assemblée Générale de l’Union Astronomique Internationale qui s’est tenue à Prague en août 2006. Elle est reléguée au rang de « planète naine », au même titre que les nombreux astres découverts au-delà de son orbite. Ce livre récapitule et analyse en détail le pourquoi et le comment de cette incroyable et irrationnelle décision contestée par de très nombreux astronomes de premier plan. Quelles sont les effets de cette « nanification » de Pluton sur son statut astrologique ? Faut-il remettre en question son influence et ses significations astro-psychologiques qui semblaient avérées depuis sa découverte en 1930 ? Les « plutoniens » ont-ils cessé d’exister depuis cette décision charlatanesque ? Ce livre pose également le problème des astres transplutoniens nouvellement découverts. Quel statut astrologique et quelles influences et significations précises leur accorder ? Enfin, cet ouvrage propose une vision unitaire du système solaire qui démontre, chiffes et arguments rationnels à l’appui, que Pluton en est toujours un élément essentiel, ce qui est loin d’être le cas pour les autres astres au-delà de son orbite. Après avoir lu ce livre, vous saurez quoi répondre à ceux qui pensent avoir trouvé, avec l’exclusion de Pluton du cortège planétaire traditionnel, un nouvel argument contre l’astrologie ! Vous pouvez dès maintenant le commander à la boutique.





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