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Le problème des Maisons

Traditionnellement, l’astrologie repose sur le triptyque Planètes-Zodiaque-Maisons. Dresser une carte du ciel revient à insérer la sphère céleste (dont le centre celui de la Terre) dans la sphère locale (dont le centre est l’œil de l’observateur). Nulle interprétation d’un thème digne de ce nom ne saurait éviter, selon l’astrologie dite « traditionnelle », l’analyse et la synthèse des positions des planètes en Signes et en Maisons, ce qui revient à emboîter trois référentiels : l’héliocentrique (Planètes), le géocentrique (Signes) et le topocentrique (Maisons). Ceci dit, si les significations planétaires et zodiacales semblent aujourd’hui beaucoup mieux comprises et élucidées, il n’en est pas de même en ce qui concerne les significations des secteurs de la sphère locale, même si certains auteurs contemporains ont essayé de repenser le problème.

Les Maisons « traditionnelles »

Rares sont les astrologues symbolistes qui ont proposé des théories cohérentes et systématiques pour justifier les significations attribuées aux Maisons. Pour la plupart des auteurs et écoles d’astrologie, les significations attribuées aux Maisons ou secteurs de la sphère locale prennent leur source dans l’analogie qui est faite entre le cycle zodiacal annuel des planètes (dans le sens Bélier-Poissons) et leur cycle nycthéméral (dans le sens AS-MC-DS-FC). cette relation d’analogie est la suivante :

- au plan horizontal (axe AS-DS) correspond analogiquement le plan équinoxial (axe 0° Bélier/0° Balance) ;
- au plan méridien (axe MC-FC) correspond analogiquement le plan solsticial (axe 0° Capricorne/0° cancer).

Cette analogie s’explique par le fait qu’au début de la systématisation du savoir astrologique, il n’existait pas de système ni de doctrine des Maisons tels qu’ils existent aujourd’hui. La naissance des systèmes de domification et donc des Maisons a été un phénomène assez tardif. Dans les plus vieux textes (et même dans de relativement récents comme celui du Tetrabiblos de Ptolémée, IIe siècle apr. J.-C.), il est d’ailleurs frappant de remarquer que les mots « Signe » et « Maison » semblent interchangeables. Ils ne témoignaient pourtant pas d’une confusion entre ces deux objets, puisque dans l’antiquité, les Maisons n’avaient pas encore été imaginées en tant que divisions de la sphère locale. Néanmoins, c’est en raison de cette confusion apparente entre ces deux objets que l’analogie s’est par la suite perpétuée, devenant même une vache sacrée de l’astro-traditionalisme.

Ces deux plans délimitent quatre quartes, elles-mêmes subdivisées en trois secteurs ou quadrants :

- la quarte allant de l’AS au FC contenant les Maisons I-II-III correspond aux Signes de printemps (Bélier-Taureau-Gémeaux) ;
- la quarte allant du FC au DS contenant les Maisons IV-VI-VI correspond aux Signes d’été (Cancer-Lion-Vierge) ;
- la quarte allant du DS au MC contenant les Maisons VII-VIII-IX correspond aux Signes d’automne (Balance-Scorpion-Sagittaire) ;
- la quarte allant du MC à l’AS contenant les Maisons X-XI-XII correspond aux Signes d’hiver (Capricorne-Verseau-Poissons).

Curieusement et toujours par pure analogie, à chacun des Axes et des Quadrants ont été attribués les quatre qualités Élémentaires qui qualifient les Signes du zodiaque (voir schéma ci-contre), tout comme les Maisons, et ces attributions aboutissent aux mêmes illogismes que pour le zodiaque. Ainsi par exemple, le quadrant AS-MC, gouverné par l’Élément Air Chaud et Humide héberge-t-il la Maison X, de Terre Froide et sèche et la Maison XII, d’Eau Froide et Humide. Il vaut mieux ne pas chercher à comprendre.

Le tableau ci-dessous récapitule les caractéristiques structurelles des Maisons selon l’astrologie classique.

Les causes et raisons qui ont présidé à la distribution de ces correspondances qui font dériver les significations de la Maison I de celles du Bélier, celles de la II du Taureau, etc., relèvent purement et simplement de la « loi d’analogie » si chère aux astro-symbolistes : aucune réalité astronomique objective ne les fonde ni ne les justifie. Il faut remarquer que dans le Tetrabiblos de Ptolémée (IIe siècle après J.-C.), il n’est fait qu’une brève mention d’un quelconque système de douze Maisons. Cet ouvrage est pourtant une compilation qui se veut exhaustive de tout le savoir astrologique de l’époque. On sait que Manilius (qui vécut vers −50 av. J.-C. à + 15 environ), auteur d’un livre, Astrologiques, qui faisait lui aussi largement état du savoir astrologique de son époque, utilisait un système à 8 maisons. Cela ne veut pas dire que la division systématique de la sphère locale en douze secteurs n’existait pas à cette époque. Certains auteurs pensent que Ptolémée utilisait le « système de Porphyre », qui est celui des « Maisons égales » (l’axe MC/FC se trouve sur les degrés du zodiaque qui sont à 90° de l’AS, et les douze Maisons résultent de la division en trois parties égales en espace des quadrants ainsi délimités). Mais lui-même n’a rien écrit là-dessus. Je ne suis pas historien de l’astrologie, et ne saurais donc dire à quelle époque précise la doctrine des douze Maisons est apparue. J’observe simplement qu’entre 50 av. J.-C. et 150 apr. J.-C., il existait probablement des systèmes à huit Maisons et d’autres à douze Maisons.

Quelles significations leur donnait-on alors ? Je n’en sais rien. Mais les nombres parlent d’eux-mêmes au niveau des structures : un système de base 8 ne pouvait pas produire les mêmes significations qu’un système de base 12, et surtout ne permettait aucune identification analogique avec les 12 Signes du zodiaque qui, eux, avaient depuis très longtemps déjà été identifiés. De tout cela il ressort au moins une conclusion logique et rationnelle : l’analogie Signes-Maisons qui fonde la signification de ces dernières selon l’astrologie dite « traditionnelle » n’existe pas de toute éternité et n’est pas un dogme intouchable.

L’analogisme typologique primaire

Il n’est pas besoin d’être historien pour constater que la plupart des astrologues symbolistes se contentent, pour expliquer l’influence et la signification des Maisons, de l’analogie qu’ils font entre le cycle zodiacal de 1 an et le cycle nycthéméral de 1 jour, en décidant arbitrairement qu’à l’AS « correspond » le 0° Bélier. Pour comprendre les significations traditionnelles des Maisons, il faut donc se référer aux significations des Signes du zodiaque…

Nos ancêtres astrologues n’étaient pas d’aussi subtils psychologues que certains d’entre nous. L’analogie formelle entre 0° Bélier et AS étant faite, tout coule de source : ce qui se passe en un jour (passages successifs des planètes dans les 12 Maisons) est analogue à ce qui se passe en un an (passage successif du Soleil dans les 12 Signes).

Le Bélier était considéré conne vif dans ses réactions et très individualiste : allons-y pour une Maison I qui signifierait la manière dont l’individu s’exprime immédiatement. Le Taureau passait pour être matérialiste et possessif : on peut donc octroyer à la Maison II qui lui est analogue l’argent et les possessions. Le Gémeaux est considéré comme étant spontanément ouvert tous azimuts ? Va pour une Maison III consacrée à la curiosité, au études et relations avec l’entourage, etc. Inutile de poursuivre cette liste pittoresque, que vous retrouverez dans tous la plupart des bouquins d’astrologie.

L’énumération classique des significations traditionnelles des Maisons recouvre assez bien quelques-uns des divers « champs d’expérience » auxquels chacun d’entre nous peut se retrouver confronté tout au long de sa vie. On se demande quand même quelle est la logique interne d’un tel catalogue à la Prévert… D’où la recherche d’un modèle qui permettrait au moins de rendre compte de la cohérence de ces attributions au plan de la logique interne de ce système.

La plupart des astrologues symbolistes sont d’accord sur deux points : les Maisons seraient des « champs d’expérience » qui préciseraient dans quel domaine électif s’exerce l’influence d’une planète en Signe, et les douze Maisons peuvent être classifiées en trois groupes : les angulaires (I-IV-VII-X), les succédentes (II-V-VIII-XI) et les cadentes (III-VI-IX-XII). Les Maisons angulaires sont considérées comme étant les plus fortes et les plus valorisatrices pour les Planètes et Signes qui les occupent ; viennent ensuite les succédentes, puis les cadentes. Problème : cette assertion théorique est contredite par l’expérience et les statistiques, qui montrent que les zones de la sphère locale les plus valorisantes pour les Planètes et Signes qui s’y trouvent se situent autour des points AS, MC, DS et FC, et non pas à l’intérieur des Maisons angulaires I, X, VII et IV.

Le problème de la corrélation entre Maisons et zones de valorisations planétaires a été traité dans l’article consacré à L’historique de l’évaluation des puissances planétaires. Nous n’y reviendrons donc pas ici, sinon sous la forme des deux schémas suivants. Celui de gauche représente les zones de valorisations zodiaco-planétaires selon le trio Angulaire-Succédente-Cadente, et celui de droite les valorisations effectivement observées.

Le trio angulaire-succédente-cadente, linéaire et chronologique, peut être une source d’attribution de significations. Pour l’astrologue humaniste Dane Rudhyar par exemple, les Maisons angulaires sont en commun le verbe « être », les succédentes le verbe « utiliser » et les cadentes les verbes « comprendre ou transformer ». En fait, anti-systématique au possible, la majorité des astrologues symbolistes se satisfait de l’énumération chronologique des significations des douze Maisons, sans se demander s’il existe une logique systématique, interne ou externe, continue ou discontinue, qui structurerait ces significations : se poser trop de questions, c’est fatiguant… C’est le règne de l’arbitraire absolu.

L’approche conditionaliste des Maisons

La nature des Maisons et les significations qui leur sont attribuées ne font pas, loin de là, l’unanimité chez les astrologues : « La réalité des Maisons ou secteurs de la sphère locale est indéfinie. S’agit-il de portions d’espace, de parties de temps (durées), de directions spatiales, de projections ? Cette indétermination explique la pluralité des systèmes proposés » (Jean-Pierre Nicola).

Le système « pronominal-personnel »

Le premier conditionaliste à se pencher sur le problème des significations des Maisons et à essayer d’en faire une théorie moderne systématique est Max Lejbowicz. Prenant pour hypothèse que les Maisons seraient des directions dans l’espace (voir fig. ci-contre, dont les flèches sur la circonférence respectent le mouvement diurne tandis que les Maisons sont numérotées classiquement dans le sens de rotation réel des Planètes), a trouvé une analogie entre, d’une part l’axe Ascendant/Descendant et la dialectique du « Je » (introversion) et du « Tu » (extraversion), et d’autre part l’axe Milieu-du-Ciel/Fond-du-ciel et la dialectique du « Ils » (convergence des mondes du « Je » et du « Tu » dans le sens de l’expansion) et du « Nous » (convergence des mondes du « Je » et du « Tu » dans le sens de l’intensification), en précisant que « la qualification de ces directions ne peut-être pour l’instant qu’empirique et s’apparente à une symbolique ; mais elle est légitime dans la mesure où elle concorde avec la pratique astrologique et celle de disciplines diverses (graphologie, audio-phonologie, etc ».

Dans cette hypothèse, les planètes à l’Ascendant fonctionneraient plutôt sur un mode « introverti », la nature de ces planètes révélant l’expression prioritaire et dominante du « moi-Je ». Les planètes au Descendant hériteraient d’une fonction d’extraversion et nous renseigneraient sur la façon dont nous « tutoyons » l’Autre, le monde extérieur. Les planètes en culmination supérieure (MC) seraient en rapport avec notre domaine de plus grande expansion (le « Ils » de la vie socio-professionnelle, notre part la plus visible) et les planètes en culmination inférieure notre domaine de plus grande concentration (le « Nous » de la vie privée, intime où l’on se retrouve « en famille », par opposition à la pure extériorité du « Ils »).

Les significations attribuées à chaque Maison sont induites par celles données à ces directions AS-MC et DS-FC. Ainsi, la Maison I nous renseignerait sur nos attitudes lorsque le « Je » est plus important que le « Nous » (l’auto-affirmation se fait au détriment des appartenances), la Maison II concernant l’égalité du « Je » et du « Nous » (auto-affirmation en interdépendance avec les appartenances), et la Maison III l’imprégnation par le « Je » des valeurs du « Nous » (tout en s’auto-affirmant, on se sent partie intégrante d’un ensemble clos), etc. Vous pouvez vous-même, en faisant appel à la logique interne de ce système, reconstituer les significations des autres Maisons… et vous apercevoir que l’on retombe ainsi sur certaines grandes lignes des significations traditionnelles. Sans aller jusqu’à utiliser systématiquement ce système, vous pouvez ne retenir que les quatre angles (AS-MC-DS-FC) de la sphère locale pour vérifier par vous-même, expérimentalement, si ses grandes lignes du système « Je-Ils-Tu-Nous » sont pertinentes.

Dans une autre optique, on peut aussi considérer que les planètes situées dans les Maisons diurnes (de VII à XII) sont plus « extraverties » (diurne = excitation), et participent donc davantage de notre vie extérieure que les planètes en Maisons nocturnes (de I à VI), plus « introverties » (nocturne = inhibition), davantage axées sur la vie intérieure, intime ou privée.

Sans apporter de réponse définitive à ces questions, l’astrologue J.-P. Nicola a proposé un système original, basé sur les interactions entre le R.E.T. et le S.O.R.I. Ce système pose un certain nombre de problèmes.

Le système des Maisons S.O.R.I./R.E.T.

De 1964, année de la parution de La Condition solaire de Jean-Pierre Nicola, ouvrage fondateur de l’astrologie conditionaliste à 1977, année de la parution de l’Introduction à l’astrologie conditionelle de Max Lejbowicz (éd. C.E.F.A.) le problème de la signification des Maisons est resté en recherche, en jachères. En 1977, deux modèles différents sont proposés : celui de Lejbowicz (voir ci-dessus) (publié début 1977, il figure dans le Manuel d’astrologie universelle) et celui de J.-P. Nicola, qui est apparu pour la première fois dans la revue Astrologique, fin 1977, alors que venait de paraître Pour une astrologie moderne.

A propos de ce livre paru au 2e trimestre 1977, J.-P. Nicola note d’ailleurs qu’il confondait encore à l’époque R.E.T. et S.O.R.I. Au départ, il avait attribué le référentiel « Sujet » au niveau ‘R’, l’« Objet » au niveau ‘E’, et la « Relation » au niveau ‘T’. Dans Pour une astrologie moderne, « c’est Mars et le niveau ‘E’ qui reçoivent la « Relation »« à condition d’appeler « Objet » le réel au-delà des apparences ». D’où venait le problème ? De la non-différenciation, à cette époque, entre R.E.T. et S.O.R.I. ». À vrai dire, le S.O.R.I, n’existait pas en tant que tel à l’époque : c’était plutôt un « S.O.R. », le concept d’« Intégration » n’étant apparu qu’un peu plus tard.

C’est donc courant 1977 que J.-P. Nicola différencie formellement les deux systèmes. Il se retrouve ainsi avec un système ternaire (le R.E.T.) et un système quaternaire (le S.O.R.I.). Quatre fois trois, c’est bien connu, cela fait douze, soit le nombre de Signes et de Maisons. Les significations zodiacales étant déjà explicitées par l’intermédiaire du zodiaque réflexologique : c’est aux mystérieuses Maisons que fut appliqué le système combiné R.ET./S.O.R.I. Citons les propos de J.-P. Nicola à ce sujet : « En revenant aux maisons (en prévision d’un article), le côté simple, majeur, des Maisons angulaires imposant le ‘R’. En suivant l’ordre AS-Sujet, MC-Objet, DS-Relation… le FC livrait le mot Intégration qui manquait pour ne plus chercher le S.O.R.I. dans le R.E.T. »

Le « S.O.R. », doublet incertain du R.E.T. existait donc avant l’explicative « Nicola » des Maisons, mais pas le S.O.R.I. Le concept d’« Intégration » est selon lui né d’une hypothèse visant à expliquer et fonder rationnellement et méthodiquement, grâce à la combinatoire R.E.T.-S.O.R.I., le système des significations des Maisons traditionnelles. En astrologie traditionnelle la Maison IV et le FC sont en effet le lieu symbolique du foyer, de la famille, des racines, de la mère. De cette symbolique pouvait effectivement être extrait le concept d’« Intégration ».

Sur le plan théorique, ce n’est qu’en mettant en rapport les différents niveaux de ces deux référentiels que, progressivement, s’est dégagée la spécificité de chacun : à travers les définitions R.E.T./S.O.R.I. des Maisons, des concepts tels que le « T du Sujet », le « R de l’Objet » ou le « E de la Relation » ont permis de se dégager des pièges de l’analogie entre R.E.T. et S.O.R.I. En passant de la théorie à ses applications pratiques, les chercheurs et expérimentateurs conditionalistes se sont ensuite rendu compte qu’effectivement, un solaire pouvait fonctionner en « Relation », un marsien en « Intégration », un lunaire en « Objet » et un plutonien en « Sujet »., pour ne prendre que quelques exemples.

Le R.E.T. et le S.O.R.I. étaient alors définitivement différenciés, et J.-P. Nicola a ainsi pu écrire que « le S.O.R.I., tout en s’exprimant formellement et partiellement (c’est moi qui souligne) dans les Maisons, plus que le R.E.T. un modèle idéal pour sortir de l’astrologie, entrer dans une méta-astrologie : riche devenir du conditionalisme ». En ce sens, le modèle S.O.R.I., né d’une réflexion sur la distribution des référentiels Sujet, Objet et Relation à l’intérieur du R.E.T. et complété par son application aux définitions des secteurs de la sphère locale, s’en est progressivement détaché pour embrasser de plus vastes horizons astro-philosophiques, que J.-P. Nicola n’a jamais manqué de développer dans tous ses écrits parus depuis le début des années 1980. En 1996, plus aucun astrologue ayant véritablement compris et intégré le R.E.T. et le S.O.R.I. ne confond le ‘R’ et le Sujet, le ‘E’ et l’Objet, etc.

Rappelons que les Maisons angulaires étaient considérées comme dominantes : les planètes qui s’y trouvaient et les Signes qu’elles interceptaient étaient ainsi nettement valorisés par rapport aux autres. Les Maisons succédentes étaient considérées comme sensiblement plus faibles, moins dominantes que les angulaires ; enfin, les Maisons cadentes étaient considérées comme tout-à-fait débilitantes pour les Signes et planètes qui avaient la malencontreuse idée de les traverser. Le modèle R.E.T. a permis d’analyser simplement la logique interne de ce système basé sur la décroissance de puissance : signal fort (‘R’) suivi d’un signal moyen (‘E’), lui-même suivi d’un signal faible ou subtil (‘T’) :

- les Maisons angulaires traditionnelles relèvent de toute évidence du niveau ‘R’ (signal fort, hyper-valorisation, planètes et Signes considérées comme ultra-représentatives du Sujet).
- les Maisons succédentes relèvent du niveau ‘E’ : signal moins fort, moins évident, moins valorisateur.
- les Maisons cadentes relèvent du niveau ‘T’ : signal faible, discrétion extrême des Signes et Planètes qui s’y trouvent.

Formellement, il n’y a rien à dire : l’analyse est cohérente, et nos ancêtres astrologues ont bel et bien fonctionné selon une logique R.E.T. inconsciente lorsqu’ils ont ainsi structuré les secteurs de la sphère locale. Concrètement, c’est autre chose. Les observations des praticiens de l’astrologie, confirmées par les études statistiques, ont démontré que les zones d’angularité des planètes se situaient de part et d’autre des quatre axes de la sphère locale. Autrement dit, les planètes considérées comme dominantes dans le thème se trouvent certes en partie dans les Maisons angulaires, mais également dans les Maisons cadentes, considérées comme débilitantes et dévalorisantes. Les principes de base des méthodes de hiérarchisation conditionalistes entérinent d’ailleurs ce fait.

Un problème de logique formelle apparaît alors : d’une part, comment des Maisons ‘T’ comme les XII, IX, VI et III pourraient-elles contenir des planètes considérées comme ‘R’ (dominantes) dans le fonctionnement de l’individu ? D’autre part, l’observation et les études cliniques et statistiques nous ont montré que les planètes situées à la fin des Maisons ‘R’ (I-IV-VII-X) n’étaient pas dominantes. Enfin, les Maisons succédentes sont statistiquement apparues comme les moins valorisantes pour les planètes qui s’y trouvent, alors que la tradition astrologique comme le R.E.T. appliqué aux Maisons leur attribuent une puissance moyenne…

Le schéma ci-dessous illustre ce problème de cohérence majeur et rédhibitoire entre théorie et pratique. À gauche, les zones de valorisation (étoile grise centrale) selon le modèle des Maisons R.E.T./S.O.R.I. À droite, les zones de valorisation expérimentalement et statistiquement trouvées. Le problème est donc exactement le même qu’avec les Maisons traditionnelles.

Nous y reviendrons. Pour l’instant, notons que la répartition des référentiels S.O.R.I. dans les secteurs de la sphère locale est parfaitement arbitraire. Les définitions de Nicola, précises et concrètes, permettent la vérification expérimentale grâce à des regroupements systématiques : Maisons/triangles du Sujet (I-V-IX) de l’Objet (II-VI-X), de la Relation (III-VII-XI) et de l’Intégration (IV-VIII-XII), et Maisons-carrés de la Représentation (I-IV-VII-X), de l’Existence (II-V-VIII-XI) et de la Transcendance (III-VI-IX-XII). À vous de juger dans quelle mesure elles permettent ou non de justifier les significations empiriquement attribuées aux Maisons.

Le problème des Maisons S.O.R.I./R.E.T.

Le système des Maisons S.O.R.I./R.E.T., fondé sur des analogies et manquant de confirmations expérimentales, reste très largement hypothétique et n’est peut-être qu’une chimère logique. Pour vous en convaincre, voici un florilège de citations de J.-P. Nicola à ce propos :

« Il y a peu de chance (à mon avis aucune) pour que le « champ d’influence » du mouvement diurne soit une fonction décroissante linéaire continue… comme le prouvent (pour ceux qui y croient) les statistiques Gauquelin et Lasson (on ne va pas d’un lever au lever suivant par une droite ou courbe décroissantes mais par une succession de creux et de pics, soit par des fonctions périodiques) »

« Les statistiques tendent à montrer un déplacement du maxima vers le centre des maisons 12 et 9 et vers le début des Maisons 7 et 4. Ces déplacements changent les limites des Maisons sans affecter la logique des significations ».

« Un détective capable, par ses déductions, de reconstituer les mobiles et l’auteur d’un crime, ne fournit pas de preuve qu’il en est le complice. Il est abusif et mensonger de (lui) faire dire qu’(il) adhère à un système sous prétexte qu’(il) en démonte quelques rouages ».

« Quelque soit le système de division de la sphère locale que l’école conditionaliste adoptera, les significations sont définies par le R.E.T. appliqué à ses quatre référentiels » (p. 30 de l’Anthologie astrologique 1980-1986)

« De toute façon, je vous rappelle que je ne propose pas un nouveau système de Maisons mais que je démonte et démontre la logique interne des attributions classiques »

« Il n’est pas nécessaire de croire à l’efficace de ces secteurs, ni d’en limiter exactement les étendues, pour analyser leurs contenus sémantiques… En majorité, les conditionalistes estiment que les Maisons astrologiques définies en langage S.O.R.I. ne suffisent pas à témoigner réellement d’un plan effectif de la personnalité, de sa ou de ses préférences »

« La formule adaptée du Signe renforce la fonction planétaire pour vaincre les barrières sectorielles des Maisons ».

« Bien que le S.O.R.I. ait été découvert par le R.E.T. appliqué aux significations traditionnelles des Maisons, pour la majorité des conditionalistes celles-ci n’en témoignent, pratiquement, que d’une façon purement indicative, plutôt qu’une tendance : une possibilité qui se réalise ou non seulement le contexte extra-horoscopique. L’Intégration ne se piège pas dans l’horoscope ».

« Les Maisons I-X-VII-IV sont en affinité avec les planètes ‘r’… Les Maisons II-V-VIII-XI sont en affinité avec les planètes ‘e’… Les Maisons III-VI-IX-XII sont en affinité avec les planètes ‘t’… On peut dire aussi que les planètes ‘r’ manquent d’affinité avec les planètes et secteurs ‘t’. Elles préfèrent le Sujet à l’Intégration (trop complexe) ».

« L’étonnant du paradoxe serait d’avoir dégagé des significations des Maisons un S.O.R.I. qui, appliqué à leur interprétation, ne donnerait rien. Imaginez la découverte d’un minerai sur un terrain qui n’existe pas… Possible, mais étonnant… Il est sûrement acquis que le champ d’application du S.O.R.I. déborde largement de l’horoscope… au point, justement, d’oublier que l’on l’y trouve ».

Subjectivité et objectivité

Tout cela reste très théorique. Passons donc à la pratique et à l’observation. Lorsque J.-P. Nicola a proposé son modèle R.E.T./S.O.R.I. pour rendre compte des significations des Maisons, je n’avais rien contre a priori : la plupart des concepts et méthodes qu’il avait découverts ou imaginés pour cerner de plus près le réel astrologique m’étaient apparus, après expérimentation systématique, parfaitement adéquats et judicieux. La seule chose qui me gênait, c’était de voir que l’Intégration, résultante de la globalité des Relations Sujet-Objet, pouvait être contenue dans trois Maisons, c’est-à-dire 25 % de la sphère locale. Mais je me disais qu’il s’agissait peut-être là d’une Intégration partielle, relative, très différente de la « grande Intégration » du macro-S.O.R.I. extra-Maisons, aussi différente de cette dernière que l’Intégration dans le milieu familial peut l’être de celle dans le milieu national, terrestre ou cosmique… J’ai donc testé ce système en l’appliquant à de nombreux thèmes d’amis et de célébrités, en épluchant interviews, biographies et autobiographies ainsi que je l’ai toujours fait depuis que j’étudie l’astrologie. J’ai aussi testé le système des Maisons R.E.T./S.O.R.I. en consultation, essayant de voir s’il me permettait d’évaluer avec une bonne marge de précision si les gens que j’avais en face de moi étaient plutôt « Sujet » (subjectifs) ou « Objet » (objectifs), etc.

L’expérimentation était relativement simple : un thème nanti d’une nette dominante de Maisons « Sujet » (I-V-IX) devait induire chez son possesseur une subjectivité nettement au-dessus de la moyenne ; une nette dominante de Maisons « Objet » (II-VI-X) impliquait que l’individu manifestait d’évidence des comportements et raisonnements frappés du sceau de l’objectivité. Bilan de ces longues recherches : il n’en est rien. L’expérience me permet d’affirmer (je ne suis pas le seul conditionaliste à le faire) qu’il est impossible, avec les Maisons R.E.T./S.O.R.I., de savoir si un individu est « Sujet » (subjectif) ou « Objet » (objectif).

Depuis, ayant bien réfléchi à ce problème, je me suis dit qu’au fond, cette expérimentation fastidieuse n’était même pas nécessaire. En effet, il suffit d’observer les gens autour de soi. L’écrasante majorité d’entre nous fonctionne et raisonne à l’évidence dans une très grande subjectivité. Il est très peu fréquent de rencontrer des gens fonctionnant et raisonnant objectivement, et je ne parle même pas de la Relation et de l’Intégration… Un simple raisonnement statistique montre que, sur un très grand nombre de thèmes pris au hasard, les thèmes à Maisons « Sujet » dominantes seront aussi nombreux que les thèmes à Maisons « Objet » dominantes, ce qui signifie qu’il y aurait, selon ce système, autant de gens subjectifs (25 %) que de gens objectifs (25 %). La proportion observable serait plutôt du genre 90 % subjectifs, 10 % objectifs, en étant optimiste… Les Maisons R.E.T./S.O.R.I. sont donc incapables de « prévoir » (comme toute bonne théorie doit pouvoir le faire) un fait évident et indubitable.

Cet argument suffit à lui seul à douter de la validité de la théorie des Maisons basée sur les combinaisons R.E.T./S.O.R.I. Pour ceux qui ne le trouveraient pas suffisamment convainquant, j’ajouterai que dans nos jeunes années, nous sommes tous subjectifs. Ce n’est qu’avec l’adolescence et surtout l’âge adulte que certains d’entre nous (une faible minorité) parviennent à s’extraire de cette subjectivité infantile pour accéder à un minimum d’objectivité. L’accession à l’objectivité n’est donc pas innée, mais le résultat d’un processus dynamique qui s’inscrit dans la durée… et l’Objet ne peut pas, lui non plus, se laisser piéger dans les Maisons… pas plus que le Sujet, puisque selon la fondamentale formule de J.-P. Nicola lui-même, « l’horoscope n’est pas le sujet ».

Les problèmes que posent les significations des Maisons sont loin d’être simples, et encore plus loin d’être résolus. Pour ma part, je dois reconnaître que j’ai totalement éliminé toute référence aux Maisons dans ma pratique (excepté dans le domaine de la hiérarchisation planétaire bien entendu). Mes vaines recherches m’ont pour l’instant découragé d’essayer de trouver d’autres modèles explicatifs cohérents et surtout réalistes. La question reste donc pour l’instant en suspens. En revanche, il est tout à fait intéressant d’utiliser les relations entre R.E.T. et S.O.R.I. sur un plan noologique ou philosophique, indépendamment de leur application aux Maisons.

Et quoi qu’il en soit, le S.O.R.I. a une bien trop vaste envergure conceptuelle, universelle et extra-astrologique, pour se réduire à un vulgaire problème de maisonnée.

L’importance des Maisons

Tout d’abord, vous pouvez vous apercevoir que nous ne savons pas grand-chose de certain sur la nature et les significations des Maisons. Deux raisons majeures expliquent peut-être cet état de fait. La première est que les secteurs de la sphère locale n’ont d’autres significations que symboliques ou imaginaires. La seconde est que l’influence des Maisons est si faible et si subtile qu’il est extrêmement difficile de la déterminer, de l’expérimenter et d’en discourir sans la trahir. C’est probablement la seconde raison qui est la bonne… mais pour l’instant, le mystère reste épais.

Quelle que soit la raison, l’importance des Maisons ne doit donc pas être surestimée. Si elles n’ont aucune signification réelle, cela va de soi. Si elles en ont une, ce qui est probable, elle est à l’heure actuelle encore voilée et énigmatique. Dans l’interprétation d’un thème, il vaut mieux donc évoquer « en pointillés » la signification des Maisons, pour éviter de trahir le réel avec de fausses explications.

Exagérer l’importance des Maisons peut même aboutir à de parfaits contresens. Prenons l’exemple du système de significations des Maisons proposé par Max Lejbowicz : un Jupiter à l’Ascendant agira de toutes façons sur les quatre plans « Je-Tu-Ils-Nous ». Si dans le même thème Saturne se trouve au Descendant, vous commettriez une grave erreur d’interprétation en pensant que le Sujet sera saturnien dans son « tutoiement » du monde extérieur (Maison VII) et jupitérien dans son auto-affirmation (Maison I). Une dominante jupitérienne implique que l’on fonctionnera en jupitérien en amour comme en affaires, en voyage comme chez soi, avec ses frères comme avec ses amis. Il en va de même pour toute planète qui domine dans le thème et dans le vécu, quelle que soit sa position en Maison. Idem pour le système de Maisons R.E.T./S.O.R.I.

Si vous tenez absolument à interpréter des thèmes en tenant compte d’un système de signification des Maisons ou des quatre « Angles » de la sphère locale, quel qu’il soit, vous ne risquerez pas de vous tromper si vous étudiez à fond et prioritairement les configurations planétaires et zodiacales. Dans un deuxième temps, vous pourrez toujours prudemment, à titre expérimental, intégrer dans votre interprétation une petite dose de Maisons… en attendant qu’un jour, l’astrologie accouche enfin d’un système cohérent et réaliste pour rendre compte des significations des secteurs de la sphère locale. SUITE

Les Significations planétaires

par Richard Pellard. 620 pages. Format PDF. Illustrations en couleur.

La décision de ne traiter dans ce livre que des significations planétaires ne repose pas sur une sous-estimation du rôle des Signes du zodiaque et des Maisons. Le traditionnel trio Planètes-Zodiaque-Maisons est en effet l’expression d’une structure qui classe ces trois plans selon leur ordre de préséance et dans ce triptyque hiérarchisé, les Planètes occupent le premier rang. La première partie de ce livre rassemble donc, sous une forme abondamment illustrée de schémas pédagogiques et tableaux explicatifs, une édition originale revue, augmentée et actualisée des textes consacrés aux significations planétaires telles qu’elles ont été définies par l’astrologie conditionaliste et une présentation détaillée des méthodes de hiérarchisation planétaire et d’interprétation accompagnées de nombreux exemples concrets illustrés par des Thèmes de célébrités. La deuxième partie est consacrée, d’une part à une présentation critique des fondements traditionnels des significations planétaires, d’autre part à une présentation des rapports entre signaux et symboles, astrologie et psychologie. Enfin, la troisième partie présente brièvement les racines astrométriques des significations planétaires… et propose une voie de sortie de l’astrologie pour accéder à une plus vaste dimension noologique et spirituelle qui la prolonge et la contient. Vous pouvez dès maintenant le commander à la boutique.

L’astrologie, la nanification de Pluton & les astres transplutoniens

par Richard Pellard. 117 pages. Format PDF. Illustrations en couleur.

Pluton ne fait plus partie des planètes majeures de notre système solaire : telle est la décision prise par une infime minorité d’astronomes lors de l’Assemblée Générale de l’Union Astronomique Internationale qui s’est tenue à Prague en août 2006. Elle est reléguée au rang de « planète naine », au même titre que les nombreux astres découverts au-delà de son orbite. Ce livre récapitule et analyse en détail le pourquoi et le comment de cette incroyable et irrationnelle décision contestée par de très nombreux astronomes de premier plan. Quelles sont les effets de cette « nanification » de Pluton sur son statut astrologique ? Faut-il remettre en question son influence et ses significations astro-psychologiques qui semblaient avérées depuis sa découverte en 1930 ? Les « plutoniens » ont-ils cessé d’exister depuis cette décision charlatanesque ? Ce livre pose également le problème des astres transplutoniens nouvellement découverts. Quel statut astrologique et quelles influences et significations précises leur accorder ? Enfin, cet ouvrage propose une vision unitaire du système solaire qui démontre, chiffes et arguments rationnels à l’appui, que Pluton en est toujours un élément essentiel, ce qui est loin d’être le cas pour les autres astres au-delà de son orbite. Après avoir lu ce livre, vous saurez quoi répondre à ceux qui pensent avoir trouvé, avec l’exclusion de Pluton du cortège planétaire traditionnel, un nouvel argument contre l’astrologie ! Vous pouvez dès maintenant le commander à la boutique.

Voir aussi :

- Le modèle S.O.R.I. et les Maisons
- Astronomie des Maisons
- Géométrie des Maisons et méthodes prévisionnelles
- Le S.O.R.I., le caducée et l’I.R.O.S.
- Zodiaque et sphère locale
- Carré à l’AS, point nonagésime…
- Historique de l’évaluation des puissances planétaires
- Thème de domitude et hiérarchisation planétaire

Cet article vous a été proposé par : Richard Pellard



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