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Daniel Filipacchi, Capricorne misanthrope de la presse

Patron de presse et passionné de jazz, Daniel Filipacchi est né le 12/01/1928 à 0h15 TU à Paris.

Françoise Hardy : L’occupation dans un ciel de naissance de la Balance et du Sagittaire sensibilise au social, à l’actualité, fait sentir le vent, ce qui, vu ton activité, n’étonnera personne. Mais le Capricorne, ton Signe solaire, à une fonction de déconditionnement qui le coupe, dans une large mesure, du monde extérieur et du social. Te reconnais-tu davantage dans l’homme de contacts, raffiné, sociable, que tu pourrais être par l’automne ou dans l’ours, le misanthrope, le solitaire, mal à l’aise dans les situations qui requièrent les qualités automnales de mobilité, de souplesse et d’habileté, que tu devrais être par l’hiver ?

À droite : Thème d’écliptique ; à gauche : Thème de domitude.

Daniel Filipacchi : Je serais plutôt le deuxième personnage. Je me force à être le premier. Si je me laissais vraiment aller à mon penchant naturel... je m’isolerais. Mais c’est techniquement impossible. Je ne sais pas si c’est un bon exemple, mais alors que j’ai pu faire de la radio, j’aurais été absolument incapable de faire de la télévision. Je ne suis d’ailleurs pratiquement jamais passé à la télévision de ma vie. Je ne pourrais pas supporter que les gens se retournent sur moi dans la rue.

Comment concilies-tu la promptitude automnale à se lier comme à se délier ainsi que l’horreur à quoi prédispose cette saison de tout ce qui enracine, encadre, enferme, avec la lenteur, la difficulté capricorniennes à s’attacher comme à se détacher. Autrement dit comment concilies-tu l’infidélité automnale et la fidélité hivernale ?

La fidélité m’importe beaucoup. En même temps, je pense qu’on peut être fidèle à plusieurs personnes. Cela dit, il est assez rare que je me détache de quelqu’un.

La fonction de déconditionnement du Capricorne se manifeste par un pouvoir d’élimination, conscient ou inconscient, de ce qui n’entre pas dans le champ relativement étroit des intérêts. Es-tu facilement sourd et aveugle à ce qui ne t’intéresse pas ?

Je le suis, mais plutôt volontairement. J’ai mis des œillères. II y a des choses dont je ne veux absolument pas m’occuper.

Les œillères capricorniennes font généralement passer les natifs de ce Signe pour froids et indifférents, je ne sais pas si c’est le genre de choses que I’on te reproche ?

Ah oui, oui...

Cette indifférence vis-à-vis de ce qui ne concerne pas les intérêts privilégiés, se double d’une sensibilité et d’une profondeur plus grandes que la moyenne vis-à-vis de ce qui les concerne. A l’extrême - il ne faut pas oublier que le Capricorne fait partie des Signes dits "ultra-paradoxaux" - cela donne Hitler dont la Lune natale, conjointe à Jupiter, était en Capricorne, et qui, tout en étant l’instigateur des horreurs que l’on connaît, ne supportait pas que l’on fasse du mal à une souris. Sans aller jusque-là, peux-tu te montrer aussi hypersensible à certaines choses qu’insensible à d’autres, d’autres qui émeuvent le commun des mortels ?

Sûrement. Effectivement, je peux contempler des atrocités qui me laissent froid, et être, au contraire, extrêmement remué par quelque chose qui semblerait anodin aux autres. Cela m’arrive assez souvent.

Ton Soleil angulaire prédispose à être ambitieux, dans la mesure où il donne un besoin important d’un rôle social central, de premier plan, alors que Pluton et Mercure, tout aussi valorisés que ton Soleil, incitent à la distance vis-à-vis de toute ambition trop personnelle. Es-tu ambitieux sans l’être ?

Je ne me semis pas donné autant de mal pour accomplir certaines choses, si je n’étais pas ambitieux. Mais mes ambitions sont limitées. Je ne me lancerais pas, même avec des certitudes de réussite, dans des entreprises qui ne m’intéressent pas, juste pour l’argent, le pouvoir ou la gloire. En fait, j’aurais aimé être un artiste. J’aurais aime être écrivain, mais je me suis vite rendu compte que c’était sans espoir sur le plan de l’invention. De même, chaque fois que je m’entendais jouer de la trompette, ça me donnait la chair de poule tellement je me trouvais mauvais. J’étais obsédé par la crainte d’être un médiocre.

Un Soleil fort comme le tien favorise l’élitisme et le perfectionnisme, alors que Pluton qui est aussi puissant, sinon plus, que ton Soleil, et qui s’y oppose, peut saper la confiance en soi et porter à se sous-estimer.

Je ne me sous-estimais pas. Je crois vraiment que je n’étais pas brillant. Je pensais qu’il valait mieux être très bon dans une spécialité mineure, que moyen dans un genre prestigieux. A un moment, je me sentais très déprimé de ne pas pouvoir avoir une activité artistique. Je ne serais jamais Armstrong, Max Ernst ou Hemingway. Finalement, j’ai fait mes premiers armes professionnelles dans la rédaction d’un journal et j’ai basculé très vite vers la photo. Mais, là encore, je me suis rendu compte que je n’étais pas un très bon photographe. En revanche, j’avais l’impression de pouvoir réussir à la radio.

Pluton sensibilise à l’anti-modèle ce qui est une façon parmi d’autres d’expliquer ton attirance pour cette musique révolutionnaire, marginale, qu’était le jazz à l’époque ou il est apparu.

Ce que j’aimais au départ dans le jazz, c’était le swing, le rythme. Tout ce qui pouvait ressembler au tango, à la valse, à la chanson populaire ou même à la musique classique, me donnait la nausée. Dans les années trente, rares étaient les familles françaises où l’on entendait du jazz toute la journée comme dans la mienne. A dix ans déjà, j’étais vraiment passionné, j’allais à des concerts, dans des clubs de jazz ou jouaient de très bonnes formations. Je connaissais Django Reinhardt qui était un ami de mon père. Je lisais des revues spécialisées, "Jazz Hot" notamment, ainsi que des livres comme ceux de Panassié, qui m’incitaient à me poser des questions sur le jazz : le vrai, le faux, le bon, le mauvais, le noir, le blanc etc. J’étais un puits de science. Je connaissais tout par cœur, même les numéros des disques...

Astrologiquement, on retrouve la les tendances solsticiale et capricornienne à se donner à fond, jusqu’à épuisement, au sujet qui intéresse...

A la fin de la guerre, j’avais alors seize ans, le jazz m’a encore plus intéressé. Avec le be-bop, Dizzy Gillespie, Charlie Parker etc., apparaissait un nouveau style qui naissait sous nos yeux et qui, tout en gardant les caractéristiques rythmiques du jazz, le transformait en en faisant éclater les trames harmoniques.

L’expression "faire éclater" que tu viens d’utiliser convient bien à Pluton dont la fonction consiste à rompre avec les modèles, les normes, les règles en vigueur. C’est du reste ce à quoi, vu de l’extérieur, tu t’es employé en faisant, entre autre, une revue extrêmement élaborée, sur les anti-chanteurs qu’étaient les chanteurs yéyé, ou en lançant la revue "Lui", première du genre en France.

Ce était ni délibéré, ni systématique. Mais c’est un fait que je ne crois pas aux règles, en tout cas pas aux règles immuables, dans le domaine de la presse, de la chanson ou du cinéma. Je pense qu’on a effectivement souvent intérêt à faire le contraire de ce qui à été fait, à essayer de renverser certaines valeurs.

Le premier modèle étant généralement le père, as-tu eu également tendance, tout en t’y identifiant par ton Soleil, à en prendre - par Pluton - le contre-pied ?

Mon père était un homme intéressant à voir vivre. Mais s’il m’avait dit : "il faut que tu joues de la clarinette", ou "il faut que tu fasses de la photo", cela m’aurait sans doute dégoûté d’avance. II était éditeur et m’a donné le goût de la chose imprimée et des livres. Mais, assez curieusement, il méprisait la presse. II était aussi collectionneur. Comme moi-même.

L’aspiration capricornienne à une totalité et les tendances solsticiales déjà évoquées à toujours aller plus loin sur le plan de ce qui intéresse, peuvent prédisposer à être collectionneur ainsi qu’à friser la démesure.

C’est vrai. D’ailleurs si l’on arrive un jour à avoir réalisé une collection complète, on est dans une impasse. La seule solution est de s’en débarrasser et d’en commencer une autre. Le collectionneur est un artiste refoulé dans la mesure où constituer une collection revient à essayer de créer une œuvre. On n’achète pas n’importe quoi n’importe comment. II y à toujours un souci de réaliser un ensemble qui, en fait, s’apparente à une œuvre d’art. le trouve significatif que les vrais artistes soient rarement des collectionneurs. Ils n’éprouvent pas ce besoin.

Comment ce qu’il devrait y avoir en toi de solaire, c’est-à-dire de discipliné, de conservateur et même de conformiste, s’accommode-t-il de ce qu’il devrait y avoir de plutonien, c’est-à-dire d’indiscipliné, de rebelle, de contestataire ? Reconnais-tu ces deux côtés en toi ?

(Riant) : Je reconnais. Tout à fait. Finalement je mène une vie anticonformiste, mais à l’intérieur d’un cadre que je me suis fixé et auquel je suis à peu près fidèle... C’est vrai que j’aime bien choquer. Je suis légèrement provocateur.

La configuration Soleil-Mercure-Pluton incite à douter de son identité sociale et à ne guère pouvoir se reposer sur ses acquis.

J’ai des incertitudes à ce sujet. Je ne sais pas trop qui je suis. Se juger soi-même est très difficile. Ma réussite professionnelle est ce qu’elle est. Pourtant je ne me repose pas sur mes lauriers. J’ai toujours eu - et j’ai toujours d’ailleurs -l’angoisse de l’avenir. Mais je me suis toujours plus ou moins satisfait de la situation présente, en la jugeant, non par rapport à un mieux, mais par rapport à un pire.

Une Lune en Vierge et au carré de Saturne prédispose à la peur de manquer et fait aspirer à se suffire de peu. Qu’est-ce qui, dans ton conditionnement familial, à pu amplifier cette inquiétude ?

J’avais douze ans au début de la guerre. Le fait d’avoir vécu toute cette période où on souffrait du froid et de la faim m’a marqué. Ce fut une bonne chose.

Sous l’angle astrologique, les tendances solsticiales à toujours étendre plus loin son rayon d’action, jointes à l’inquiétude tant de Soleil-Mercure-Pluton que de Lune-Saturne-Vierge, sont une explication possible du fait que tu n’as jamais cessé de créer de nouvelles revues, de monter de nouvelles affaires.

J’ai toujours évité de mettre tous mes œufs dans le même panier. L’avenir m’inquiétant d’autant plus que je me suis, paradoxalement, orienté dans des professions très instables, comme la presse ou la radio, j’ai pris très vite l’habitude de faire plusieurs choses à la fois.

Au positif, la configuration Soleil-Mercure-Pluton incite à ne pouvoir se contenter d’une seule fonction et à se remettre perpétuellement en question.

J’ai tenté beaucoup de choses, explore des voies diverses, tout en sachant abandonner celles où je percevais qu’il n’y avait pas d’espoir. Encore aujourd’hui, j’essaie des choses. II y en à forcément qui ratent et d’autres qui réussissent. Mais je reste dans mon domaine : là où je pense que je suis à même de comprendre. En même temps, j’ai toujours été obsédé par l’idée de régresser, de revenir en arrière, de retomber.

Une Lune en Vierge au carre de Saturne favorise souvent l’hypocondrie.

J’ai peur de la maladie. Pas de la mort, si elle est rapide et sans souffrance. J’ai toujours vécu avec l’idée du suicide dans un coin de ma tête comme une porte de sortie intéressante. Pour moi la vie serait insupportable si on n’avait pas la possibilité d’en disposer. Mais je ne considère le suicide que comme une fuite devant la maladie. Rien d’autre.

Tu appréhendes plus la souffrance physique que la souffrance morale ?

Beaucoup plus. Sans comparaison. Pour moi, une grande souffrance morale ne peut venir que d’une chose : la disparition ou la souffrance de personnes que j’aime.

Vénus et Neptune qui concernent la sentimentalité, sont les planètes les moins valorisées de ton ciel, ce qui fait supposer que le plan sentimental est problématique chez toi. D’autant plus que ton affectivité est "saturnisée", ce qui est souvent l’indice d’une fixation à l’adolescence, autrement dit d’une immaturité affective pouvant se manifester par des alternances d’excès d’avidité ou d’excès de détachement, débouchant, dans l’un et l’autre cas, sur un sentiment chronique d’insatisfaction ou de vide.

J’ai toujours été privilégié, comblé, satisfait sur ce plan, au contraire, dans la mesure ou j’ai eu la chance de trouver chez ma mère un amour absolu.

Tu n’as jamais été désespéré à cause d’une femme ?

Non.

C’est peut-être l’une des raisons pour lesquelles tu n’as pas pu être un grand artiste... La conjonction Vénus-Satume ne te vaut-elle pas une certaine difficulté à exprimer tes sentiments ?

Connaissant ce défaut, je me force.

"Le poids des mots, le choc des photos" dit la publicité de Paris-Match. Précisément, ton ciel de naissance te sensibilise aux Représentations - mots, images, idées - auxquelles, quoi qu’en dise la publicité, manque le poids du vécu, de l’éprouvé, du concret, de l’agi, que ton ciel relègue à l’arrière-plan. Te ressens-tu plus comme un homme de verbe, d’idées ou de contacts, que comme un homme d’action ? Action au sens physique du terme. T’intéresses-tu davantage au spectacle, à la représentation de la vie, à l’art ou à la fiction, qu’à la vie elle-même ?

Ta question est peut-être un peu trop subtile pour moi. Je m’intéresse plus au spectacle qu’à l’action, mais la frontière est floue.

Ton travail consiste de toute façon à représenter, à relater, à montrer, à communiquer. Mais en dehors de lui qu’aimes-tu faire ?

Je n’aime pas trop l’exercice physique, sauf s’il s’accompagne d’un plaisir visuel, comme le ski, ou si c’est un jeu, comme le tennis. J’adore lire la presse, les bouquins les documents plus que les romans. J’aime aussi beaucoup regarder les images, la peinture. Et le cinéma. Si j’ai le temps, je vois 2 ou 3 films par jour.

L’opposition Soleil-Pluton qui marque ton ciel en priorité peut donner, par le Soleil, le goût du pouvoir personnel et, par Pluton, le refus de ce genre de pouvoir. L’une des solutions possibles à une telle contradiction est d’exercer un pouvoir occulte. Est-ce ainsi que tu considères ton activité de magnat de la presse ?

Je n’ai jamais vraiment pensé à cet aspect-là. Je n’ai pas de messages à délivrer ou, si j’en ai, ils sont tellement étranges, que, dans ma position, j’ai intérêt à m’abstenir. Je n’ai pas de certitudes. Et je ne suis pas un magnat.

La fonction de déconditionnement du Capricorne porte à se sentir en dehors de la mêlée en général, de la mêlée politique en particulier. C’est ce qui ressort de ce que tu as dit. Tu ne te sens vraiment pas concerné par la politique ?

Je suis un sceptique. Cela vient peut-être de mon adolescence où, pendant la guerre, j’ai assisté à pas mal de renversements spectaculaires. Les hommes - je parle de la foule, pas des quelques personnes que j’aime - me dégoûtent et m’attendrissent en même temps. Quand j’étais enfant, bien qu’athée, j’avais ma conception de l’enfer : l’enfer était sur Terre. Quand je regardais les gens, je les regardais à l’intérieur. J’imaginais le sang, les viscères, le délabrement interne. Ça c’était l’enfer. Je les regardais de l’extérieur et quelquefois c’était le ciel. Le ciel et l’enfer sont sur Terre. Bien sûr, il y a des systèmes politiques plus ou moins appétissants. Le capitalisme me fait penser à la jungle et le communisme à la basse-cour. Je préfère vivre dans la jungle, quitte à être dévoré par plus fort que moi, qu’être un animal de basse-cour dont la vie et la mort sont programmés.

Le petit livre du Capricorne

par Richard Pellard. 49 pages. Illustrations en couleurs

Ce livre présente et explique les trois zodiaques : celui du décor des constellations, celui de l’astrologie traditionnelle basé sur les Quatre Éléments symboliques (Feu, Terre, Air & Eau) et celui de l’astrologie naturelle basé sur les phénomènes astronomiques objectifs.

Interprétation du Capricorne selon la symbolique classique et selon ses réflexes dans le zodiaque naturel (force, vitesse, équilibre) ; interprétation du Capricorne en fonction des planètes dominantes ; le Signe solaire & le Signe Ascendant. Vous pouvez dès maintenant le commander à la boutique.

Cet article vous a été proposé par : Françoise Hardy



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