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Géométrie des Maisons et méthodes prévisionnelles

Cette « géométrie » est publiée aux Éditions Véga depuis 2002. Gabriel (un pseudo) en est l’auteur. Nous lui devons le « Traité de l’heure dans le monde » (Éd. G. Trédaniel. 1990) et « Les grandes éphémérides » 1500–1900 (G. Trédaniel. 1990). Son livre, « La géométrie des Maisons astrologiques », confirme ses connaissances des formules mathématiques appliquées à l’astrométrie. Ce qui est de moins en moins courant chez les astrologues depuis l’avènement de logiciels où il suffit de taper sur quelques touches de son clavier pour imaginer que le ciel est un jeu d’enfant… que l’on change en un autre en tapant sur d’autres touches.

De rares ouvrages ont été écrits sur ce sujet aride. La bibliographie de Gabriel comprend onze livres. Elle parviendrait à la douzaine avec le système du Dr W. Koch, astrologue allemand. Douze c’est encore peu par rapport au volume croissant de livres d’astrologie se multipliant comme des clones en reproduisant le même par le même.

Pour ce qui est de la « Domification » ou orientation du thème et détermination des longitudes et étendues des Maisons astrologiques, Gabriel entend en finir avec l’incertitude des systèmes en concurrence. Un seul, le plus sûr, doit l’emporter. Le lecteur est prévenu :

« Avertissement : La Théorie des Maisons est l’une des théories les plus ardues du Corpus astrologique et demeure à ce jour inachevée. En effet, si la symbolique des Maisons est solidement établie depuis l’Antiquité, l’art de leur construction géométrique, ou domification, est loin de faire l’unanimité. Les esprits les plus éminents en ont débattu depuis vingt siècles et la méthode actuellement la plus prisée ne donne pas entièrement satisfaction. Ce livre, fruit d’une longue réflexion, ambitionne de contribuer positivement au débat. Il fait le point sur la Théorie de la domification et met en lumière, preuves à l’appui, la seule solution raisonnablement acceptable. Force est de reconnaître que cette théorie, géométrique par nature, ne se prête guère à la vulgarisation et qu’écrire à son sujet ressemble à une gageure. Aussi, en dépit de nos efforts, l’ouvrage pourra réclamer du lecteur une certaine attention. Pour autant le sujet est amené progressivement grâce à de nombreux rappels historiques et scientifiques assortis d’illustrations, les aspects les plus techniques étant reportés en fin de chapitre dans des tableaux séparés ». Gabriel.

Voilà un avertissement qui vaut un compte-rendu appréciable par le soin de l’auteur à le rédiger lui-même. Je pourrais m’en tenir à son avertissement en recommandant la partie astrométrique, les illustrations des formules, et je pense qu’il est indispensable, pour former le jugement, de connaître différentes options domificatrices.

L’impeccable serait dans le symbole, le flou dans la construction qui le justifie

Avec Gabriel, on est assuré d’être très loin, infiniment loin de la pensée et la recherche conditionaliste dont il illustre cependant les concepts inédits. Ainsi, nous avons un choc frontal entre le « flou » et « l’impeccable » lorsqu’il oppose « une symbolique des Maisons solidement établie » à « un art de la construction qui est loin de faire l’unanimité ». L’impeccable serait dans le symbole, le flou dans la construction qui le justifie. En fait, comme de toute la littérature sur le symbole, autant que de la symbolique des Maisons, s’il y a une diversité de systèmes de domifications c’est, précisément, parce que la symbolique des Maisons comme du reste, est floue et, en référentiel « Objet », changer la pâte à modeler en béton armé est une opération difficile.

Symboles et signaux communiquent mais ne coïncident pas. Le symbole est un signal (énergétique pour C.G. Jung) inconsciemment perçu qui émerge au niveau de la conscience (cf. explicative du rêve chez Jung) en représentations différentes. Ce n’est pas le symbole qui est « polyvalent » mais la variabilité de ses interprétations selon la sensibilité, la culture, les besoins de ses interprètes.

Ce que l’avertissement ne dit pas : la diversité des systèmes de domification procède de l’astrologie événementielle. Les significations des Maisons sont censées rendre compte de tout : du caractère que l’on a, de celui des amis, de la fortune ou l’infortune, du nombre des épouses et des enfants, des pays que l’on visitera, du genre de mort, etc. Avec les Maisons dérivées (1), Eudes Picard, attribue à la Maison XII (IVe Maison de la IXe) « Le pape, les chefs de religion, les trésors cachés du clergé ». À cela, une école contemporaine a ajouté les réincarnations antérieures et postérieures.

On connaît le besoin de puissance et de domination des hommes de science, celui des astrologues n’a rien à leur envier. Le référentiel « Intégration » aspire autant à l’hégémonie que le référentiel « Objet » où la science fait ses preuves par la bombe atomique, la manipulation des gènes et la pollution généralisée. Gabriel apporte les preuves de la supériorité du système Regiomontanus pour la domification, et de l’efficacité du système de Placide pour les directions primaires, à condition, voyez-vous, de calculer ces directions sans tenir compte des latitudes célestes des planètes. Le symbolisme est absolu, sans concession envers les fantaisies du réel observable (qui n’est qu’illusion décadente). Mais quels critères pour prouver qu’il mène la ronde et le monde plus que le sexe ou la volonté de puissance ? Réponse : les Maîtrises, les directions symboliques fondées sur l’équivalence 1° = 1 an, pour domifier le thème natal en Régiomontanus, les directions primaires fondées sur 1 an = 3 min 56s de temps du jour sidéral avant (directions converses) et après la naissance (directions directes) pour calculer les échéances événementielles (mariage officiel, décoration, maladie déclarée, gains, héritages et débours) de la destinée… entièrement enregistrée pour 90 ans = 90°, dans les 6 heures qui précédent et qui suivent la naissance.

Selon Roger Lécuyer, observateur de l’intelligence de la première année (2) les bébés sont astronomes et psychologues. Dès la naissance, ils sont aussi sensibles à une division du ciel conforme aux formules de Regiomontanus. Ce qui témoigne d’une sensibilité supérieure en subtilité aux bébés qui réagissent à d’autres systèmes de domification. Car, il y a, chez les astrologues, des avocats de ces bébés-là et, au cours de ma carrière j’ai lu ou entendu plus d’un plaidoyer d’un camp contre l’autre, chacun arguant d’un plus grand nombre de mariages et/ou de décès en faveur de leur système. J’imagine les trois Parques (trois comme trois Maisons par quartes) spectatrices et rigolardes à la télé des hommes tisseurs de destinées par les cercles (3) de position.

Les Maîtrises planétaires adoptées n’ont aucun fondement astrométrique

La supériorité de Regiomontanus se constate, selon Gabriel, par les directions symboliques « 1° = an » dirigées sur les longitudes (cuspides) des Maisons, et par le jeu des Maîtrises indispensables à l’astrologie divinatoire. Y a-t-il plus solide qu’1° = un an ? Il y a 2,5° ou 5°, ou le pas quotidien du Soleil à la naissance, ou les directions évolutives de Dom Néroman. Très solides aussi… pour leurs partisans. Et quoi de plus solide que les Maîtrises, s’il n’y avait pas celles de Dom Néroman, de K.-E. Krafft, de A. Barbault, de A.Volguine ? La course reste ouverte. Un critère d’interprétation aussi solide que le radeau de la Méduse. Du roc dans la certitude de l’auteur qui écrit : « Le Maître d’une Maison est l’astre gouvernant le Signe zodiacal interceptant cette Maison. Par suite, une Maison mal située en Signe conduit à une Maîtrise planétaire erronée ».

Erreur variable selon les Maîtrises adoptées qui n’ont aucun fondement astrométrique. Avant de poursuivre, je précise que je n’ai rien contre le principe des Maisons et d’une trisection des quartes et je rappelle qu’avec le R.E.T. j’ai pu dégager le S.O.R.I. des significations traditionnelles. Les Maisons prennent alors un nouveau sens, plutôt abstrait qu’événementiel, et les applications du S.O.R.I. sortent largement du cadre astrologique. Ma critique porte sur les critères adoptés pour établir des « preuves ». On ne construit pas une maison, encore moins un lotissement, avec des instruments de mesure élastiques, des mètres variables selon la sensibilité personnelle à la symbolique du temps ou de l’espace. Aussi, pour les trisections, en attendant une démonstration réunissant symbole et signal, je me contente, comme le faisait P. Choisnard, de la trisection des arcs d’écliptique compris entre les quadrants déterminés par les plans du méridien et de l’horizon. Il n’est pas impossible que cette méthode (Porphyre-Gauric) trouve ses fondements dans les transits, phénomènes astrométriques qui ne réclament aucune équivalence analogique, aucune Maîtrise, aucun cercle de position pour être observés avant d’être bien ou mal interprétés. Le seul flou est dans l’orbe… mais la suppression des orbes réduit le thème natal à un ectoplasme.

C’est pourtant ce que font les partisans des directions primaires lorsqu’ils comparent les transits aux directions. Si l’on demande aux transits d’être exacts à la minute d’arc près dans la semaine d’un événement donné, les directions primaires l’emportent parce que les transits témoignent d’une histoire continue, non pas d’une pluie de dates tombée du ciel dans les 6 heures avant ou après la naissance. Une relation entre deux êtres sanctionnée par un acte qui peut être purement conventionnel ne se résume pas à une échéance administrative. Le principe des directions primaires, calculer des dates, diffère de celui des transits : suivre une évolution, un parcours, avec ses bonheurs et vicissitudes, ses moments forts, positifs ou négatifs. La date d’un mariage n’est pas, surtout de nos jours, le moment le plus significatif d’une relation de couple. Expliquer çà à des symbolistes absolutistes, c’est perdre son temps. De la différence entre directions et transits, il vient que les fatalistes événementiels pratiquent plutôt les directions, avec justifications scientifiques ou symbolistes, et les moins fatalistes, astro-psychologues, dont certains dédaigneux des Maisons, ne se fient qu’aux transits.

Côté technique, j’ai toujours préconisé les orbes temporels contre les orbes dans l’espace. Pour les planètes lentes, un transit par conjonction de Pluton peut marquer une période étendue sur ± 3 ans la date de conjonction exacte (à prendre en héliocentrique), ce qui veut dire qu’on ne considère pas les ± 12° d’orbe, généralement admis pris sur l’écliptique, mais une marge temporelle de part et d’autre de l’échéance exacte (qui ne peut être donnée que par la référence héliocentrique). Pour Jupiter et Saturne, il arrive fréquemment que l’aspect transiteur, trop large à la date de l’événement, passe en orbe acceptable, un à 3 mois après. Lorsque j’ai fait part de cette observation à J.-H. Gouchon — partisan des directions primaires en Regiomontanus — est bien le seul à m’avoir entendu… au point de me demander de chercher une explicative rationnelle des directions primaires pour coiffer les symboliques. L’explicative des transits est en meilleure voie.

Afin d’illustrer nos préférences, examinons les comparaisons expérimentales qui seraient, paraît-il défavorables aux transits. Comme pour le 18 juin du Général de Gaulle, exemple du Livre des Prévisions, la décapitation de Marie-Antoinette, exemple des Cahiers n° 26 (1997), j’adopte les coordonnées natales indiquées par le praticien des directions primaires. Gabriel a retenu pour une démonstration de son « Fiat Lux » (titre d’un chapitre de son livre) les thèmes d’Ingrid Bergman et de Raymond Poincaré.

Ingrid Bergman



Selon le recueil (4) du COMAC, il existe trois versions de la date de naissance, et à l’occasion de cet article, j’ai pris connaissance d’une quatrième, relevée dans une biographie récente (5). Gabriel, sans indication d’heure pour le calcul, indique le MC à 8° du Scorpion, position qui ne correspond à aucune des heures mentionnées en note. Il prend cet exemple pour illustrer l’efficacité de la domification Regiomontanus par une direction symbolique (1°= 1 an) à la pointe de la Maison VIII.

« La mesure des écarts entre la direction attendue et la direction calculée selon le type de domification est pleine d’enseignements. Un seul exemple suffira. L’actrice Ingrid Bergman perdit successivement sa mère, son père et sa tante sous l’effet des directions de Saturne, Mars et Pluton à la pointe de la Maison VIII. Mais, tandis qu’en domification de Regiomontanus les écarts sont inférieurs au degré, en domification de Placidus ils excèdent largement huit degrés ».

Gabriel de donne pas la date de la mort du père, ni celle des autres parents. Les biographies succinctes signalent une 13e année éprouvante. Bertrand Meyer-Stabley, biographe de La véritable Ingrid Bergman, est plus précis : « Le 29 juillet 1929, son père meurt d’un cancer de l’estomac. Ingrid n’a que treize ans et, sept mois après Justus [prénom du père], tante Ellen s’éteint à son tour d’une insuffisance cardiaque liée à des problèmes respiratoires chroniques. N’ayant pas encore atteint quinze ans, Ingrid aura vécu une série de drames familiaux qui la laisseront dans un brouillard de chagrin et de confusion ». Le père d’Ingrid a agonisé 1 an.

En 1928, Uranus passe de 0° Bélier en janvier à 3° 38’ en janvier 29. Rétrograde en juillet à 7° 24’, il redevient direct à 3° 28’ à la mi-décembre. En 1929, il passe de 3° 28’ du Bélier à 7° 33’, après une station à 11° 23’ du Bélier à la mi-juillet, soit à 2° d’orbe d’un carré à Saturne natal. En moins de deux ans, dans l’orbe d’un transit de Pluton céleste sur Saturne natal, Uranus aura donc transité par quadratures successives la triple conjonction Pluton-Mars-Saturne natale à 3°, 7°, 13° du Cancer. En 1930, avec son entrée en Capricorne Saturne enchaîne par ses oppositions successives à ce trio « non-R » finalement mis en cause par la cascade de dissonances que forment, de 1928 à 1930, Pluton, Uranus, Saturne célestes, entre eux en aspects dissonants. Un dessin ne me paraît pas nécessaire.

On consultera Le grand livre des prévisions (6) pour le climat correspondant à ces transits… qui n’entraînent pas les mêmes deuils systématiques même pour des jumeaux devant les astres et quel que soit le système de domification. À noter que selon la biographie d’Encyclopaedia Universalis (7), le transit d’Uranus sur Pluton-Mars-Saturne se situe dans la période (1949–1956) qui « s’avéra pour Ingrid Bergman, décisive, créatrice autant de sa personnalité que de son art… [mais qui] fut aussi un temps de dépression, d’échec et de rejet ».

Raymond Poincaré



Écrivain et homme politique, Raymond Poincaré est né le 20 août 1860, 17 h, à Bar-le-Duc. Gabriel et H.J. Gouchon 8 ont dressé le thème pour 16 h 43 m. Gabriel précise qu’il s’agit d’une heure locale alors que selon le régime horaire de l’époque l’heure locale est 17 h . Henri J. Gouchon informe que : « Pour des raisons qu’il serait trop long d’exposer ici (texte qui doit surtout servir de mode d’emploi), nous allons supposer que la naissance s’est produite 17 minutes plus tôt et partons d’un Temps Sidéral natal de 14 h 40 min ».

Ces raisons, communes aux adeptes des directions primaires, consistent à rectifier l’heure de naissance en fonction des résultats obtenus par le système utilisé. Gabriel et Gouchon ont trouvé la même heure locale (16 h 43 min en corrigeant l’heure déclarée par des systèmes différents, Gabriel récusant par Placide (sans latitude) le Regiomontanus qu’il prône pour les directions symboliques, tandis que Gouchon préconise la domification selon Regiomontanus dans le calcul des directions parce qu’elle « semble toujours donner des résultats sensiblement meilleurs que la méthode Placidus… ». Le thème « corrigé » place le MC à 12° du Scorpion, l’AS à 10° du Capricorne. L’heure déclarée place le MC à 17° du Scorpion et l’AS à 15° du Capricorne. Je retiens ce dernier thème comme exemple dans l’article suivant sur les « transits conjugués ».

Pour l’élection de Raymond Poincaré à la Présidence de la République (17 janvier 1913) Gabriel placide et Placidien indique une direction de Saturne sextile à Mars et une opposition de l’étoile Algol à l’Ascendant. Ce n’est pas très probant, alors que la méthode contestée de H.J. Gouchon affiche Mercure et Jupiter en conjonction au MC.

Du côté des transits classiques, nous avons, en exemple d’orbe temporel : Jupiter à 3° du Capricorne à la mi-janvier 1913 ; mais, en mouvement rapide, il passe à 12° début mars sur l’AS rectifié, 15 jours après l’entrée en fonction (15 février) à la Présidence. Jupiter rétrograde début mai à 17° du Capricorne, en orbe de conjonction étroite (2°) à Mars (19° Capricorne) et à l’AS (15° Capricorne) non rectifié sur lequel il repasse en novembre. Ce qui correspond à une boucle sur l’AS.

Un transit de Jupiter sur Mars et AS pour un sommet de carrière paraîtra insuffisant. En fait, la pratique et la théorie enseignent qu’un transit rapide moyen, peut relancer ou actualiser le courant d’un transit lent. Ici, Jupiter relance ou réactualise le transit de Neptune sur Vénus et son passage en Maison VII. La véritable configuration à interpréter étant l’opposition Jupiter-Neptune en Capricorne-Cancer dans l’axe AS-DS natal et aspects harmoniques (sextil de Jupiter, trigone de Neptune) à Neptune natal. Un transit lent dans une Maison dure plusieurs années, son actualisation un ou deux ans seulement. Que lire dans le Grand Livre des Prévisions ? Jupiter-Neptune à la fois en harmonique et dissonant.

De Neptune harmonique en VII, j’extrais : « Vécu activement, ce transit apporte de bons atouts pour rassembler une équipe autour d’une entreprise généreuse ou suffisamment étrange pour changer, et déranger les modes dominantes. On a des chances de séduire des appuis notables, de gagner des adhésions et forcer les résistances aux causes, comme aux projets bizarres, que l’on soutient ».

De Jupiter-Neptune : « A un niveau pratique, il est possible que la solidarité de votre groupe socio-professionnel se manifeste au mieux de vos intérêts matériels, ou de vos ambitions morales. C’est un heureux climat pour devenir une personnalité représentative de sa communauté ».

De Jupiter-Mars : « Les échéances de ce courant peuvent vous valoir diverses occasions de sortir du rang, ou vous dégager des situations médiocres et des dépendances démobilisantes ».

Conformément à l’usage, si Poincaré avait pris une déculottée, je citerais d’abord les options non-harmoniques. Par conséquent, de quoi s’agit-il ?

1 — De montrer que les transits demandent d’interpréter, dans une marge d’au moins 1 à 2 ans, la simultanéité de configurations évolutives plus souvent contradictoires que polarisées vers le « tout bon » ou « tout mauvais ».

2 — Que pour choisir entre le positif ou le négatif, l’interprète doit non seulement comprendre le Sujet par son thème natal, mais connaître ses antécédents (réactions antérieures aux mêmes transits) et ses atouts ou handicaps dans la situation où il est impliqué.

3 — Que l’information astrologique apportée par l’interprète peut favoriser la solution positive, ce qui justifie le non-fatalisme.

Il apparaît de ces 3 points que l’astrologie conditionaliste, tout en conservant son originalité, est aussi proche de l’école de Palo Alto que de la psychologie existentielle (9) qui ne se réclame d’aucune école dogmatique et insiste sur le problème du choix. L’astrologie conditionaliste insisterait plutôt sur les choix possibles et leurs conséquences probables.

Les directions primaires entendent indiquer, non pas quel est le problème, mais la solution. Comment ne pas accéder à un poste de faute responsabilité sous une direction de Saturne sextile Mars ou de Jupiter conjonction MC ? Du contexte, de la problématique du moment, il n’en est pas question. Et l’on voit que le besoin de l’astrologue, informulé mais manifeste, est celui d’un déterminisme absolu qu’il pare de symbolisme pour avoir l’air de n’y être pour rien.

Les transits correspondent à un climat, dont ne sait au seul examen du ciel ce qui en sortira, l’événement que les directions primaires prétendent lire dans les 6 heures avant ou après la naissance étant, pour le conditionalisme, la résultante de déterminismes différents. La volonté ou la Providence peuvent amnistier les verdicts maléfiques ou les inverser en bonheurs provisoires (10) Le Quid des Présidents de la République de Dominique Frémy (11) brosse un tableau des circonstances de l’élection, beaucoup plus en adéquation avec les transits de Jupiter-Neptune qu’avec le sextil Saturne-Mars de la méthode Gabriel ou la conjonction Jupiter-MC de la méthode Gouchon. Une direction qui flatte davantage le fatalisme événementiel et la superficialité des astrologues, mais ne témoigne, pas plus que le sextil Saturne-Mars, de l’ambiance neptunienne de cette élection. Les directions « primaires » méritent bien leur nom.

L’élection et ses circonstances

Circonstances : En 1913, la candidature de Poincaré s’impose à l’opinion publique. La majorité qu’il a su réunir à la Chambre, l’autorité dont il a fait preuve au gouvernement, ses fermes discours de politique étrangère ont impressionné le pays, inquiet des menaces d’un conflit généralisé que peuvent déclencher « les Balkans en feu ».

Il hésitera avant de se décider. « Je ne me sentais », écrira-t-il, dans ses Souvenirs, « aucun goût pour le rôle dont je reconnaissais et admirais la grandeur mais qui, ne comportant aucune responsabilité légale, laissait forcément à celui qui l’exerçait peu d’initiative et d’indépendance ». S’il accepte, c’est par devoir et peut être aussi par défi envers ses adversaires d’extrême droite, rappelant sans cesse qu’il n’est pas marié religieusement et qu’il a épousé une divorcée, sur le passé de laquelle courent les calomnies. Dès que son nom est avancé, les radicaux avec Caillaux et Clemenceau, les socialistes avec Jaurès se déchaînent contre lui. Les premiers laissent entendre qu’il pratiquera une politique de pouvoir personnel farouchement nationaliste, ce qui amènera la guerre avec l’Allemagne. La droite catholique ne lui est pas favorable en raison de son mariage civil et de son laïcisme maintes fois affirmé. Ses adversaires de gauche vont lui opposer son propre ministre de l’Agriculture, Jules Pams (1852–1930), député radical des Pyrénées-Orientales, propriétaire du papier à cigarette Job, affable et absolument dépourvu de caractère. Après avoir un moment soutenu dans les réunions préparatoires A. Dubost, Clemenceau le soutient en affirmant qu’il votera pour le « plus bête ».

Je fais confiance à nos lecteurs pour vérifier le bien-fondé des théories conditionalistes sur les aspects et les transits. Une dissonance est problématique. Qui va gagner ? Ici, Jupiter transit Mars l’a emporté sur Neptune opposition Mars. Mais le succès vient après la bataille, parfaitement bien décrite pour comprendre un transit de Neptune opposé Jupiter qui transite Mars. On suivra par les transits majeurs de 1913 à 1920, dans la tourmente de la première guerre mondiale, les péripéties de cette Présidence, non exempte de la part d’un Mars Ascendant exalté en Capricorne d’erreurs militaires historiques… à ce qu’il paraît.

Sur l’ambiance de l’élection, je regrette de n’avoir pas pensé, quant au transit de Neptune en VII, au partenaire, l’épouse de Poincaré en l’occurrence, à l’instabilité aux motifs idéologiques que cela pouvait provoquer pour le candidat (12) présidentiable. On nous accuse d’intellectualisme ? ! Les « théories » conditionalistes découlent directement des consultations et de la pratique des transits qu’elles imposent. Sans le R.E.T. et le modèle du Héros et son Ombre, il n’y a pas d’interprétation synthétique possible, d’où le fourre-tout des « Moi multiples », en contradiction avec la théorie symboliste de la « signature planétaire » unique.

Le symbolisme se veut subtil, raffiné dans ses dessous mystérieux. Expliquer le zodiaque par le jour et la nuit, une variation de lumière, de présence/absence dans le ciel local ou dans les deux hémisphères d’un globe, est une affaire de rustaud alors que l’Air, l’Eau, la Terre et le Feu ont la délicatesse de ne pas se montrer, surtout pas dans le zodiaque. Pourtant, dans la Table d’Émeraude où il est écrit « Ce qui est en Haut et comme ce qui est en Bas », il y a une verticale qui ne se perçoit et ne se conçoit que par la pesanteur… et le R.E.T. relève de cette verticale (Soleil en haut, Pluton en bas) autant pour la symbolique que pour le signal (rapports moyens des gravités et distances des planètes). Une Table d’Émeraude ou de bois est elle-même un symbole d’équilibre invariable qui ne déroge pas à la pesanteur et aux lois de la statique. La droite et la gauche, l’avant et l’arrière, sont des axes de mouvement abondamment utilisés en symbolique en liaison avec la gravité… sans citation de la source « signal ».

À part ces réflexions qui concernent la pratique des directions primaires opposée à celle des transits, le livre de Gabriel vaut d’être connu pour ses parties cosmographique et polémique.

Notes :

- 1 — Le livre d’Eudes Picard Astrologie Judiciaire (Éd. Leymarie. Paris. 1932), pour ce qui concerne les significations des Maisons, est un chef-d’œuvre de surréalisme. Un incomparable inventaire poético-pratique. Comment se fait-il que les symbolistes ne rééditent pas ce livre ? Le COMAC se chargera au moins de l’inventaire.
- 2 — Bébés astronomes, bébés psychologues. L’intelligence de la première année. Roger Lécuyer. Pierre Mardaga, éditeur. Bruxelles. 1989.
- 3 — En directions primaires on calcule le temps sidéral que met un astre A à la naissance pour atteindre une position A’ identique à la position de l’astre B ou de l’un de ses aspects à la naissance. Les partisans des directions primaires sont confrontés à la définition de « position identique » lorsque l’astre n’occupe pas une « position évidente » aux angles AS, MC, DS, FC. Les divergences et polémiques portent sur les « cercles de position » variables selon les repères (plan équatorial, écliptique, premier vertical, horizon local) et critères adoptés par l’auteur d’un système de domification.
- 4 — Xavier Ego. Recueil de 6000 Personnalités. Éd. Comac. Tourves. 2002. 28/08/1915. 15 h. Stockholm. 28/08/1915. 15 h 30. Stockholm. 29/08/1915. 3 h 30. Stockholm.
- 5 — La véritable Ingrid Bergman. Bertrand Meyer-Satabley. Éd. Pygmalion. Paris.2000. L’auteur mentionne : 29 août 1915, 11 h 15 min. Stockholm.
- 6 — Éd. Sand-Tchou. 1992.
- 7 — Article de Hubert Hardt. Encyclopaedia Universalis. France. Paris. 1983.
- 8 — Les Directions primaires simplifiées. H.J. Gouchon. Éd. Traditionnelles. 1965.
- 9 — Psychologie existentielle. Gordon Allport. Herman Feifel. Abraham Maslow. Rolo May. Carl R. Rogers. Traduit de l’englais par Georgette Zibell. Éditeurs Epi. Paris. 1971.
- 10 — Cette façon de comprendre et pratiquer une astrologie non déterministe n’est pas nouvelle. Cf. Lire et Prédire l’avenir. Hervé Drévillon. Éd. Champ Vallon. 1996.
- 11 — Quid des Présidents de la République… et des candidats. Dominique Frémy. Éd. Robert Laffont. Paris. 1987.
- 12 — Exemple à retenir à l’occasion d’un nouveau livre sur les transits.

Article paru dans le n° 29 des Cahiers conditionalistes (4e trimestre 2004).

Cet article vous a été proposé par : Jean-Pierre Nicola


Les Significations planétaires

par Richard Pellard. 620 pages. Format PDF. Illustrations en couleur.

La décision de ne traiter dans ce livre que des significations planétaires ne repose pas sur une sous-estimation du rôle des Signes du zodiaque et des Maisons. Le traditionnel trio Planètes-Zodiaque-Maisons est en effet l’expression d’une structure qui classe ces trois plans selon leur ordre de préséance et dans ce triptyque hiérarchisé, les Planètes occupent le premier rang. La première partie de ce livre rassemble donc, sous une forme abondamment illustrée de schémas pédagogiques et tableaux explicatifs, une édition originale revue, augmentée et actualisée des textes consacrés aux significations planétaires telles qu’elles ont été définies par l’astrologie conditionaliste et une présentation détaillée des méthodes de hiérarchisation planétaire et d’interprétation accompagnées de nombreux exemples concrets illustrés par des Thèmes de célébrités. La deuxième partie est consacrée, d’une part à une présentation critique des fondements traditionnels des significations planétaires, d’autre part à une présentation des rapports entre signaux et symboles, astrologie et psychologie. Enfin, la troisième partie présente brièvement les racines astrométriques des significations planétaires… et propose une voie de sortie de l’astrologie pour accéder à une plus vaste dimension noologique et spirituelle qui la prolonge et la contient. Vous pouvez dès maintenant le commander à la boutique.

L’astrologie, la nanification de Pluton & les astres transplutoniens

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Pluton ne fait plus partie des planètes majeures de notre système solaire : telle est la décision prise par une infime minorité d’astronomes lors de l’Assemblée Générale de l’Union Astronomique Internationale qui s’est tenue à Prague en août 2006. Elle est reléguée au rang de « planète naine », au même titre que les nombreux astres découverts au-delà de son orbite. Ce livre récapitule et analyse en détail le pourquoi et le comment de cette incroyable et irrationnelle décision contestée par de très nombreux astronomes de premier plan. Quelles sont les effets de cette « nanification » de Pluton sur son statut astrologique ? Faut-il remettre en question son influence et ses significations astro-psychologiques qui semblaient avérées depuis sa découverte en 1930 ? Les « plutoniens » ont-ils cessé d’exister depuis cette décision charlatanesque ? Ce livre pose également le problème des astres transplutoniens nouvellement découverts. Quel statut astrologique et quelles influences et significations précises leur accorder ? Enfin, cet ouvrage propose une vision unitaire du système solaire qui démontre, chiffes et arguments rationnels à l’appui, que Pluton en est toujours un élément essentiel, ce qui est loin d’être le cas pour les autres astres au-delà de son orbite. Après avoir lu ce livre, vous saurez quoi répondre à ceux qui pensent avoir trouvé, avec l’exclusion de Pluton du cortège planétaire traditionnel, un nouvel argument contre l’astrologie ! Vous pouvez dès maintenant le commander à la boutique.





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