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Stade saturnien (de 12 à 30 ans) : l’âge des interrogations

Douze ans déjà ! Le temps pour Jupiter de boucler un tour complet autour du Soleil, et l’enfant confiant, optimiste et conformiste du stade jupitérien se transforme soudain, au sortir de sa douzième année d’existence, en adolescent angoissé, pessimiste et rebelle. Il faut dire qu’une nouvelle planète prend le relais de son évolution : il s’agit de Saturne, dont la durée de révolution sidérale est d’environ trente ans. De douze à trente ans donc, celui qui n’est pas encore un adulte et plus tout à fait un enfant va se transformer au rythme de Saturne.

Le stade saturnien, comme le jupitérien, se caractérise par sa longue durée : pas moins de dix-huit ans ! Commençant avec la puberté, il englobe ainsi l’adolescence et les premiers pas dans l’âge adulte. À la planète Saturne, la tradition astrologique a attribué la mélancolie, la méditation, le goût des abstractions, l’introversion, la frustration, la solitude. Elle en a fait l’astre des silencieux, des savants, des sages. Rien à voir avec Jupiter donc…

Vers douze ans en moyenne, la puberté se manifeste par une croissance physiologique accélérée et anarchique. Organes sexuels et fonctions reproductrices arrivent à maturité. L’enfant grandit, devient plus fort, plus endurant. Une page est tournée, celle de l’insouciance aux formes arrondies et potelées. L’adolescent se retrouve rapidement dans une nouvelle peau, un corps étranger dont il doit faire la connaissance tandis que le monde lui apparaît dans toute sa complexité.

L’intériorisation

A douze ans, l’enfant est parvenu à un excellent équilibre physico-mental. Dynamique, sociable, bon vivant, bien inséré dans son milieu, il respire la confiance en soi, la joie de vivre. Et puis tout à coup, au cours de la treizième année, tout est remis en question. Son caractère devient instable, changeant, ses réactions déroutantes. L’horizon de sa vie, qui se bornait jusqu’à présent à la famille, à l’école et aux copains, lui semble soudain étriqué : il veut l’élargir, développer de nouveaux centres d’intérêt. Il lui arrive souvent de se plonger dans de longues périodes de silence, de rêverie morose, de méditation désenchantée, de refuser le dialogue avec ses parents. Il s’interroge, il s’intériorise en se posant des questions sur lui-même. Cette prise de conscience intériorisante se double d’une prise de conscience extériorisante : il cherche désormais à comprendre le fonctionnement du monde extérieur.

Au stade précédent, l’enfant était plutôt expansif, extraverti, confiant, peu porté à cogiter sur des problèmes abstraits ou selon lui inutiles. Désormais il fouille plus profondément dans sa propre réalité et dans celle des êtres, choses et situations qui l’entourent. Il ne se comprend plus et ne comprend plus le monde. La réalité fait question, pose problème ; les certitudes de l’enfance disparaissent pour laisser place à la perplexité, au pire à un immense désarroi, au mieux à une intense réflexion. L’existence ne va plus de soi. Il perd ses points de repères concrets.

L’adolescent vit donc une désimplication, une prise de distance à l’égard des sollicitations du milieu ambiant. Il considère son vécu avec davantage de recul qu’auparavant. L’existence n’a plus rien de simple, aucune norme enfantine et rassurante ne peut plus être acceptée a priori. Elle doit au préalable faire l’objet d’une intériorisation, d’une réélaboration personnelle critique, au terme de laquelle elle peut finir par être rejetée. Il doit faire l’expérience personnelle de la complexité du monde interne (« Qui suis-je, d’où viens-je, où vais-je ? ») comme du monde externe (« Le monde n’est pas aussi simple que je le croyais quand j’étais enfant »). Ainsi l’adolescent se retrouve-t-il souvent seul, sinon isolé, pensif, désemparé, enclin à s’auto-analyser et à questionner l’univers entier. La difficulté à faire une croix sur le monde de l’enfance comme l’impossibilité à se situer dans celui des adultes peut être à l’origine de sa mélancolie, de sa révolte ou de son aspiration à un absolu qui le transcende.

La pensée formelle

L’adolescence est la période de naissance de ce que le psychologue Jean Piaget appelle les « opérations formelles » : l’enfant devient apte à raisonner à partir d’énoncés, d’hypothèses abstraites, de propositions, d’éventualités à peine esquissées, de probabilités, bref de diverses cérébralisations aiguës à partir de ce qui pourrait être vrai. Alors que jusqu’à douze ans il ne pouvait développer sa logique qu’à partir de l’idée figée qu’il se faisait de sa situation concrète, en essayant par exemple de classer et répertorier des objets visibles ou immédiatement représentés, sa pensée peut maintenant se développer à partir d’éléments verbaux ou symboliques. Les plus doués apprennent à jongler avec les équations et les abstractions mathématiques et/ou philosophiques.

Il n’admet les faits qu’une fois qu’ils ont été vérifiés et testés à travers une multitude d’hypothèses, ce qui le pousse à contester toutes les idées reçues, toutes les évidences. Il ne se pose plus et ne pose plus aux autres les mêmes questions que l’enfant de dix ans. même les réponses les plus pertinentes et sensées à ses « pourquoi » ne le satisfont plus. Il n’accepte plus spontanément les explications qu’on lui impose, selon lui autoritairement. Pour lui désormais, un fait n’est accepté en tant que tel que dans la mesure où il procède de lois générales déterminant son existence et le rendant logiquement nécessaire : il y a chez l’adolescent exigence de rationalité. Il ne se demande et ne demande plus à autrui « Pourquoi, dans quel but ? », mais « Pourquoi, au fond ? ».

Bien sûr, une telle attitude est au début très dérangeante et déstabilisante pour les parents et les éducateurs. Est-ce pour cela qu’on a appelé l’adolescence « l’âge ingrat » ou « l’âge bête » ? Toujours est-il que l’enfant de cet âge qui ergote, poursuit ses raisonnements jusqu’à l’absurde et conteste systématiquement la moindre consigne, semble avoir perdu tout le bon sens qui le caractérisait jusqu’alors et donne ainsi l’impression de régresser. Régresse-t-il vraiment ? Pas du tout, bien au contraire : par cette démarche au départ chaotique et anarchique, il démontre qu’il questionne le réel et les adultes en profondeur pour en élucider les lois d’organisation. Il n’hésite pas à s’interroger sur toutes les éventualités possibles, même les plus apparemment absurdes ou improbables. Il se demande si, parallèlement ou au-delà des réponses qu’on lui donne, n’existerait pas une autre logique, cachée, voilée, mystérieuse. Quelles que soient les réponses ou solutions offertes par les faits ou les adultes auxquels il est confronté, il demeure toujours fondamentalement insatisfait. Selon lui, autre chose est possible… Il pense !

Théoriquement…

Entre douze et quatorze ans (quatorze ans, c’est la durée du demi-cycle de Saturne), l’adolescent peut être tenté, à sa manière parfois irrationnelle, de rationaliser à outrance, de n’exercer sa pensée abstraite que sur de pures propositions verbales qu’il décortique et met en doute, en négligeant la réalité des faits. Le formalisme, le dogmatisme guettent son esprit déconnecté des réalités concrètes. Ce ne sont pourtant là que les tâtonnements d’une pensée qui se cherche. Le domaine des possibles se confond néanmoins souvent avec celui de l’arbitraire, de l’imaginaire : l’adolescent, en s’affranchissant unilatéralement de toute objectivité, en étant immensément confiant dans le pouvoir transformateur de la pensée, s’abandonne aux délices de l’intellectualisme. Il théorise à outrance, et peu importe si ses théories sont la plupart du temps fragmentaires, stéréotypées ou simplistes. En « théorisant » ainsi, il exerce une activité de pure spéculation intellectuelle.

C’est aussi après douze ans, au cours du stade saturnien, qu’apparaissent les premières prises de conscience sociales, politiques ou philosophiques. L’adolescent ne s’identifie plus comme l’enfant aux modèles parentaux ou scolaires. Il cherche sa vérité ailleurs, exerçant sans restrictions ni prudence ses aptitudes à la pensée abstraite, jusqu’à parfois perdre tout contact avec la réalité et se croire capable de pouvoir résoudre tous les problèmes grâce à la seule puissance de sa pensée. En fait, il ne se satisfait pas de ce qui est et il extrapole, à partir des données du réel ou du discours, comment et pourquoi il pourrait et devrait en être autrement, refaisant indéfiniment le monde, hanté par un idéalisme absolu et intransigeant, parfois fanatique.

Plus positivement, ce souci de théoriser le monde se traduit aussi par le goût des compréhensions approfondies, le sens de la complexité des êtres, des choses et situations, l’aptitude à se créer une pensée personnelle, le goût du mystère et des structures cachées. Ce n’est pas un hasard si les statistiques ont démontré que Saturne était très fréquemment dominant dans les thèmes astraux des médecins et des scientifiques, généralement favorisés, il est vrai, par un milieu social et familial propice à de longues et coûteuses études.

Les bandes de solitaires

Il ne suffit plus à l’adolescent de vivre des relations interpersonnelles dans le cadre familial ou scolaire. Il veut être considéré comme un adulte, s’insérer dans leur corps social, participer à leurs idées, idéaux ou idéologies ne serait-ce que pour les contester, toutes choses qui le laissaient indifférent avant douze ans. Tout en cherchant à adapter son moi à son milieu social, il veut obliger le milieu social à s’adapter à son moi. Pas simple ! On est en tout cas très loin du conformisme de l’enfant au stade précédent.

D’un côté, l’adolescent se sent souvent solitaire, mal aimé, incompris et se réfugie volontiers dans un isolement pensif, rêveur ou mélancolique. Mais par ailleurs, on remarque chez lui une tendance de plus en plus prononcée à s’agréger avec d’autres adolescents pour former des « bandes ». Parfaite asocialité d’une part (en réaction aux maîtres, modèles et éducateurs divers), instinct de groupe très puissant d’autre part. Paradoxe ? En fait, les deux sont nécessaires à l’édification de la pensée formelle et à la maturation de sa personnalité, en même temps que tributaires de son statut ingrat : rejeté du monde sécurisant et naïf de l’enfance, il n’a pas encore accès au monde des adultes, dont il se sent pourtant l’égal à bien des égards.

Les bandes d’adolescents sont donc des groupes de solitaires. Se sentant incompris des adultes, ils espèrent se comprendre entre eux et se regroupent sur la base de secrètes affinités électives. Cette vie sociale permet à l’adolescent de se décentrer intellectuellement et de découvrir, en confrontant ses idées à celles des autres, que de multiples points de vue sont possibles, et que le sien n’est pas toujours valable. Il se rend compte que les comportements peuvent être interprétés différemment, il apprend à cerner les mobiles cachés et profonds de ses semblables, alors qu’il ne se souciait nullement de comprendre la personnalité des adultes et de ses compagnons de jeux lorsqu’il était enfant. Avec ceux de sa bande, il fait l’apprentissage d’un nouveau style de sociabilité dans les interactions complexes entre individualités différentes en recherche de leur propre identité, contestant les règles du jeu et les valeurs des adultes et s’en forgeant de nouvelles.

Problèmes d’image

Importants aussi sont la quête de nouveaux modèles et les problèmes d’image chez l’adolescent. Ces modèles transitoires (vedettes de cinéma, stars de la chanson, champions de sport, héros divers) servent à combler la soudaine vacance de l’identité à laquelle il se retrouve confronté. Les modèles parentaux ou scolaires, qui étaient et restent des figures imposées, ne lui suffisent plus. Qu’il les conteste ou non, il cherche désormais ses idéaux et ses identifications ailleurs, et surtout il entend les choisir librement, en toute indépendance. Il veut qu’ils correspondent à sa personnalité profonde sans vraiment encore connaître celle-ci. D’où ces identifications hystériques et désespérées que l’on observe chez les certains « fans » des idoles du showbiz, de sectes, de sports ou de parti politiques, qui cessent d’ailleurs dès que l’adolescent apprend à ne plus confondre, comme il le faisait dans sa panique identitaire de début de stade, identité réelle et propre et identification-prothèse provisoire.

Problème d’image de soi : il ne se « reconnaît » plus en effet dans l’image physique de lui-même qu’il avait jusqu’à présent. Son corps s’est transformé, sa voix a mué et l’apparition de la sexualité génitale, tout en modifiant ses réactions corporelles, est venue introduire une dimension d’insondable mystère au cœur de son être. Très souvent, il ne s’aime guère, ne se plaît pas, se déprécie : il se trouve trop grand ou trop petit, trop gros ou trop maigre, mal à l’aise dans ce corps mutant traversé de sensations jusqu’alors inconnues. Il ne sait non seulement plus qui il est, mais ignore aussi ce qu’il représente.

L’adolescent passe beaucoup de temps devant le miroir, et se soucie beaucoup de son apparence, à la recherche angoissée d’une image de soi mouvante, instable, en perpétuelle mutation et souvent objectivement ingrate (acné juvénile !). Devant le miroir ou dans le choix de vêtements qui se personnalise, il ne fait pas du narcissisme mais s’adresse en fait à un auditoire et un public imaginaires qui lui permettent d’essayer d’évaluer quel effet il produit. Il reconstruit laborieusement, dans le doute et l’incertitude, son image corporelle.

La fabulation personnelle fait également partie de ces problèmes d’égocentrisme adolescent en début de stade, qui ne facilitent guère les relations interpersonnelles : la personnalisation de plus en plus prononcée du caractère implique le sentiment de se sentir différent, unique, incomparable, mais aussi incompris. L’adolescent a de lui-même l’image d’une personne spéciale, irréductible à quelque catégorie que ce soit et impose d’une manière exacerbée son ego douloureux à ses semblables, quitte à adopter des apparences choquantes pour se démarquer des autres.

Amis fidèles et amoureux transis

L’adolescence voit l’apparition du sentiment profond, développement intériorisé de l’affection enfantine, ainsi que la maturation de la sexualité génitale, qui se libère progressivement des inhibitions, tabous et interdits de l’enfance. Auparavant, tout était simple : il y avait d’un côté les petits garçons, de l’autre les petites filles, et les deux groupes ne se mélangeaient guère pour jouer ensemble. Désormais, l’adolescent est confronté à la problématique des choix et des désirs sexuels : entre douze et quinze ans, on sait qu’il existe une période d’homosexualité latente, à laquelle succède une orientation élective : hétéro, homo ou bisexualité. Là encore, il se cherche et doute de son identité sexuelle… comme de tout le reste !

Le sentiment amoureux n’apparaît pas comme spécifique de l’adolescence. Il existe des enfants amoureux. La différence entre l’enfant et l’adolescent amoureux est pourtant de taille : alors que le premier vit ses sentiments dans une projection affective simple et immédiate, le second complique ses sentiments, se construit des romans à leur sujet. Des sentiments à fleur de peau certes, mais toujours difficiles à exprimer par le langage. Là où l’enfant n’imagine même pas que son amour ne soit pas partagé par celui dont il est l’objet, l’adolescent se questionne fiévreusement, sonde son cœur et celui de l’autre pour savoir s’il aime ou s’il n’aime pas, s’il est aimé ou pas, jusqu’où va cet amour et de quoi il est fait, et combien de temps va-t-il durer ? L’adolescent est un amoureux solitaire et transi, aux affects profondément intériorisés et incertains, bref un romantique prêt à toutes les effusions sentimentales mais si maladroit pour sortir de son isolement pour communiquer ses émotions… sinon à son journal intime ou à son ou sa meilleur ami(e) !

C’est en effet aussi à partir de douze ans qu’apparaît un nouveau sentiment : l’amitié. Jusqu’à douze ans, c’était le « temps des copains ». Les relations privilégiées que l’enfant nouait avec un ou plusieurs autres enfants étaient avant tout basées sur le partage de jeux ou d’activité scolaires ou sportives communes. C’est un type de relation relativement superficiel, utilitaire, circonstanciel, où personne ne s’investit profondément. Les copains sont interchangeables. L’amitié est toute différente : comme l’amour, c’est une relation privilégiée basée non seulement sur des affects communs, une sympathie réciproque, mais sur une même vision du monde, des affinités intellectuelles. L’adolescent est très discriminateur et sélectif dans le choix de ses amitiés : l’amitié naît d’un choix personnel, et l’ami sera le grand confident, celui à qui on peut dire ses secrets, ses doutes, ses insatisfactions, ses perplexités sans crainte d’être trahi ou jugé.

La morale personnelle

L’acquisition du raisonnement abstrait permet à l’adolescent de comprendre et d’intérioriser les principes moraux universels. Il ne s’agit plus d’assimiler extérieurement des permis et des interdits, mais d’en comprendre le pourquoi profond et nécessaire, dans un contexte de relativité. La moralité des principes acceptés librement comme siens apparaît entre douze et trente ans (au cours du stade saturnien donc) ou jamais, selon de nombreux spécialistes. Ce niveau de moralité dépasse la simple « peur du gendarme » qui bien souvent caractérisait la moralité enfantine. L’adolescent peut être confronté à un conflit possible entre deux types de normes différents acceptés par la société et se trouver dans l’obligation de faire un choix : faut-il suivre l’exemple de ses parents ou d’un professeur dont il réprouve la conduite alors qu’il leur doit obéissance, ou leur désobéir au nom d’autres valeurs qui exigent l’obéissance à des normes étrangères à celles de ses éducateurs ? Difficiles dilemmes…

Au plus haut niveau (très rares sont ceux qui l’atteignent), l’âge adolescent permet d’accéder à la moralité des principes individuels de conscience : l’individu fait alors ce que lui-même, en tant qu’individu, considère comme bien, sans tenir compte des contraintes légales ou de l’opinion des autres et sans rechercher par ce comportement exemplaire aucune gratification, aucune récompense sociale. Il agit en conformité avec ses propres valeurs morales intériorisées, en sachant qu’il s’en voudrait à lui-même de ne pas le faire.

Tous les adolescents ne sont pas pour autant moraux ou moralistes. Au contraire même : nombreux sont ceux qui, dans cet intervalle de temps, entre en rébellion contre toute morale imposée par la famille, l’école ou la société. On retrouve alors à nouveau le côté contestataire, insoumis, rebelle, anarchiste de l’adolescent dans les problèmes de délinquance juvénile, de rejet de toute règle du jeu, de toute soumission à un ordre collectif contraignant.

Perspectives d’avenir

L’adolescence demande de discipliner le « moi » enfantin, de développer sa propre personnalité afin de s’introduire dans la société adulte. Questions lancinantes de l’adolescent : « qui suis-je ? » mais aussi « que ferai-je plus tard, que vais-je devenir ? ». Contradictions : d’un côté, il voudrait prendre du recul, se donner le temps de réfléchir vis-à-vis de toutes les obligations sociales auxquelles il adhérait sans se poser de questions et se soumettait jusqu’à présent de bonne grâce. De l’autre, l’inconnu que représente l’avenir l’excite. Il va pouvoir s’y déployer, s’y découvrir, y construire enfin sa vie en toute indépendance. Vu du dehors, on dirait que l’adolescent s’intéresse excessivement à des problèmes abstraits ou inactuels (« Au lieu de rêvasser, tu ferais mieux de penser à faire tes devoirs ! »). Mais vu du dedans, la démarche de l’adolescent est de reculer pour mieux sauter, de prendre du champ à l’égard de l’immédiat pour mieux embrasser tous les possibles que recèle son avenir : c’est son intérêt paradoxal.

En s’absentant de son présent, l’adolescent se rend disponible pour l’avenir. Il se veut l’égal de l’adulte, et le juge sur un plan de totale et entière réciprocité… Mais avant de devenir un adulte, il lui faut faire le tri de ses préoccupations, de ses envies, de ses désirs, de ses pensées, élaborer un programme de vie, affermir sa volonté, conjurer ses interrogations anxieuses, ses incertitudes paralysantes, se forger une conception des choses qui lui permette à la fois d’affirmer sa personnalité propre et d’être créatif, de faire mieux que ses prédécesseurs et essayer de changer le monde.

S’insérer dans le monde adulte tout en le transformant, en essayant de faire mieux en fonction de son échelle de valeurs : telle est, au plus haut niveau, l’ambition de l’adolescent. Sa quête d’absolu est exigeante et pour lui, son avenir n’est écrit nulle part. C’est un terrain vierge à explorer, une terre inconnue à découvrir et à s’approprier. Et s’il sait bien qu’il sera obligé d’adopter un rôle social, il espère fermement et avec ferveur qu’il parviendra à créer son propre rôle en le jouant, plutôt que d’accepter passivement de prendre sa place dans la société comme s’il ne s’agissait que de s’identifier à une fonction administrative stéréotypée.

Le jeune adulte

L’adolescence proprement dite prend fin en moyenne vers vingt ou vingt-et-un ans… même si certains restent toute leur vie d’éternels adolescents. En fait, en découpant plus finement cette longue tranche de dix-huit ans que constitue le stade saturnien, on s’aperçoit qu’on peut la subdiviser en trois sous-périodes caractéristiques :

- de douze à quinze ans a lieu la « crise pubertaire ». Pendant cet « âge bête » ou « âge ingrat » (qui n’est pas bête mais très ingrat), l’adolescent fait preuve d’un égocentrisme rebelle et tourmenté, s’inquiète à propos de tout, souffre de problèmes d’identité aigus, se sent solitaire et incompris et a tendance à systématiquement contester l’autorité parentale ou scolaire. C’est là une manière extrémiste et primaire de manifester sa toute nouvelle autonomie.

- de quinze à vingt-et-un ans, l’adolescent (dans une évolution « normale » qui dépend des circonstances sociales et familiales) se stabilise progressivement, perd de sa subjectivité et de son égocentrisme, et commence graduellement à admettre qu’il n’est pas seul au monde, qu’autrui a d’autres préoccupations, intérêts et inquiétudes que les siennes. Il devient plus sage, plus responsable, moins écorché-vif, son esprit critique est mieux ciblé, il réfléchit de manière plus pertinente sur sa propre identité et perçoit mieux sa place dans la société.

- de vingt-et-un à trente ans, dans la même évolution « normale » et idéale, l’adolescent se mue en jeune adulte. Il est encore en recherche, mais ses centres d’intérêts se sont stabilisés, il maîtrise son indépendance et son autonomie, il s’accepte dorénavant tel qu’il est, avec ses forces et ses faiblesses, ses doutes et ses projets d’avenir. S’il est toujours prêt à remettre en question ses acquis, ses premiers choix affectifs ou professionnels, il savoure la liberté de vivre selon ses propres normes, parfois très éloignées des valeurs parentales.

Douze, quinze, vingt-et-un, trente ans : ces âges qui encadrent et jalonnent l’adolescence sont précisément en rapport avec le cycle sidéral de Saturne. À douze ans prend fin le premier cycle de Jupiter. À quinze ans environ, Saturne est à son demi-cycle : il est opposé à la position qu’il occupait à la naissance. À vingt et un ans, il a parcouru les trois quarts de son cycle et se retrouve à 90° de sa position natale, soit en aspect de carré. À trente ans, le premier cycle de Saturne prend fin. Selon l’astrologie, mais aussi selon nombre d’observateurs pertinents du développement humain, l’adolescence prendrait vraiment fin vers trente ans.

L’état saturnien

Nous sommes en état saturnien, comme un adolescent ou un jeune adulte de 12 à 30 ans, lorsque nous nous confrontons à des situations complexes, des objets rétifs, des faits rebelles à nos attentes, lorsque nous sommes fondamentalement insatisfaits de la manière dont se déroule notre existence. Nous sommes en état saturnien lorsque les événements concrets nous laissent perplexes, dubitatifs, incertains quant à la marche à suivre, lorsque nous préférons explorer avec soin tout le champ des possibles, toutes les éventualités, toutes les hypothèses avant de prendre des décisions difficiles, exigeantes, mûrement réfléchies. Nous sommes en état saturnien lorsqu’au moment d’évaluer un être, une chose, une situation, nous nous méfions des évidences, des certitudes admises, des recettes connues, que nous préférons soigneusement et longuement observer et analyser les phénomènes avant de nous faire une opinion, d’émettre un jugement, d’opter pour une direction en sachant qu’elle sera peut-être remise en question.

Nous sommes encore en état saturnien lorsque nous introduisons entre nous-mêmes et autrui une relation de distance, de froideur, de détachement, lorsque nous nous arrachons à notre présent pour prendre le temps de réfléchir, de penser, de disséquer nos expériences pour essayer d’en comprendre la signification profonde. Nous sommes en état saturnien lorsque nous prenons du recul par rapport aux événements, lorsque nous préférons être seuls que mal accompagnés, lorsque nous doutons de nous-mêmes et des autres, lorsque nous exerçons notre sens critique et notre scepticisme expérimental à l’égard de ceux qui parlent trop fort, qui sont toujours sûrs d’avoir raison, qui paradent sur le devant de la scène, quitte à nous retrouver ainsi parfois seuls et incompris.

Nous sommes toujours en état saturnien lorsque nous n’hésitons pas à endosser des responsabilités contraignantes, ingrates, difficiles, lorsque nous nous engageons dans des actions désintéressées au succès problématique, lorsque nous nous demandons avec inquiétude ou espoir de quoi demain sera fait, lorsque nous cherchons à nous prémunir contre les incertitudes de l’avenir en étant prudents, prévoyants, méthodiques. Nous sommes en état saturnien lorsque nous ne recherchons dans nos efforts qu’une satisfaction personnelle et pas une reconnaissance sociale, lorsque nous nous méfions instinctivement des compromis de façade, lorsque dans l’action nous refusons les solutions de facilité et les complaisances.

Nous sommes enfin en état saturnien lorsque nous nous questionnons sur le sens caché de la vie, sur les mobiles secrets de nos motivations ou de celles des autres, lorsque ce que nous éprouvons nous laisse toujours dans un état de manque, un sentiment d’inachevé, dans la certitude qu’au fond l’essentiel nous échappe toujours. Nous sommes en état saturnien lorsque nous sommes seuls avec nous-mêmes et face à l’inconnu du monde, lorsque nous nous abstrayons des contingences du moment pour imaginer ou prévoir d’autres possibles, lorsque nous nous demandons si notre existence n’est pas absurde, ou lorsque nous aspirons à connaître l’indicible vérité, l’absolu transcendant, l’invariant secret et discret niché et caché au cœur de l’existence des êtres et choses.

Avec un Saturne fort et dominant, on est plus fréquemment que d’autres sceptique devant les évidences, critique, en recul, en distance, dubitatif, en proie à une insatisfaction chronique qui favorise le goût de la recherche, de l’aventure, de la réflexion profonde, de l’imagination et des remises en question. Si au contraire Saturne est peu valorisé dans le thème de naissance d’un individu, il aura plus souvent que d’autres de la difficulté à mesurer et prévoir les conséquences lointaines de ses actes, à s’épanouir dans la solitude studieuse ou simplement pensive, à décanter ses expériences et comportements pour en analyser les rouages cachés et motivations secrètes. SUITE

Cet article vous a été proposé par : Richard Pellard

Voir aussi :

- Profil psychologique du Saturnien
- Signification de Saturne dans le R.E.T.
- Famille « E extensif » (Existence extensive)
- Famille « t intensif » (transcendance intensive)
- Saturne et le système osseux
- Le saturnien en B.D.
- Introduction à la Théorie des âges.
- L’échéancier planétaire et la Théorie des âges


Les Significations planétaires

par Richard Pellard. 620 pages. Format PDF. Illustrations en couleur.

La décision de ne traiter dans ce livre que des significations planétaires ne repose pas sur une sous-estimation du rôle des Signes du zodiaque et des Maisons. Le traditionnel trio Planètes-Zodiaque-Maisons est en effet l’expression d’une structure qui classe ces trois plans selon leur ordre de préséance et dans ce triptyque hiérarchisé, les Planètes occupent le premier rang. La première partie de ce livre rassemble donc, sous une forme abondamment illustrée de schémas pédagogiques et tableaux explicatifs, une édition originale revue, augmentée et actualisée des textes consacrés aux significations planétaires telles qu’elles ont été définies par l’astrologie conditionaliste et une présentation détaillée des méthodes de hiérarchisation planétaire et d’interprétation accompagnées de nombreux exemples concrets illustrés par des Thèmes de célébrités. La deuxième partie est consacrée, d’une part à une présentation critique des fondements traditionnels des significations planétaires, d’autre part à une présentation des rapports entre signaux et symboles, astrologie et psychologie. Enfin, la troisième partie présente brièvement les racines astrométriques des significations planétaires… et propose une voie de sortie de l’astrologie pour accéder à une plus vaste dimension noologique et spirituelle qui la prolonge et la contient. Vous pouvez dès maintenant le commander à la boutique.

L’astrologie, la nanification de Pluton & les astres transplutoniens

par Richard Pellard. 117 pages. Format PDF. Illustrations en couleur.

Pluton ne fait plus partie des planètes majeures de notre système solaire : telle est la décision prise par une infime minorité d’astronomes lors de l’Assemblée Générale de l’Union Astronomique Internationale qui s’est tenue à Prague en août 2006. Elle est reléguée au rang de « planète naine », au même titre que les nombreux astres découverts au-delà de son orbite. Ce livre récapitule et analyse en détail le pourquoi et le comment de cette incroyable et irrationnelle décision contestée par de très nombreux astronomes de premier plan. Quelles sont les effets de cette « nanification » de Pluton sur son statut astrologique ? Faut-il remettre en question son influence et ses significations astro-psychologiques qui semblaient avérées depuis sa découverte en 1930 ? Les « plutoniens » ont-ils cessé d’exister depuis cette décision charlatanesque ? Ce livre pose également le problème des astres transplutoniens nouvellement découverts. Quel statut astrologique et quelles influences et significations précises leur accorder ? Enfin, cet ouvrage propose une vision unitaire du système solaire qui démontre, chiffes et arguments rationnels à l’appui, que Pluton en est toujours un élément essentiel, ce qui est loin d’être le cas pour les autres astres au-delà de son orbite. Après avoir lu ce livre, vous saurez quoi répondre à ceux qui pensent avoir trouvé, avec l’exclusion de Pluton du cortège planétaire traditionnel, un nouvel argument contre l’astrologie ! Vous pouvez dès maintenant le commander à la boutique.





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