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Vous êtes ici : Accueil ►Astro-pratiqueAstro-portraits célèbresSous le ciel de Jarnac, un Scorpion nommé François Mitterrand


Les faits blessent…

François Mitterrand n’est pas « marsien ». Son fonctionnement ne relève donc pas d’une « logique pratique » ; il répugne aux franches confrontations, aux face-à-face à bout portant, aux réactions d’agressivité immédiate. Ce n’est pas l’homme du « parler vrai ». À l’« action directe », il préfère la longue et patiente rumination de savantes et complexes stratégies : « L’action brûle vite les matériaux qu’on lui jette. Un sol qui repose nourrit des moissons abondantes. Ah ! Le bonheur utile des longues promenades où respirer est penser… La fatigue m’a planté plusieurs fois sur place, comme un arbre : les racines poussent vite à qui sait s’arrêter ».

Mars à l’ombre…

« Dans la sphère de l’inconscient, s’inscrivent non seulement les contenus refoulés, mais aussi tous les matériaux psychiques qui n’ont pas atteint, quoique existants, la valeur, l’intensité qui leur permettraient de franchir le seuil du conscient » (C.G. Jung).



Mars est sans aucun doute la planète la plus faible dans le ciel natal de François Mitterrand. Sa durée de révolution est d’environ deux ans : pour comprendre les significations que l’astrologie lui a attribuées, nous nous pencherons donc sur l’intervalle entre un an (durée de la révolution sidérale de la Terre) et deux ans (fin du premier cycle marsien). Au cours du stade marsien, l’enfant apprend à explorer le monde extérieur « à bout portant », grâce à sa toute nouvelle indépendance locomotrice ; il « doit partir d’une logique pratique. il faut d’abord commencer par faire des choses ». (Gesell). Il a une tendance très forte aux activités motrices brutales ; les comportements d’agression franche et directe envers personnes et objets culminent pendant cette période ; il apprend enfin les rudiments du langage, un « langage télégraphique (qui) ne contient que des mots qui véhiculent des significations » (Papalia). Autrement dit, c’est le « parler vrai », cher à tous les hommes politiques « francs et réalistes », marqués par un Mars très puissant (Michel Rocard, Raymond Barre ou Pierre Mendès-France, par exemple).

François Mitterrand n’est pas « marsien ». Son fonctionnement ne relève donc pas d’une « logique pratique » ; il répugne aux franches confrontations, aux face-à-face à bout portant, aux réactions d’agressivité immédiate. Ce n’est pas l’homme du « parler vrai ». À l’« action directe », il préfère la longue et patiente rumination de savantes et complexes stratégies : « L’action brûle vite les matériaux qu’on lui jette. Un sol qui repose nourrit des moissons abondantes. Ah ! Le bonheur utile des longues promenades où respirer est penser… La fatigue m’a planté plusieurs fois sur place, comme un arbre : les racines poussent vite à qui sait s’arrêter ». S’arrêter, avoir le temps de méditer, de se retrouver, ne pas se sentir obligé de répondre du tac au tac à la valse des événements. Avoir un Mars faible ne l’empêche pas d’avoir le goût de l’action, le sens du combat. L’homme, on le sait, ne craint pas de partir à l’assaut de ses adversaires. Mais il ne fonce pas tête baissée dans le conflit : « L’assaut ? Le sien sera feutré, souterrain ». Autant dire subtil, insidieux, invisible, bref, en termes astrologiques, plutonien ; l’assaut marsien serait plutôt, lui, à la hussarde… pas le genre de Mitterrand. Dans la mythologie, Mars est le dieu des armes et de la guerre. Faudrait-il en conclure qu’avec un Mars faible, l’hôte de l’Élysée est « désarmé » ? Chacun a pu constater que non. À chacun ses armes : « Une des armes de prédilection de Mitterrand, c’est le charme. Il en use à sa manière, une morsure d’abord, puis une caresse ». Cette fois, l’assaut est vénusien : on séduit l’adversaire que l’on veut circonvenir, on l’enveloppe de douceur et de séduction… Comme on le voit, des armes bien conformes à ses planètes dominantes, Vénus et Pluton. Le journaliste Philippe Alexandre, sévère, estime que « ce n’est pas le plaisir du combat, l’odeur de la poudre qui mobilisent François Mitterrand. C’est le poids du compte à régler, de l’outrage à châtier ». Il est vrai qu’un Scorpion solaire et plutonien a la mémoire longue, la susceptibilité égotique élevée et, par voie de conséquence, les rancunes tenaces et sévères. Pour lui plus que pour d’autres, la vengeance est un plat qui se mange froid. L’analyse d’Alexandre est pourtant un peu courte : si Mitterrand est mal à l’aise, et renâcle devant les francs duels, c’est bien parce qu’il n’est pas en position de force dans ce type de circonstances. Aux champs de bataille où l’on s’entretue franchement, ouvertement, brutalement, il préfère les sombres combinaziones que l’on ourdit en coulisse, dans le silence et l’invisibilité.

Le langage « marsien » est un langage cru, concret, franc, sans ambiguÏté ni équivoque. Pour un « marsien », un chat est un chat. François Mitterrand manque presque totalement de cette aptitude à utiliser un « langage télégraphique », comme celui de l’enfant entre un et deux ans. Ses ennemis, critiques et contempteurs ne se privent pas de souligner ce défaut chez lui : il n’est pas franc du collier, il ne dit jamais vraiment ce qu’il pense, ou alors de manière si alambiquée… Expert dans l’art de séduire, charmer, dérouter et intoxiquer par le discours, il ne l’est pas du tout dans celui de dévoiler franchement le fond de sa pensée, de mettre ses mots en étroite et parfaite concordance avec ses actes comme avec ses pensées.

Mars lui manque. Lui manque cette capacité à s’inscrire tout entier dans l’instant, à « vivre pour vivre » dans l’immédiat, sans discours ni projet ni recul. Mars est en rapport avec l’existence d’Existence, et décrit cette zone de nous-mêmes où l’existence se suffit à elle-même, dans un vécu « au ras des pâquerettes », dans l’absurde mais nécessaire lutte pour la survie, dans un concret sans perspective. Pour ce plutonien, « l’existence, il n’y a pas que ça dans la vie ». Le long terme de l’histoire, la métaphysique priment sur l’ici et maintenant. Lui manque encore cette aptitude à accepter purement et simplement la logique des faits, qui est l’apanage de la fonction marsienne. On retrouve là les problèmes d’économie et d’intendance que nous avions déjà évoqués à propos de Jupiter et Saturne. Lui manque enfin cette force bien marsienne, qui permet sur le champ de trancher dans le vif du sujet, de prendre sans tergiverser les décisions pratiques et concrètes qui s’imposent.

Ce qui nous fait défaut, ce qui nous manque, nous avons tendance, soit à obscurément le rechercher chez les autres, soit à leur en vouloir de posséder ces qualités que nous n’avons pas. François Mitterrand n’échappe bien évidemment pas à cette règle. Ses relations les plus importantes — parmi ses amis comme parmi ses ennemis — sont marquées du sceau d’un Mars nettement dominant. En premier lieu, dans le camp des proches, sa femme Danielle, née lorsque Mars se couchait, infatigable battante et combattante en première ligne. Charles Hernu, lui aussi né au coucher de Mars, à l’agressivité intempestive. N’oublions pas Laurent Fabius, né au lever de Mars. Complémentarité des opposés. Sans doute ces « marsiens », objets d’une occulte fascination, l’incitent-ils, en le rappelant sans cesse à la logique des faits concrets, à être plus réaliste, à davantage prendre en compte la situation présente, les impératifs de l’ici-et-maintenant qui demandent réaction immédiate et circonstanciée plutôt que longue et complexe réflexion. Dans le camp de ses « ennemis préférés », objets, eux, d’une toute aussi occulte répulsion, les marsiens sont aussi légion. De Gaulle, Pompidou, Giscard d’Estaing et Chirac sont « marsiens », chacun à leur manière. N’oublions pas ses ennemis « de gauche » : Rocard et Mendès-France, les chantres et promoteurs du réalisme économique socialiste, sont tout deux « marsiens ». Francs, carrés, directs, rugueux. L’inverse de lui. Et nul doute que tous ces marsiens, partenaires et/ou adversaires, exercent sur lui à la fois fascination et répulsion, attirance et rejet, selon des proportions et des modalités différentes, parce qu’ils soulignent ses carences et jouent avec brio d’une corde « marsienne » qu’il a bien du mal à faire vibrer.

Dans le thème natal, Mars est en Sagittaire, et en relation harmonieuse avec Saturne et Neptune. Lorsqu’elle est dominante, cette configuration fait les êtres à la fois habités, solidaires et énergiques, prêts à se battre à la loyale, à la fois âprement, avec chaleur, fougue et humilité pour les valeurs qu’ils estiment universelles. Elle signale aussi un tempérament de technicien aussi rigoureux et méthodique qu’inspiré, soucieux de rechercher la vérité dans les faits. Rien de tout cela chez François Mitterrand. Il n’a jamais été un militant exemplaire : bien plutôt un individualiste solitaire. Pas plus qu’un technicien rigoureux. On ne s’étonnera pas de retrouver ces planètes dominantes chez ses chers ennemis : Rocard, Barre (Mars-Saturne, pour l’austère et froide technicité), Chirac (Mars-Neptune, pour la fougue militante et l’ardeur au combat). Pourtant, on peut remarquer que ce Mars faible est harmonique, consonant. Ce fait explique peut — être la facilité qu’a Mitterrand à s’entourer de partenaires qui comblent largement ses carences et lacunes, comme si, même sans le reconnaître ouvertement et publiquement — il est trop peu franc, trop orgueilleux, trop dissimulateur, voire de mauvaise foi pour le faire —, il acceptait et prenait acte, intimement, de ses faiblesses, de ses manques, de ses « zones d’incompétence ».

Uranus faible : l’anti-système ou : « demandez le programme ».

François Mitterrand n’a pas l’esprit de système. Il « n’aime pas jongler avec les concepts, les principes abstraits ». Il répugne à enfermer sa pensée dans des cadres trop rigides et, finalement, reste réfractaire aux idéologies.

Uranus a pour vocation la « représentation de la transcendance » : la réduction de la complexité et de la multiplicité des possibles (transcendance) à « une orientation clé, un but unique, un choix précis » (représentation). Ce qui induit des comportements marqués par « l’hyper-sélectivité, l’extrême rigueur, l’horreur du flou et de l’approximatif ». Là encore, tout le contraire de Mitterrand. Certes, il a su mobiliser toute son énergie pour une orientation-clef : devenir Président de la République ; un but unique : rassembler la gauche pour parvenir à l’installer au pouvoir ; un choix précis : celui du socialisme. L’astrologie aurait-elle « tout faux » cette fois ? Voire… Si la psychologie de François Mitterrand est certes marquée par l’hyper-sélectivité, c’est au Soleil en Scorpion qu’il doit ce trait de caractère. En revanche, nous l’avons vu, nulle trace chez lui de programmation rigoureuse, d’horreur du flou et de l’approximatif. Non-uranien, voire anti-uranien, il n’a pas suivi, dans son solitaire parcours politique, une ligne droite, ferme et claire. Ici, la comparaison avec De Gaulle, chez qui Uranus est dominant, s’impose : le général s’est délibérément imposé comme l’ultime recours, l’homme providentiel, hiératique, rigide, intransigeant. Uranus permet de réduire le multiple à l’unique, et donc de se faire « le porte-parole d’une classe, d’une époque, d’une nation… missionné, prophète, idole, sauveur, meneur de foules ». Jamais François Mitterrand n’a cherché à jouer un tel rôle. Sa trajectoire, floue et sinueuse, contraste fortement avec celle, nette et droite, du fondateur de la Ve République, auquel il reprochait de vouloir « incarner le moment d’un destin éternel ». Uranien, De Gaulle se faisait « une certaine idée de la France » : l’ensemble complexe que l’on appelle « la France » (transcendance) était pour lui réductible à « une certaine idée » (représentation). Chez Mitterrand, aucune tentation de conceptualiser son pays : plutonien, il « fait partie du paysage de la France », à l’intérieur duquel il aspire à rentrer « comme l’un de ses monuments lourds d’histoire, rendus intouchables par l’accoutumance des siècles, et que la foule traverse sans s’en rendre compte ». Des monuments solaires et plutoniens, orgueilleusement anonymes, comme hors du temps et pourtant portant l’empreinte narcissique de leur architecte. Toujours « laisser le temps au temps », s’inscrire dans la longue durée… ce qui n’exclut certes pas l’ambition individuelle : il entend laisser de lui une trace subtile mais puissante, insidieuse mais durable dans l’histoire française, beaucoup plus qu’une image de conquérant sublime, de démiurge exceptionnel, de refondateur de la France, aux antipodes de la légende et de la mythologie gaulliennes, on ne peut plus uraniennes.

Politiquement, c’est également un anti-systématique. Le Programme Commun de la gauche, la « gauchisation et la marxisation du P.S., où F. Mitterrand […] parlait tout naturellement de lutte des classes et de front de classe » ? Allons donc ! Pour se protéger du dogmatisme marxiste (Uranus dominant chez Marx), pour prouver aux militants communistes et socialistes qui le suspectaient — à juste titre rétrospectivement — de n’être qu’une espèce de « radical — socialiste », il n’hésitait certes pas à déclamer de fortes professions de foi idéologico-théoriques. Y-a-t-il jamais cru ? On peut en douter. Il n’a lu Marx que très tard, et c’est bien plus un mélange d’ambition personnelle et de valeurs impersonnelles empreintes d’humanisme chrétien qui sous — tend son action politique que l’adhésion à une idéologie quelconque, fut-elle « de gauche ».

Uranus dominant confère un fort sens de l’organisation, de la hiérarchie, de la programmation. Laurent Fabius, le « dauphin » de François Mitterrand, est un uranien : élitiste, concepteur, technocrate ; l’inverse de son « père » en politique. D’après l’un des proches du Président, « son sens de l’organisation le bluffe, lui « qui se plaît dans la désorganisation ». L’organisation plutonienne de Mitterrand est subtile, complexe, aléatoire, à géométrie variable : elle tend à tisser des liens denses mais ténus, épousant le plus fidèlement possible les contours et métamorphoses d’une réalité toujours changeante. Celle de l’uranien Fabius est plus systématique, tranchée, programmatique. Soulignant (sans le savoir), la force d’Uranus chez Fabius et sa faiblesse chez Mitterrand, l’un des proches conseillers du Président note même cruellement que Fabius est la « copie informatisée de Mitterrand ». Le recours à la métaphore informaticienne ne saurait mieux définir l’aspect systématique de l’intelligence uranienne.

Uranus faible est en rapport consonant (trigone) avec Lune et Mercure dominants. François Mitterrand, s’il n’est pas uranien, sait pourtant, quand il le faut, trancher abruptement dans la complexité des choses. Certes, en bon plutonien, « quand il se trouve devant une situation très mobile, très changeante, il lui arrive souvent […] de laisser traîner. Comme s’il attendait que ça se décante », comme le note l’un de ses proches, Georges Beauchamp. Mais — c’est plus rare mais bien uranien — il lui arrive parfois de « déployer quelques vues ténébreuses avant d’aller brusquement, presque incidemment, à l’essentiel ». Comme nous l’avons vu pour Mars, l’ensemble Uranus/Lune/Mercure, harmonique, lui permet aussi sans doute d’avoir une conscience aiguë de sa faiblesse en tant qu’organisateur, et de s’entourer de gens compétents en ce domaine. Sous le trigone Mercure/Uranus, s’il a toujours à l’esprit de multiples hypothèses, d’innombrables pistes d’interrogation et de réflexion (Mercure), il sait aussi, lorsque c’est nécessaire, focaliser, polariser, réduire l’ensemble complexe de ses pensées, ne serait-ce que pour faire le point, s’y retrouver dans la complexité de ses raisonnements. Mais, mercuro-plutonien, gageons qu’il retourne ensuite bien vite à ses combinaziones alambiquées et tortueuses… Jamais Mitterrand n’a pu, jamais il ne pourra vraiment jouer au prophète : il est trop louvoyant, trop inquiet, trop pénétré de l’inconnaissable pour cela. Soyons certains que François Mitterrand n’est pas, n’a jamais été, ne sera jamais « mitterrandiste » : sa méthode est le fruit de la collusion-collision entre le hasard des événements et la nécessité de l’histoire, d’une part, et son besoin bien plutonien de faire basculer les systèmes de références dominants, quels qu’ils soient. « Chassez les planètes dominantes, elles reviennent au galop », pourrait-on dire en paraphrasant le proverbe. C’est une loi en astrologie, et François Mitterrand, pas plus que quiconque, n’y échappe. SUITE

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Cet article vous a été proposé par : Richard Pellard




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