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1. Rétrogradations et déclinaisons Vous êtes ici : Accueil Documents Astro-physique Cosmographie
Publié le : 27 août 2005
1. Rétrogradations et déclinaisons
Astronomie et interprétation
En astrologie traditionnelle, les rétrogradations planétaires sont affublées d’une très mauvaise réputation. Au mieux, elles affaibliraient l’influence de la planète rétrograde ; au pire, elles la feraient fonctionner sur un mode pervers. Pour l’astrologie karmique, qui en use et abuse, les rétrogradations témoigneraient des dettes karmiques que nous aurions accumulées dans nos précédentes réincarnations, dettes qui ressemblent comme des sœurs à leurs "maléfices" supposés par l’astrologie classique. L’astrologie conditionaliste, elle n’a jamais véritablement approfondi les problèmes qu’elles peuvent induire et les questions qu’elles peuvent poser dans l’interprétation.

Le phénomène astronomique de rétrogradation

Le mouvement apparent d’une planète résulte de l’interaction entre son mouvement réel et du celui de la Terre. Les rétrogradations ne sont donc pas des "illusions d’optique" : elles sont induites par les vitesses angulaires différentes de la Terre et de la planète. Comme le souligne Jean-Pierre Nicola, "un peu d’astrométrie et de cinématique suffit à comprendre l’indissociabilité des deux systèmes hélio et géocentrique : nos "apparences" sont directement fonction des vitesses et positions réelles des astres et, de ce fait, de la configuration réelle du système solaire... donc, des lois, toujours efficientes, qui déterminent la distribution des orbites, les mouvements planétaires et la cohérence de l’ensemble...".

Le mouvement apparent selon qu’il s’agit des planètes "intérieures" à l’orbite terrestre (Mercure et Vénus) ou des planètes "extérieures" (de Mars à Pluton).

Pour une planète intérieure, le mouvement apparent est direct en conjonction supérieure (elle est alors derrière le Soleil), et rétrograde en conjonction inférieure (elle est alors devant le Soleil).

Pour une planète extérieure, le mouvement apparent est direct en conjonction au Soleil et rétrograde en opposition au Soleil.

Prenons l’exemple de la rétrogradation de Mars. Elle se déroule en cinq étapes caractéristiques :

- 1 à 2 : sens direct.
- 2 : station. Le Soleil est alors à 136° "en avant" de Mars.
- 2 à 3 : sens rétrograde.
- 3 : opposition exacte Soleil-Mars.
- 3 à 4 : sens rétrograde.
- 4 : station. Le Soleil est alors à 224° "en arrière" de Mars.
- 4 à 5 : sens direct.

Le tableau ci-dessous vous donne les durées moyennes et les arcs de rétrogradation des planètes. Plus la planète est lointaine, plus l’arc de rétrogradation est étroit, ce qui montre que la rétrogradation n’est pas un phénomène purement géocentrique.

Coordonnées des positions zodiacales

Rappelons tout d’abord que la conception conditionaliste du zodiaque se réfère avant tout aux coordonnées écliptiques (longitude et latitude céleste) en relation avec les coordonnées équatoriales (déclinaison et ascension droite), qui permettent de déterminer la position d’une planète dans la sphère céleste (dont le centre est le centre de la Terre). Reportez-vous à la fig. ci-dessous. "T" signifie "Terre" et "P" signifie "Planète".

Coordonnées écliptiques

- L’arc Bélier-a est la longitude écliptique de l’astre P.
- L’arc P-a est la latitude écliptique de l’astre P.

Dans nos éphémérides, seules sont données les longitudes écliptiques.

Coordonnées équatoriales

- L’arc Bélier-b est l’ascension droite de l’astre P.
- L’arc P-b est la déclinaison de l’astre P.

Dans nos éphémérides, seules sont données les déclinaisons.

Zodiaque et rétrogradations

Lorsqu’une planète est rétrograde, sa déclinaison est inverse de ce qu’elle est quand elle est en sens direct.

Prenons un exemple concret. Le 1er janvier 1964, Uranus est rétrograde à 9°57 de la Vierge. Sa déclinaison est de 8°34 N, et il se trouve au-dessus de l’équateur, non loin de l’intersection entre l’équateur et l’écliptique qui détermine l’équinoxe d’automne. Du fait de sa rétrogradation, sa déclinaison Nord est croissante et correspond à celle du Soleil à 22° du Bélier. Uranus rétrograde en Vierge se transformerait-il en Uranus-Bélier ? Faut-il dans ce cas de figure interpréter un Uranus-Bélier plutôt qu’un Uranus-Vierge ?

Ce n’est pas si simple. Comme le précise Jean-Pierre Nicola, "Changer de Signe parce que la déclinaison passe de la croissance à la décroissance ou l’inverse du fait de la rétrogradation, c’est éradiquer la composante ascension droite de la position de l’astre (d’où une absurdité) et isoler la rétrogradation, l’extraire comme un phénomène à part de la révolution synodique. Un véhicule qui, sur une côte, effectue une marche arrière, n’est pas un véhicule qui monte, ni un véhicule qui fait un bond dans le temps pour retourner au passé. La rétrogradation fait partie d’un cycle. Il suffit de se donner la peine de tracer un graphe de variation de déclinaison (autre que Soleil, Lune) pour comprendre et visualiser la rétrogradation par une "anomalie" sur la courbe moyenne".

Si l’on ne tient pas compte de l’ascension droite, Uranus-Vierge rétrograde peut être aussi bien à 22° du Bélier qu’à 8° de la Vierge. C’est effectivement une absurdité. Autrement dit, Uranus rétrograde en Vierge est bien en Vierge si l’on se réfère à son ascension droite, mais ce rythme Vierge est périodiquement perturbé par des irruptions Bélier si l’on se réfère aux déclinaisons.

Le graphe des variations de déclinaisons d’Uranus-Vierge ci-dessous montre bien que la tendance générale est bien la décroissance de la déclinaison Nord.

Le problème serait-il résolu ? Non, toujours pas. Quittons le zodiaque universel des déclinaisons pour les zodiaques photopériodiques propres à chaque latitude terrestre et commençons par cas le plus évident : celui des deux hémisphères terrestres. Quand c’est la fin de l’été dans l’hémisphère nord, c’est la fin de l’automne dans l’hémisphère sud.

Quand il est en sens direct, notre Uranus-Vierge a un rythme photopériodique de type "Poissons" dans l’hémisphère sud et, quand il est rétrograde, un rythme photopériodique "Bélier" pour l’hémisphère Nord et "Balance" pour l’hémisphère Sud. Les tableaux ci-dessous récapitulent les rythmes photopériodiques pour les deux hémisphères.

Cela vous donne le tournis ? Attendez, ce n’est pas fini. Je ne prendrai qu’un seul exemple : les habitants de la zone équatoriale, soit entre 500 et 600 millions d’hommes. Sous ces latitudes, l’alternance diurne-nocturne est monotone : 12 heures de jour, douze heures de nuit. Seraient-ils donc tous Bélier, Vierge, Balance ou Poissons ? Oui, si c’est le zodiaque photopériodique qui est le plus déterminant par rapport au zodiaque des déclinaisons. Mais alors, que faire de ceux qui ont quand même commis l’étourderie de naître aux environs des solstices, ces malheureux Gémeaux, Cancer, Sagittaire et Capricorne contraints de vivre sous des photopériodes équinoxiales, soit environ 200 millions de personnes ?

Jean-Pierre Nicola évoquait déjà cette problématique dans ses Bilans comparés à propos des références spécifiques du zodiaque conditionaliste : "Le cycle de variation de la durée de présence (arc diurne) d’un astre au-dessus du plan de l’horizon. Ce cycle étant à la fois fonction de la latitude géographique de l’observateur et de la déclinaison de l’astre observé, il faut concevoir des zodiaques relatifs aux lieux et un zodiaque universel, les effets - possibles - de leurs interférences figurant parmi les questions à traiter".

Voici ce que j’écrivais là-dessus dans mon Manuel : "L’hypothèse la plus probable est celle de l’interférence des effets des déclinaisons et de la photopériode. Dans cette optique, un Capricorne reste un Capricorne quel que soit la latitude à laquelle est il est né, mais il y aurait divers types de Capri-corne, qu’on peut réduire au minimum à quatre : les Capricorne équatoriaux, les tropicaux, les tempérés et les polaires... Et il en va évidemment de même pour tous les autres Signes. Dans cette hypothèse, il n’est pas impossible que la superposition déclinaisons-photopériode augmente les effets zodiacaux-planétaires au Nord et les diminue au Sud. L’astrologie est née et s’est développée dans les zones tempérées de l’hémisphère Nord, et dans l’histoire antique on ne connaît pas trace d’une astrologie digne de ce nom dans l’hémisphère Sud, en dépit des grandes civilisations qui s’y sont déployées. On peut se demander si cela n’est pas dû au fait que les effets zodiaco-planétaires sont plus manifestes au Nord qu’au Sud... C’est l’inconnu : nous n’avons pas fini d’élucider les mystères et énigmes de l’astrologie".

Imaginons un Mercure rétrograde en Capricorne pour une naissance dans la zone équatoriale de l’hémisphère sud : il passe environ douze heures au-dessus de l’horizon et douze heures au-dessous, comme une planète située dans les Signes équinoxiaux. Son arc diurne est croissant et dominant en durée et sensiblement égal à son arc nocturne : il se comporte comme un astre en Bélier. Le même Mercure rétrograde dans la zone équatoriale de l’hémisphère nord se comporte cette fois comme un astre en Balance.

Que faut-il interpréter ? Le Mercure en Capricorne universel déterminé par son ascension droite et sa déclinaison, ou bien le Mercure photopériodique local déterminé par ses durées croissantes ou décroissantes de présence au-dessus ou au-dessous de l’horizon ? Dans le premier cas, il faudrait interpréter un Mercure-Capricorne sujet périodiquement à de brusques poussées Sagittaire. Dans le second cas, tout se complique. Comment s’y retrouver ? Peut-être en faisant un détour...

"Le royaume de la monotonie"

Francis Hallé ne saurait être suspecté d’astrologisme. Directeur du laboratoire de botanique tropicale à l’université de Montpellier II, ses spécialités scientifiques - la botanique tropicale et l’analyse architecturale des arbres - l’ont amené à visiter toutes les forêts qui entourent l’équateur, à les étudier, et donc, nécessairement à constater qu’elles étaient en train de disparaître du fait de la surexploitation des bois et de défrichements agricoles incontrôlés.

C’est donc en tant que botaniste que ce militant de la biodiversité, né le 15 avril 1938 à Seine-Port, a été amené à s’intéresser à la photosynthèse et au photopériodisme. Sa curiosité l’a poussé à s’interroger sur les effets du photopériodisme sur l’espèce humaine. Voici ce qu’il en disait : "Prenez une carte mondiale et regardez la région intertropicale. Superposez-la à une carte mondiale des PNB. Vous pourrez constater que les zones développées se situent à l’extérieur de cette bande-là, au niveau des latitudes moyennes".

- Le zodiaque photopériodique en latitude tempérée nord :

- Le zodiaque photopériodique en latitude équatoriale nord :

- Le zodiaque photopériodique au pôle nord :

Bien sûr, il y a le cas des pays développés ou relativement développés se situant à cheval sur la frontière tropicale. Hallé n’hésite pas à l’aborder, en remarquant que : "soit leurs capitales sont construites à l’extérieur de la bande tropicale, soit lorsque celles-ci se situent à l’intérieur - souvent d’ailleurs en bordure des tropiques -, les centres économiques moteurs du pays restent eux extra-tropicaux".

Certes, il existe des zones économiques florissantes à l’intérieur ou aux abords de l’espace équatorio-tropical : Singapour par exemple, mais : "comme Hong-Kong, ce centre économique mondial a été édifié par des chinois venus des latitudes moyennes, particulièrement motivés (...) ce qui vaudrait pour le sous-développement économique se retrouverait aussi dans l’inexistence d’une recherche propre, l’absence de révolutions (Cuba et Managua restent alors des énigmes), la faiblesse de la notion d’Etat, etc".

Rien de bien nouveau sous... le soleil, apparemment. Francis Hallé avance pour-tant une hypothèse d’explication qui paraît confirmer les effets du zodiaque photopériodique. Sans négliger les aspects historiques, géographiques et économiques du sous-développement tropical, Hallé avance qu’une de ses causes majeures pourrait résider dans la situation astronomique de cette zone : "Alors que sous nos latitudes les variations de durée du jour et de la nuit sont fortes, avec lors des solstices une alternance de huit heures de jour et seize heures de nuit, puis inversement, sous l’équateur, cette durée est invariable toute l’année, égale à douze heures. Quant aux tropiques mêmes, l’amplitude ne dépasse guère plus de 200 minutes".

Il en conclut que : "l’être humain, partout biologiquement le même, avec les mêmes pulsions et les mêmes facultés essentielles, ne pourrait synchroniser correctement sous les tropiques ses facultés du fait de cette stabilité de la photopériode... En ce royaume de la monotonie ce serait le "règne du libre cours" individuel, un no man’s land où les énergies auraient du mal à se fédérer, où le consensus, la masse critique seraient trop rarement atteints pour œuvrer au développement".

Comment ne pas reconnaître dans ce "royaume de la monotonie" les effets de la permanente ou quasi-permanente "phase égalitaire" (égalité jour-nuit concernant, rappelons-le, les Signes équinoxiaux) que vivent les habitants des zones équatoriales et inter-tropicales, et dans cette difficulté à réaliser "le consensus, la masse critique", le manque ou la faiblesse du "sens des dosages" pondérateur (Signes de milieu de saison) et du "sens des ensembles" fédérateur (Signes solsticiaux)...

Les observations de Hallé semblent aller dans le sens d’une très forte influence de la photopériodicité, donc des zodiaques locaux, propres à chaque latitude terrestre, sur les comportements de l’espèce humaine. Il paraît donc logique de penser que les effets du zodiaque universel sont modulés par ceux des zodiaques locaux.

Si cette hypothèse est la bonne, il faudrait, pour interpréter les effets des planètes rétrogrades en Signes, tenir compte des zodiaques locaux... Mais ce sera l’objet d’un autre article que d’essayer de comprendre quelles pourraient être les interactions entre le zodiaque universel et les zodiaques locaux. Restons pour l’instant dans la zone tempérée de l’hémisphère nord et observons les rétrogradations de Mercure, qui passe plus du sixième de son temps à prendre le zodiaque à rebrousse-poil. Nous pourrons ensuite essayer de formuler des hypothèses sur la signification des rétrogradations en général. SUITE

Cet article vous a été proposé par : Richard Pellard



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