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L’« expérience » de Carlson : un exemple de charlatanisme anti-astrologique

L’une des « expériences » favorites (et selon eux décisive) qu’aiment à citer les anti-astrologues scientistes est celle réalisée avec le concours de statisticiens et d’astrologues au milieu des années 1980 par Shawn Carlson, physicien à l’université de Berkeley en Californie, USA.

Hypothèse de travail

L’astrologie est incapable d’analyser la personnalité humaine et ses traits de caractère. Il s’agit de démontrer la validité de cette hypothèse par une « expérience scientifique » décisive.

Méthode et conditions de l’expérience

Carlson décide de constituer une équipe de travail composée de trois groupes :
- des statisticiens utilisant des tests psychologiques ;
- des astrologues consentants ;
- des « cobayes » d’accord pour participer à cette expérience.

Ces groupes ont été recrutés de la manière suivante :
- les statisticiens ont été choisis par Carlson ;
- 2 astrologues ont spontanément demandé à participer à cette expérience, et 26 autres ont reçu pour le faire l’aval du NCGR (National Council for Geocosmic Research — Conseil National pour la Recherche Géocosmique), l’une des principales associations astrologiques étasuniennes ;

- les « cobayes », majoritairement des étudiants, ont été recrutés par petites annonces.

L’expérience s’est basée la technique de l’expérimentation en « double aveugle », couramment utilisée en pharmacologie. Cette technique est la suivante :
- on fait administrer à deux groupes de personnes malades, soit le médicament à tester, soit un placebo, par un personnel ignorant le produit qu’il donne à chacun des deux groupes.
- afin que le plus total anonymat soit respecté, les produits administrés et les personnes malades reçoivent un numéro de code que seuls connaissent ceux qui organisent mais ne participent pas à l’expérience. Seul ce numéro de code sera pris en compte lors de l’analyse statistique qui permettra de déterminer si le médicament peut être efficace ou non reconnu comme efficace par la médecine officielle.

Exposé simplifié de l’expérience :

1) Un physicien rassemble des astrologues, des statisticiens et une population de « cobayes ».

2) Les « cobayes » sont invités à passer un test de personnalité standard. Ils sont tenus dans l’ignorance des résultats.

3) Chaque « cobaye » doit choisir l’interprétation de son thème natal parmi trois interprétations de thèmes qui lui sont proposées, le sien et deux autres tirés au hasard dans le groupe, et attribuer une note de satisfaction de 1 à 10 aux trois interprétations.

4) Les astrologues se voient confier le thème d’un « cobaye » et trois tests psychologiques. Il leur est demandé de reconnaître le test qui correspond au thème et de noter les trois tests de 1 à 10 en fonction du degré de correspondance estimé.

5) Si l’astrologie est une réalité, les « cobayes » et les astrologues doivent faire le « bon choix » dans une proportion supérieure à « un sur trois » (loi du hasard).

Première partie de l’expérience :

Les astrologues volontaires ayant été recrutés, il faut sélectionner parmi la population des « candidats-cobayes » ceux qui, du point de vue des « scientifiques » qui organisent cette « expérience », ne peuvent être susceptibles d’en altérer les résultats.

Rappelons (c’est important) que la majorité de ces candidats sont des étudiants. Il est décidé d’éliminer :

- les moins de 17 ans (les raisons qui ont déterminé le choix de cet âge — pourquoi pas 16 ou 18 ? — n’ont pas été précisées) ;

- les « sceptiques extrémistes » à l’égard de l’astrologie (leurs degrés respectifs de scepticisme et d’extrémisme n’ont nulle part été quantifiés ni précisés dans le compte-rendu de cette « expérience » qui se veut pourtant quantitative) ;

- ceux qui avaient déjà « fait faire leur horoscope, parce que leurs réponses futures risquaient d’être influencées par le souvenir de ce qui leur avait été dit ». Il n’est nulle part précisé dans le compte-rendu de l’expérience le pourcentage de menteurs, de blagueurs, de manipulateurs et de filous figurant parmi cette population ;

- enfin, ceux qui, entre le début du recrutement et celui de l’expérience, « avaient changé d’avis sur l’astrologie » ou « cessé se s’intéresser » à l’opération ont aussi été impitoyablement éliminés. Les recruteurs « scientifiques » sont ainsi parvenus à sélectionner un groupe « homogène » d’individus qui ne seraient « ni pour ni contre l’astrologie », qui ne changent pas d’avis et persistent donc dans leur désir de participer à cette « expérience ». Dans le compte-rendu de celle-ci, il n’est nulle part fait état des mesures statistiques objectives et rigoureuses ayant permis d’évaluer « scientifiquement » et rationnellement le fait d’avoir un avis parfaitement équanime sur quelque chose dont on est censé tout ignorer dans une population majoritairement composée d’étudiants du sud-ouest des USA.

On ne trouve pas non plus, dans le compte-rendu, de protocole d’expérimentation annexe visant à valider ou réfuter scientifiquement le proverbe « Seuls les imbéciles ne changent pas d’avis » (lesquels ont changé d’avis ? Dans quel sens ? Pour quelles raisons ou déraisons ? Quel est leur « profil » psychologique de groupe s’ils en ont un et s’ils n’en n’ont pas, pourquoi ?), pas plus que de recherches psycho-statistiques avec pourcentages à la clé sur les motivations de ceux qui ont « cessé de s’intéresser » à cette expérimentation, toutes choses pourtant éminemment intéressantes pour qui se pique de psychologie expérimentale…

Bref, suite à cette très vigilante mais guère rationnelle application du « principe de précaution », il ne resta plus que 177 candidats sur les 256 initialement retenus, les 79 éliminés étant définitivement « morts pour la science » pour des raisons ou déraisons que nous ne connaîtrons malheureusement et probablement jamais.

Ces 177 candidats furent divisés en deux groupes de 83 et 94 sujets, soit respectivement 46,89 % et 53,11 %. Étant donné que 177/2 = 88,50, il aurait été plus « scientifique » de faire un groupe de 88 et un autre de 89, mais bon, c’est comme ça que ça c’est passé, et c’est tant mieux pour le malheureux candidat qui n’a pas été coupé en deux sur l’autel de la Science à cause d’un sélectionneur qui n’a pas pensé à constituer un nombre pair de « cobayes ».

Par ailleurs, on assista au désistement de « quelques » astrologues entre le début du recrutement et le début de l’expérience, mais « suffisamment peu » pour que celle-ci puisse se poursuivre. Les pourcentages de « suffisamment peu » ne figurent pas dans le compte-rendu de « l’expérience », pas plus que les raisons de ces désistements.

Enfin, il n’est pas fait mention de désistements au sein de l’équipe des scientistes expérimentateurs, ce qui ne signifie pas qu’il n’y en a pas eu, mais que de telles peccadilles ne sauraient intéresser le profane. L’Expérimentateur Scientifique n’a de Mesures et de Comptes à rendre qu’à lui-même.

Les personnages de cette comédie, pardon, de cette « expérience scientifique » sont maintenant tous réunis dans les coulisses : un nombre indéterminé de scientistes anti-astrologues persuadés qu’elle est inutile tant ils en connaissent d’avance les résultats, entre 25 et 28 astrologues (mettons) représentant le courant dominant de l’astrologie made in USA (comme partout ailleurs, l’astrologie magico-symboliste), et 177 « cobayes » n’ayant selon les critères des scientistes aucune opinion tranchée sur l’astrologie. Le rideau peut se lever sur le premier acte de la représentation — pardon, de « l’expérience scientifique ».

Premier acte :

1) Les 177 « cobayes » fournissent leurs dates (« à 15 minutes près », est-il précisé dans le compte-rendu d’expérience !), heures et lieux de naissance.

2) Un logiciel astrologique commercial calcule la carte du ciel natale de chacun des « cobayes » et réalise son interprétation ; l’identité des « cobayes » est réduite à un numéro de code et les textes ne comportent aucune mention de sexe ou de Signes.

3) Les expérimentateurs remettent ensuite à chacun des « cobayes » censé être capable de « savoir quelque chose sur lui-même » trois de ces interprétations, toujours anonymes : celle qui le concerne, plus deux autres qui ont été tirées au sort parmi celles des autres « cobayes ». Il lui est demandé de les classer dans l’ordre : en premier choisir celle qui lui parait « coller » le mieux à sa personnalité, puis attribuer aux deux autres les deuxième et troisième place. De plus, il lui est demandé de donner une note de 1 à 10 à chacune des interprétations en vue d’un traitement statistique plus sophistiqué.

4) Enfin, les « cobayes » sont divisés en deux groupes : dans le premier, ils sont soumis à l’expérience dans les conditions ci-dessus décrites ; dans le second, les « cobayes » ne reçoivent que des interprétations qui ne les concernent pas. Ultime raffinement, « pour concéder plus de chances aux astrologues volontaires », « les membres des deux groupes relevant du même « Signe » astrologique recevaient, sans le savoir évidemment, le même jeu d’interprétations ».

Dans ces conditions « rigoureuses » et dans l’esprit de ces « expérimentateurs scientifiques », si l’astrologie est un savoir réel, le pourcentage de « bonnes » réponses dans le premier groupe devrait être nettement supérieur à celui du second. Selon les lois officielles des probabilités en effet, les « cobayes » du premier groupe devraient choisir le profil astro-psychologique qui leur correspond au minimum plus d’une fois sur trois (« prudents » les astrologues étasuniens testés ne prévoyaient que 50 % de « bonnes » réponses), tandis que les « cobayes » du second groupe devraient faire des choix conformes aux « lois du hasard ».

Résultats pour le 1er groupe

- Choix n° 1 : 33,7 %
- Choix n° 2 : 39,8 %
- Choix n° 3 : 26,5 %

1) le résultat du choix n° 1, celui qui est censé être « correct » (le « cobaye » a dans ce cas sélectionné l’interprétation de thème qui lui correspondrait le mieux) est très proche du « un sur trois » dicté par le hasard. Il n’est donc pas significatif d’un « effet astrologique ».

2) le résultat du choix n° 2, celui qui est censé être « moyennement correct » (le « cobaye » a dans ce cas sélectionné l’interprétation de thème qui lui correspondrait moins bien) est significativement supérieure au « un sur trois » dicté par le hasard. Mais étant donné qu’il n’est pas n° 1, il ne saurait être significatif pour les « expérimentateurs scientifiques ».

3) le résultat du choix n° 3, celui qui est censé être « non correct » (le « cobaye » a dans ce cas sélectionné l’interprétation de thème qui ne lui correspondrait pas) est significativement inférieur au « un sur trois » dicté par le hasard. D’une manière statistiquement très significative, les « cobayes » ont donc nettement classé en dernière position l’interprétation dans laquelle ils se reconnaissaient le moins.

Commentaires :

L’analyse des « expérimentateurs scientifiques » est lapidaire : étant donné que seul environ un peu plus d’un « cobaye » sur trois (proportion conforme aux lois du hasard) a su identifier l’interprétation qui lui correspond, la prétention des astrologues à faire des profils psychologiques réalistes serait invalidée par cet implacable verdict des statistiques concernant le choix n° 1 du premier groupe.

Curieusement (mais est-ce vraiment curieux ?), les « expérimentateurs scientifiques » n’ont pas poussé plus loin leurs investigations du côté des choix n° 2 et 3, comme si le n° 1 tranchait de tout. Avant de faire plus loin une critique impitoyable de cette expérience-bidon, amusons-nous donc un peu avec les statistiques qu’ils chérissent, mais, contrairement à eux, en traitant l’ensemble des choix du groupe n° 1.

Pour cela, il suffit de procéder à deux petits calculs facétieux :

- (33,7 % + 39,8 %) /2 = 36,75 %
- (39,8 % + 26,5 %) /2 = 33,15 %

Résultat : la moyenne des totaux des choix « corrects » et « médians » est supérieure (et statistiquement signifiante !) à celle des totaux des choix « médians » et « incorrects » (qui est conforme aux lois du hasard). En pourcentages, 52,58 % se seraient plutôt reconnus dans des interprétations « plus ou moins correctes », contre 47,42 % qui ne se seraient plutôt pas reconnus dans des interprétations « plus ou moins incorrectes ». Des chiffres statistiquement significatifs, et plaidant plutôt en faveur de l’astrologie… mais qui n’ont pas semblé intéresser nos « expérimentateurs scientifiques ».

Plus intéressant : d’une manière statistiquement significative, les « cobayes » ont nettement « mis de côté » (c’est-à-dire classé en n° 3), l’interprétation dont ils estimaient qu’elle leur correspondait le moins. Les « expérimentateurs scientifiques » n’ont pas paru intéressés par ces « non-choix » pourtant très nets selon leurs propres critères…

Rassurez-vous, je n’en tire aucune conclusion. Ce n’est qu’un jeu de calculette. Cela d’autant plus que les résultats obtenus par le 2e groupe de « cobayes » sont, eux, beaucoup plus stupéfiants.

Résultats pour le 2e groupe

- Choix n° 1 : 44,7 %
- Choix n° 2 : 36,2 %
- Choix n° 3 : 19,1 %

Commentaires :

Les résultats sont clairs : presque la moitié des « cobayes » de ce groupe se sont reconnus dans un portrait qui ne pouvait en aucun cas leur correspondre, étant donné qu’aucune des interprétations parmi lesquelles ils avaient à choisir n’était celle de leur thème. Résultat apparemment impitoyable pour l’astrologie…

On peut pourtant encore objecter avec raison qu’il est difficile de se « connaître soi-même » avec assez d’objectivité pour ne pas se tromper sur la description de sa propre personnalité, surtout lorsqu’on est un jeune étudiant comme l’est la très grande majorité de ces « cobayes ». Il est donc très probable, voire inévitable, que les « cobayes » soient conduits à choisir un portrait erroné d’eux-mêmes. De ce point de vue, la tragédie anti-astrologique du premier acte n’aurait aucune signification, sinon qu’il est plus facile de se reconnaître dans n’importe quel portrait sélectionné au hasard que dans une gamme de portraits parmi lesquels un d’entre eux est censé vous correspondre. Ce ne serait donc pas l’astrologie qui serait en cause, mais le manque d’objectivité des « cobayes ».

Les « expérimentateurs scientifiques » ont bien entendu pensé à ce problème. Conscients de cette objection, ils ont imaginé une deuxième phase expérimentale, afin d’essayer d’éliminer ce facteur subjectif : pour le 2e acte, les « cobayes » ont été priés de quitter la scène, l’abandonnant aux seuls astrologues et statisticiens. Le deuxième acte peut commencer…

Deuxième acte

Chacun des astrologues reçoit un certain nombre d’enveloppes contenant chacune :

- l’interprétation du Thème d’un sujet tiré au hasard ;

- un profil psychologique établi selon le test C.P.I. (California Personality Inventory), « réputé fiable, d’usage courant chez les psychologues américains depuis 1958… » ; ce profil est celui du sujet dont le Thème a été interprété par le logiciel ;

- deux autres profils psychologiques du même type, tirés au sort parmi ceux des étudiants-cobayes.

Les astrologues doivent dire auquel des trois profils psychologiques déterminés par le C.P.I. correspond le mieux à l’unique interprétation de Thème. Comme dans la première phase, ils doivent classer les trois profils psychologiques selon leur plus ou moins grande correspondance avec l’interprétation astrologique, en les notant de 1 à 10.

Comme dans la première phase de l’expérience, si l’astrologie est valide, les astrologues devraient dépasser le « un sur trois » du pur hasard dans leur choix n° 1. Notons que les tests C.P.I. n’intervenant pas dans la première phase, il n’est pas question pour les astrologues d’arguer de leur peu de fiabilité, cela d’autant plus qu’ils les ont d’emblée acceptés. De ce fait, dans l’idée des concepteurs de cette expérience, la seconde phase élimine les objections que la première pourrait susciter et vice-versa.

Résultats

- 34 % pour les profils classés au 1er rang ;
- 40 % pour ceux du 2e rang ;
- 25 % pour ceux du 3e rang.

Commentaires

L’échec est à nouveau patent pour les astrologues : ils ne font pas mieux que le hasard.

Cerise sur le gâteau :

Il a été demandé aux « cobayes » de reconnaître leur propre profil psychologique parmi trois profils issus du test C.P.I., le leur et deux autres tirés au hasard. Là encore, ce sont les « lois du hasard » qui ont joué : ils n’ont pas fait mieux que les astrologues…

En résumé :

- 177 « cobayes » majoritairement étudiants sont statistiquement incapables de se reconnaître dans leur portrait astro-psychologique dressé par un logiciel d’astrologie ;

- 25 ou 28 « astrologues » sont statistiquement incapables de faire une relation entre l’interprétation du thème d’un individu et son profil psychologique établi par un test ;

- 177 « cobayes » sont statistiquement incapables de reconnaître leur profil psychologique établi par un test reconnu comme efficace par la science officielle.

Avant de passer aux critiques de fond contre cette pseudo-expérimentation, je vous livre les conclusions du rapport de Shawn Carlson : « Une expérience utilisant les méthodes en double-aveugle a démontré que les prédictions des astrologues sont fausses. La corrélation prédite entre la position des planètes et autres objets astronomiques à l’heure de naissance, et la personnalité du sujet, n’existe pas. L’expérience réfute clairement l’hypothèse astrologique ».

C’est parfaitement faux, et cela va être démontré.

Critique de la pseudo-expérience

1) Science « dure » et sciences « molles »

- Observation :

Il est pour le moins curieux et paradoxal qu’un physicien, représentant des « sciences dures » ou « exactes », fasse appel à des statisticiens et à un test psychologique, représentants des sciences « molles » ou « humaines », pour tenter de démontrer expérimentalement la fausseté de l’astrologie.

- Question :

Carlson douterait-il de la capacité expérimentale de la physique à démontrer la fausseté de l’astrologie ?

- Critique :

Le protocole et le compte-rendu de l’expérimentation n’apportent aucune réponse à cette question. Si Carlson argue de son statut de physicien pour faire de l’anti-astrologisme, qu’il expose des arguments physiciens pour réfuter l’astrologie. S’il est sûr qu’ils sont valables, il n’a pas besoin de demander à des statisticiens et à un test psychologique de confirmer sa certitude quant à l’impossibilité d’existence physique du fait astrologique. En effet, du point de vue de la science officielle, seul est considéré comme réel ce qui obéit aux lois de la physique actuellement connues. Ce qui signifie que les réalités statistiques ou psychologiques doivent obéir aux lois de la physique ou ne pas être. De la part d’un physicien, le recours à la statistique et à la psychologie pour démontrer la fausseté du fait astrologique est donc une démarche inutile.

Quelle est donc sa motivation ? Selon ses déclarations drapées de noble « objectivité scientifique », Carlson aurait douloureusement constaté que les scientifiques contestaient les résultats empiriques que les astrologues prétendaient obtenir et que les astrologues déniaient toute validité aux arguments et tests anti-astrologiques. « Les deux critiques peuvent être valables », feint-il d’admettre, et il continue : « Mon intention a été d’éviter ces critiques par l’organisation d’une expérience qui pourrait réunir les spécifications des deux communautés scientifique et astrologique ». Une noble et objective intention ? Non, évidemment. Son but est d’invalider définitivement l’astrologie au moyen d’une « expérience » qu’il voudrait décisive (voir plus loin ses déclarations en 1988).

Étant donné qu’on ne saurait suspecter d’irrationalisme un vénérable physicien de l’université de Berkeley (celà ne se fait pas), ont est contraint de rechercher quelles autres obscures et hypothétiques « raisons » moins avouables ont pu l’amener à de telles extrémités. Aurait-il réalisé et fait connaître à grand tapage cette « expérience » pour se faire à bon compte un peu de publicité personnelle sur le dos de l’astrologie ? Pas impossible : dans cette hypothèse, des pourcentages statistico-psychologistes sensationnalistes habilement mis en scène passent mieux auprès des médias que d’austères équations physiciennes, et il faut reconnaître qu’il a acquis une grande célébrité grâce à son initiative. Ou bien cultiverait-il un affreux, inconscient et inavouable doute quand à ses a priori anti-astrologiques physiciens, et aurait-il cherché à les conjurer par le biais de l’utilisation des sciences humaines (« on ne sait jamais… ») ? La suite montrera que c’est peu probable.

2) Le choix des 177 « cobayes »

- Observation :

Le compte-rendu de l’expérimentation signale que « on » a « vérifié avant qu’elles n’étaient ni pour ni contre l’astrologie et qu’elles ne savaient pas grand-chose sur elles-mêmes à part leur Signe ».

- Questions :

a) Comment et par qui ont été sélectionnés ces 177 « cobayes » ?

b) Qui est ce mystérieux « on » capable de savoir infailliblement qu’ils « n’étaient ni pour ni contre l’astrologie » ?

c) Quelle rigoureuse et objective expérimentation scientifique a permis d’éliminer les candidats-« cobayes » qui avaient un a priori favorable ou défavorable à l’égard de l’astrologie ? Selon quels critères ?

d) Quelle rigoureuse et objective méthode scientifique a permis de déterminer que les « cobayes » retenus « n’étaient ni pour ni contre l’astrologie » ? Selon quels critères ?

e) Quelle rigoureuse et objective méthode scientifique a permis d’évaluer que les « cobayes » sélectionnés ne savaient « pas grand-chose sur eux-mêmes » ?

f) Quelle rigoureuse et objective méthode scientifique a permis de discriminer parmi les candidats-« cobayes » ceux qui « ne savaient pas grand-chose sur eux-mêmes » par rapport à ceux qui en sauraient « plus » ?

g) Que signifie « pas grand-chose » ? Comment évalue-t-on rigoureusement et scientifiquement cette quantité floue ? Cela signifie a priori qu’on peut aussi savoir « un peu », « moyennement », « beaucoup » sur « soi-même » ; comment évalue-t-on rigoureusement et scientifiquement ces quantités floues et ce concept non-évident ?

h) Que signifie « savoir (ou ne pas savoir) quelque chose sur soi-même » ? Quels sont les critères rigoureux et scientifiques permettant d’évaluer une telle connaissance, si tant est qu’elle soit possible ?

i) Que signifie « connaître son Signe » ? Quels sont les critères rigoureux et scientifiques permettant d’évaluer une telle connaissance et son degré de profondeur ? Le fait de « connaître quelque chose sur soi-même » a-t-il une relation rigoureusement et scientifiquement démontrée avec le fait de « connaître son Signe » ?

j) Le fait de ne pas « connaître son Signe » a-t-il été un critère de sélection positif ou négatif des candidats-« cobayes » ?

k) Pourquoi n’avoir retenu que le critère de « connaissance » de son Signe solaire pour chaque candidat-« cobaye » ou « cobaye » sélectionné ? S’agit-il d’un critère scientifique ? Si la réponse est « oui », lequel est-ce ?

l) Quel est le niveau socioculturel et intellectuel de chacun et de l’ensemble des candidats-« cobayes » ou « cobayes » ?

- Critique :

Le protocole et le compte-rendu de l’expérimentation n’apportent aucune réponse à ces questions pourtant fondamentales. Il n’y a aucune rigueur scientifique dans le processus et les critères de sélection des cobayes. On nage dans l’arbitraire, l’à-peu-près, le bricolage.

3) Le test C.P.I.

- Observation :

Le compte-rendu de l’expérimentation signale que « On leur fit (aux « cobayes ») passer un test de psychologie classique aux USA, appelé C.P.I. ».

- Questions :

a) Pourquoi un physicien, dont la fonction est de mesurer du quantitatif, fait-il appel à un test psychologique qui ne peut mesurer que du qualitatif ?

b) En quoi un test de « psychologie classique aux USA » a-t-il une valeur objective et scientifique ? Que mesure ce test ?

c) Le « classicisme » d’un test psychologique est-il un critère de rigueur et d’objectivité scientifique ? Si la réponse est oui, comment peut-on le prouver scientifiquement ?

d) Le fait que ce test soit utilisé aux USA a-t-il une valeur objective et scientifique ? D’autres tests utilisés dans d’autres pays ou cultures auraient-ils donné des résultats identiques ou différents ?

e) Pourquoi ne pas avoir testé des tests « non-classiques » pour confronter leurs résultats avec ceux du test « classique » qui a été retenu ? Quels sont les critères objectifs et scientifiques qui permettent de distinguer le « classique » du « non-classique » ?

- Critique :

Le protocole et le compte-rendu de l’expérimentation n’apportent aucune réponse à ces questions pourtant fondamentales. Il n’y a aucune rigueur scientifique dans ce processus de sélection du test que l’on a fait passer aux « cobayes », test qui n’a pas été préalablement testé et confronté à d’autres tests.

Il existe en effet une énorme quantité de tests psychologiques visant à détecter les multiples fonctionnalités d’un individu. En éliminant tous ceux qui concernent les enfants de moins de 17 ans, environ 50 tests basiques sont couramment utilisés par les psychologues occidentaux. Ils se répartissent en deux grands groupes :

- Tests de personnalité concernant la « sphère affective » (ils ciblent le comportement de l’individu par rapport à ses divers groupes d’appartenance) ;

- Tests de personnalité concernant la « sphère cognitive » (ils ciblent le Q.I. de l’individu et les modalités de son fonctionnement intellectuel).

Le C.P.I. n’est qu’un test parmi d’autres visant à évaluer la « sphère affective » d’un individu. Il est reconnu comme étant une « bonne mesure » du comportement social ou antisocial. Il est couramment utilisé en recrutement. Il vise à évaluer un certain nombre de traits de personnalité et/ou de qualités propres, soit sous forme de tendances purement psychologiques, soit sous forme de préférences de comportement en situations professionnelles.

Il est composé de 400 à 500 questions supposées mesurer 20 dimensions de la personnalité, lesquelles permettent de dresser trois échelles structurelles appelées « Vecteurs » :

- Vecteur 1 : l’internalité (introverti/extraverti) ;

- Vecteur 2 : acceptation ou non des normes ;

- Vecteur 3 : évaluation des sentiments de réalisation de soi et d’intégration psychologique.

Le C.P.I. ne vise donc pas à cerner le fonctionnement psychologique de l’individu en soi, mais fondamentalement à tester son adaptation ou son inadaptation à son milieu social et professionnel ainsi que son aptitude à acquérir un certain épanouissement de sa personnalité. Or si un thème natal peut donner des informations fortes sur le Vecteur 1, il ne donne que des informations partielles sur le Vecteur 2, et ne peut en donner aucune sur le Vecteur 3. En effet,

- « l’acceptation ou non des normes » ne dépend pas exclusivement du ciel de naissance, mais de la manière dont l’individu en négocie ou non les potentialités en fonction de son milieu social. Exemple caricatural : soit un individu né sous une forte dominante jupitérienne consonante. Il est a priori plus apte que d’autres à « accepter les normes » de son milieu… mais tout dépendra de ce milieu. S’il naît à l’intérieur d’une famille et d’un milieu socioculturel « normal », les probabilités pour qu’il soit bien ou très bien adapté en général sont très grandes. À contrario, s’il naît dans une famille et un milieu socioculturel criminogène, genre mafiosi, il aura la même forte tendance à en « accepter les normes », ce qui n’aura pas les mêmes résultats en termes de sociabilisation. Le C.P.I. ne semble pas avoir intégré ce genre de paramètre pourtant essentiellement conditionnel.

- l’« évaluation des sentiments de réalisation de soi et d’intégration psychologique » sont des notions extra-astrologiques et des résultantes d’interactions psychosociales (et probablement aussi spirituelles) multifactorielles. Avec le même thème natal, on peut se réaliser ou ne pas se réaliser, parvenir à son intégration psychologique ou ne jamais y arriver.

Conclusion : ce que teste le C.P.I. et les informations que peut fournir un thème astrologique n’ont pas grand-chose en commun. C’est une faute déontologique et une erreur scientifique que de faire de leur comparaison la base et l’étalon d’une expérimentation.

3) Le calcul des thèmes

- Observation :

Le compte-rendu de l’expérimentation signale que « un ordinateur établit leurs ciels astraux de naissance (C.A.) ».

- Questions :

a) Comment étaient calculés ces thèmes ? Selon quelle méthode de domification ?

b) Le programme était-il basé sur la projection des planètes sur le plan écliptique ou tenait-il compte des déclinaisons, c’est-à-dire des positions réelles des planètes ? Le programme proposait-il un thème de domitude pour évaluer ces positions ?

c) Quels facteurs célestes étaient retenus ? Les points fictifs (Lune noire, etc.) étaient-ils pris en compte ou non ?

d) Quels Aspects étaient retenus ? Selon quels orbes ?

e) Qui a écrit le programme d’interprétation ? Selon quelle méthode ?

f) Pourquoi n’avoir retenu que ce logiciel ? Pourquoi d’autres logiciels avec d’autres protocoles d’interprétation n’ont-ils pas été utilisés dans cette « expérience scientifique » ?

- Critique :

Le protocole et le compte-rendu de l’expérimentation n’apportent aucune réponse à ces questions pourtant fondamentales. Il n’y a aucune description rigoureuse et scientifique des paramètres astronomiques et astrologiques qui sont à la base de ce programme de calcul et d’interprétation.

À l’époque où a été réalisée cette « expérimentation » (1984–1985), le nombre de logiciels d’interprétation astrologique était encore relativement limité. Mais ils étaient néanmoins assez nombreux pour que l’équipe de Carlson puisse procéder à des recherches et à des comparaisons entre eux. S’ils s’étaient donné cette peine, ils se seraient rendu compte que la plupart de ces logiciels — et tout spécialement aux USA — se contentent de débiter des listings « analytiques » interprétant à la chaîne les planètes en Signes, les planètes en Maisons et plus rarement les Aspects, le tout sans aucune tentative d’organisation et de hiérarchisation des éléments en présence. Cette absence de méthode aboutit à une succession de mini-portraits de tendances contradictoires, sans aucune perspective globale, dans laquelle l’individu peut picorer subjectivement, se reconnaître ou ne pas se reconnaître en fonction de ses désirs, etc.

À cette objection les « expérimentateurs » de Carlson auraient pu objecter que ce sont les astrologues du NSCG eux-mêmes qui ont choisi ce logiciel. Objection nulle et non avenue : la fine équipe carlsonienne était censée tester l’astrologie, et non un groupe d’astrologues ayant choisi un logiciel. Ils auraient donc dû, en toute rigueur scientifique, tester différents logiciels.

En France, l’équivalent de ce genre d’interprétation astrologique informatisée est le portrait « adulte » fourni par Astroflash et rédigé par André Barbault. Il existait à l’époque de l’expérience de Carlson. Si son équipe ne s’était pas cantonnée à la sélection d’un seul logiciel étasunien (après tout, la science n’a pas de frontières, non ?), si elle avait eu la curiosité de tester les programmes Astroflash, elle se serait aperçue qu’Astroflash proposait aussi une option d’interprétation « enfant » rédigée, elle, par Jean-Pierre Nicola. Une interprétation cette fois beaucoup plus synthétique et hiérarchisée, et basée en priorité sur l’évaluation des quatre premières dominantes planétaires. Certes, la méthode permettant de déterminer ces dernières était loin d’être parfaite, et même très critiquable. Néanmoins, elle donnait des portraits bien plus globaux et précis que les autres systèmes d’interprétation. Il est très probable que si ce programme avait été testé par l’équipe de Carlson avec un autre protocole éliminant le recours au C.P.I., les résultats de cette « expérience » auraient été très différents.

Aujourd’hui (en 2004), il suffit de consulter quelques sites d’astrologie sur Internet pour réaliser que les choses n’ont pas beaucoup changé en 20 ans chez les astrosymbolistes. La plupart des programmes d’interprétation issus de cette école continue de débiter les mêmes listings « analytiques » en pièces détachées. Par contre, les programmes d’interprétation conditionalistes deviennent de plus en plus globaux, performants et réalistes. Un Carlson d’aujourd’hui qui les utiliserait avec un autre protocole aurait de grosses surprises…

4) Le choix des astrologues

- Observation :

Le compte-rendu de l’expérimentation signale que « 25 astrologues acceptèrent de travailler […] Pour 4 personnes du groupe-test, on leur remit le vrai C.P.I. et le vrai C.A., plus deux C.A. tirés au hasard. Les astrologues devaient donc retrouver quel C.A. correspondait le mieux au C.P.I. de chacun. Ils devaient également attribuer une note de certitude (0 à 10) à chacun des C.A. : la plus forte note étant naturellement accordée à leur premier choix, et aucun ex-æquo n’étant possible ».

- Questions :

a) Ces « astrologues » sont-ils représentatifs de l’astrologie savante ?

b) Le National Council for Geocosmic Research est-il représentatif de l’astrologie savante ou n’est-il qu’un syndicat regroupant des professionnels de l’astrologie où l’on peut trouver le pire et le meilleur, l’astrologie populaire et l’astrologie savante ?

c) La lecture de la volumineuse production de textes anti-astrologiques provenant de scientifiques montre que les moins mal informés d’entre eux savent qu’à côté d’une astrologie populaire existe une astrologie savante. Si les expérimentateurs étaient au courant de la distinction entre astrologie populaire et astrologie savante, pourquoi n’ont-ils pas fait état de cette distinction et pourquoi n’ont-ils pas rigoureusement et scientifiquement divisé les astrologues participant à ce test en au moins deux groupes représentatifs de ces deux courants afin de pouvoir contrôler les différences d’interprétations entre ces groupes ?

d) Si les expérimentateurs étaient au courant de l’existence d’une astrologie savante, étaient-ils aussi au courant de l’existence de différentes théories et pratiques à l’intérieur de celle-ci ? Si la réponse est positive, pourquoi ne les ont-ils pas testées auprès de leurs cobayes pour contrôler et évaluer les différences d’interprétation qui en découlent ?

e) Question encore plus perfide : pourquoi les expérimentateurs n’ont-ils pas fait une recherche approfondie parmi les écoles d’astrologie de par le monde ? S’ils l’avaient fait, ils n’auraient pas manqué de découvrir l’astrologie conditionaliste et ses méthodes d’interprétations rigoureuses. Pourquoi n’ont-ils pas eu cette curiosité ?

f) Pour quelles raisons rigoureuses, objectives et scientifiques les expérimentateurs ont-il fait le choix de considérer les informations données par le C.A. comme absolues ?

g) Les expérimentateurs étaient-ils au courant d’une des caractéristiques majeures de l’astrologie généralement pratiquée aux USA : l’imprécision des heures de naissance due à un manque d’État-Civil rigoureux, ce qui est un énorme handicap pour les astrologues étasuniens ? S’ils étaient au courant de ce fait, pourquoi n’ont-ils pas fait un test complémentaire avec des astrologues français qui bénéficient d’un très bon État-Civil, par exemple ?

h) Les heures de naissance ont-elles été rigoureusement vérifiées ? Quel étaient les pourcentages respectifs d’heures délivrées par l’État-Civil, les hôpitaux, les paroisses ou autres services, sans oublier les renseignements personnels ?

i) Si les expérimentateurs n’étaient pas au courant de la distinction entre astrologie populaire et astrologie savante, comment peuvent-ils justifier cette fondamentale ignorance à propos de leur objet d’expérimentation qui ne pouvait que biaiser fondamentalement les résultats de ce test ?

j) Pourquoi seulement « 4 personnes du groupe-test » ? Pourquoi 4 ? Est-ce un chiffre magique ? Pourquoi pas la totalité ? Pourquoi ne pas avoir discriminé entre les personnes du groupe-test qui se sont reconnues dans leur profil astrologique et les autres ?

- Critique :

Le protocole et le compte-rendu de l’expérimentation n’apportent aucune réponse à ces questions pourtant fondamentales. Étant donné qu’il est peu probable que les expérimentateurs aient pris en compte la distinction entre astrologie populaire et astrologie savante ainsi que la diversité des « écoles » astrologiques, il est certain que les « astrologues » participant à l’expérimentation étaient des magicosymbolistes pratiquant une « mancie » sans règles ni méthodes rigoureusement et collectivement définies. Devant le même thème natal, ces « astrologues » peuvent donner des interprétations très différentes, voire même contradictoires, puisque chacun a sa propre règle du jeu. Enfin, les « scientifiques » et les « astrologues » sont tombés dans le même piège : celui du fatalisme de l’horoscope absolu. On ne peut pas comparer un thème natal qui indique des tendances, des virtualités, une proposition de fonctionnement à négocier avec d’autres paramètres extra-astrologiques (hérédité, sexe, éducation, socioculture, niveau d’éducation, expériences vécues, compétences acquises) qu’un programme d’interprétation informatisé est incapable de restituer, avec un test psychologique qui (au mieux) ne peut qu’indiquer comment les « cobayes » ont répondu honnêtement et subjectivement à des questions concernant leur fonctionnement en société à un moment donné de leur existence. Cela est particulièrement vrai pour les « cobayes » adolescents et post-adolescents, dont la personnalité est toujours en formation.

Cette réserve étant faite, il est très probable que si les 25 astrologues avaient tous été conditionalistes et si le programme de calcul du C.A. avait été basé sur les positions réelles des planètes dans la sphère locale et céleste, et l’interprétation basée sur des méthodes conditionalistes, cela aurait complètement changé les règles du jeu et les résultats du test, ceci d’autant plus que ces conditionalistes auraient d’emblée dénoncé l’horoscope absolu et mis en doute les critères du C.P.I…

5) Le test et le thème

- Observation :

Le compte-rendu de l’expérimentation signale que « Parallèlement, les « cobayes » devaient également agir : ceux du groupe-test recevaient l’interprétation astrologique de leur cas, plus deux autres tirés au hasard : ils devaient reconnaître leur propre profil. Chaque « témoin » était associé à une personne du groupe « test » : il recevait les mêmes thèmes que celles-ci, donc aucun ne lui correspondait en principe ».

- Questions :

a) Mêmes questions qu’en (3) et (4).

b) En admettant que les interprétations aient été relativement pertinentes (ce qui est peu probable), pourquoi penser a priori que les « cobayes » étaient capables de « reconnaître leur propre profil » ? Est-ce là une attitude rigoureuse, objective et scientifique de la part des expérimentateurs ?

- Critique :

Le protocole et le compte-rendu de l’expérimentation n’apportent aucune réponse à ces questions pourtant fondamentales. Si les expérimentateurs « scientifiques » avaient été rigoureux, ils auraient dû sélectionner une population d’astrologues beaucoup plus importante et la diviser en deux groupes-tests, par exemple celui des conditionalistes et des magicosymbolistes, et comparer ensuite la pertinence des résultats obtenus par les deux groupes.

Par ailleurs, ils semblent avoir eu une croyance naïve dans l’aptitude des « cobayes » à reconnaître leur profil astro-psychologique. N’importe quel psychologue ou astrologue compétent et expérimenté sait que la plupart des gens ont une vision biaisée, idéalisée, voire erronée de leur propre fonctionnement. Ils n’en perçoivent en général et au mieux qu’une partie, celle qui les arrange ou celle qui correspond le mieux l’idée qu’ils se font d’eux-mêmes ou à l’image d’eux-mêmes qu’ils veulent donner aux autres. Mis devant un « profil » psychologique qui ne leur correspond pas, ils peuvent s’y reconnaître non parce c’est ainsi qu’ils fonctionnent mais parce que c’est ce qu’ils souhaiteraient être, etc. (voir le chapitre consacré à « l’effet Barnum »). Il est par ailleurs très facile, pour un esprit averti et rusé, de tromper un test psychologique. Le fait de considérer les résultats du C.P.I. comme a priori « vrais » et indiscutables est donc une faute déontologique majeure qui ruine la validité de l’expérimentation.

Par ailleurs, ce sont les mêmes « scientifiques » anti-astrologues qui estiment qu’un individu ayant subi l’expérience de Carlson est capable de se « reconnaître dans son profil » astro-psychologique qui se réfèrent à l’expérience réalisée en 1968 par le psychostatisticien et anti-astrologue Michel Gauquelin. Ce dernier avait fait passer dans la presse l’annonce suivante : « Totalement gratuit ! Votre horoscope ultra-personnel. Un document de 10 pages. Bénéficiez d’une expérience unique. Envoyez nom, adresse, date et lieu de naissance : Astral Electronic ». À chacun des 150 premiers correspondants, il avait fait parvenir la même étude de Thème tirée d’un programme informatisé d’interprétation astrologique. Ce Thème était celui du docteur Petiot, célèbre tueur en série qui avait assassiné une cinquantaine de personnes au cours de la IIe Guerre Mondiale. 94 % des personnes (141 sur 150) s’étaient reconnues dans ce portrait et 80 % de leurs proches avaient confirmé ce jugement favorable à l’astrologie (« l’expérience Petiot » de Gauquelin sera abordée dans un autre chapitre).

Traduction : quand Gauquelin démontre que 94 % de 150 « cobayes » se reconnaissent dans un unique « profil » astro-psychologique qui n’est pas le leur, c’est un argument de choix contre l’astrologie pour les adeptes de Carlson, ce qui n’empêche nullement les mêmes ou leurs semblables de porter en triomphe une expérience anti-astrologique basée sur l’argument exactement opposé, puisqu’elle fait a priori confiance dans la capacité qu’ont 100 % de 177 cobayes de reconnaître parmi d’autres le profil astrologique qui est le leur…

Où sont passés les 6 % manquants ? Pour les retrouver, peut-être faudrait-il faire une nouvelle expérimentation « scientifique » à la Carlson avec la participation des 150 premiers correspondants de Gauquelin ? En additionnant ces 6 % manquants à l’âge d’un quelconque capitaine, on obtiendrait peut-être un chiffre vaudou qui resterait toujours dans le même spectre de totale absurdité pseudo-scientifique… Ce n’est plus seulement de l’arbitraire, de l’à-peu-près, du bricolage : c’est le Père Ubu réincarné en scientiste anti-astrologue.

6) Les pourcentages

- Observation :

Le compte-rendu de l’expérimentation signale que « Là, surprise : dans le groupe-test, 33,7 % classèrent en premier le thème qui leur correspondait, mais dans le groupe-témoin, 44,7 % mirent en premier le thème de la personne-test !!! Dans les deux cas, le camp astrologique avait échoué ».

- Questions :

a) Pourquoi les expérimentateurs n’ont-ils pas pris en compte les résultats de l’expérience de Gauquelin à propos de « l’effet Petiot » ?

b) Pourquoi les expérimentateurs n’ont-ils pas fait une nouvelle expérimentation avec les 33,7 % du groupe-test qui avaient classé en premier le thème qui leur correspondait afin de vérifier si ce classement était le fait du hasard ou celui d’une meilleure « connaissance d’eux-mêmes » que les 76,3 % restants ?

c) Pourquoi les expérimentateurs n’ont-ils pas fait une nouvelle expérimentation avec les 44,7 % du groupe-témoin qui les ont « surpris » afin de vérifier si ce pourcentage était le fait du hasard ou d’autre chose ?

- Critique :

Le protocole et le compte-rendu de l’expérimentation n’apportent aucune réponse à ces questions pourtant fondamentales. La « surprise » à laquelle ils sont confrontés ne provoque chez eux aucun réflexe de curiosité, aucune démarche investigatrice, aucune interrogation, aucune formulation d’hypothèses explicatives. Ils se contentent d’afficher des pourcentages absurdes comme on brandit des gris-gris pour se protéger de « mauvais esprits »… astrologiques ? Étant donné que nous ne connaissons pas la teneur exacte des textes d’interprétations réalisés par le logiciel, on ne peut juger sur pièce de leur qualité. Néanmoins, sachant qu’il s’agit d’astrologues magicosymbolistes, on sait qu’on peut s’attendre au pire. Mais peu importe sur le fond : les pseudo-expérimentateurs n’ont pas été jusqu’au bout et au fond de leur expérimentation ubuesque. L’obtention de deux pourcentages « magiques » leur a suffi pour confirmer leur a priori initial : « le fait astrologique n’existe pas ». Mais alors, était-ce vraiment la peine de procéder à ce simulacre d’expérience scientifique ? Pourquoi cette perte de temps ? Pour se rassurer « rationnellement » à peu de frais ?

7) Bilan

L’expérience de Carlson n’est pas une expérimentation scientifique, c’est un jeu de dupes, une pantalonnade, une mascarade ubuesque. Elle montre sans l’ombre d’un doute que l’anti-astrologisme primaire est une anti-science ou, selon l’expression des rationalistes scientistes, une « parascience ». Récapitulons :

a) Un physicien, représentant des « sciences exactes », se sentant peut-être incapable de réfuter l’astrologie avec son propre savoir, fait appel à un test psychologique et à des statisticiens pour lui venir en aide.

b) Ces derniers recrutent 25 à 28 « astrologues » qui ne pouvaient être que magicosymbolistes (c’est à dire dont les interprétations n’obéissent à aucune loi ou méthode commune), étant donné qu’il n’y a pas de conditionalistes aux USA. Le fait d’avoir un nombre aussi réduit d’individus ne dérange pas ces « scientifiques », alors que les lois de la statistique (qui ne sont pas sacrées, loin de là, voir l’exemple des sondages) interdisent de tirer des conclusions à partir d’un échantillon aussi petit.

c) Sont également sélectionnés 177 « cobayes », ce qui est à nouveau une population extrêmement faible pour pouvoir en tirer des conclusions statistiques.

d) Les « scientifiques » n’effectuent aucune recherche sur la diversité des courants astrologiques et aucune distinction entre astrologie populaire et astrologie savante. Pour eux, l’astrologie est un bloc homogène dont les 25 ou 28 astrologues magicosymbolistes qu’ils testent sont à leurs yeux des représentants exemplaires, ce qui est une hypothèse totalement irréaliste et infondée.

e) La méthodologie utilisée est anti-scientifique : croyance aveugle dans la pertinence du C.P.I., croyance aveugle dans les statistiques, croyance aveugle dans le fatalisme de l’horoscope absolu, comparaison irrationnelle entre le C.P.I. et le thème natal, manque absolu de rigueur à tous les niveaux de l’expérience.

f) L’équipe n’a procédé à aucune réplication de cette expérience aux USA… ce qui n’aurait probablement rien changé aux résultats, puisque statistiquement ils seraient tombés sur à peu près les mêmes astrosymbolistes et sur le même taux de cobayes prêts à se reconnaître ou à ne pas se reconnaître dans n’importe quel « profil », mais ce qui constitue néanmoins une faute déontologique grave, du point de vue de la science elle-même.

Une faillite de l’astrologie magicosymboliste

Les scientistes de l’équipe Carlson portent certes la plus grande responsabilité dans cette pantalonnade, puisque ce sont eux qui l’ont imaginée et provoquée. Mais les astrologues qui ont activement accepté d’y participer sont leurs complices objectifs. S’ils n’avaient pas été aussi stupides et naïfs, jamais cette « expérience » n’aurait pu avoir lieu.

Rappelons que le test C.P.I. avait été accepté par l’association d’astrologues NCGR, notamment parce qu’il est établi d’après une liste de caractéristiques psychologiques dont des astrologues appartenant à cette association ont reconnu faire usage dans leur travail d’interprétation des thèmes. Or on peut utiliser les mêmes mots pour décrire des réalités très différentes, surtout quand, comme c’est le cas pour la plupart des astrologues magicosymbolistes, on n’a que de vagues notions de psychologie scientifique. Ceux-ci ont donc commis une grossière erreur d’appréciation.

Plus stupéfiant encore, non seulement le NCGR, mais surtout les « astrologues » qui participaient personnellement à cette expérience bidon et bâclée, en ont accepté les résultats et conclusions sans émettre la moindre critique, et n’ont rien fait pour en empêcher la publication dans une prestigieuse revue scientifique anglophone, Nature, qui elle-même a laissé passer cette étude défiant toutes les lois de la déontologie et de la rigueur que la science est censée s’appliquer à elle-même.

Comment expliquer une telle absence de réaction ? À mon avis, par la bêtise, l’ignorance et la naïveté. Il fallait en effet être bête, ignorant et naïf pour accepter de participer à un tel jeu de dupes. Persuadés du bien-fondé de l’astrologie magicosymboliste et des résultats positifs de l’expérience, c’est avec confiance qu’ils se sont lancés tête baissée dans le piège qui leur était tendu. Lorsque Carlson évoque leur « prudence » quand ils prévoyaient 50 % de réussite, il s’agissait en fait de présomption. Lorsqu’ils ont pris connaissance des résultats de « l’expérience », ils ont dû être sonnés tant ils sont tombés de haut. Et comme ils ont été incapables d’analyser correctement la manipulation dont ils ont été à la fois les victimes et les complices, ils se sont réfugiés dans un silence piteux. Cet échec ne leur a probablement rien appris, sinon qu’il valait mieux ne plus se frotter aux scientistes anti-astrologues. Ce qui démontre sans l’ombre d’un doute que les astrologues magicosymbolistes sont non seulement des ânes, mais aussi des masochistes et des proies rêvées pour scientisme le plus crétin et le plus borné.

Imaginons maintenant qu’un nouveau Carlson propose à des astrologues conditionalistes de participer à une telle expérimentation. Devraient-ils relever le défi ? Non, parce que le jeu est truqué, les dés sont pipés. Le protocole et la méthodologie de ce test subjectiviste sont inacceptables pour des astrologues qui refusent le principe fataliste de l’horoscope absolu, non seulement parce que ce protocole et cette méthodologie manquent de la plus élémentaire rigueur et objectivité, mais aussi parce qu’ils sont inadéquats à l’étude du fait astrologique dans toute sa complexité. Puisque l’influence astrologique est conditionnelle, les expérimentations se doivent de mesurer cette conditionnalité, et pas autre chose.

Mais les anti-astrologues scientistes préfèrent bien évidemment (probablement sans le savoir, tant ils sont ignorants, et tiennent apparemment à le rester, de ce qu’est l’astrologie savante) tester des astrosymbolistes partisans de l’horoscope absolu : c’est tellement plus facile… même si cela donne des résultats idiots mais confortant leurs a priori.

En conclusion…

« L’expérience réfute clairement l’hypothèse astrologique », affirmait péremptoirement Carlson en 1985. C’est parfaitement faux. Cette non-expérience bâclée ne réfute rien du tout. La seule conclusion objective, rigoureuse et rationnelle qu’on puisse en tirer serait plutôt : « L’expérience de Carlson démontre clairement que l’anti-astrologisme n’est pas une science et que les scientistes qui s’y adonnent selon de telles procédures ont de telles lacunes intellectuelles, déontologiques et méthodologiques qu’ils sont disqualifiés pour mener ce genre d’expérimentation ». En étant moins aimable, on peut aussi taxer l’expérience de Carlson de pur charlatanisme.

Quelques rares et authentiques scientifiques se sont alarmés de voir publiée dans Nature une expérience aussi anti-scientifique, comme par exemple le professeur de psychologie Eysenck, qui s’est illustré pour ses recherches non-orthodoxes et qui écrivait dès 1986 que « aucune conclusion ne pouvait être tirée » de ce travail, ajoutant que « tester l’astrologie est un domaine complexe et difficile, comme en vérité tous les domaines relevant de variables psychologiques ».

Carlson ne semble pas avoir lu cet appel à la circonspection et à l’humilité, puisque trois ans plus tard, en 1988, il écrivait dans Périodica, une autre prestigieuse revue « scientifique », que l’astrologie était pour lui un « grand monument chancelant de crédulité humaine » et qu’elle « doit être perçue comme une menace à la santé publique et comme telle combattue ».

Notons pour finir qu’à la suite de Carlson, de nombreuses autres « expériences » à peu près du même type ont été réalisées par d’autres équipes, avec évidemment toujours à peu près les mêmes résultats. À titre d’exemples, citons-en quelques-unes :
- une étude de B. Silvermann (psychologue) sur l’influence du Signe astrologique sur l’issue du mariage, auprès de 2978 couples mariés et 478 divorcés : aucune corrélation n’a été obtenue avec les prédictions d’astrologues sur les (in)compatibilités entre signes.
- une étude de J. Mc Gervey (physicien) sur la distribution des Signes de 6000 politiciens et 17000 scientifiques : aucun Signe privilégié n’a émergé de cette étude de type « Gauquelin ».

Réponse : une étude basée sur les seuls Signes solaires a de fortes chances de se révéler insignifiante, puis que l’humanité ne se réduit pas à 12 types psychologiques et que le Signe solaire n’est qu’un élément, d’ailleurs pas nécessairement dominant, de la globalité d’un thème. Il n’est donc pas étonnant que ces « études » aient obtenu des résultats négatifs pour l’astrologie. Mais paradoxalement, Günther Sachs a obtenu des résultats statistiquement significatifs dans son enquête sur les Signes solaires.

- une expérience de G. Dean [1977] portant sur deux groupes de quelques dizaines de personnes, confrontées dans l’un à l’interprétation de son horoscope, et dans l’autre à l’inverse de cette interprétation (traits de caractère inversés) : la même proportion ( 95 %) s’est reconnue dans les deux cas !

Réponse : cela n’invalide pas l’astrologie, mais souligne l’impuissance de la plupart des individus à avoir une évaluation réaliste de leur personnalité. Les étudiants de « l’expérience de Carlson » avaient été aussi incapables de reconnaître leur personnalité dans les interprétations de thèmes que dans les résultats de leurs réponses au test psychologique ! De plus, cette expérience avait déjà été faite par Gauquelin, avec les mêmes résultats…

Prospective

Propositions lues sur un site anti-astrologique :

« On peut aisément imaginer des extensions de ce test, ou des expériences visant à tester d’autres types de prédictions astrologiques :
- 1) remplacement de chaque volontaire par des psychiatres et psychologues qui le connaissent, dans les tests (a) et (b) ci-dessus ;
- 2) comparaison des interprétations astrologiques du même horoscope réalisées indépendamment par plusieurs astrologues (en général divergentes) ;
- 3) prédiction de faits précis par les astrologues (en général, ils refusent !).
- 4) On peut même se poser la question « est-il possible de déduire un horoscope à partir de son interprétation ? », ou exprimée autrement « l’astrologie est-elle bijective ? ». Le caractère qualitatif des interprétations et prédictions suggère une réponse négative. Aucune planète n’a jamais été découverte grâce à l’astrologie, par exemple ! ».

Réponse : les dés de ce test sont pipés. Ses extensions le seraient donc aussi. Pas question donc d’y participer. Voici néanmoins des réponses à ces propositions :

- 1) remplacement de chaque volontaire par des psychiatres et psychologues qui le connaissent :

Pourquoi pas, à condition d’éliminer toute référence au C.P.I. Ensuite, le fait de choisir des volontaires suivis par des psychiatres et psychologues indique que lesdits volontaires seraient nombreux à être des « cas pathologiques » : donc pourquoi ne pas sélectionner aussi des volontaires qui n’ont jamais eu affaire à un psy quelconque et qui ne souffriraient d’aucune psychopathologie ? Enfin, les astrologues participant à cette éventuelle expérience devraient exiger de pouvoir préalablement tester les psychiatres et psychologues pour évaluer leurs compétences et leurs a priori positifs ou négatifs sur l’astrologie.

- 2) comparaison des interprétations astrologiques du même horoscope réalisées indépendamment par plusieurs astrologues (en général divergentes) :

Pourquoi pas, à condition de bien séparer les conditionalistes des astrosymbolistes…

- 3) prédiction de faits précis par les astrologues (en général, ils refusent !) :

Non. La prédiction de « faits précis » n’est pas du domaine de l’astrologie.

- 4) On peut même se poser la question « est-il possible de déduire un horoscope à partir de son interprétation ? », ou exprimée autrement « l’astrologie est-elle bijective ? ». Le caractère qualitatif des interprétations et prédictions suggère une réponse négative. Aucune planète n’a jamais été découverte grâce à l’astrologie, par exemple ! » :

Oui, il est « possible de déduire un horoscope à partir de son interprétation », oui, « l’astrologie est bijective » (1). Mais uniquement chez des astrologues compétents et expérimentés, et de préférence conditionalistes. La bijectivité n’est pas à la portée de la majorité des astrologues astrosymbolistes (donc de la majorité des astrologues), qui n’ont pas de règles et de méthodes collectives et communes d’interprétation. Dans le cas des conditionalistes, il s’agit d’ailleurs de « bijectivité relative » : il n’est en effet pas possible de déduire exactement un thème natal à partir de son interprétation, mais il est possible d’en déduire les grandes lignes ; par ailleurs, il est également tout à fait possible de déduire les grandes lignes de son thème natal à partir de l’analyse du fonctionnement d’un individu. N’importe quel conditionaliste compétent et expérimenté fait cela couramment.

- 5) « Aucune planète n’a jamais été découverte grâce à l’astrologie, par exemple ! » est une remarque stupide. Les astrologues ne sont pas des astrophysiciens, et l’horoscope n’est pas le télescope. Par contre, il est tout à fait courant de découvrir les planètes dominantes d’un individu en observant ses comportements dans des situations variées.

Conclusion : l’anti-astrologisme n’est pas une science.

Notes

- (1) Bijectif, bijective : adjectif mathématique. Application bijective : application d’un ensemble A dans un ensemble B telle que deux éléments distincts de A aient deux images distinctes dans B (application injective) et que tout élément de B ait un antécédent et un seul dans A (application surjective). Traduction simplifiée en termes astrologiques : si d’un thème natal on peut déduire le fonctionnement d’un individu, alors du fonctionnement d’un individu on peut déduire son thème.

Article paru dans le n° 23 du Fil d’ARIANA (avril 2005).

Cet article vous a été proposé par : Richard Pellard

Voir aussi :

- Qu’est-ce que la science ? Un golem ou un robot ?
- Quelques réponses à un astronome anti-astrologue…
- L’affaire Petiot et « l’effet Barnum »


Les Significations planétaires

par Richard Pellard. 620 pages. Format PDF. Illustrations en couleur.

La décision de ne traiter dans ce livre que des significations planétaires ne repose pas sur une sous-estimation du rôle des Signes du zodiaque et des Maisons. Le traditionnel trio Planètes-Zodiaque-Maisons est en effet l’expression d’une structure qui classe ces trois plans selon leur ordre de préséance et dans ce triptyque hiérarchisé, les Planètes occupent le premier rang. La première partie de ce livre rassemble donc, sous une forme abondamment illustrée de schémas pédagogiques et tableaux explicatifs, une édition originale revue, augmentée et actualisée des textes consacrés aux significations planétaires telles qu’elles ont été définies par l’astrologie conditionaliste et une présentation détaillée des méthodes de hiérarchisation planétaire et d’interprétation accompagnées de nombreux exemples concrets illustrés par des Thèmes de célébrités. La deuxième partie est consacrée, d’une part à une présentation critique des fondements traditionnels des significations planétaires, d’autre part à une présentation des rapports entre signaux et symboles, astrologie et psychologie. Enfin, la troisième partie présente brièvement les racines astrométriques des significations planétaires… et propose une voie de sortie de l’astrologie pour accéder à une plus vaste dimension noologique et spirituelle qui la prolonge et la contient. Vous pouvez dès maintenant le commander à la boutique.

L’astrologie, la nanification de Pluton & les astres transplutoniens

par Richard Pellard. 117 pages. Format PDF. Illustrations en couleur.

Pluton ne fait plus partie des planètes majeures de notre système solaire : telle est la décision prise par une infime minorité d’astronomes lors de l’Assemblée Générale de l’Union Astronomique Internationale qui s’est tenue à Prague en août 2006. Elle est reléguée au rang de « planète naine », au même titre que les nombreux astres découverts au-delà de son orbite. Ce livre récapitule et analyse en détail le pourquoi et le comment de cette incroyable et irrationnelle décision contestée par de très nombreux astronomes de premier plan. Quelles sont les effets de cette « nanification » de Pluton sur son statut astrologique ? Faut-il remettre en question son influence et ses significations astro-psychologiques qui semblaient avérées depuis sa découverte en 1930 ? Les « plutoniens » ont-ils cessé d’exister depuis cette décision charlatanesque ? Ce livre pose également le problème des astres transplutoniens nouvellement découverts. Quel statut astrologique et quelles influences et significations précises leur accorder ? Enfin, cet ouvrage propose une vision unitaire du système solaire qui démontre, chiffes et arguments rationnels à l’appui, que Pluton en est toujours un élément essentiel, ce qui est loin d’être le cas pour les autres astres au-delà de son orbite. Après avoir lu ce livre, vous saurez quoi répondre à ceux qui pensent avoir trouvé, avec l’exclusion de Pluton du cortège planétaire traditionnel, un nouvel argument contre l’astrologie ! Vous pouvez dès maintenant le commander à la boutique.





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