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Astrologie humaniste et conditionalisme

Nous avons reçu ce courrier (adressé à Richard Pellard) de Thierry Kinet, qui a découvert il y a peu l’existence de l’astrologie conditionaliste. Ses remarques et questions nous ont paru particulièrement intéressantes et méritaient quelques réflexions et réponses.

À propos du conditionalisme…

Je suis passionné par l’astrologie et j’ai lu ton Manuel d’Astrologie universelle et également ton intervention dans la Lettre des Astrologues (bulletin interne de la FDAF, Fédération Des Astrologues Francophones) de mars 2001.

Pour ce qui est de la Lettre, j’ai noté une « ouverture » aux autres courants astrologiques, ce qui m’étonne par rapport à certains de tes articles qui les malmenaient. De quoi s’agit-il ? D’une forme de doute de l’exclusivité du conditionalisme ou bien au contraire d’une confiance suffisante pour ne plus craindre les comparaisons ? Quelles qu’en soient les raisons, je pense que c’est une bonne chose car je crois que si un jour tous ces courants devaient s’unifier, c’est en prenant le meilleur de chacun d’eux ou en ne retenant que ce qui au cours du temps se vérifie (avec l’informatique qui ne cesse de progresser, de grands pas peuvent sans doute être franchis dans la vérification de la véracité du fait astrologique).

Mais au fond, combien de courants astrologiques ? Personnellement, j’en connais trois : traditionnel, humaniste et conditionaliste. Celui que je connais le mieux est le courant humaniste et je dois dire que mes différentes lectures à ce sujet m’ont énormément apporté sur le plan personnel (ma façon d’aborder l’autre, d’appréhender un problème, la réponse possible à divers secteurs de la vie quotidienne, etc.). À la limite et avec le recul, je crois que ce qui m’a le plus captivé, c’est le côté philosophique et la puissance du symbole. Entre conditionalisme et humanisme, je dirais que le premier est ‘E’ et le second est ‘T’. Le traditionnel serait-il ‘R’ ? Quoi qu’il en soit, conditionalisme et humanisme sont tous les deux partis des bases de la tradition. Ils sont une évolution et un progrès évident par rapport à la présentation et à l’explication du phénomène astrologique.

Que m’ont apporté mes lectures conditionalistes (le Manuel d’astrologie universelle, le Fil d’ARIANA, Astrologos) ?
- Sûrement pas le « conditionnement » qui était déjà pour moi une notion acquise au travers de mes réflexions personnelles et de mes lectures « humanistes » ; car il faut être totalement dépourvu de tout sens de la relativité ou bien être complètement conditionné (justement) par cette astrologie « people » (la seule malheureusement connue du grand public) qui voudrait nous faire croire que tout ne dépend que de notre ciel de naissance, que tout est figé et que surtout il n’y a qu’une seule interprétation possible, en dehors de toute considération extérieure.
- Sûrement la remise en cause des Maîtrises planétaires, la prédominance évidente du planétaire sur le zodiacal et la grande prudence à avoir par rapport à l’utilisation des Maisons.
- Et le R.E.T. alors ? Très intéressant, mais est-il absolument supérieur à d’autres méthodes et incontestable ? Je ne crois pas et tant mieux car pour moi le doute subsiste et heureusement, car le doute n’est-il pas le meilleur carburant pour persévérer dans la recherche de la vérité astrologique ? Pour toi l’astrologie souffre d’un excès d’analogie et de symbolisme. Mais que font tous les conditionalistes en usant du R.E.T. pour parler de n’importe quel sujet si ce ne sont pas des analogies… De plus l’analogie n’émane-t-elle pas du symbole ?

Pour ma part, je pense que l’astrologie ne pourra jamais se passer de l’analogie et du symbole du simple fait qu’elle s’applique à tout (ou tout du moins en a la prétention). Dans le dernier édito du Fil d’ARIANA, tu dis avoir été capable de faire une critique constructive de la thèse de doctorat de philosophie d’un ami tout en n’ayant que très peu de connaissances en la matière. Tu as pour cela utilisé simultanément le R.E.T. et le S.O.R.I. Qu’as-tu fait d’autre que d’utiliser toute la panoplie des symboles véhiculés par les deux systèmes ?

- Pour revenir à mes lectures conditionalistes, j’ai bien aimé la notion de hiérarchie, surtout celle concernant les planètes. Ceci dit, je m’étonne que le Soleil et la Lune puissent se retrouver en queue de hiérarchie ou bien traités de la même façon que les planètes. En effet, le Soleil à lui seul représentant 99,9 % de la masse du système solaire, ne doit-il pas être privilégié par rapport au reste ? Le fait qu’il soit au centre et qu’il soit le seul à ne pas se déplacer ne lui donne-t-il pas droit à un traitement particulier ? Quant à la Lune, c’est l’astre le plus proche de la Terre dont on peut constater visuellement (marées) les effets directs. Mais il est vrai que dans le R.E.T. elle a une place particulière. De plus, d’un point de vue géocentrique, Lune et Soleil se déplacent de la même manière que les planètes autour du zodiaque (sans rétrogradations bien sûr). Mais ne doivent-ils pas avoir une place à part dans la hiérarchie ? J’ai noté tout de même qu’ils contribuent à placer quasiment en tête de hiérarchie les Signes dans lesquels ils se trouvent.
- Pour parler des Signes justement, j’ai bien aimé l’analyse par le photopériodisme et aussi le questionnement par rapport à son application dans l’hémisphère sud. J’ai retrouvé dans cette partie du livre des similitudes avec Le Rythme du zodiaque de Dane Rudhyar lorsqu’il parle de « force de jour » et de « force de nuit ».

Pour parler maintenant des différentes significations entre astro conditionaliste et astro humaniste, il y en a une qui est évidente :
- L’astro humaniste part de la forme représentée par la répartition planétaire d’un Thème et tente d’en faire une synthèse en accordant une importance à l’orientation, à la prépondérance des différents quadrants.
- L’astro conditionaliste (en dehors de réfuter la théorie des Éléments et des Maîtrises planétaires à juste titre à mon avis) n’accorde finalement pas d’importance à la forme ni à l’orientation du Thème. L’analyse ne se fait qu’à partir du moment où les « zones d’ombres et de lumières » du R.E.T. sont établies après que la hiérarchie planétaire ait été faite. On peut donc avoir un R.E.T. commun à une infinité de Thèmes différents. Quant à la hiérarchie planétaire, il vaut mieux qu’il n’y ait que des planètes angulaires sinon la hiérarchie devient très complexe et à mon avis très aléatoire. De plus, comme les régions angulaires ont plus d’importance que les autres, cela voudrait dire qu’un Thème sans planète angulaire a moins de poids, moins d’évidence (à R.E.T. équivalent) qu’un Thème avec planètes angulaires. Finalement les angles sont admis (arbitrairement) mais les Maisons (ou tout au moins leurs significations) réfutées, ce qui pose tout de même le problème du « cadre d’application » de l’astrologie par rapport à la vie terrestre.

Pour conclure, je dirais que l’astrologie conditionaliste m’ouvre de nouvelles perspectives de découvertes très enrichissantes d’une astrologie sans doute plus concrète (‘E’) que les autres, et que de nombreux ouvrages m’attendent pour progresser et m’interroger encore et toujours.

Pour tous les astrologues sérieux, c’est-à-dire ceux qui ne dissocient pas astrologie et astronomie, je recommande très fortement le visionnage du double DVD (durée 6 h 40) « Tous sur orbite » qui est une formidable explication de notre système solaire et qui aide à comprendre certaines théories de l’astrologie.

Réponse de Richard Pellard

Les trois « courants » astrologiques

Afin que tout soit aussi clair que possible, voici exactement ce que j’ai écrit dans la Lettre des Astrologues à propos d’Astrologos : « Comme tous les magazines d’astrologie francophones de bonne qualité intellectuelle et à fort tirage parus depuis trente ans (Astrologique, Astrologie pratique, Astrologie naturelle, Astrologos a été créé par des conditionalistes. C’est un fait… qui suscite d’intéressantes questions. Le contenu s’en ressent évidemment. Mais les autres sensibilités et courants astrologiques peuvent s’y exprimer librement et y faire connaître leurs activités dans la rubrique Le Coin des Associations ou dans nos Petites Annonces ».

Les limites de mon « ouverture » ou de ma « tolérance » sont donc très précises : les autres courants ne peuvent s’exprimer dans Astrologos que dans une demi-page gratuite et dans des P.A. payantes. À part ça, le magazine est vierge de tout Élément Feu, Terre, Air, Eau, de Maîtrises planétaires et de toute la panoplie théorique de l’astrologie classique. Certains astrologues « traditionnels » m’ont envoyé des articles : je les ai tous refusés (hypocritement, en utilisant de sempiternelles expressions diplomatiques du genre : « Notre équipe rédactionnelle est au grand complet » ou « Votre article n’entre pas dans le cadre de notre ligne éditoriale », etc.).

Je ne suis donc pas « ouvert » et « tolérant » avec les « courants » astro non-conditionalistes. Je les ai tous croisés pendant mes premières d’études astrologiques. Je les connais bien, et ils sont pour moi dans le meilleur des cas bons pour le musée (quand je suis plus mal embouché, leur place se situe carrément dans la « poubelle de l’histoire »).

Douterais-je de « l’exclusivité du conditionalisme » ? D’abord, le conditionalisme n’a pas un statut d’exclusivité en soi. Comme le dit très bien Jean-Pierre Nicola, « Dans l’histoire d’une connaissance les progrès ne se font pas par rejet du passé mais par son dépassement continu. Il peut y avoir des « bonds en avant ». L’astrologie conditionaliste en a réalisé un, en retournant à l’esprit de Ptolémée et Kepler, respectueux des fondements astrométriques… Les clefs du conditionalisme permettent d’interpréter selon les autres écoles, en style Hadès, Berthon, Barbault. Ces écoles ne peuvent pas interpréter en style conditionaliste… Si elles le pouvaient, elles resteraient conditionalistes, elles le seraient : qui peut le plus, peut le moins ».

« Qui peut le plus, peut le moins » : je ne doute pas de la pertinence du conditionalisme qui ne craint rien quand on le compare au caractère dépassé des autres courants astrologiques. Quant à une éventuelle unification des différents courants, je n’y crois guère et je suis d’accord avec Nicola quand il écrit que « Les positions conditionalistes sont trop différentes pour des échanges faciles avec ces écoles. Néanmoins, dès lors que l’attitude est loyale de part et d’autre, une coexistence courtoise est possible ». Je profite d’ailleurs de cet échange pour publier un texte intitulé La Tour de Babel ou l’unité des astrologies, paru il y a quelques années dans un numéro spécial du Fil d’ARIANA.

Traditionalisme, humanisme et conditionalisme

En simplifiant et en adoptant un certain point de vue, on peut effectivement réduire l’ensemble des écoles astrologiques à trois courants principaux : l’astro-traditionalisme, l’astro-humanisme et l’astro-conditionalisme. De ce point de vue toujours (qu’au fond je ne partage pas), on peut déceler une différence sensible entre traditionalisme et humanisme, le second ayant un caractère plus philosophique et moins déterministe que le premier. Mais d’un point de vue purement conditionaliste, cette différence s’estompe lorsqu’on observe que ces deux courants expriment le même dédain pour les réalités physiques et partagent les mêmes théories archaïques comme celle des Éléments ou des Maîtrises. Au fond, l’humanisme est un traditionalisme relooké, modernisé et mis sous perfusion d’un curieux mélange d’indétermination souriante et de philosophie spiritualiste orientale. L’apparition du conditionalisme, elle, peut être assimilée à une véritable « coupure épistémologique », un basculement fondamental, une mutation structurelle dans l’histoire de ce savoir.

Le conditionalisme est-il ‘E’ ?

Notre ami nous dit que ce qui l’a captivé dans l’astrologie humaniste est « le côté philosophique et la puissance du symbole », ce qui l’amène à penser que le conditionalisme, plus concret, serait de nature ‘E’ alors que l’humanisme, plus spiritualiste, serait de nature ‘T’. L’analogie est apparemment séduisante… mais ce n’est qu’une analogie. Les autres courants astrologiques portent d’ailleurs presque tous un double et paradoxal jugement sur le conditionalisme : d’un côté, nous serions trop abstraits, trop sodomiseurs de coléoptères, trop complexes, trop théoriciens… et de l’autre, nous serions étroitement prosaïques, enlisés dans un concrétisme élémentaire, prisonniers d’un matérialiste mécaniste.

Ce qui revient à faire de nous un portrait plutôt flatteur : nous serions donc des chercheurs-concepteurs qui ne cessent de faire le va-et-vient entre la théorie et les faits. Ceci dit, le conditionalisme peut-il être décrit comme appartenant au niveau ‘E’ ? L’humanisme serait-il ‘T’ ? Rien n’est moins sûr. Tout d’abord, pour la toute petite et très subjective histoire, que faire des Aspects Mars-Jupiter dominants dans les Thèmes de Rudhyar et Ruperti ? Pour la grande histoire, braquons le Logoscope sur l’humanisme : ce type d’astrologie valorise à outrance un Sujet en quête d’Intégration (ou l’inverse) en squeezant intégralement le référentiel Objet (de l’astronomie à la biologie) et en ne se posant aucune question sur la Relation (l’interaction homme-planètes se réduit à un « c’est tout du symbole, point-barre »). Le conditionalisme, lui, part de l’Objet pour mieux comprendre la Relation en laissant l’Intégration à qui veut la squatter (il y a de la place pour tout le monde). Les vraies lignes de clivage entre humanisme et conditionalisme ne passent donc pas par le R.E.T., mais par le S.O.R.I. : subjectivisme intégrateur de l’un contre objectivité relationnelle de l’autre.

Certes, l’approche conditionaliste paraît plus concrète et plus réaliste que l’humaniste… et elle l’est réellement, mais le conditionalisme ne saurait être réduit à son efficacité. Cher Thierry, tu commences tout juste à le découvrir ! Saches que cette efficacité rigoureuse n’est qu’une des facettes (et pas la moindre) d’une vaste vision du monde, d’une philosophie profonde et originale qui n’a rien à envier à celle de l’humanisme. Et par ailleurs, le niveau ‘T’ du R.E.T., pas plus que le référentiel « Intégration » du S.O.R.I. ne sont réservés aux spiritualistes déclarés. Ce n’est pas parce que les conditionalistes rappellent aux autres astrologues qu’ils ont un corps et que c’est aussi par l’intermédiaire de ce corps qu’ils sont reliés au cosmos que les conditionalistes n’ont pas d’âme !

Le R.E.T. « supérieur et incontestable » ?

Le R.E.T. est-il « absolument supérieur à d’autres méthodes et incontestable ? », se demande ensuite notre ami. Je lui répète à cette occasion la phrase de Nicola : « Qui peut le plus, peut le moins ». Bientôt trente ans d’étude et de pratique de l’astrologie m’ont convaincu qu’il n’existait aucun système équivalent capable de comprendre en profondeur l’organisation des significations planétaires. Est-il incontestable ? Je n’en sais rien, mais je ne doute pas qu’il soit indéboulonnable tant sa logique interne et prospective est puissante.

Notre ami a raison de dire que le doute peut être le « meilleur carburant pour persévérer dans la recherche de la vérité astrologique ». Encore faut-il préciser de quel doute il s’agit. On peut douter de la Théorie du Big-Bang ou de l’évolution darwinienne, on ne peut pas douter du fait que la Terre soit un sphéroïde. Enfin, si, on peut en douter, mais en perdant son temps. On peut aussi douter a priori de la pertinence du R.E.T. comme outil d’investigation… mais a posteriori, quand on a l’habitude de l’utiliser, on n’en doute plus.

Analogie et symbolisme

Les conditionalistes pensent effectivement que l’astrologie classique souffre d’une overdose d’analogie et de symbolisme… ce qui ne veut pas dire que nous soyons les ennemis des analogies et des symboles, bien au contraire. Nous nous contentons de rappeler que derrière les symboles vivants se cachent des signaux. L’homme passe d’ailleurs une bonne partie de son temps à symboliser les signaux du monde. Mais qu’est-ce qui est réellement important ? Le symbole lui-même ou ce qui est symbolisé ? Humanistes et traditionalistes se satisfont des symboles (morts ou vivants selon l’excellente définition de C.G. Jung) sans se préoccuper des signaux qui en sont à l’origine. Les conditionalistes, eux, pensent que le couple symbole-signal est indissociable… et qu’on peut toujours créer de nouveaux symboles. En ce sens, Thierry n’a pas tort de dire que le R.E.T. est un symbole, d’un genre un peu spécial : un symbole très abstrait… (un système conceptuel) qui plonge ses racines dans des signaux très concrets. Entre la symbolique très lâche et très ambivalente des dieux de l’Olympe et l’outil conceptuel R.E.T. et sa puissante et précise logique interne, il n’y a pas photo. Et je doute fortement que j’aurais pu faire une critique philosophique fondée de ma thèse de mon ami philosophe en remplaçant mes outils conditionalistes par l’Iliade ou l’Odyssée !

Soleil et Lune : des cas particuliers ?

Notre ami Thierry paraît choqué que les conditionalistes traitent le Soleil et la Lune sur un pied d’égalité dans la hiérarchie planétaire. Et effectivement, c’est encore un point sur lequel conditionalistes et traditionalistes (humanistes ou non), diffèrent fortement : pour les seconds, c’est l’absolu centre organisateur du Moi, le feu de la vie, etc : impossible de penser qu’un individu pourrait avoir un Soleil faible, à moins qu’il ne soit mort ou totalement dépersonnalisé ; pour les premiers en revanche, on peut très bien avoir un Soleil en fin de hiérarchie… et avoir de gros problèmes pour maintenir des points de repères stables, pour rester centré ou pour gérer son image de marque.

Le Soleil est effectivement au centre du système solaire, et sa masse représente bien la presque totalité de celle du système solaire. Cet argument de masse est-il valable ? Rien n’est moins sûr. La masse d’un astre n’est que l’un des éléments qui le caractérisent. Il en est d’autres : par exemple, le « moment cinétique » (quantité de mouvement) d’un astre s’obtient en multipliant masse, distance et vitesse orbitale. De ce côté-là, le très massif mais très lent Soleil (2 km/s de rotation) n’est pas gâté : son « moment cinétique » n’est que de 2 % du total, contre 98 % aux planètes.

Quant à la Lune, satellite unique de la Terre, elle occupe bien évidemment une place à part, et le fait qu’elle puisse se trouver en fin de hiérarchie ne remet en rien son influence sur les marées. Simplement, avec une fonction lunaire très peu valorisée, on a du mal à s’abandonner, à rêvasser, à se sentir confiant. En faisant des collections de Thèmes avec des Soleil et des Lune dominants ou « aveugles », tu te rendras vite compte, dans la pratique, qu’ils ne méritent pas un traitement de faveur.

Jour, nuit, diurne et nocturne

A propos du zodiaque photopériodique, notre ami Thierry a cru y retrouver « des similitudes avec Le Rythme du zodiaque de Dane Rudhyar lorsqu’il parle de « force de jour » et de « force de nuit ». Cette similitude n’est pourtant que partielle et apparente. En effet, le zodiaque selon Rudhyar reste saisonnier : seuls sont prises en compte les durées de présence (jour) et d’absence (nuit) du Soleil au-dessus du plan de l’horizon. Du fait de sa nature saisonnière, ce zodiaque pose autant de problèmes que le zodiaque élémentaire traditionnel. Exemple : si le Soleil se trouve en Gémeaux, c’est le printemps dans l’hémisphère Nord et si dans le même Thème Mars se trouve en Capricorne, il est en « hiver ». Le zodiaque conditionaliste, lui, est basé sur les variations de durée des arcs diurnes et nocturnes. Dans cette optique, et en reprenant l’exemple précédent, Mars n’est plus « en hiver », mais il a durée de présence au-dessus de l’horizon d’environ 8 h 00 pour une latitude moyenne, comme le Soleil en hiver lorsqu’il se trouve sur le même degré. Le jour et la nuit ne s’appliquent qu’au Soleil et aux saisons, alors que les arcs diurnes et nocturnes permettent de définir un zodiaque indépendant du Soleil et des saisons : c’est une très grosse différence. Du point de vue conditionaliste, chaque planète a son propre zodiaque en fonction de sa déclinaison.

L’interprétation

Il existe effectivement un abîme entre l’interprétation humaniste et l’interprétation conditionaliste. Notre ami Thierry le décrit très bien : tandis qu’un astrologue humaniste divise automatiquement la sphère locale en quatre quadrants dont les significations sont tirées de l’œuvre de Jung et qu’il se focalise immédiatement sur la répartition des planètes dans ses secteurs ainsi que sur les figures géométriques qu’elles forment entre elles dans un espace statique à deux dimensions, un astrologue conditionaliste visualise un espace-temps dynamique à trois dimensions au sein duquel les planètes forment des aspects qui rendent compte d’un moment précis de leurs intercycles.

Dans un espace à trois dimensions (avec la profondeur donc), les « géométries du ciel » humanistes issues de la projection dans un espace bidimentionnel disparaissent au profit d’autres dessins en 3D dont j’attends avec une immense patience que les théoriciens humanistes (s’il en est) fassent l’inventaire et leur donnent des noms aussi poétiques que ceux en 2D. Chiche ?

En humanisme, on n’interprète pas rationnellement : on raconte des saynettes astro-spiritualo-psychologiques à partir de petits dessins, le tout avec des règles si molles et si floues qu’on peut faire dire n’importe quoi à n’importe quel Thème, l’important étant d’être gentil avec le consultant.

Une interprétation conditionaliste, c’est tout autre chose : des règles de hiérarchisation rigoureuses et collectivement définies empêchent (en principe) de dire n’importe quoi (mais certains indélicats peuvent aussi vicieusement leur tordre le cou pour mieux manipules-draguer leurs consultantes, cela s’est vu…). Mais Thierry se trompe lorsqu’il pense que nous n’accordons pas d’importance à l’orientation du thème. C’est l’orientation même du Thème qui est très probablement à l’origine des « zones de valorisation » planétaires. En effet, la caractéristique majeure d’un astre qui se lève à l’horizon (Ascendant) réside dans son état qui le fait passer du diurne au nocturne, tout comme la caractéristique majeure d’un astre au MC réside dans son passage de l’Occident à l’Orient. Ce sont les limites des quadrants et les passages d’un quadrant à l’autre qui déterminent les angularités. Il est par ailleurs très probable que ces quadrants aient des influences et significations… mais là-dessus, les conditionalistes restent très prudents : nous n’en sommes toujours qu’au stade de la recherche et donc du doute. Par contre, il n’y a aucun doute à avoir quant aux significations des quadrants humanistes identifiées aux fonctions Sensation-Sentiment-Pensée-Intuition de Jung : c’est tout faux (j’ai testé et détesté).

Les angularités et les Maisons

Il est vrai qu’il est toujours plus simple de hiérarchiser les Thèmes comportant plusieurs angularités. Pour les autres, la recherche avance toujours, notamment grâce aux Thèmes de consultants sans angularités. Depuis le Manuel d’astrologie universelle, elle a beaucoup progressé. Mais le temps est encore loin où nous saurons quantifier objectivement ces hiérarchies. Pour l’instant, on essaie de coller au maximum au réel observable grâce à la hiérarchisation ordinale qui ne quantifie pas, mais qualifie en comparant.

Les angularités ne sont pas « arbitrairement » admises par les conditionalistes. Ptolémée les signalait déjà il y a dix-huit siècles, et les travaux statistiques des époux Gauquelin ont montré que le critère d’angularité était objectif et décisif. Les angularités ne sont pas une hypothèse gratuite, mais un fait d’expérience. Enfin, le problème de la signification des Maisons n’est pour nous pas résolu. Nous cherchons tout le temps, c’est pour ça que de temps en temps on trouve quelque chose d’intéressant. Les autres astrologues ne cherchent rien (sinon des poux sur le crâne d’un œuf symbolique). De ce fait, ils ne découvrent rien de neuf ou croient le faire quand ils exhibent des momies de vieux grimoires…

En route pour les abstractions réalistes !

Bienvenue donc dans le monde en chantier (et donc enchanté) du conditionalisme. Mais au fur et à mesure que tu chemineras, Thierry, tu t’apercevras que l’apparent concrétisme du conditionalisme s’évanouira dans de délicieuses abstractions aussi réalistes que désincarnées, lesquelles en s’épanouissant feront naître mille fleurs furieusement matérielles. Le conditionalisme est une aventure spirituelle.

Article paru dans le n° 16 du Fil d’ARIANA (octobre 2001).

Les Significations planétaires

par Richard Pellard. 620 pages. Format PDF. Illustrations en couleur.

La décision de ne traiter dans ce livre que des significations planétaires ne repose pas sur une sous-estimation du rôle des Signes du zodiaque et des Maisons. Le traditionnel trio Planètes-Zodiaque-Maisons est en effet l’expression d’une structure qui classe ces trois plans selon leur ordre de préséance et dans ce triptyque hiérarchisé, les Planètes occupent le premier rang. La première partie de ce livre rassemble donc, sous une forme abondamment illustrée de schémas pédagogiques et tableaux explicatifs, une édition originale revue, augmentée et actualisée des textes consacrés aux significations planétaires telles qu’elles ont été définies par l’astrologie conditionaliste et une présentation détaillée des méthodes de hiérarchisation planétaire et d’interprétation accompagnées de nombreux exemples concrets illustrés par des Thèmes de célébrités. La deuxième partie est consacrée, d’une part à une présentation critique des fondements traditionnels des significations planétaires, d’autre part à une présentation des rapports entre signaux et symboles, astrologie et psychologie. Enfin, la troisième partie présente brièvement les racines astrométriques des significations planétaires… et propose une voie de sortie de l’astrologie pour accéder à une plus vaste dimension noologique et spirituelle qui la prolonge et la contient. Vous pouvez dès maintenant le commander à la boutique.

L’astrologie, la nanification de Pluton & les astres transplutoniens

par Richard Pellard. 117 pages. Format PDF. Illustrations en couleur.

Pluton ne fait plus partie des planètes majeures de notre système solaire : telle est la décision prise par une infime minorité d’astronomes lors de l’Assemblée Générale de l’Union Astronomique Internationale qui s’est tenue à Prague en août 2006. Elle est reléguée au rang de « planète naine », au même titre que les nombreux astres découverts au-delà de son orbite. Ce livre récapitule et analyse en détail le pourquoi et le comment de cette incroyable et irrationnelle décision contestée par de très nombreux astronomes de premier plan. Quelles sont les effets de cette « nanification » de Pluton sur son statut astrologique ? Faut-il remettre en question son influence et ses significations astro-psychologiques qui semblaient avérées depuis sa découverte en 1930 ? Les « plutoniens » ont-ils cessé d’exister depuis cette décision charlatanesque ? Ce livre pose également le problème des astres transplutoniens nouvellement découverts. Quel statut astrologique et quelles influences et significations précises leur accorder ? Enfin, cet ouvrage propose une vision unitaire du système solaire qui démontre, chiffes et arguments rationnels à l’appui, que Pluton en est toujours un élément essentiel, ce qui est loin d’être le cas pour les autres astres au-delà de son orbite. Après avoir lu ce livre, vous saurez quoi répondre à ceux qui pensent avoir trouvé, avec l’exclusion de Pluton du cortège planétaire traditionnel, un nouvel argument contre l’astrologie ! Vous pouvez dès maintenant le commander à la boutique.

Voir aussi :

- A propos de l’astrologie anthropologique
- Astrologie canine, astrologie cynique ?
- Astrologie et astrologies
- Astrologie tibétaine
- Astrologie tragi-karmique
- L’astrologie chinoise
- L’astrologie karmique : une escroquerie intellectuelle et spirituelle
- L’astrologie sidéraliste, une astrologie sidérante
- L’unité des astrologies ou la Tour de Babel
- Manifeste conditionaliste
- Yves Ouatou et les Zastrologues
- Yves Ouatou et les Zécoles d’astro

Cet article vous a été proposé par : Richard Pellard



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